Violences faites aux femmes : quels recours pour les victimes ?

Publié le 24/11/2025 Modifié le 24/11/2025

Numéros d’urgence, tchat sécurisé, associations de soutien, applications… : de nombreux dispositifs existent pour accompagner les victimes de violences.

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Image d'illustration - Source : Adobe Stock
Les violences sexistes et sexuelles (VSS) sont des atteintes graves à la dignité et à l’intégrité des personnes. Elles peuvent prendre différentes formes : harcèlement, agressions, viols, violences conjugales, soumission chimique… Toutes sont interdites et sanctionnées par la loi.
En France, des dispositifs concrets existent pour accompagner les victimes, leur permettre de porter plainte, d’être protégées et soutenues. Quels sont ces recours ? À qui s’adresser ?

Le non-consentement est inscrit dans la définition pénale du viol

La réforme adoptée en octobre 2025 inscrit explicitement dans le code pénal pour qualifier le viol et les autres agressions sexuelles. Évalué en fonction des circonstances, le consentement doit être libre, éclairé, spécifique, préalable et révocable, et ne peut être déduit du silence de la victime.
Pour aller plus loin

Les numéros à contacter en cas de danger immédiat

En cas d’urgence, appelez le 17 (police/gendarmerie) ou le 112 (pour le service d’urgence unique européen).
En cas de difficulté à parler ou entendre, vous pouvez accéder au site 114.
Ces numéros d’urgence sont gratuits et peuvent être composés à partir d’un téléphone fixe ou portable, même bloqué ou sans crédit.

Que faire en cas de violences ?

En cas de danger, s’éloigner immédiatement de l’agresseur. Chercher refuge auprès d’une personne de confiance (proche, professionnel de santé…).

Appeler la police ou la gendarmerie, envoyer un SMS ou utiliser une messagerie instantanée. Conserver les éléments de preuve : vêtements, traces, témoignages.

Une plainte peut être déposée en personne, seule ou accompagnée, ou envoyée par courrier.

Un examen médical permet de soigner les blessures et de recueillir des preuves utiles pour l’enquête.

Des associations et numéros spécialisés peuvent informer, accompagner et orienter tout au long du parcours.

Pour les Françaises de l'étranger

Les violences ne connaissent pas de frontières. Une convention, signée en mars 2025 entre le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, le ministère chargé de l'Égalité entre les femmes et les hommes et The Sorority Foundation, apporte du soutien aux Françaises de l'étranger confrontées à des violences via un réseau d'écoutantes et de conseils, Save You.
La plateforme permet, à tout moment, de trouver des contacts, du soutien, une écoute attentive et un lieu sûr pour fuir au plus vite en cas de besoin. Elle peut aussi mettre en place une prise en charge diplomatique ou associative.

Le 3919 pour être écoutée et orientée

Violences femmes info, au 3919, est le numéro national de référence pour l'écoute et l'orientation des femmes victimes de violences.
Le 3919 n’est pas un numéro d’urgence. En cas d'urgence, il faut appeler les forces de sécurité.
Violences femmes info permet aux victimes de violences, à leur entourage et aux professionnels concernés d’échanger avec une professionnelle formée à une écoute bienveillante et sans jugement. Cette professionnelle peut informer et orienter pour accompagner les femmes dans un premier pas pour sortir des violences.
Anonyme et gratuit, le 3919 est accessible depuis un poste fixe et un mobile en métropole et dans les DROM.

Évaluer les violences avec le violentomètre

Le violentomètre est une échelle graduée permettant d’identifier ce qui est sain dans une relation et ce qui relève de la violence. Le code couleur passe du vert au rouge, avec des exemples tirés du quotidien. Par exemple, « il s’assure de ton accord pour ce que vous faites ensemble » ou « est content quand tu te sens épanoui » sont des situations normales dans une relation saine. Dans le jaune/orange, « se moque de toi en public » ou « te manipule » doivent inciter à dire stop. « Te traite de folle quand tu lui fais des reproches » ou bien « te pousse, te secoue » sont dans le rouge. Dans ces cas, il y a danger : il est urgent de se protéger et de demander de l’aide.
Consulter le violentomètre

arretonslesviolences.gouv.fr pour s’informer et signaler

Le site arretonslesviolences.gouv.fr est une plateforme officielle d’information et de signalement destinée aux victimes ou témoins de violences sexistes et sexuelles, en France ou à l'étranger.
Le site propose de nombreuses ressources pratiques : numéros d’urgence, conseils pour porter plainte, définition des violences et rappel de la loi, liens vers les associations d’aide aux victimes.
Il permet aussi de dialoguer en ligne, de manière anonyme et sécurisée, avec des policiers ou des gendarmes formés aux violences sexistes et sexuelles. Les victimes peuvent être entendues et prises en charge, et, en fonction de leurs besoins, orientées vers un dépôt de plainte ou un accompagnement social et psychologique.
La plateforme est également ouverte aux témoins, proches de victimes et professionnels.
Ce tchat est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.  À tout moment, il est possible de quitter rapidement le tchat, et l'historique de discussion sera effacé.​

Ma sécurité

Le portail « Ma sécurité », piloté par le ministère de l’Intérieur, donne accès à un ensemble de services en ligne proposés par la Police nationale et la Gendarmerie nationale. Il permet notamment de localiser un point d’accueil près de chez soi, de prendre rendez-vous dans un commissariat ou une brigade, de déposer une plainte à distance (lorsqu’un bien est visé). Comme le site Arrêtons les violences, il renvoie vers le service de tchat avec un policier ou un gendarme, disponible 24 heures sur 24.
Consulter Ma sécurité

Une aide financière d'urgence pour les victimes de violences conjugales

Il existe une aide financière d’urgence pour les victimes de violences conjugales (physiques, psychologiques...).
Toute personne victime de violences conjugales peut en bénéficier, qu'elle soit femme ou homme, en cours de séparation ou non, avec ou sans enfant à charge et quelles que soient ses ressources. 
Les conditions :
  • être en possession d’un document datant de moins de 12 mois au moment de la demande et attestant des violences : dépôt de plainte, ordonnance de protection ou signalement au procureur de la République, 
  • être en situation régulière sur le territoire français (hors visa de tourisme).

Les associations pour être soutenue

Il existe de nombreuses associations qui peuvent conseiller et accompagner les victimes de violences sexistes et sexuelles. Elles peuvent aussi conseiller leurs proches ou de simples témoins de ces violences.

Les applications pour agir

De nombreuses applications sont disponibles pour agir contre les violences sexistes et sexuelles.
Parmi elles, quatre sont lauréates d’appels à projets lancés par le Gouvernement. Elles permettent de :
  • signaler des violences sexistes et sexuelles : App-Elles et Umay,
  • sécuriser les échanges entre parents séparés dans un contexte de violences au sein du couple : Ti3rs,
  • conserver les preuves de violence : Mémo de vie.

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