Violences conjugales : les aides de l’État pour sortir d’une situation d’emprise
Publié le 21/07/2026 Modifié le 21/07/2026
Quitter une relation sous emprise peut sembler impossible, notamment lorsque les violences sont physiques, psychologiques, sexuelles ou économiques et qu’elles s’installent progressivement. Pourtant, des dispositifs existent pour être écouté, protégé, mis à l’abri et accompagné dans les démarches. Aides financières, hébergement d’urgence, soutien juridique : voici les solutions mobilisables.
L’emprise psychologique et économique est un marqueur fort des violences au sein du couple. Elle résulte d’une prise de pouvoir et d’une volonté de contrôle et de domination d’un conjoint sur la victime. De même, les violences physiques, les menaces (y compris sur les enfants ou sur les animaux domestiques), le dénigrement, le contrôle des activités et des ressources, la privation d’argent ou les crédits imposés sont des violences interdites par la loi. Pour sortir d’une relation d’emprise et quitter un conjoint violent, plusieurs démarches existent pour aider les victimes.
En cas d'urgence, contactez les autorités compétentes
Le 3919 est un numéro gratuit et anonyme ; il est accessible 24h/24 et 7j/7. Il s'adresse également à l'entourage des victimes. C’est une ligne téléphonique nationale qui informe et oriente les femmes victimes de violences conjugales de tous types.
Pour plus d’informations : Violences au sein du couple | Arrêtons les violences
Préparer son départ en sécurité
La séparation et le départ du domicile peuvent constituer une période de danger accru. Lorsque cela est possible, il est recommandé de préparer son départ avec une association spécialisée, qui pourra aider la victime à évaluer les risques, à organiser sa mise en sécurité et celle de ses enfants, et à anticiper les démarches nécessaires : mise à l’abri, documents importants, ressources financières, moyens de communication et procédures judiciaires.
Le 3919 – Violences Femmes Info peut écouter et orienter les femmes vers une structure spécialisée proche de leur domicile. Il s’agit d’un numéro gratuit, anonyme et accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En cas de danger immédiat, il convient d’appeler le 17 ou le 112, ou d’envoyer un SMS au 114 lorsqu’il est impossible de parler.
L’aide universelle d’urgence pour les victimes de violences conjugales
C’est la principale aide financière spécifiquement conçue pour permettre de quitter rapidement le conjoint ou l’ex-conjoint violent et de faire face aux premières dépenses : transport, hébergement, caution, alimentation, téléphone, etc.
- d’une aide non remboursable, lorsque les ressources sont inférieures à certains plafonds ;
- d’un prêt sans intérêt, lorsque les ressources dépassent ces plafonds.
Le montant de base est calculé en fonction des ressources et du nombre d'enfants à charge. Le versement de tout ou partie de l’aide intervient, en principe, dans un délai de trois jours ouvrés à compter de la réception de la demande complète. Ce délai peut être porté à cinq jours ouvrés lorsque la personne n’est pas déjà allocataire de la Caf ou de la MSA.
Il faut présenter, au moment de la demande, un document datant de moins de douze mois attestant des violences, par exemple :
- un dépôt de plainte ;
- un signalement adressé au procureur de la République ;
- une ordonnance de protection.
L’ordonnance de protection est délivrée par le juge aux affaires familiales dans un délai maximal de six jours à compter de la fixation de la date de l’audience. Elle peut être demandée sans dépôt de plainte préalable. En cas de danger grave et immédiat, le procureur de la République peut, avec l’accord de la personne en danger, demander au juge une ordonnance provisoire de protection immédiate. Le juge statue dans un délai de 24 heures à compter de sa saisine.
Lien vers le formulaire de demande : Requête au juge aux affaires familiales : délivrance d'une ordonnance de protection | Service Public
La demande de l’aide universelle d’urgence peut être effectuée directement auprès de la Caf ou de la MSA. La police, la gendarmerie ou le parquet peuvent également proposer de transmettre la demande au moment du signalement ou du dépôt de plainte.
L’hébergement d’urgence et la mise à l’abri
Une victime qui doit quitter précipitamment son domicile peut appeler le Samu social au 115, gratuitement, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. L’appel au 115 n’apparaît pas sur la facture téléphonique. Les victimes de violences bénéficient de conditions prioritaires d’accès aux places d’hébergement prévues par l’État. Des associations spécialisées d’aide aux femmes victimes de violences bénéficient à cet égard d’une ligne d’appel direct pour l’accès au parc d’hébergement dédié.
