Jeunes actifs : comment préserver sa santé mentale au travail ?
Publié le 26/06/2026 Modifié le 26/06/2026
MODE D'EMPLOI. Premier emploi, période d’essai, contrats courts : pour de nombreux jeunes, les débuts dans le monde du travail sont synonymes de stress. Comment repérer les signes d’alerte et éviter l’épuisement ?
En bref
- Les jeunes actifs ressentent souvent une pression élevée au travail, avec 70 % des 20-21 ans estimant que le monde du travail est plus stressant qu'épanouissant.
- La précarité des débuts de carrière et la disponibilité permanente due aux nouvelles technologies contribuent à cette pression.
- Un stress chronique peut entraîner des problèmes de santé mentale, tels que le « burn-out » et le « bore-out ».
- Reconnaître sa souffrance et demander de l'aide est essentiel pour préserver sa santé mentale.
Les jeunes actifs et la pression au travail
Débuter dans le monde professionnel est une phase charnière, porteuse d’attentes fortes. Après de longues études, le premier emploi est synonyme d’autonomie et d’entrée dans la vie adulte. Mais ces aspirations se heurtent souvent à une réalité plus complexe. Pression à la performance, injonctions à la réussite et difficulté à concilier vie personnelle et travail viennent désenchanter les plus jeunes actifs.
Ainsi, selon une étude Ipsos publiée en janvier 2025, 70 % des 20-21 ans estiment que le monde du travail est plus stressant qu’épanouissant. Une enquête de l’Institut Montaigne, de la Mutualité française et de l’Institut Terram publiée en septembre 2025 montre que 75 % des 15-29 ans se disent stressés par leur travail.
La précarité comme facteur de stress
Pour beaucoup, ce stress est renforcé par la précarité des débuts de carrière. Contrats courts, intérim, alternance ou temps partiels subis compliquent la construction de projets à long terme. Même lorsqu'ils bénéficient d'une certaine stabilité professionnelle, beaucoup de jeunes actifs ont le sentiment qu’ ils doivent constamment démontrer leur valeur. Certains ont l’impression qu’ils doivent tout accepter et prouver continuellement leur utilité.
Hyperconnexion et disponibilité permanente
Les transformations récentes du travail ne sont pas étrangères à la dégradation de la santé psychique des jeunes salariés. Messageries instantanées, notifications et visioconférences entretiennent un sentiment de disponibilité permanente. S’il offre davantage de souplesse, le télétravail peut aussi favoriser l’isolement professionnel. Le développement de l’intelligence artificielle peut également susciter des inquiétudes sur l’avenir de certains métiers.
Quand la pression commence-t-elle à abîmer la santé mentale ?
Un certain niveau de stress est normal lorsqu’on débute un premier emploi. On souhaite alors donner le meilleur de soi-même afin de décrocher un CDI après une période d’essai. Le problème apparaît lorsque le stress devient chronique. Les premiers signes sont souvent :
- une fatigue persistante,
- des difficultés à se lever le matin,
- une anxiété dès le dimanche soir,
- de l’irritabilité,
- des troubles du sommeil ou de concentration.
Des symptômes physiques comme des maux de tête, des douleurs musculaires ou des troubles digestifs peuvent également apparaître. Un recours accru au café, au tabac ou à l’alcool pour « tenir » constitue aussi un signal d’alerte.
« Burn-out », « bore-out », perte de sens
La souffrance au travail peut prendre différentes formes chez tous les salariés. Toutefois les jeunes sont de plus en plus susceptibles de souffrir de burn-out en raison des pressions liées à la réussite professionnelle et aux attentes élevées de leur entourage.
Qu'est-ce que le « burn-out » ?
Le burn-out se manifeste par une fatigue permanente, un détachement émotionnel, une perte d’efficacité, des oublis, ou encore la sensation de fonctionner en pilote automatique. Il ne fait pas partie des maladies prises en charge au titre des affections professionnelles.
Qu'est-ce que le « bore-out » ?
D’autres peuvent vivre un conflit de valeurs en raison de tâches perçues comme absurdes ou d’un décalage entre les discours de l’entreprise et la réalité du terrain. Harcèlement moral, manque de reconnaissance, conflits répétés ou sentiment d’être constamment jugé peuvent également fragiliser durablement l’estime de soi. Le bore-out n'est pas reconnu médicalement ou juridiquement.
Comment reprendre la main sans tout porter seul ?
Dans une culture professionnelle qui valorise la performance, reconnaître sa souffrance peut rimer avec un aveu de faiblesse. Mais prendre soin de sa santé mentale n’est pas un signe de faiblesse, c’est une condition essentielle pour construire sa vie professionnelle. La première étape consiste pourtant à reconnaître ce que l’on ressent et à ne pas rester isolé. Par peur de décevoir ou de perdre leur emploi, beaucoup de jeunes n’osent pas poser leurs limites. Apprendre à dire non et clarifier les attentes est indispensable, même si cela n’est pas toujours simple.
Parler de sa charge de travail à un collègue ou à un manager bienveillant peut permettre de prendre du recul. Au quotidien, prendre de vraies pauses, hiérarchiser les priorités et demander de l’aide sont autant de stratégies pour préserver sa santé mentale. Il est également primordial de conserver des activités extérieures au travail et des temps de récupération.
À qui demander de l’aide ?
Lorsque la souffrance s’installe, le médecin du travail, soumis au secret médical, peut conseiller et proposer des aménagements de poste. Le médecin généraliste peut également évaluer la situation et orienter vers un psychologue ou un psychiatre si nécessaire. Les représentants du personnel ou les services de santé au travail peuvent aussi apporter un accompagnement adapté. Le site Psycom propose des informations fiables sur la santé mentale au travail, les risques psychosociaux et les dispositifs d’aide. En cas de détresse psychique importante ou d’idées suicidaires, le 3114 est accessible gratuitement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
- Actualité
- · Santé
- › Santé publique
Avez-vous trouvé les informations que vous cherchiez ?
Votre avis nous intéresse
Nous vous recommandons de ne pas inclure de données à caractère personnel dans les champs suivants. Tous les champs sont obligatoires.
Merci pour votre réponse !
L'équipe de info.gouv.fr vous remercie pour votre réponse qui participera à l'amélioration du site !
Sur le même thème
-
Les priorités du Gouvernement contre la canicule
Actualité · Santé publique
-
Accidents de baignade : comment prévenir la noyade ?
Actualité · Santé publique
-
Piqûres suspectes, soumission chimique : que faire ?
Actualité · Santé publique
-
Santé mentale des jeunes : les chiffres qui alertent
Actualité · Santé publique
À lire aussi
Narcotrafic : « il faut insécuriser les trafiquants en permanence »
Actualité · Sécurité intérieure
Publié le 26/06/2026