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Mode d'emploi - Source : Service d'information du Gouvernement

Santé mentale des femmes : des ressources pour agir à tous les âges de la vie

Publié le 28/05/2025

MODE D'EMPLOI. Adolescence, maternité, ménopause… La santé mentale est moins linéaire chez les femmes que chez les hommes, certaines étapes de la vie entraînant des bouleversements spécifiques. Des outils et dispositifs existent pour protéger la santé mentale des femmes.

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« La santé mentale des femmes constitue encore largement un continent inexploré », indiquait l’Assemblée nationale dans son rapport d’information sur la santé mentale des femmes publié en 2023.
En cause ? Le tabou entourant encore les questions de santé mentale, qui a poussé le Gouvernement à faire du sujet la Grande cause de l’année 2025.
À cela s’ajoutent les stéréotypes de sexe qui influencent les pratiques médicales, la recherche, la prévention et le comportement des patients. Les spécificités féminines sont ainsi moins prises en compte.
Et ce alors que la problématique de la santé mentale est moins linéaire chez les femmes que chez les hommes, certaines étapes de la vie entraînant des bouleversements particuliers pouvant conduire à des difficultés : adolescence, maternité, ménopause.
Le rapport de l’Assemblée pointe également l’impact sur la santé mentale de l’environnement dans lequel évoluent les femmes, listant les conséquences de la charge mentale, des facteurs économiques et sociaux, du harcèlement et des violences.
Protéger la santé mentale des femmes passe donc par des actions dans de nombreux champs, déjà investis par le Gouvernement : lutter contre les violences faites aux femmes, lutter contre les stéréotypes de genre, renforcer l’égalité professionnelle, faciliter l’accès aux soins, lutter contre la précarité, renforcer la formation des professionnels de santé, des travailleurs sociaux, des personnels d’éducation…
Par ses nombreuses ramifications aussi bien médicales qu’économiques et sociales, entre autres, la santé mentale des femmes est un véritable enjeu d’égalité femmes-hommes, Grande cause nationale du quinquennat

Qu’est-ce que la santé mentale ?

La santé mentale ne se limite pas à l’absence de troubles psychiques. Elle englobe le bien-être émotionnel, psychologique et social, et permet à chacune de faire face au stress de la vie, de réaliser son potentiel, d’apprendre et de travailler, et de contribuer à la vie de sa communauté.

Vers qui se tourner pour parler de problèmes de santé mentale ?

Échanger avec vos proches de confiance est un premier pas, dans leur limite de leur capacité d’écoute.

De nombreuses lignes d’écoute généralistes ou spécialisées (en fonction de l’âge, de la profession, d’une problématique sanitaire ou sociale précises) existent. Le site Psycom les recense en les classant par thèmes.

3114 - Le numéro national de prévention du suicide est accessible gratuitement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Il est ouvert aux personnes en détresse ou à leur entourage.

Votre médecin traitant peut faire une première évaluation, prescrire d’éventuels examens complémentaires pour écarter d’autres causes potentielles à votre souffrance, poser un diagnostic et proposer un premier traitement, médicamenteux ou psychothérapique, et/ou vous orienter si besoin vers un psychiatre ou un autre spécialiste.

La médecine scolaire et médecine du travail, le cas échéant, sont aussi des interlocuteurs possibles.

La santé mentale est l’un des points qui peut être abordé lors des rendez-vous Mon bilan prévention, proposés à tous aux tranches d'âge clés de la vie : 18 à 25 ans, 45 à 50 ans, 60 à 65 ans, 70 à 75 ans. Ces bilans de santé avec un professionnel de santé (médecin traitant, infirmiers, pharmaciens, sages-femmes) sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie.

Mon soutien psy permet le remboursement de 12 séances par an avec un psychologue partenaire. Mon soutien psy s’adresse à toute personne, dès 3 ans, qui se sent angoissée, déprimée ou en souffrance psychique légère à modérée.

L’organisme public Psycom a un site internet très complet, avec des informations sur les troubles psychiques, les différents types de traitements, les droits en psychiatrie... Il propose également un annuaire recensant les associations, lignes d'écoute et autres services qui existent.

15 - Le SAMU doit toujours être contacté en cas de doute. Il pourra soit déclencher les secours, soit vous indiquer la structure vers laquelle vous tourner.

Les violences sexistes et sexuelles ont un impact sur la santé mentale. Soumission chimique ou vulnérabilité chimique, violences au sein du couple, harcèlement… : elles sont interdites et punies par la loi.

Le site gouvernemental Arrêtons les violences liste les numéros d’urgence et autres ressources pour identifier et réagir aux violences faites aux femmes, que vous soyez victime, témoin ou professionnel.

