Bretagne
La France en grand angle
Un « miracle breton » à l’épreuve des maux du pays.
La France en Grand Angle - découvrez les résultats de l’enquête : BRETAGNE
Un fort sentiment d’appartenance, au service de la vitalité régionale
À l’instar des autres régions, 83 % des Bretons se montrent pessimistes sur la situation mondiale et 80 % sur la situation nationale, des taux équivalents aux moyennes françaises. Mais, contrairement à d’autres territoires, 66 % des Bretons croient en l’avenir de leur région (contre 54 % en moyenne nationale), et 69 % en celui de leur commune (contre 61 %).
Cette confiance de proximité témoigne d’un ancrage local puissant : face aux turbulences extérieures, le sentiment de maîtriser et de construire son quotidien est profond, en Bretagne plus qu’ailleurs.
Un cadre de vie plébiscité
La Bretagne est associée à ses qualités naturelles et culturelles : 91 % des habitants jugent leur territoire « bien pourvu » en environnement et cadre de vie, un record national. Les Bretons soulignent la beauté des côtes, la variété des paysages intérieurs, mais aussi le rôle fédérateur de leur culture qui forge une identité commune, solide et partagée.
L’esprit d’autonomie est une autre facette de la « recette » bretonne : 65 % des habitants s’attachent à consommer local, préservant ainsi à la fois le lien social et l’économie régionale.
Économie : un fort dynamisme, qui s’infléchit ?
En Bretagne, le taux de chômage, à 6 %, est inférieur de 1,3 point au niveau national, et 2024 a vu une création d’entreprises record depuis deux décennies, démontrant la vigueur entrepreneuriale bretonne.
Toutefois, certaines statistiques font craindre essoufflement : au premier trimestre 2025, l’intérim poursuit son recul et le nombre de demandeurs d’emploi sans activité (catégorie A) augmente de 5,5 %. Les habitants relèvent la fermeture de commerces de proximité, victimes d’un pouvoir d’achat réduit et d’une concurrence accrue des zones commerciales périphériques. Les habitants observent une « désertification » de certains quartiers, renforçant le sentiment de vulnérabilité économique.
Logement, un enjeu majeur
Seuls 49 % des Bretons jugent leur région bien pourvue en matière de logement (4 points de moins que la moyenne nationale) ; ce taux tombe à 42 % dans le Morbihan. La crise de la construction de logements neufs, conjuguée à une flambée des prix portée par les acheteurs extérieurs, pèse particulièrement sur les primo-accédants et les locataires locaux. L’accès au logement est la deuxième priorité d’action attendue (7 points au-dessus de la moyenne nationale).
Insécurité, un constat partagé dans toute la région
L’insécurité apparaît comme le premier enjeu régional (18 %, dans la moyenne nationale). Les habitants redoutent autant la banalisation des incivilités et du trafic de drogue que la hausse de violences graves. En Ille-et-Vilaine, 34 % des résidents de la métropole rennaise placent la sécurité en tête de leurs préoccupations.
Disparités de l’accès aux soins
48 % des Bretons ont renoncé à des soins faute de rendez-vous ou de professionnels à proximité - exactement la moyenne française -, mais ce renoncement atteint 26 % dans les Côtes-d’Armor et descend à 7 % en Ille-et-Vilaine, reflétant l’influence des métropoles.
La voiture souvent indispensable
La mobilité, elle, reste largement dépendante de la voiture : 44 % ont dû l’utiliser faute de transports publics, et 21 % en milieu rural placent la mobilité comme priorité (6 % en grande ville). Les Bretons valorisent leur réseau de quatre-voies gratuit, perçu comme un avantage concurrentiel, tout en déplorant l’absence de lignes ferroviaires sur certaines portions du territoire.
Publié le 03/11/2025 Modifié le 12/12/2025