Le Samu social peut orienter la victime, avec ses enfants, vers un hébergement d’urgence sécurisé et sécurisant, le temps de s’organiser pour trouver une solution plus permanente.
L’accès prioritaire au logement social
Une victime ayant obtenu une ordonnance de protection peut solliciter un logement social et sera prioritaire en tant que victime de violences au sein du couple.
Des associations conventionnées peuvent aussi proposer l’accès à des logements et faciliter le paiement de la caution ou des premiers loyers. La personne peut également bénéficier, selon sa situation, des aides au logement habituelles.
Le maintien dans le logement et l’éviction du conjoint violent
Quitter le domicile n’est souvent pas la solution idéale pour la victime et ses enfants, notamment quand celle-ci est propriétaire. Dans le cadre d’une ordonnance de protection, le ou la juge aux affaires familiales peut notamment :
- ordonner l’éviction du domicile du conjoint violent ;
- lui interdire de se rendre au domicile ou sur le lieu de travail ;
- si la victime quitte le domicile, autoriser la dissimulation de sa nouvelle adresse.
La rupture facilitée du bail
Une victime de violences conjugales peut, sous certaines conditions, quitter le logement loué avec un préavis réduit à un mois.
L’allocation de soutien familial et l’intermédiation des pensions
Lorsqu’une femme élève seule un enfant et que l’autre parent ne contribue pas ou insuffisamment à ses besoins essentiels, elle peut, selon sa situation, bénéficier de l’allocation de soutien familial – ASF.
La Caf ou la MSA peut également devenir l’intermédiaire pour le versement de la pension alimentaire. En cas de violences, notamment de menaces, cela permet de limiter les contacts directs avec l’ex-conjoint.
L’aide juridictionnelle
Selon ses ressources et sa situation, la victime peut obtenir une prise en charge totale ou partielle par l’État des frais liés à une procédure judiciaire, notamment les honoraires d’avocat, certains frais de justice, les démarches relatives à l’ordonnance de protection ou à une procédure pénale.
L’avocat n’est pas obligatoire pour demander une ordonnance de protection, mais son assistance est recommandée.
Le déblocage anticipé de l’épargne salariale
Les violences conjugales peuvent permettre de demander le déblocage anticipé de sommes placées sur un dispositif d’épargne salariale, afin de disposer rapidement de ses propres ressources. Cette possibilité est expressément signalée dans le parcours officiel consacré aux victimes de violences.
Dans le cadre du Pack nouveau départ, les services sociaux de la Caf et de la MSA, des départements et les associations spécialisées peuvent aider à :
- construire un départ sécurisé ;
- demander l’aide d’urgence ;
- rechercher un hébergement ou un logement ;
- ouvrir un compte bancaire personnel ;
- refaire les documents administratifs ;
- déclarer la séparation et recalculer les prestations ;
- organiser la situation des enfants ;
- accéder à un avocat ou à un soutien psychologique ainsi que des soins.
Selon la situation, la justice peut mettre en place plusieurs mesures de protection :
- Le bracelet anti-rapprochement permet de géolocaliser l’auteur des violences et la personne protégée, afin de déclencher une alerte s’il franchit une distance de sécurité.
- Le téléphone grave danger (TGD) est attribué par le procureur de la République aux victimes exposées à un danger important. Il permet d’alerter rapidement les forces de l’ordre et de transmettre la géolocalisation de la victime.
Quelques précautions peuvent également faciliter un départ et préserver les preuves : il est conseillé de conserver une copie des documents importants dans un lieu sûr ou sur une messagerie sécurisée connue uniquement de la victime. La plateforme Mémo de Vie permet notamment de stocker des documents, des photos, des messages ou des certificats médicaux. L’application TI3RS aide quant à elle à masquer son numéro de téléphone et à conserver les SMS malveillants comme éléments de preuve.
Démarches et contacts utiles
- Aide universelle d’urgence : Caf ou MSA ;
- Ordonnance de protection : formulaire officiel sur Service-Public.fr ;
- Mise à l’abri et hébergement d’urgence : 115, gratuitement, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 ;
- Signalement en ligne : tchat avec la police ou la gendarmerie, accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 ;
- Écoute et orientation des femmes victimes de violences : 3919, appel gratuit et anonyme, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, accessible en plus de 200 langues et aux personnes sourdes et malentendante ;
- Danger immédiat : 17 ou 112 ; lorsqu’il est impossible de parler : SMS au 114.
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