Bourgogne-Franche-Comté
La France en grand angle
Une région fragilisée mais paisible.
La France en Grand Angle - découvrez les résultats de l’enquête : BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE
Une qualité de vie plébiscitée, un territoire jugé sûr et serein
Les habitants de Bourgogne-Franche-Comté expriment un attachement fort à leur territoire, qu’ils décrivent comme agréable à vivre (55 %) et sûr et tranquille (32 %, contre 26 % en moyenne nationale). La qualité de l’environnement y est massivement reconnue : 87 % estiment leur territoire bien pourvu en la matière, proche du niveau record atteint par la Bretagne. Pourtant, seule la moitié des habitants (50 %) se déclare optimiste pour l’avenir de la région, un des taux les plus faibles observés au niveau national. Le contraste entre la satisfaction locale immédiate et une inquiétude profonde sur l’avenir est un marqueur structurant de la région.
Une crainte diffuse de dévitalisation, marquée dans les zones rurales
Le sentiment de déclin silencieux traverse de nombreux territoires, notamment en dehors des grands pôles urbains. À Château-Chinon ou dans le Morvan, les habitants témoignent d’une disparition progressive des commerces, des services et des jeunes, avec en toile de fond le vieillissement de la population et la crainte de la fermeture d’écoles.
Ainsi, dans les communes de moins de 5 000 habitants, moins d’une personne sur 10 qualifie son territoire de dynamique ou attractif, contre un quart dans les métropoles régionales. La Nièvre concentre ces perceptions dégradées : 30 % des habitants y estiment vivre dans un territoire « oublié », 32 % en « déclin » - trois fois plus que la moyenne régionale.
L’accès aux soins : une préoccupation dans une région qui vieillit
La santé est une préoccupation prioritaire pour 41 % des habitants (contre 27 % au niveau national), ce qui place la région au deuxième rang des plus préoccupées de France continentale. Seuls 53 % jugent leur région bien pourvue en matière d’accès aux soins, et 41 % déclarent avoir déjà renoncé à des soins, faute de rendez-vous ou de professionnels disponibles. L’éloignement des structures est vécu comme un frein majeur, notamment pour les personnes âgées et les familles.
Aux dispositions nationales comme celles qui ont encouragé le développement des structures coordonnées (la région compte près de 200 maisons de santé) ou le zonage de notre vaste territoire régional, qui détermine les aides à installation des professionnels de santé, s’ajoutent des dispositions propres à la Bourgogne-Franche-Comté qui ont fait leur preuve.
Ces initiatives sont portées en partenariat par l’État, les collectivités, les professionnels de santé… L’exemple des cabinets éphémères, dont le premier fut ouvert à Pontarlier, en 2017, témoigne des modèles qui peuvent être « inventés » sur-mesure pour apporter des solutions tremplin.
En Bourgogne-Franche-Comté, la télé expertise a également connu un essor déterminant ces cinq dernières années et dans certaines spécialités, comme la dermatologie, elle permet aux patients d’accéder à un avis de spécialiste sans déplacement et sans délai…
Pour attirer et fidéliser les professionnels de santé, un grand plan de mobilisation est co-piloté par l’État et la Région. L’un des objectifs est de créer des conditions d’accueil attractives pour les professionnels, sur tout le territoire. Des internats ruraux ont par exemple été ouverts dans l’Yonne ou la Nièvre, pour faciliter la vie quotidienne des médecins qui viennent se former dans les hôpitaux de ces départements.
Les initiatives à cette image sont foisonnantes et menées à bien avec une grande détermination par les services de l’État et les élus.
Demain, le réseau France Santé, qui va se déployer en Bourgogne-Franche-Comté, complétera et rendra plus visible encore ces efforts collectifs au service de la proximité et de la qualité des soins. »
Des infrastructures inégalement accessibles
La perception des infrastructures de mobilité est plus sévère qu’ailleurs. 40 % des habitants déclarent ne pas disposer d’alternative à la voiture. La région est celle où l’on a le moins entendu parler d’un aménagement ferroviaire récent (21 %). 46 % ne voient pas ce que fait l’État en matière de transports sur leur territoire.
Une action publique perçue comme présente mais peu lisible
Si seuls 21 % des habitants estiment que leur territoire bénéficie d’une attention particulière de l’État (contre 32 % en moyenne nationale), avec un point bas dans la Nièvre (12 %), 67 % déclarent pourtant avoir bénéficié - directement ou via un proche - d’au moins un dispositif financé par l’État (prime d’activité, chèque énergie, « Pass culture », etc.). Ce décalage souligne la difficulté à identifier la présence de l’État dans les services et dispositifs qu’il propose et dont bénéficient les citoyens.
Sylvain COLLOTChargé de mission politiques territoriales - appui en ingénierie financière au SGAR
Publié le 03/11/2025 Modifié le 16/12/2025