Compte rendu du Conseil des ministres du 24 août 2026

Publié le 24/08/2026 Modifié le 26/08/2026

Compétences du préfet de police et du préfet de Corse, attributions du préfet coordonnateur du plan national d’actions sur le loup, nominations.

Source : Présidence de la République

Compte rendu du Conseil des ministres du 24 août 2026

Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre et ministre déléguée, chargée de l'Énergie auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique 

(...) une rentrée qui s'annonce évidemment chargée. 

Je vais commencer, comme à l'habitude, par vous dire quels ont été les propos liminaires du président de la République et du Premier ministre avec, en l’occurrence, des mots empreints de gravité du président de la République, qui a rappelé les différentes crises, les grandes difficultés auxquelles notre pays était confronté sur le plan national, bien sûr, et sur le plan international avec, en premier lieu, cette crise géo-politique qui se poursuit au Moyen-Orient et maintient la pression sur l'économie mondiale. 

Une pression qu'on retrouve au plus près de cons concitoyens sur le prix du carburant, sur le prix du gaz, et qui va donc demander une vigilance toute particulière dans les jours et les semaines à venir, sur le remplissage des stockages, par exemple, concernant le gaz, et bien sûr sur l'évolution des prix : vous avez peut-être vu que j'ai exprimé ce matin que le Gouvernement travaillait à une prolongation des aides pour les entreprises, les secteurs d'activité les plus exposés. Ces aides devaient prendre fin au 31 août, donc dans une semaine. Eu égard à la situation face à laquelle on est, nous travaillons à une reconduction de ces aides pour les pêcheurs, les agriculteurs, les transporteurs, bâtiments et travaux publics, bref, toutes ces entreprises qui sont très dépendantes du prix à la pompe. 

Une tension sur les marchés obligataires s'est accentuée pendant l'été. On en a, là encore, beaucoup parlé. Hausse des taux qui crée une tension sur les finances publiques plus importante encore qu'elle ne pouvait être il y a quelques semaines dans un contexte budgétaire difficile. Et donc, tout cela va demander beaucoup de rigueur, des discussions parlementaires, qui, je n'en doute pas, seront fournies et des choix qui devront être faits pour le budget 2027.

Sur le plan national, une crise évidemment climatique avec des feux historiques auxquels la France a été confrontée, auxquels d'autres pays européens ont également été confrontés, je pense bien sûr à nos amis Espagnols notamment, avec des conséquences auxquelles il faudra répondre dans la durée (je pense en premier lieu aux conséquences sur l'agriculture : un certain nombre de mesures ont d'ores et déjà été annoncées en soutien aux agriculteurs, par ma collègue Annie Genevard). Tout cela va nécessiter du suivi sur le long terme, du suivi pour le relogement, pour l'adaptation des territoires, et notamment les territoires les plus touchés et des secteurs, je le redis, encore une fois, pour les agriculteurs, qui paient directement l'impact de cette crise climatique et des conditions météorologiques des dernières semaines. 

Face à tout cela, la clé est bien sûr un gouvernement organisé autour du Premier ministre pour répondre (là encore, ce sont les mots du président de la République), défendre ce qui a été fait depuis plusieurs années maintenant : c'est le cas sur la question de l'emploi, sur les questions économiques, c'est le cas bien sûr sur l'adaptation au changement climatique  (on a entendu beaucoup de contre-vérités durant l'été alors que les budgets ont été massivement augmentés : les budgets des sapeurs-pompiers, les moyens terrestres, moyens aériens, moyens mobiles). Et donc, légitimement, le Président a demandé au Gouvernement d'être à l'avant-poste pour défendre ce bilan et ces décisions prises pour préparer et protéger le pays, protéger les Français, bien sûr. 

Un mot ensuite (pardonnez-moi, je passe à la suite) sur les attaques cyber qui ont eu lieu ces dernières semaines. Elles ont été évoquées ce matin par le président de la République qui, bien sûr, a demandé au Gouvernement d'établir les responsabilités, d'y voir clair pour pouvoir continuer à agir. Il a insister sur le fait que cette mission et cette vigilance devait être au cœur de l'ensemble des administrations. Elle n'est pas le propre d'un service informatique, mais bien de tous les acteurs de l'État dans l'ensemble des administrations, dans l'ensemble des ministères, et je peux vous annoncer qu'un conseil de Défense se tiendra sur ce sujet d'ici à la mi-septembre. 

