Occitanie

La France en grand angle

Une région attractive, mais des déséquilibres.

Source : Gouvernement

La France en Grand Angle - découvrez les résultats de l’enquête : OCCITANIE

Un dynamisme affirmé, mais des vulnérabilités territoriales

À l’image d’autres régions, seuls 18 % des Occitans sont optimistes quant à la situation nationale, contre 60 % pour leur région et 61 % pour leur commune. Cet optimisme local s’explique par un cadre de vie plébiscité (63 % jugent l’Occitanie « agréable à vivre », +10pts vs la moyenne nationale), qui en fait un territoire particulièrement attractif : seuls 33 % des habitants sont natifs de la région (taux le plus faible en métropole) et 26 % l’ont choisie pour la qualité de vie, ses paysages et son art de vivre (record national). 

Mais si Toulouse, Montpellier et Nîmes attirent massivement pour leurs bassins d’emploi, plusieurs territoires cumulent difficultés sociales, économiques et démographiques. Les Pyrénées-Orientales enregistrent un taux de pauvreté de 21 % (vs 17 % en région) et un taux de chômage de 12,2 % (vs 7,4 %). 16 % des habitants s’y estiment « défavorisés », trois fois plus que la moyenne régionale. Dans le Tarn ou en Ariège, le sentiment d’isolement domine, alimenté par le manque de services et la fuite des jeunes. Cette grande diversité territoriale freine l’émergence d’un sentiment partagé d’appartenance à la région. 

Sécurité : un enjeu ressenti particulièrement ressenti dans les grandes villes

La sécurité arrive en tête des préoccupations (18 % la placent en priorité, 25 % dans les villes > 100 000 hab.). À Toulouse, Montpellier ou Perpignan, les incivilités et les trafics de drogue nourrissent les inquiétudes. À l’inverse, en zones rurales, si la sécurité est moins priorisée (seuls 8% en font une priorité), les habitants n’en notent pas moins une forme de dégradation du climat local. 

Santé : un accès inégal et un renoncement aux soins fréquent

Si la santé est placée comme un enjeu majeur par 14% des habitants de la région, ce sont seulement 8% des habitants des grandes villes qui en font une priorité vs 19% de ceux vivant en zones rurales. Ainsi, 51 % des Occitans déclarent avoir renoncé à des soins faute de professionnels proches — un chiffre qui grimpe à 55 % en milieu rural. Même dans les villes, 49 % évoquent des délais d’attente dissuasifs. L’Ariège est régulièrement citée comme un désert médical. 

Mobilité : un usage contraint de la voiture faute d’alternatives

En Occitanie, la dépendance à la voiture est partagée partout. Conséquemment, les métropoles souffrent d’embouteillages et d’un manque de stationnements, quand les zones rurales témoignent d’une impossibilité de se déplacer autrement. 46 % des habitants disent avoir déjà renoncé à un déplacement faute de solution. 42 % dénoncent retards ou suppressions de services de transport. Le réseau ferroviaire est par ailleurs jugé insuffisant et mal connecté.

Pouvoir d’achat et logement : inquiétudes persistantes, notamment sur le littoral

Bien que moins cités en tête des priorités (8%), le logement et le pouvoir d’achat génèrent néanmoins de fortes tensions dans certaines zones : 18 % dans le Tarn, 17 % dans les Hautes‑Pyrénées, en lien avec la hausse des prix alimentaires, énergétiques et locatifs. Concernant le logement (6%), les zones touristiques du littoral souffrent de la pression des locations saisonnières. En milieu rural, c’est la vétusté du bâti, la précarité énergétique et l’inadéquation de l’offre qui inquiètent.

Environnement : un enjeu tangible

En Occitanie, le dérèglement climatique ne relève pas de l’abstraction : il se vit dans les inondations, les sécheresses, les incendies ou les canicules. Le monde rural et montagnard (agriculteurs, professionnels du tourisme) voit déjà ses conditions d’activité bouleversées. Si la prise de conscience progresse (13 % en Haute-Garonne en font une priorité), les actions publiques sont jugées trop peu visibles : 51 % seulement estiment que l’État agit de manière tangible sur ces sujets.

Publié le 20/11/2025 Modifié le 15/12/2025