3919 – Violences Femmes Info, anonyme et gratuit, est un numéro d’écoute destiné aux femmes victimes de violences, à leur entourage, aux professionnels concernés.

17 - En cas d'urgence, appelez les forces de sécurité, police ou gendarmerie.

Défenseur des droits, Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, Ligue des droits de l’homme, SOS racisme… : le site Psycom liste de nombreuses ressources pour accompagner les problèmes liés aux discriminations.

À ces outils accessibles à toutes s’ajoutent des outils spécifiques pour accompagner les périodes de vulnérabilité accrue au fil de la vie.

Pour accompagner les adolescentes

Pourquoi ? L’adolescence est une étape charnière marquée par de profonds changements physiques, psychiques et sociaux.
Cette phase de transition expose particulièrement les jeunes filles à des risques accrus de souffrance psychologique, en raison de pressions sociales spécifiques et de bouleversements corporels importants.
La santé mentale des jeunes femmes est étroitement liée à leur environnement social, éducatif et familial. L’isolement, le manque d’information et les stéréotypes de genre constituent des freins majeurs à leur bien-être.
Le harcèlement scolaire, souvent amplifié par les réseaux sociaux, a des effets délétères sur la santé mentale.
Les réseaux sociaux jouent un rôle ambivalent, favorisant le lien social mais exacerbant la pression à la conformité et la comparaison permanente, qui joue sur l’estime de soi.
L’entrée active dans la vie affective et sexuelle constitue aussi souvent une étape majeure de l’adolescence. Cette phase peut générer des conflits internes, des doutes, voire des angoisses. Par ailleurs, l’environnement social, familial et les normes culturelles peuvent peser fortement, notamment en cas de stigmatisation liée à l’orientation sexuelle, ce qui augmente le risque de troubles psychiques tels que la dépression ou l’anxiété.

Une carte répertorie les lieux d’accueil et d’information ouverts aux adolescentes et aux jeunes adultes de 12 ans jusqu’à 25 ans pour des questions portant notamment sur la santé mentale.

Il est possible de consulter les services de l’infirmerie, de l’assistance sociale ou de psychologie de l’établissement scolaire fréquenté.

Un rendez-vous de prévention est prévu pour les 18-25 ans. Cette consultation, prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie, permet notamment d’aborder les questions de santé mentale.

En plus de mon soutien Psy, le dispositif Santé psy étudiant permet à tout étudiant inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur reconnu par le ministère chargé de l’Enseignement supérieur de bénéficier de 12 séances gratuites avec un psychologue partenaire.

Les Maisons des adolescents (MDA) ont pour but de favoriser l’accès aux aides, accompagnements et soins pour les adolescents en souffrance physique, psychique et sociale.

Les Centres médico-psychologiques (CMP) pour enfants et adolescents proposent des services gratuits de soutien psychologique.

Le numéro national pour les jeunes victimes de violence numérique est accessible de 9 heures à 23 heures et 7 jours sur 7, par téléphone et par tchat sur 3018.fr, et sur l’appli mobile « 3018 ».

Il permet de parler du harcèlement scolaire en ligne et sur les réseaux sociaux, des contacts dangereux, de l’usurpation d’identité, de la dépendance aux jeux vidéo.

Le site Non au harcèlement spécifique du ministère chargé de l'Éducation nationale donne les informations nécessaires pour dire non au harcèlement à l'école.

Ce site, financé par Santé publique France, propose aux jeunes de 12-25 ans une écoute, une information et une orientation dans le domaine de la santé via le numéro gratuit et anonyme 0 800 235 236, accessible tous les jours de 9 heures à 23 heures.

La coordination nationale d’accompagnement des étudiantes et étudiants propose une plateforme d’écoute, d’accompagnement et de signalement pour les étudiants au 0 800 737 800.

Cette association est faite par les étudiants, pour les étudiants. Sa ligne d’écoute est accessible soit par téléphone, soit par tchat, de 21 heures à 2 heures du matin.

