Mieux se déplacer
La planification écologique
Mieux se déplacer, c’est améliorer la mobilité des Français grâce à une offre de transports plus propre et accessible sur l’ensemble du territoire.
La mobilité est au cœur de nos modes de vie. Dans notre quotidien, la distance entre nos lieux de vie, nos lieux de travail et les commerces ne cesse d’augmenter, et 80 % de tous les kilomètres parcourus par les Français le sont encore en voiture individuelle.
Sur les longues distances, l’avion reste le moyen de transport le plus utilisé, avec 43 % des déplacements, quasiment à égalité avec la voiture, et seulement 10 % pour le train. Nos déplacements, qu’ils soient sur des courtes ou longues distances, quotidiens ou exceptionnels, ont un coût environnemental élevé. Ils représentent 31 % des émissions françaises de gaz à effet de serre, et la voiture conserve une part considérable de cet impact.
En travaillant simultanément sur nos différents besoins de déplacements, la planification écologique se donne pour objectif de réduire leur impact et de générer de nouvelles opportunités plus propres et pour tous, acteurs de la filière des transports, usagers et automobilistes.
Les transports, un secteur encore trop émissif
Le secteur des transports prend du retard par rapport aux projections pour atteindre les objectifs cibles. Les transports représentent toujours 34% des émissions de GES en France. Le rythme actuel de baisse (-1% à -1,5% par an) est trop lent pour atteindre les objectifs de la SNBC 3 d'ici 2030. La Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC 3) définit une trajectoire d'accélération de décarbonation pour le secteur des transports :
- Réduction des émissions : atteindre 92 MtCO2e en 2030, hors soutes internationales (soit -27 % vs 2023).
- Électrification : viser 15 % de véhicules électriques dans le parc total.
- Transformation des usages :
- Report modal : priorité aux mobilités douces et aux transports collectifs.
- Maîtrise de la demande globale et des distances parcourues.
Focus sur le chantier sectoriel « Mieux se déplacer » du baromètre de la planification écologique
Découvrez ici les indicateurs relatifs au secteur « Mieux se déplacer », qui couvre les déplacements de voyageurs et de marchandises, pour l'ensemble des modes de transports (terrestres, aériens, maritimes et fluviaux).
Transcription
Émissions de GES du secteur du transport (MtCO2e, CITEPA-SECTEN, baromètre mensuel)
2017 : 160
2019 : 159
2022 : 149
2030 (cible) : 112
Le volet transport du plan d'électrification des usages
Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances, et plusieurs membres du Gouvernement ont présenté le plan d’électrification des usages jeudi 23 avril 2026. Comportant 22 mesures, le plan d’électrification s’inscrit dans la continuité de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) et vise à électrifier massivement l’économie. L’électrification massive des usages constitue en effet un levier majeur pour accélérer la décarbonation de notre économie, mais aussi protéger le pouvoir d’achat des ménages, la compétitivité de nos entreprises et renforcer notre souveraineté énergétique dans le contexte de la guerre au Proche et au Moyen-Orient, qui amis en évidence la dépendance de l’économie française aux importations de pétrole et de gaz.
Ce plan s'articule autour de 3 volets : bâtiments, industrie et transports. L’électrification des transports représente une opportunité économique sans précédent. Pourtant, les transports restent encore le premier poste de consommation d’énergie fossile en France, alors que des solutions matures et compétitives permettent de s’en affranchir.
Zoom sur le report modal
Dans nos déplacements du quotidien, 28 millions de tonnes d’équivalent CO₂ peuvent être évitées d’ici 2030 si nous parvenons notamment à accélérer le report modal, à électrifier le parc automobile (voir ci-dessus) et à faire preuve de sobriété en réduisant le nombre de kilomètres parcourus. Sur le transport terrestre de marchandises, 19 millions de tonnes d’équivalent CO₂ pourront être économisées grâce notamment à l’optimisation du chargement, l’électrification et du report modal vers le ferroviaire ou le transport fluvial. Enfin, le transport international (aérien et maritime) est aussi concerné par cet effort via notamment une meilleure maitrise de la demande et des actions d’efficacité énergétique.
