La France en GRAND ANGLE

L’État à l’écoute de ce qui compte, là où ça compte.

La France en grand angle

Que perçoivent les Français de l’action de l’État, là où ils vivent ? Pour y répondre, le Gouvernement engage une démarche inédite d’écoute et de diagnostic sur tout le territoire. En combinant enquête d’opinion et immersion ethnographique, cette opération vise à prendre le pouls du pays, région par région. Elle explore le lien des citoyens à leur territoire : ce qui les rend fiers, ce qui les interroge, ce qui les inquiète - et surtout, comment ils perçoivent et expérimentent concrètement l’action publique autour d’eux.

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Image d'illustration - Source : Pexel

Avec plus de 12 millions d’habitants, la région Île-de-France cumule une densité démographique, une puissance économique, une diversité sociale, culturelle et territoriale qui la placent au cœur de bien des dynamiques nationales, en même temps qu’elles génèrent des expériences sans équivalent avec celles vécues dans les autres territoires.

Cette densité extrême fait cohabiter une diversité d’expériences, de ressources et de fragilités territoriales assez unique. Pour les Franciliens, Paris apparait comme un pôle d’exception dont chacun tente à la fois de bénéficier et des atouts et de se protéger des inconvénients réels ou projetés. La distance à la capitale s’impose comme une clé de lecture opérante des situations locales.

Elle est également la région des plus forts contrastes, réunissant le département le plus riche de France (les Hauts-de-Seine) et le plus pauvre (la Seine-Saint-Denis). 

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Le Centre-Val de Loire est perçu comme une région paisible et agréable à vivre, avec des habitants attachés à sa qualité de vie et sa tranquillité. Malgré un taux de chômage inférieur (ou égal) à la moyenne nationale, la région est peu identifiée - à tort - comme dynamique par ses habitants. 

La santé constitue la principale préoccupation régionale. La région souffre d’une sous-dotation médicale, avec le plus faible nombre de médecins par habitant en métropole. Près de 6 habitants sur 10 déclarent avoir déjà renoncé à des soins. Le sentiment de sécurité y est fort, et la sécurité n’apparaît que rarement comme une priorité, contrairement à la moyenne nationale. 

 

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En Bourgogne-Franche-Comté, les habitants apprécient fortement leur qualité de vie, la sécurité et l’environnement, mais restent inquiets pour l’avenir de leur région. Ce contraste entre satisfaction locale et pessimisme régional est marqué, notamment dans les zones rurales. Celles-ci font face à une dévitalisation progressive, avec la fermeture de commerces et le départ des jeunes, accentuant un sentiment d’isolement.

L’accès aux soins est une préoccupation majeure, en lien avec le vieillissement de la population et l’éloignement des structures médicales. La mobilité reste difficile : beaucoup dépendent de la voiture, et peu constatent des améliorations ferroviaires. L’action de l’État est jugée présente, mais peu lisible. Une majorité d’habitants ne perçoit pas concrètement cette aide sur leur territoire, malgré un recours massif aux dispositifs publics.

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Image d'illustration - Source : Ministère de l'Intérieur_E.Delelis

En Normandie, les habitants affichent un optimisme local porté par un attachement profond à leur territoire et à sa qualité de vie. L’identité normande, discrète mais enracinée, se traduit par une stabilité résidentielle forte et une valorisation des paysages et de la nature. L’économie régionale est perçue comme résiliente, portée par l’agriculture, l’énergie et l’industrie, malgré une hausse du coût de la vie.

L’accès aux soins reste une préoccupation majeure, notamment dans les zones rurales où les inégalités sont marquées. La sécurité inquiète davantage dans les grandes villes. La dépendance à la voiture, faute d’alternatives de transport, limite l’accès aux services. Le pouvoir d’achat, bien que rarement exprimé en priorité, sous-tend plusieurs tensions du quotidien. Enfin, si l’action publique est reconnue dans certains domaines, elle est jugée distante, au profit des collectivités locales, perçues comme plus proches et réactives.

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Image d'illutration - Source : Adobe Stock

Les Hauts-de-France se distinguent par un fort attachement à leur identité régionale, marqué par la convivialité et la solidarité. Toutefois, la région reste l’une des plus pauvres de France métropolitaine et cumule des fragilités. L’emploi est au cœur des préoccupations, perçu comme essentiel à la vitalité du territoire, bien que jugé insuffisamment disponible.

L’accès à la santé varie fortement selon les départements, avec des inégalités marquées entre l’Aisne, la Somme et le Nord. Malgré les critiques adressées aux décideurs, les habitants reconnaissent les efforts de l’État, notamment en matière de numérique, culture, sport et aides sociales, dont une majorité a bénéficié. 

