« L'espoir renaît » ou quand changer de nom de famille devient plus simple

Ce contenu a été publié sous le gouvernement de la Première ministre, Élisabeth Borne.

Publié 01/07/2022

Depuis le 1er juillet 2022, la procédure pour changer de nom de famille est simplifiée. Témoignages à l'occasion de l'entrée en vigueur de la loi.

Un nourrisson
La liberté de choisir. Depuis le 1er juillet 2022, changer son nom de famille est plus simple. L'entrée en vigueur de la loi dédiée permet désormais, avec des formalités réduites, de remplacer le nom reçu à la naissance par celui de l'autre parent.
Ce texte donne, en effet, la possibilité àtout majeur de demander, une fois dans sa vie, à porter le nom de sa mère, de son père, ou les noms de ses deux parents par une simple déclaration à l’état civil. Exit lalongue et complexe procédure auprès du ministère de la Justice.

« Beaucoup de Français sont fiers de leur nom de famille mais ce n’est pas le cas de tous. L’intime n’ayant pas à être dévoilé à l’État, passé 18 ans, vous aurez demain la liberté de choisir 1 fois entre le nom de votre père, celui de votre mère ou les deux.»

Éric Dupond-Moretti

  • Garde des sceaux

Sentiments négatifs

Mélina, étudiante à Dunkerque, se souvient très peu de son père. « Je ne passais pas de bons moments avec lui. Violent avec ma mère, il venait me chercher quand il en avait envie. » À 9 ans, elle l’attend pour célébrer la fête des pères. En vain. « Il n’est jamais venu, et depuis ce jour je ne l’ai plus jamais revu. »

« Le nom de mon père me procure des sentiments négatifs. »

Mélina

  • Étudiante
Le nom de ce père absent est lourd à assumer, pesant. « Il me procure des sentiments négatifs. Enfant, je redoutais les rentrées scolaires, je ne voulais pas parler de mon père ». Mais les circonstances l'y obligeaient.
Devenue jeune adulte, Mélina a tranché. Elle va changer de nom pour arrêter de subir ce père qu’elle n’a pas choisi. Désormais, elle portera le nom de sa mère, « symbole de fierté et d’amour ». « C'est l'espoir qui renaît », analyse-t-elle.

Cette décision, renforcée par le passage de la loi facilitant les démarches, lui fait « un bien fou ». La preuve en est, le 1er juillet, elle était la première à la mairie pour faire sa déclaration à l'état civil.

Un poids en moins

Estelle aussi a hâte. « Je travaille beaucoup, mais une chose est sûre : dès que je peux aller à la mairie, je m'y rends ! »

Derrière sa volonté de changer de nom, une histoire différente de celle de Mélina. Estelle, elle, est mère célibataire. Son fils porte le nom de son père et, c'est quotidiennement qu'elle doit prouver son lien de parenté.

« J’ai rompu très tôt avec le père de mon fils qui m’infligeait des violences physiques et verbales. Depuis ses deux mois, nous vivons que tous les deux avec mon petit garçon. »

« L’entrée en vigueur de la loi, c’est un poids en moins dans le ventre et dans le cœur. »

Estelle

  • Mère célibataire
Avec la loi sur le changement de nom, Estelle va enfin pouvoir mettre son nom de famille sur la carte d’identité de son fils. « C’est un poids en moins dans le ventre et dans le cœur. Je vais pouvoir être autant sa maman que lui est son papa », confie-t-elle émue. 

« Kidnapping d'identité »

Dans la famille de Christelle, le patronyme c'est sacré. La Toulousaine est le troisième enfant d'une fratrie de filles. « Il était crucial que je naisse garçon afin de donner mon nom de famille à mes futurs enfants », explique-t-elle. Mais, Christelle est née fille et avec elle se sont envolés les espoirs de ses parents de faire perdurer leur nom.

« Cette loi est un premier pas qui permettra de diffuser l’idée dans la société que l’on peut porter et transmettre le nom maternel. »

Christelle

  • Habitante de Toulouse
Malgré une enfance auréolée de « la honte de [s]on père » et du « rejet de [s]a mère », Christelle tient à son nom de famille.

« J'en suis fière, il me définit. Et lorsque je pourrais donner la vie, je donnerai aussi mon nom grâce à cette loi. C'est un premier pas qui permettra de diffuser l’idée dans la société que l’on peut porter et transmettre le nom maternel. » Et de résumer : « C'est la fin du kidnapping d’identité ».

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