Le site Onsexprime, proposé par Santé publique France, répond de façon claire et fiable à toutes les questions sur la sexualité, le plaisir, le consentement ou encore les relations de couple. Il est aussi possible de poser des questions anonymement à des professionnels

Pour accompagner les questions autour de la grossesse et de la maternité

Pourquoi ? La grossesse et de la maternité, souvent idéalisées comme des moments d’épanouissement, peuvent pourtant exposer les femmes à des souffrances psychiques importantes. La réalité vécue par de nombreuses mères diffère parfois de l’image valorisée dans la société, ce qui peut entraîner un sentiment de culpabilité ou d’isolement lorsque la maternité ne correspond pas à l’idéal attendu.
La période périnatale est particulièrement à risque, notamment pour les femmes ayant déjà des troubles psychiques. La grossesse et la maternité peuvent réactiver des traumatismes anciens, parfois inconscients, qui se manifestent à travers des difficultés relationnelles ou des troubles du comportement chez l’enfant.
Le suicide est la première cause connue de décès maternels en période périnatale.
Pour celles confrontées à l’infertilité ou à l’impossibilité d’avoir un enfant, le parcours peut être marqué par un sentiment de perte, d’injustice, d’anxiété ou de remise en question de soi. Le désir persistant d’enfant non réalisé peut peser sur la santé mentale.
Il existe aussi de nombreux préjugés et une forte pression sociale entourant les femmes qui font le choix de ne pas devenir mères, pouvant conduire à un sentiment d’isolement ou de culpabilité.

Cette période, de la grossesse aux deux ans de l’enfant, est essentielle pour la santé de la mère et de l’enfant. Le site des 1000 premiers jours propose de nombreuses informations sur devenir parent et un questionnaire en ligne pour évaluer son bien-être émotionnel.

Depuis le 1er juillet 2022, un entretien postnatal précoce est obligatoire pour toutes les jeunes mamans, entre la quatrième et la huitième semaine après l’accouchement. Il vise à repérer précocement les signes de mal-être et à proposer un second entretien si nécessaire. Cette mesure est prise en charge à 70 % par l’Assurance maladie.

Ces services accueillent gratuitement les jeunes mères et leur famille pour un accompagnement global, incluant le soutien psychologique.


Pour accompagner les femmes plus âgées

Pourquoi ? Les changements hormonaux associés à la ménopause peuvent avoir des conséquences sur le bien-être physique et émotionnel des femmes. Les effets varient grandement d’une personne à l’autre, mais restent globalement encore peu accompagnés.  
De plus, la ménopause reste encore trop souvent perçue comme la fin de la féminité et de l’utilité sociale, conduisant à une invisibilisation de nombreuses femmes. L’Organisation mondiale de la santé recommande un accompagnement médical et psychologique pour cette étape de vie, afin de favoriser un vieillissement en bonne santé dans un pays qui compte de plus en plus de seniors, en particulier femmes. Les femmes représentent ainsi 58 % des plus de 65 ans en France, deux tiers des plus de 85 ans, et trois quarts des plus de 95 ans. 
Pour tous, le vieillissement est une période de changements qui peut affecter la santé mentale. Des événements importants sont susceptibles de déstabiliser leur vie : départ à la retraite, condition physique altérée, perte de mobilité et d’autonomie, maladie, etc. 
Santé physique et mentale vont de pair, et il est essentiel de prendre soin de ces deux composantes en prenant en compte les facteurs de vulnérabilité que sont l’isolement et le deuil, la précarité économique, les maltraitances et violences sexuelles.
Le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles rappelle quelques principes élémentaires pour préserver la santé mentale des personnes âgées : 

Le dispositif prévoit trois rendez-vous pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie pour accompagner le vieillissement : entre 45 à 50 ans, entre 60 à 65 ans et entre 70 à 75 ans.

Le site Psycom consacre un dossier très complet au thème de la santé mentale en vieillissant. 

Il recense des associations d’écoute et soutien pour les grands-parents, les personnes âgées isolées ou en situation de mal-être, LBGT+ ou victimes de maltraitance. Il existe également des associations pour les grands-parents. 

Des informations officielles pour vivre en autonomie ou dans un EHPAD, ou accompagner une personne âgées. 

Un annuaire recense plus de 70 000 établissements et services destinés aux personnes âgées et aux aidants à votre disposition pour vous aider à trouver une solution près de chez vous.

La plateforme « Je veux aider » facilite l’accès à l’information sur les différentes offres de bénévolat, qui peut favoriser les relations sociales.

Les maisons Sport-Santé ont pour vocation d’accompagner les personnes qui le souhaitent dans leur pratique d’une activité physique durable quel que soit leur âge.

Bonne pour le corps, l’activité physique est aussi un stimulant de la mémoire et du moral. Le site Pour bien vieillir liste informations et conseils pour trouver une activité physique adaptée. 

Ces structures locales dédiées aux personnes âgées, où sont proposées des activités sportives, culturelles, manuelles, sont souvent gérées par les municipalités ou des associations.

 Ces structures locales organisent des activités qui permettent aux personnes âgées de rester connectées à leur communauté, et offre des services d'accompagnement social et de visite à domicile pour lutter contre l'isolement.

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