Provence-Alpes-Côte d'Azur

La France en grand angle

Entre attractivité solaire et fractures territoriales

Source : Gouvernement

La France en Grand Angle - découvrez les résultats de l’enquête : PROVENCE-ALPES-COTE D’AZUR

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur, forte de plus de 5 millions d’habitants et deuxième destination touristique du pays, jouit d’une réputation solaire et cosmopolite, mêlant glamour de la Croisette, douceur des villages de Provence, densité urbaine de Marseille ou de Nice et solitude des vallées alpines.

Ce territoire, que 84 % de ses habitants disent aimer et que 79 % recommanderaient comme lieu de vie, projette une image attractive : près d’un tiers des habitants le jugent comme l’un des plus désirable de France (30 % contre 22 % en moyenne nationale), notamment pour son climat (15 % le citent comme son principal atout) et sa qualité de vie. L’attractivité de la région tient également à un certain esprit d’ouverture lié à la diversité des origines : 20 % des habitants interrogés qualifient la région de « cosmopolite », soit presque deux fois la moyenne nationale (11 %).

Un territoire traversé par les inégalités

La région est aussi l’une des plus inégalitaires de France, avec l’Île-de-France. À côté de hauts lieux de luxe et de richesse s’étendent des zones particulièrement précaires, certains quartiers marseillais comptant parmi les plus pauvres du pays, où le revenu moyen peine à dépasser 1 000 euros mensuels. Cette dualité entraîne des perceptions très contrastées et nourrit parfois le sentiment d’un territoire à deux vitesses, entre façade touristique et réalités sociales plus rudes.

Dans un département marqué par de très fortes disparités économiques, sociales et spatiales, la fonction de préfète déléguée pour l’égalité des chances est primordiale. L’État intervient, aux côtés des collectivités locales, à travers une politique ambitieuse de rénovation urbaine (850 millions d’euros sur le département, dont 650 millions d’euros avec le plan Marseille en grand), de traitement des copropriétés dégradées (reconnaissance de l’intérêt national de quatre opérations de requalification en copropriétés dégradées dans le cadre du programme d’intérêt national visant 13 copropriétés dégradées et près de 25 millions d’euros de l’ANAH pour accompagner les plans de sauvegarde en copropriétés dégradées en 2025) et de lutte contre l’habitat indigne (installation d’une mission inter-services dans un contexte d’environ 60 000 logements insalubres) afin de recoudre le tissu urbain et contribuer à la cohésion sociale à laquelle les habitants aspirent naturellement. 

Marseille et les autres villes du département disposent d’un réseau associatif et de partenaires dynamiques et persévérants sur lesquels je m’appuie au quotidien pour optimiser les leviers d’émancipation comme la réussite éducative (11 cités éducatives et 7 programmes de réussite éducative), l’insertion professionnelle, l’accès aux droits, aux soins et aux services publics, l’accompagnement de la rue au logement, et lutter ainsi contre les inégalités et l’assignation à résidence.

Isabelle Epaillard
Préfète déléguée pour l’égalité des chances

Le logement, entre rareté, cherté et pression foncière

La crise du logement touche particulièrement la région, où seulement 44 % des habitants trouvent l’offre satisfaisante : c’est le taux le plus bas au niveau national (à noter que ce chiffre monte à 57 % dans les Hautes-Alpes). Sur le littoral comme dans les grandes villes, le marché est saturé, les prix flambent sous la pression du tourisme et des résidences secondaires, et l’accès au logement social reste difficile, avec 34 % des personnes interrogées concernées par un renoncement ou des délais d’attente (contre 28 % au niveau national).

Le résultat est une mobilité résidentielle complexe, marquée par l’arrivée de nouveaux habitants, le départ de jeunes actifs et une cohabitation parfois délicate entre « anciens » et « nouveaux ».

Une mobilité contrainte par l’étalement urbain et l’absence de solutions collectives

Dans la région, l’étalement urbain a devancé le développement des infrastructures : beaucoup de zones d’habitat, d’emploi et de loisirs sont dissociées. L’accès à la mobilité repose donc massivement sur la voiture individuelle : 45 % des habitants n’ont d’autre choix que de la prendre pour se déplacer, faute de transports publics performants.