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Dans le Grand Est, l’ancrage local est particulièrement fort : plus de la moitié des habitants y sont nés et une large part n’envisage pas d’en partir. Cette fidélité s’accompagne d’un regard positif sur le cadre de vie et d’un optimisme plus marqué pour la situation locale que nationale. L’emploi est une priorité régionale, surtout dans les zones rurales ou anciennement industrielles, où les habitants se sentent moins bien pourvus qu’en milieu urbain.

L’accès aux soins reste contrasté : satisfaisant en ville, mais difficile dans plusieurs départements ruraux, où les habitants évoquent un manque de médecins et la complexité liée à la numérisation des services. La sécurité est surtout une préoccupation urbaine. L’action de l’État est bien identifiée, en particulier dans les domaines du sport, de la culture, du numérique et des transports, avec des avis globalement plus positifs qu’ailleurs en France.

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Les Pays de la Loire bénéficient d’une image globalement positive auprès de leurs habitants, qui saluent la qualité de vie, la convivialité et l’attractivité du territoire. L’emploi constitue un point fort. Toutefois, cette dynamique est moins ressentie dans les départements du nord, comme la Sarthe et la Mayenne, où le sentiment de dynamisme et d’optimisme est plus réservé.

L’accès aux soins reste une préoccupation majeure, avec d’importantes disparités selon les départements. La sécurité inquiète particulièrement dans les grandes villes, tandis que les zones rurales déplorent leur dépendance à la voiture et la difficulté d’accès aux services publics. Si l’action de l’État est moins perçue sur les questions de sécurité, de santé et de logement, elle l’est plus dans les domaines du numérique et de la culture.

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En Bretagne, un fort sentiment d’appartenance et de confiance locale contraste avec le pessimisme ambiant sur la situation nationale et mondiale. Cette confiance s’appuie sur un cadre de vie largement plébiscité, une culture forte et un ancrage local marqué, renforcé par des habitudes de consommation locales. L’économie régionale reste dynamique, avec un taux de chômage bas et une forte création d’entreprises, mais montre certains signes d’essoufflement.

Le logement apparaît comme un défi majeur, en particulier pour les primo-accédants et les locataires, du fait de la hausse des prix et d’un manque de logements neufs. La sécurité est aussi une préoccupation croissante, en particulier dans les grandes villes comme Rennes. En matière de santé, les inégalités territoriales persistent, tout comme la dépendance à la voiture. La gratuité des routes reste cependant un atout régional reconnu.

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Image d'illustration - Source : Préfecture de Nouvelle-Aquitaine

La Nouvelle-Aquitaine séduit par sa qualité de vie et attire de nombreux habitants, malgré des disparités territoriales marquées. Bordeaux concentre les atouts économiques mais subit une forte pression urbaine. Les villes moyennes offrent un bon équilibre, tandis que les zones rurales et littorales rencontrent des difficultés en matière de logement, de soins et de transports.

La mobilité reste un défi hors métropole, avec une forte dépendance à la voiture. Le sentiment d’insécurité varie selon les territoires, reflétant souvent un isolement social. L’accès aux soins est préoccupant, notamment dans certaines zones rurales. Le logement est sous tension, entre prix élevés et vétusté. Enfin, la hausse du coût de la vie fragilise les ménages modestes.

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Portée par son dynamisme démographique et son cadre de vie envié, l’Occitanie est une région en mouvement, qui attire.

Avec ses quelques 6 millions d’habitants et une superficie dépassant 72 000 km² (13% du territoire national), l’Occitanie est aujourd’hui la deuxième plus vaste région de France métropolitaine et la quatrième sur le plan démographique. Selon l’INSEE, depuis 2015, la population de la région augmente à un rythme de +0,7% par an. En une décennie, elle a gagné plus de 500 000 habitants.

Elle rassemble des territoires aussi divers que complémentaires : les métropoles de Toulouse et Montpellier, des villes moyennes structurantes, un littoral fortement attractif, des étendues agricoles et viticoles, ainsi que des massifs montagneux aux identités marquées (Pyrénées, Cévennes). Les habitants vantent volontiers un cadre de vie agréable, une offre culturelle et de loisirs dense, et un certain « art de vivre » du Sud, entre convivialité, nature et tradition.

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Image d'illustration - Source : Préfecture des Bouches-du-Rhône

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur combine attractivité et contrastes : climat ensoleillé, diversité culturelle et cadre de vie séduisent ses habitants, dont une majorité se dit fière d’y vivre. Cependant, cet attrait cohabite avec de fortes inégalités sociales, notamment à Marseille, et une crise du logement marquée par la rareté, la cherté et la pression touristique, limitant l’accès au logement pour les plus modestes.

La mobilité repose encore largement sur la voiture, faute de transports publics adaptés, accentuant les inégalités d’accès à l’emploi et aux services. Le sentiment d’insécurité est fortement ressenti, surtout en zone urbaine, alimentant un repli social. Si l’accès aux soins est globalement bon, il reste très inégal selon les territoires, avec un sentiment d’isolement fort dans les zones montagneuses.

