Comment gérer l’éco-anxiété ?
Publié le 25/06/2026
MODE D'EMPLOI. Face à l’aggravation du changement climatique, certaines personnes développent une inquiétude désignée sous le terme « éco-anxiété ». Mieux connaître cette souffrance permet de repérer les signaux d'alerte et d'apprendre à agir sans s'épuiser.
Qu’est-ce que l’éco-anxiété ?
La planète se réchauffe sous nos yeux. Incendies, inondations, sécheresses : les événements climatiques extrêmes se multiplient et rappellent un peu plus la réalité du dérèglement climatique.
Pour certaines personnes, en particulier les plus jeunes, ces nouvelles génèrent ce que l’on appelle l’éco-anxiété. Selon le chercheur australien Teaghan Hogg, dans la revue Global Environmental Change, l’éco-anxiété est un « état psychologique de détresse mentale et émotionnelle qu’un individu peut ressentir en réponse à la menace du changement climatique et aux problèmes environnementaux mondiaux ». Ces émotions sont une réaction normale et adaptative face à la crise climatique et à l’effondrement sans précédent de la biodiversité.
Le problème apparaît lorsque cette inquiétude devient envahissante. Bien qu’elle ne soit pas reconnue comme un trouble de santé mentale au sens de la classification du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (ouvrage de référence décrivant et classifiant les troubles mentaux), l’éco-anxiété peut avoir des conséquences concrètes sur la vie quotidienne avec des attaques de panique, angoisse, insomnies, pensées obsessionnelles, troubles alimentaires, émotions désagréables (peur, tristesse, impuissance, désespoir, frustration, colère).
Pourquoi les jeunes sont-ils particulièrement concernés par l'éco-anxiété ?
Dans son étude Éco-anxiété en France, publiée en 2025, l’Agence de la transition écologique (ADEME) estime que 16,6 millions de Français présentent des symptômes de détresse psychologique liés à l’environnement.
Les 25-34 ans sont les plus touchés : 10 % d’entre eux sont considérés comme très fortement éco-anxieux, contre 5 % dans l’ensemble de la population. Cela s’explique en partie par le fait que les jeunes construiront leur vie dans un monde déjà affecté par le réchauffement climatique. Les questions environnementales s’ajoutent aux préoccupations liées aux études, à l’emploi, au logement ou à la vie familiale.
Quand l’inquiétude pour la planète doit-elle alerter ?
L’étude de l’ADEME distingue plusieurs niveaux d’éco-anxiété. Les profils « éco-soucieux » restent capables de maintenir leur équilibre. Dans les formes les plus sévères, qualifiées d’éco-effrayées ou d’éco-terrifiées, l’éco-anxiété devient source de souffrance avec des pensées envahissantes sur les catastrophes environnementales et la mort, des troubles du sommeil, une fatigue importante, des difficultés à profiter des moments de détente, un isolement progressif et parfois des épisodes dépressifs. Il faut alors consulter.
Comment agir sans s’épuiser ?
La première étape consiste à mettre des mots sur ce que l’on ressent et ne pas rester seul. Pour Alice Desbiolles, médecin de santé publique, citée par le Centre régional d’information pour l’Europe occidentale des Nations Unies, il faut aussi pouvoir « lâcher prise, sans renoncer », c’est-à-dire s’autoriser à se déconnecter des informations anxiogènes sans renoncer à l’engagement.
Le psychologue Pierre-Éric Sutter explique, dans son article sur l’éco-anxiété pour la revue ModACT, que l’éco-anxiété suit un parcours en plusieurs étapes : prise de conscience, choc émotionnel, sentiment d’impuissance, découragement. Cette phase difficile peut être dépassée grâce à l’acceptation des émotions et au passage à l’action.
Face à la disparition de la biodiversité et des émissions industrielles de CO2, nos gestes d’écocitoyens peuvent sembler dérisoires. Pourtant, calculer son bilan carbone, réduire sa consommation, privilégier les transports en commun, trier ses déchets donnent le sentiment de sortir de l’impuissance.
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Actualité · Transition écologique
Publié le 23/09/2024
Une étude publiée en 2022 dans Current Psychology a montré que la participation à des actions collectives était associée à moins de symptômes dépressifs chez les personnes souffrant d’anxiété climatique. Agir avec d’autres favorise le lien social, réduit le sentiment d'isolement et d'anxiété, et permet de retrouver un sentiment d’utilité et de pouvoir sur la situation.
Il faut aider les jeunes à identifier des solutions et des actions concrètes en faveur de l’environnement pouvant être mises en œuvre à l’échelle individuelle et collective. Il est ainsi possible de se mobiliser au sein de son école, de son entreprise ou de sa copropriété.
L’engagement doit cependant rester compatible avec son équilibre personnel pour éviter le burn-out militant.
Il s’agit aussi de développer les compétences psychosociales des enfants et des jeunes pour les aider à gérer leurs émotions et leur stress.
Comment aider un jeune qui souffre d’éco-anxiété ?
La première étape consiste donc à reconnaître les inquiétudes, ouvrir le dialogue et aider le jeune à distinguer ce qui relève de son contrôle de ce qui ne relève pas de son contrôle, ce qui peut déjà réduire son sentiment d’impuissance.
Si l’anxiété s’accompagne de troubles du sommeil ou d’un décrochage scolaire, il est nécessaire de demander de l’aide à un professionnel. Un médecin généraliste, un psychologue ou un psychiatre peut aider à mieux comprendre ce qui est vécu et à trouver des traitements adaptés pour surmonter son angoisse.
En matière de santé mentale, les sites Parlons santé mentale !, Santementale-info-service ou Psycom proposent des informations fiables, des conseils pratiques et des ressources pour mieux comprendre ce que l’on ressent ou trouver un accompagnement adapté.
Prendre soin de sa santé mentale, Grande cause nationale 2025 et 2026, n’est pas incompatible avec l’engagement : c’est même une condition pour agir de manière durable et efficace face aux défis environnementaux.
Parlons santé mentale !
« Parlons santé mentale ! ». Plus qu’un slogan, cette formule est une ambition pour notre société portée par le Gouvernement, qui a fait de la santé mentale la grande cause nationale...
Grand dossier
Publié le 17/03/2025
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