10 ans après la loi prostitution : un combat qui s’adapte aux nouvelles réalités

Publié le 13/04/2026 Modifié le 21/04/2026

La loi du 13 avril 2016 a posé un principe clair : protéger les victimes et sanctionner les exploiteurs et les clients. Face à une prostitution qui change de nature, la France poursuit ses efforts.

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Image d'illustration - Source : Adobe Stock

Environ 37 000 personnes seraient en situation de prostitution en France, majoritairement des femmes en grande vulnérabilité ou sous l’emprise de réseaux criminels.

Comme le rappelle la ministre de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé : « La prostitution n’est pas le plus vieux métier du monde, c’est le plus vieux système de domination et d’asservissement des femmes. » Lutter contre la prostitution est ainsi une question d’égalité, qui rejoint la grande cause du quinquennat, Toutes et tous égaux.

La loi du 13 avril 2016

La loi du 13 avril 2016 visant à lutter contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées a marqué un tournant en France en reconnaissant les personnes prostituées comme des victimes à protéger et accompagner, et en sanctionnant les clients afin de responsabiliser la demande et lutter plus efficacement contre les réseaux d’exploitation.

Création des parcours de sortie de la prostitution (hébergement, accompagnement social, insertion professionnelle, aide financière).

Pénalisation de l’achat d’actes sexuels (contravention), pour agir sur la demande.

Poursuites accrues contre le proxénétisme et confiscation des avoirs criminels.

Mise en place de commissions départementales pour mieux repérer, protéger et accompagner les victimes sur tout le territoire.

Un phénomène toujours présent, qui évolue

Aujourd’hui, le phénomène évolue. La prostitution se transforme, se déplace et touche des publics plus jeunes, dans un contexte marqué par l’essor du numérique.

La tendance la plus préoccupante concerne les mineures. 

  • Dans près de quatre cas sur 10, les victimes sont mineures. 
  • Entre 2021 et 2025, le nombre de victimes mineures a augmenté de 43 %. 
  • L’âge d’entrée dans la prostitution se situe souvent entre 14 et 15 ans. 

Le système prostitutionnel s’adapte également aux usages numériques : réseaux sociaux, plateformes en ligne et messageries deviennent des outils de recrutement et de contrôle.

Une action publique renforcée depuis 2024

Face à ces évolutions, une stratégie nationale de lutte contre le système prostitutionnel et l’exploitation sexuelle a été lancée en 2024 par la ministre Aurore Bergé. Un comité de suivi interministériel se réunira ce lundi 13 avril 2026.

La stratégie vise à structurer l’action de l’État dans la durée, avec déjà des résultats concrets : 

  • 921 personnes bénéficiaient fin 2025 d’un parcours de sortie de la prostitution (PSP), dont 96 % de femmes, 
  • les subventions aux associations ont augmenté, atteignant 5,5 millions d’euros en 2025, contre 3,3 millions en 2019, 
  • plus de 220 contrôles ont été menés contre les faux « salons de massage » en 2025, ouvrant plus d’une vingtaine de procédures judiciaires, 
  • plus de 1 100 condamnations ont été prononcées en 2024, avec près de quatre millions d’euros d’avoirs criminels confisqués.

Ces dispositifs permettent d’accompagner les victimes vers une sortie durable, avec un accès au logement, aux soins et à l’insertion professionnelle.

Mieux protéger, notamment les plus jeunes

La protection des mineurs est devenue une priorité. Dans plus de la moitié des situations, le proxénète est une personne connue de la victime (proche, compagnon ou membre de la famille), renforçant les mécanismes d’emprise.

L’État agit à plusieurs niveaux : 

  • renforcement du repérage et de l’accompagnement des victimes, 
  • mobilisation des acteurs de la protection de l’enfance, 
  • actions de sensibilisation et de prévention, notamment en milieu scolaire, 
  • adaptation du cadre juridique aux nouvelles formes d’exploitation en ligne.

La proposition de loi Mercier vise ainsi à créer une infraction spécifique d’exploitation sexuelle en ligne pour mieux lutter contre l’impunité sur les plateformes.

La lutte contre le système prostitutionnel repose sur une mobilisation de l’ensemble des acteurs : associations, forces de l’ordre, justice, professionnels de santé et de l’éducation.


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