Transcription
Traduction en ordres de grandeur illustratifs des hypothèses sous-jacentes au scénario – en milliards de voyageurs-kilomètres par an
- Tendanciel : +7 % de croissance de trafic en tendanciel (rappel, +6% entre 2012 et 2019), dont 1/3 effet population, 2/3 effet PIB
- Sobriété : 7 millions de salariés télé-travaillent 3jx-30km/j et 5 millions choisissent un tourisme local (-1000kms/an)
- Report modal vélo : 2,5 millions d’automobilistes choisissent le vélo (5j/sem x 20km/j)
- Report modal train : 3 millions d’automobilistes choisissent le train (5j/sem x 30km/jour) et 4 millions préfèrent le train à la voiture pour partir en week-end (300km/4 x an)
- Report bus & car express : 4 millions d’automobilistes choisissent le bus ou le car express (tous les jours x 15km)
Nos publications associées
- Revue d'avancement de la planification écologique dans les transports - avril 2025
- Décarbonation de l'aérien - septembre 2024
- Accélérer le verdissement des véhicules - août 2024
- Transport : synthèse de la mise en œuvre du plan - mars 2024
- La planification écologique dans les transports - mai 2023
Éléments de rappel - Le plan pour « Mieux se déplacer »
Des voitures électriques légères pour celles et ceux qui en ont besoin pour se déplacer. Avec un objectif de 15 % de véhicules 100 % électriques roulant en 2030, contre seulement 1 % aujourd’hui, l’accélération est possible si nous agissons sur 4 leviers proposés dans le plan :
- Le renforcement de l’aide à la conversion : bonus, prime à la conversion, offre de leasing social
- Le déploiement des bornes de recharge sur tout le territoire
- La révision des avantages fiscaux liés aux flottes d’entreprises et véhicules de fonction
- Le durcissement des malus poids pour encourager à l’achat et la production de véhicules plus petits, plus légers et plus sobres
Pour inciter 3 millions d’automobilistes à choisir les transports en commun plutôt que la voiture, nous prévoyons :
- D’investir avec les collectivités locales dans les infrastructures, dont celles qui améliorent l’intermodalité, avec notamment un plan de 100 milliards d’euros d’ici 2040 pour le ferroviaire (dont le projet de services express régionaux métropolitains, dit aussi « RER métropolitain »)
- D’accompagner les collectivités en charge de l'organisation de la mobilité dans les zones les moins denses (fonds de soutien de 90 millions d’euros sur 3 ans pour la mobilité rurale)
- De généraliser les meilleurs pratiques (cars express, voies réservées, densification, partage de la voirie, intermodalité, parkings relais et stationnement…)
Pour tripler son usage quotidien, le vélo doit devenir une option crédible et attractive. Pour y parvenir, nous devons agir avec les collectivités locales, à la fois sur les infrastructures, et sur les usages, pour rendre l’expérience de chacun utile, sûre et confortable. Les solutions envisagées :
- Le développement accru de pistes cyclables sécurisées : déjà 17 000 km réalisés depuis 2017 et 2Mds€ mobilisés par l’Etat entre 2023 et 2027
- L’apprentissage de la conduite du vélo dès le plus jeune âge : 850 000 enfants à former chaque année à partir de 2027
- L’accompagnement d’une filière industrielle : objectif 2 millions de vélos assemblés en France en 2030
- L’aide à l’acquisition, en particulier pour les ménages les plus modestes
Partager nos trajets en voiture, est une solution à fort impact et accessible avec peu d’investissement. L’objectif de 3 millions de trajets quotidiens à l’horizon 2027 - contre 900 000 aujourd’hui permettrait d’atteindre jusqu’à 4,5 millions de tonnes de CO2 annuels évitées, soit 1 % des émissions de GES annuelles de la France. Avec 150 millions d’euros en 2023, le déploiement du plan Covoiturage permet déjà de soutenir les nouveaux covoitureurs (prime de 100 €) et les démarches des collectivités locales.
Parmi les leviers pour encourager cette pratique : mesures de fiscalité, péages aux tarifs différenciés, voies réservées ; parmi les autres bénéfices attendus : allègement des dépenses des automobilistes, réduction de la congestion de nos villes et amélioration de la qualité de l’air.
- Renforcer les clauses environnementales dans les accords de droit de trafic avec les pays tiers (ex.: incorporation de carburants durables)•
- Renforcer l’affichage environnemental et donner à voir aux consommateurs les impacts des vols
Bio-carburants et carburants d'aviation durables
- Pour développer la filière et sortir de la dépendance aux importations : révision à la hausse de la trajectoire pluriannuelle de la taxe incitative relative à l’utilisation de l’énergie renouvelable dans les transports (TIRUERT) en contrôlant le surcoût pour le consommateur
- Pour réussir le tournant du 2G (le choix de biocarburants non issus des cultures alimentaires) : financements (publics et privés) de l’installation des premières usines 2G, identification de potentiels fournisseurs étrangers de biocarburants 2G, candidats à l’export.
Publié le 27/01/2023 Modifié le 17/07/2026