Ce manque d’alternatives accentue les inégalités sociales et territoriales, certains habitants étant même amenés à refuser des emplois à cause de difficultés à se loger ou se déplacer. En ce sens, 14 % d’entre eux indiquent que les transports devraient être un enjeu prioritaire pour l’État dans leur territoire.

La mobilité des personnes et des biens est essentielle à l'attractivité économique et résidentielle de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Le projet ferroviaire de ligne nouvelle Provence-Côte d'Azur est particulièrement structurant pour améliorer la mobilité sur le littoral, entre les grandes métropoles de Marseille, Nice et Toulon. Le projet est financé par l'État et les collectivités, avec le soutien de l'Europe, et verra ses premières concrétisations à partir de 2030. 

La desserte des Alpes du sud sera également nettement améliorée en vue des jeux olympiques et paralympiques de 2030, par des investissements publics très importants sur la ligne ferroviaire des Alpes et le réseau routier des Hautes-Alpes. Enfin, sur le plan économique, c'est l'amélioration de la desserte de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer qui constitue le principal objectif pour les années à venir. Là aussi, l'État et les collectivités sont associés pour financer les différents projets.

Didier Mamis
Secrétaire général pour les affaires régionales

La sécurité, préoccupation majeure et fracture du lien social

Le sentiment d’insécurité s’impose comme un enjeu central : 48 % des habitants ont vécu une situation d’incivilité ou de violence non résolue par les autorités (58 % dans les Bouches-du-Rhône). La sécurité arrive en tête des priorités pour 21 % des habitants, avec une intensité forte dans les métropoles.

Au-delà de la violence, beaucoup font part d’une distension du lien social, d’un repli sur soi ou d’une difficulté de cohabitation entre populations. L’école elle-même est au cœur de tensions, avec de fortes attentes envers l’institution mais aussi des frustrations sur la coopération entre élèves, parents et professeurs.

Partout en France, la sécurité est une priorité. Dans notre département, elle n’est pas seulement une priorité, elle est au cœur de l’action de l’État. La préfète de police déléguée, Corinne Simon, placée sous l’autorité du préfet de département est à la tête d’une structure singulière qui ne se charge que de sécurité. Son rôle est d’anticiper et de réagir rapidement. C’est une structure agile pour une lutte efficace contre la délinquance et les trafics au quotidien. 

« Dans notre territoire, la sécurité est un enjeu majeur où trafics et délinquance se nourrissent l’un de l’autre et où nombreux sont les combats menés. De la police judiciaire à la voie publique, les forces de l’ordre sont mobilisées et les résultats de ce travail de fond permettent d’entraver les organisations criminelles grâce à une méthode qui fonctionne, une forte présence de voie publique, des moyens innovants et une loi narcotrafic qui se déploie efficacement. Ce travail est mené de concert avec les collectivités locales, très impliquées, et les renforts et moyens accordés par le président de la République dans le cadre du plan « Marseille en grand ». 

Nous sommes lucides, le chemin est long et la situation est complexe sur le front du trafic mais la guerre est menée et la sécurité des bucco-rhodaniens n’est pas une option. Nous voyons des indicateurs clés baisser malgré tout en 2025 (cambriolages, vols liés aux véhicules à moteurs, dégradations, diminution des points de deal…) ; nous savons qu’il ne faut rien lâcher. La population compte sur les forces de l’ordre et elle a raison de leur faire confiance. Leur implication est totale. »

Corinne Simon
Préfète de police déléguée

Santé : de fortes nuances selon les territoires

Globalement, l’accès à la santé est jugé supérieur à la moyenne nationale, avec 72 % des habitants satisfaits (contre 64 % en moyenne nationale). Mais de fortes disparités persistent : dans l’arrière-pays alpin, le renoncement aux soins est courant (57 % dans les Hautes-Alpes, 51 % dans les Alpes-Maritimes) et les fermetures de maternités comme la pénurie de praticiens renforçant un sentiment d’isolement. À l’inverse, l’offre s’avère plus abondante sur le littoral et dans les métropoles.

Publié le 14/11/2025 Modifié le 15/12/2025