Bourgogne-Franche-Comté

La France en grand angle

Une région fragilisée mais paisible.

Source : Gouvernement

La France en Grand Angle - découvrez les résultats de l’enquête : BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE

Une qualité de vie plébiscitée, un territoire jugé sûr et serein

Les habitants de Bourgogne-Franche-Comté expriment un attachement fort à leur territoire, qu’ils décrivent comme agréable à vivre (55 %) et sûr et tranquille (32 %, contre 26 % en moyenne nationale). La qualité de l’environnement y est massivement reconnue : 87 % estiment leur territoire bien pourvu en la matière, proche du niveau record atteint par la Bretagne. Pourtant, seule la moitié des habitants (50 %) se déclare optimiste pour l’avenir de la région, un des taux les plus faibles observés au niveau national. Le contraste entre la satisfaction locale immédiate et une inquiétude profonde sur l’avenir est un marqueur structurant de la région.

« La nature est un marqueur fort de la région Bourgogne-Franche-Comté. Elle est inhérente, valorisée, préservée. L’environnement constitue un atout majeur, pour la qualité de vie comme pour l’attractivité du territoire. Ce territoire, vaste et peu densément peuplé, façonné par des paysages remarquables et une tradition d’équilibre entre activités humaines et préservation des milieux, fait de la région un véritable refuge écologique au cœur de l’Europe. 
Les services de l’État, avec l’ensemble des parties prenantes, œuvrent pour la préservation de cet environnement exceptionnel avec l’objectif d’améliorer la qualité de vie des habitants et d’accompagner la réindustrialisation du territoire. Son action porte sur la préservation des espaces via notamment la valorisation des paysages remarquables (sites classés, opérations grand site, grands site de France…) ou la création de réserve naturelle mais aussi la protection des espèces (amélioration de la connaissance, rétablissement des continuités écologiques, plans d’action sur le lynx ou le grand Tétras, instruction des dérogations à l’interdiction de destruction des espèces protégées…). La ressource en eau est fragile en Bourgogne-Franche-Comté, région en tête de trois bassins versants. Les services de l’État, en lien avec les collectivités et les acteurs économiques, œuvrent pour préserver cette ressource en qualité et en quantité. La feuille de route régionale de la COP BFC, co-élaborée avec le conseil régional, en lien avec toutes les parties prenantes, reprend ces priorités qui sont déployées sur tout le territoire régional. »

Olivier David
Directeur régional de la DREAL Bourgogne-Franche-Comté

Une crainte diffuse de dévitalisation, marquée dans les zones rurales

Le sentiment de déclin silencieux traverse de nombreux territoires, notamment en dehors des grands pôles urbains. À Château-Chinon ou dans le Morvan, les habitants témoignent d’une disparition progressive des commerces, des services et des jeunes, avec en toile de fond le vieillissement de la population et la crainte de la fermeture d’écoles.

Ainsi, dans les communes de moins de 5 000 habitants, moins d’une personne sur 10 qualifie son territoire de dynamique ou attractif, contre un quart dans les métropoles régionales. La Nièvre concentre ces perceptions dégradées : 30 % des habitants y estiment vivre dans un territoire « oublié », 32 % en « déclin » - trois fois plus que la moyenne régionale.

L’accès aux soins : une préoccupation dans une région qui vieillit

La santé est une préoccupation prioritaire pour 41 % des habitants (contre 27 % au niveau national), ce qui place la région au deuxième rang des plus préoccupées de France continentale. Seuls 53 % jugent leur région bien pourvue en matière d’accès aux soins, et 41 % déclarent avoir déjà renoncé à des soins, faute de rendez-vous ou de professionnels disponibles. L’éloignement des structures est vécu comme un frein majeur, notamment pour les personnes âgées et les familles.

« L’accès aux soins s’inscrit au rang des premières préoccupations des habitants de la région, et c’est évidemment une priorité pour l’ARS Bourgogne-Franche-Comté. Les mesures sont nombreuses pour témoigner de cet engagement de tous les jours pour réduire les inégalités territoriales.
Aux dispositions nationales comme celles qui ont encouragé le développement des structures coordonnées (la région compte près de 200 maisons de santé) ou le zonage de notre vaste territoire régional, qui détermine les aides à installation des professionnels de santé, s’ajoutent des dispositions propres à la Bourgogne-Franche-Comté qui ont fait leur preuve.
Ces initiatives sont portées en partenariat par l’État, les collectivités, les professionnels de santé… L’exemple des cabinets éphémères, dont le premier fut ouvert à Pontarlier, en 2017, témoigne des modèles qui peuvent être « inventés » sur-mesure pour apporter des solutions tremplin.
En Bourgogne-Franche-Comté, la télé expertise a également connu un essor déterminant ces cinq dernières années et dans certaines spécialités, comme la dermatologie, elle permet aux patients d’accéder à un avis de spécialiste sans déplacement et sans délai…
Pour attirer et fidéliser les professionnels de santé, un grand plan de mobilisation est co-piloté par l’État et la Région. L’un des objectifs est de créer des conditions d’accueil attractives pour les professionnels, sur tout le territoire. Des internats ruraux ont par exemple été ouverts dans l’Yonne ou la Nièvre, pour faciliter la vie quotidienne des médecins qui viennent se former dans les hôpitaux de ces départements.
Les initiatives à cette image sont foisonnantes et menées à bien avec une grande détermination par les services de l’État et les élus.
Demain, le réseau France Santé, qui va se déployer en Bourgogne-Franche-Comté, complétera et rendra plus visible encore ces efforts collectifs au service de la proximité et de la qualité des soins. »


Mathilde Marmier
Directrice générale de l’ARS Bourgogne-Franche-Comté

Des infrastructures inégalement accessibles

La perception des infrastructures de mobilité est plus sévère qu’ailleurs. 40 % des habitants déclarent ne pas disposer d’alternative à la voiture. La région est celle où l’on a le moins entendu parler d’un aménagement ferroviaire récent (21 %). 46 % ne voient pas ce que fait l’État en matière de transports sur leur territoire.

Une action publique perçue comme présente mais peu lisible

Si seuls 21 % des habitants estiment que leur territoire bénéficie d’une attention particulière de l’État (contre 32 % en moyenne nationale), avec un point bas dans la Nièvre (12 %), 67 % déclarent pourtant avoir bénéficié - directement ou via un proche - d’au moins un dispositif financé par l’État (prime d’activité, chèque énergie, « Pass culture », etc.). Ce décalage souligne la difficulté à identifier la présence de l’État dans les services et dispositifs qu’il propose et dont bénéficient les citoyens.

« L’État est aux côtés des collectivités locales de la Bourgogne-Franche-Comté pour la réalisation des investissements les plus structurants dans les territoires et qui répondent pleinement aux enjeux de la transition écologique. Ce soutien financier est renforcé dans les départements ruraux tels que la Nièvre, où le besoin d'accompagnement et de solidarité est le plus marqué. Ainsi, ce sont près de 162 millions d'euros (dotations et fonds vert) qui ont été mobilisés en 2025 en Bourgogne-Franche-Comté, dont 18 millions d'euros pour la Nièvre, pour favoriser l’émergence et la concrétisation de projets dans les domaines social, économique, sportif, culturel et touristique ou soutenant le développement et le maintien de services en milieu rural. »

Sylvain COLLOTChargé de mission politiques territoriales - appui en ingénierie financière au SGAR

Publié le 03/11/2025 Modifié le 16/12/2025