Cérémonie internationale de commémoration du Débarquement

Publié le 08/06/2026 Modifié le 08/06/2026

SCRIPT. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a présidé, à Langrune-sur-Mer (Calvados) le 6 juin 2026, une cérémonie internationale de commémoration du Débarquement.

Monsieur le secrétaire à la défense du Royaume de Grande-Bretagne, 

Madame la ministre des Armées, 

Madame la ministre déléguée, 

Madame la Première ministre,

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs, 

Mesdames et Messieurs les parlementaires, 

Mesdames et Messieurs les élus, 

chers soldats, mais plus encore, chers vétérans, 

Heureux de vous voir ici cet après-midi avec nous. Il y a 82 années, très exactement à l'aube d'un jour qui vit renaître l'espoir, c'est un déluge de feu qui a surgi de l'horizon. Un horizon qui a marqué le début des plus durs combats par le largage des premières bombes de l'aviation alliée au-dessus de la Normandie et avec le débarquement de milliers d'hommes depuis les navires de l'opération Neptune. Un horizon qui vint aviser à l'Europe et à la France de l'ouverture d'un nouveau front qui allait amener à la victoire pour les Alliés et la paix pour le monde. À l'aube de ce 6 juin, au creux d'une nuit calme qui annonçait l'été, le ciel s'est enflammé de Ouistreham à Saint-Martin-de-Varreville. 

Au commencement de cette journée de juin, sur ces plages immaculées que l'ennemi avait tendues de barbelés, ce sont bientôt 133 000 hommes qui s'engagent. Ils sortent à un de leurs chalands de débarquement, plongent dans l'eau glacée, avancent mètre par mètre entre les balles, les mines et les obus, lestés d'un fardeau de munitions et du poids immense que l'histoire a fait peser sur leur génération. La mort pour 3 000 d'entre eux, mais la liberté pour le monde entier. 

Mesdames et Messieurs, ce 6 juin 1944, 3 000 hommes de 20 ans à peine, offraient à l'histoire le souffle de leur jeunesse et le sacrifice de leur vie. Leur sang, que 82 années de ressac ont effacé du sable de ces plages, coule toujours quelque part dans l'océan. Du sang américain, canadien, britannique, mais aussi français, versé par 9 des 177 marins issus du commando Kieffer. Du sang versé pour délivrer quelques kilomètres de côte normande, avant l'arrivée d'un million de renforts hollandais, grecs, belges, polonais, norvégiens, danois et de bien d'autres engagés volontaires auprès des forces alliées.

Mesdames et Messieurs, sur cette plage de Sword Beach, où débarquent au matin du 6 juin 400 soldats britanniques du 48 Royal Marine Commando, c'est un large mur antichar défendu par un canon de 75 mm qui les attend. Sur la plage de Langrune, face à laquelle nous nous trouvons, devant la défense allemande, 160 hommes sur 400 tombent sous les tirs ennemis sans rien abandonner. Au cours de la journée, ils sont renforcés par une compagnie du North Shore Regiment et le 41 Royal Marine Commando. Au bout d'une journée de face-à-face dans la sueur et le sang, l'ennemi finit par quitter la commune au soir du 6 juin. Quelques tireurs embusqués restent. Au 7 juin, la commune est définitivement libérée. La libération, enfin, mais de terribles combats sont encore à venir, avec la bataille de Normandie, le débarquement de Provence, la libération de Paris, la campagne d'Alsace et bien sûr les combats en Allemagne. 

Mesdames et Messieurs, souvenons-nous des combattants de ce 6 juin, arrachés à l'insouciance de leur jeunesse pour libérer une Europe qu'ils n'avaient jamais connue. Saluons leur mémoire, leur courage. Les stèles blanches qui se profilent sur les collines de Colville à Arromanches sont autant d'empreintes de leur sacrifice. Inclinons-nous devant elles. N'oublions pas quel fut leur destin, eux qui ont donné leur vie pour notre liberté avant même de commencer leur vie d'adulte, avant même de se marier, avant même d'avoir eu le temps d'être pères. Ils nous laissent un immense héritage. Soyons-en dignes. 

Souvenons-nous aussi des Résistants qui, partout dans le pays, se sont levés dans l'ombre, sur tous les chemins de campagne, dans tous les faubourgs, dans tous les maquis, pour assaillir l'ennemi, pour renseigner, pour saboter, bref pour l'affaiblir et permettre l'avancée décisive des Alliés. N'oublions pas non plus les victimes civiles de la libération qui, ici, en Normandie et ailleurs en France, ont payé de leur vie les combats et les bombardements de la libération. N'oublions pas enfin ce que nous devons à nos alliés qui ont envoyé leurs fils et quelques-unes de leurs filles pour libérer la France et l'Europe et qui ont mobilisé toutes les forces de leur nation pour la victoire. N'oublions pas la résilience du peuple britannique, Monsieur le secrétaire à la Défense, qui a supporté 5 années de guerre sans jamais perdre ni sa détermination à vaincre, ni son flegme légendaire. N'oublions pas la dénation du peuple américain, ce grand peuple ami de la liberté, dont la France s'honore d'être l'allié historique. 

N'oublions surtout pas que les 82 années de paix que le Débarquement a permises entre Européens sont avant tout le fruit de la réconciliation des peuples et de notre volonté de bâtir notre avenir ensemble. Cet avenir se dresse devant nous avec son lot inédit d'incertitudes et de dangers aussi. Il nous reste un grand défi à accomplir pour sceller la liberté apportée en Europe par les alliés dans le marbre de l'Histoire, c'est celui, bien sûr, de notre autonomie, de notre capacité à nous défendre par nous-mêmes, pour faire face à des menaces qui se rapprochent, qui s'intensifient et qui se multiplient.

Voilà le défi de notre génération. Il répond à celui relevé sur ces plages par les soldats alliés. Plus encore, c'est ce que nous leur devons, leur sacrifice à apporter la paix. Cette paix est fragile. Défendons-la. 

Vive la République et vive la France ! [Applaudissements]

(Seul le prononcé fait foi).


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