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Corse - Source : Préfecture de Corse

La Corse se distingue par un ancrage territorial exceptionnel. Toutefois, ce fort attachement s’accompagne d’un sentiment d’isolement, vécu à la fois comme une richesse identitaire et une contrainte dans l’accès aux services essentiels. L’offre de soins est particulièrement préoccupante, avec un recours fréquent aux transferts médicaux vers le continent.

 

La démographie atypique – population vieillissante et forte pression touristique – accentue les tensions, notamment sur le logement. L’île détient le record national de résidences secondaires, provoquant une pénurie pour les habitants. L’économie reste très saisonnière, avec une forte précarité de l’emploi. La mobilité est également un point noir : l’insuffisance des transports publics renforce la dépendance à la voiture. Enfin, la relation à l’État est ambivalente : les Corses se sentent peu soutenus, malgré un recours massif aux dispositifs publics.

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Image d'illustration - Source : Préfecture d'Auvergne-Rhône-Alpes

En Auvergne-Rhône-Alpes, les habitants plébiscitent largement leur cadre de vie, marqué par la nature, la montagne et un environnement jugé agréable. Cette satisfaction contraste toutefois avec des disparités d’accès aux services : la mobilité est globalement bien perçue, mais beaucoup dépendent encore de la voiture, notamment en zones rurales. Les transports publics souffrent de retards ou d’un manque de couverture.

La sécurité arrive en tête des priorités, avec un sentiment d’inquiétude croissant, même dans les zones réputées calmes. Côté santé, près d’un habitant sur deux a déjà renoncé à des soins, en raison du manque de professionnels ou de l’éloignement des structures, particulièrement en dehors des grandes villes.

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Que perçoivent les Français de l’action de l’État ? Quels liens entretiennent-ils avec les institutions, les services publics et les représentants de l’action publique ? Et comment ces liens varient-ils selon les régions, les expériences ou les trajectoires individuelles ?

C’est pour répondre à ces questions que le Service d’information du Gouvernement (SIG), sous l’impulsion de la porte-parole du Gouvernement, a engagé une démarche inédite d’écoute et de diagnostic. Mêlant enquête d’opinion (près de 10 000 Français interrogés en ligne), immersion sur le terrain (150 entretiens réalisés en face-à-face, dans toute la France) et rencontres régionales, elle explore le rapport des Français à leur territoire et à l’action publique locale.

Une confiance inégale envers les institutions

Alors que les services publics bénéficient d’un bon niveau de satisfaction (77 % des Français se disent satisfaits selon le baromètre de l’institut Paul Delouvrier avec Harris Interactive publié en 2024) et que les élus locaux (maires, conseils départementaux et régionaux) conservent une large adhésion, la défiance envers la politique reste forte (74 % des Français déclarent ne plus lui faire confiance*, selon le baromètre du Centre de recherches politiques de Sciences Po publié en janvier 2025).

Au-delà de cette défiance, une partie des citoyens exprime des difficultés à comprendre les décisions publiques et à en percevoir les effets concrets. Ce déficit de lisibilité alimente un sentiment de distance vis-à-vis de l’État.

Dans le même temps, les citoyens revendiquent un droit à l’information : ils souhaitent être davantage notifiés de l’action publique, en particulier lorsqu’elle impacte directement leur quotidien.

Ce constat souligne l’importance de renforcer la clarté de la parole publique, d’ancrer les politiques publiques dans les réalités locales et de réinvestir des espaces de dialogue de proximité, pour retisser un lien de confiance durable avec les citoyens.

Une enquête au plus près du terrain

Alors que le Gouvernement a entrepris un exercice de refondation de l’action publique visant à recentrer l’action de l’État sur ses missions essentielles, ce diagnostic de terrain doit nourrir un dialogue éclairé entre ceux qui conçoivent les politiques publiques et ceux qui en vivent les effets chaque jour.

Le SIG, en lien avec le porte-parole du Gouvernement, la Direction interministérielle de la transformation publique et le réseau des préfectures, a lancé une grande enquête nationale pour mieux cerner les attentes et les ressentis des Français.

En partenariat avec la régie publicitaire 366 et le cabinet d’études George(s), accompagnés par l’agence Dentsu Aegis, l’enquête repose sur : 

  • une vaste étude quantitative, réalisée par Harris Interactive, auprès de 10 000 personnes (800 par région), 
  • une immersion ethnographique, avec près de 150 entretiens menés auprès d’acteurs du quotidien dans chaque région (infirmières, commerçants, enseignants, agents publics, etc.).
Source : Gouvernement

La France en Grand Angle - une démarche inédite

Publié le 18/09/2025 Modifié le 18/12/2025