Peur de l’avenir : pourquoi les jeunes sont-ils si inquiets ?
Publié le 22/07/2026
DÉCODAGE. Pour de nombreux jeunes, il devient de plus en plus difficile de se projeter dans l’avenir en raison du dérèglement climatique, des crises économiques ou géopolitiques. À partir de quand cette inquiétude devient-elle préoccupante et comment l’apaiser ?
Un jeune sur deux exprime un fort sentiment d’angoisse en pensant à sa situation actuelle et à son avenir, et plus d’un jeune sur cinq se dit même « désespéré », selon le Baromètre Ipsos-Secours populaire, publié en 2025. Cette inquiétude ne repose pas sur une seule cause : elle se construit au fil des difficultés du quotidien et des incertitudes qui entourent l’avenir.
Pourquoi les jeunes ont-ils peur de l’avenir ?
Construire sa vie d’adulte semble aujourd’hui plus compliqué qu’autrefois. Trouver un emploi, accéder à un logement ou fonder une famille apparaissent comme des montagnes à franchir pour beaucoup de jeunes. Certains ont le sentiment qu’ils devront travailler davantage sans accéder à la stabilité connue par leurs parents. Selon une enquête du cabinet Elabe, publiée en février 2026, plus d’un jeune sur deux âgé de 15 à 29 ans estime que le travail sera demain plus difficile, moins protecteur et moins bien rémunéré.
La précarité grandissante nourrit aussi cette méfiance en l’avenir. Selon le baromètre Ipsos-Secours populaire, 50 % des jeunes Français âgés de 18 à 35 ans se déclarent mécontents de leur niveau de vie, et 48 % rencontrent des difficultés à accéder à une alimentation saine et équilibrée. Lorsque les restrictions marquent le quotidien, il devient difficile de se projeter dans un futur meilleur.
À ces préoccupations s’ajoute un contexte mondial particulièrement anxiogène : guerres, dérèglement climatique, inflation. Ainsi, selon le baromètre sur le moral des adolescents, publié par l’Ipsos en mars 2025, 31% des 11-15 ans se disent angoissés. Très présentes dans l’actualité et sur les réseaux sociaux, ces crises alimentent la peur du monde de demain.
Éco-anxiété : de quoi parle-t-on ?
Canicules, sécheresses ou inondations de plus en plus régulières rappellent que le réchauffement climatique ne relève plus du futur mais de notre quotidien. Pour certains jeunes, cette réalité nourrit une éco-anxiété, c’est-à-dire une détresse ressentie face aux bouleversements environnementaux et à leurs conséquences. Si cette inquiétude peut pousser à changer certaines habitudes ou à s’engager, elle devient préoccupante lorsqu’elle empêche de vivre.
Quand faut-il s’inquiéter ?
Au moment où il faut réussir ses études ou décrocher un premier emploi, il est normal de douter.
Mais lorsque cette peur occupe tout l’espace, elle devient handicapante. Certaines personnes imaginent toujours le pire, repoussent leurs projets parce qu’elles pensent qu’ils n’aboutiront pas. Peu à peu, un « à quoi bon ? » s’installe et freine l’envie d’avancer. Cette anxiété peut se manifester, notamment, par des troubles du sommeil, une fatigue persistante, des difficultés de concentration ou une irritabilité.
Comment apaiser la peur de l’avenir ?
Pour avancer avec davantage de confiance, il est important de se reconnecter au présent.
Les psychologues recommandent de revenir à ce qui dépend réellement de soi. Se fixer des objectifs, avancer étape par étape en construisant des projets, même modestes, permet de retrouver un sentiment de maîtrise. Lorsque les pensées catastrophistes deviennent envahissantes, les thérapies cognitives et comportementales (TCC) apprennent à repérer les scénarios du pire et à les remettre en question.
Sans se couper de l’actualité, limiter le doomscrolling (pratique qui consiste à consulter sans fin les réseaux sociaux) et varier ses sources d’information permet aussi de retrouver une vision plus nuancée de la réalité.
Pratiquer une activité physique ou artistique, passer du temps avec ses proches, se connecter à la nature ou s’investir dans une association aide à sortir des ruminations.
Quand et vers qui demander de l’aide ?
Lorsque la peur de l’avenir pèse sur le quotidien, il est important de consulter un professionnel de santé. Il pourra évaluer la situation et orienter, si nécessaire, vers un psychologue.
Différentes ressources peuvent également apporter une écoute ou orienter vers une aide adaptée :
- Fil Santé Jeunes : une écoute anonyme et gratuite pour les 12-25 ans au 0800 235 236
- Nightline : une ligne d’écoute assurée par des étudiants formés, destinée aux étudiants.
- Psycom : des informations fiables sur la santé mentale et les différentes ressources d’accompagnement.
- 3114 : le numéro national de prévention du suicide, accessible gratuitement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 en cas de détresse psychique ou d’idées suicidaires.
Que faire si un jeune de son entourage a peur de l’avenir ?
Face à un jeune inquiet, on peut être tenté de le rassurer en prononçant des phrases comme « tout ira bien ». Mais cela peut leur donner l’impression que l’on minimise ce qu’il ressent.
Il vaut mieux écouter sans jugement et l’aider à mettre des mots sur ce qu’il ressent. Il faut aussi rester attentif aux changements de comportement. Un jeune qui s’isole, dort mal, abandonne ses loisirs peut traverser une souffrance profonde. Encouragez-le à consulter un professionnel de santé.
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« Parlons santé mentale ! ». Plus qu’un slogan, cette formule est une ambition pour notre société portée par le Gouvernement, qui a fait de la santé mentale la grande cause nationale...
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Publié le 17/03/2025
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