Je poursuis, enfin, avec les questions législatives: vous le savez, un certain nombre de lois ont d'ores et déjà été promulguées (je pense à l'actualisation de la loi de programmation militaire, je pense à la loi relative à la fin de vie, à la loi pour une meilleure réponse d'urgence agricole, à la loi RIPOST de Laurent Nunez). Je voudrais m'attarder sur la  loi de protection des moins de 15 ans et notamment à l'interdiction, pour les moins de 15 ans des réseaux sociaux : vous savez que cette loi a, en partie (pas complètement, mais en partie) été censurée par le Conseil constitutionnel. Certains articles ont, néanmoins, été validés : l'interdiction, par exemple, des portables dans les lycées, a été validé par le Conseil constitutionnel.Et donc, le président de la République a pris la décision de promulguer la loi censurée, sans les articles censurés, cela va de soi,  pour appliquer, avec un cadre stabilisé, les outils qui ont déjà été, d'ores et déjà validés. Dit autrement, l'interdiction des portables dans les lycées pourra être effective dès la rentrée, avec un cadre juridique stable, consolidé, et législatif. En parallèle, il y a les initiatives européennes, il y a la mission qui a été donnée au Premier ministre de réfléchir et d'avancer sur un travail qui prendrait en compte les remarques du Conseil constitutionnel et donc, [je voudrais] tout simplement vous dire ce que nous avons d'ores et déjà pu exprimer, à savoir que l'objectif du président de la République d'avoir un cadre stabilisé, d'ici au printemps prochain pour protéger nos enfants et nos jeunes est évidemment un objectif que nous continuons à poursuivre.

Avant de passer à la partie plus formelle de ce compte rendu du conseil des ministres, de son ordre du jour et des différents décrets qui ont été évoqués, je voudrais vous avertir que le Premier ministre se tiendra, avec son Gouvernement, un séminaire gouvernemental qui se tiendra lundi prochain pour évoquer notamment la question budgétaire, mas aussi l'ensemble des enjeux auxquels le Gouvernement est confronté. Ce sera donc lundi prochain 31 août 2026, si je ne m'abuse.

J'en viens donc maintenant aux deux textes qui ont été présentés ce matin. Il s'git d'abord d'un décret qui a été présenté par le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez qui porte sur les compétences du préfet de police et du préfet de Corse. S'agissant du préfet de police, le texte actualise la liste des compétences qu'il peut exercer dans les départements de la petite couronne (les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne) ainsi que les emprises aéroportuaires de la région parisienne et s'agissant du préfet de Corse, le texte lui permet de coordonner l'action des services de l'État en matière de lutte contre la criminalité organisée. 

Le deuxième décret a été présenté par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, et par la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard. Il porte sur la protection du loup et sur les attributions du préfet qui coordonne le plan national d'action en vigueur pour la période 2024-2029. Concrètement, c'est un texte qui permet au préfet coordonnateur de suspendre, par arrêté, certains décisions prises par les préfets de département, par exemple sur les tirs de défense (tirs autorisés pour protéger les troupeaux).

Voilà pour les deux décret qui ont été présentés ce matin, [je voudrais aussi] vous dire un mot sur l'actualité diplomatique pour souligner l'importance de la venue à Paris de Mohammed Ben Salman pour une visite officielle de deux jours. Un certains nombre de rendez-vous interministériels sont d'ailleurs prévus en marge de cette rencontre. C'est un moment fort parce que depuis deux ans, en dehors des sommets annuels du conseil de coopération du Golfe, le prince héritier d'Arabie saoudite ne s'est rendu à l'étranger qu'à deux reprises : en Égypte en octobre 2024 et à Washington en novembre 2025. Et donc, sa venue, en France aujourd'hui, est son 1er déplacement à l'étranger depuis un an et le fait qu'il ait choisi notre pays pour ce déplacement est un signal important. C'est un signal qui témoigne de la profondeur et d dynamisme de la relation franco-saoudienne qui a été construite par le président de la République notamment, et c'est d'autant plus significatif que cette visite intervient dans un contexte régional, encore une fois, vous le savez, particulièrement difficile et donc [il s'agit d'] un moment géopolitique et diplomatique important pour notre pays et pour le lien qui unit nos deux pays. 







Les éléments essentiels abordés par la ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement et chargée de l'Énergie, au cours de ce compte rendu du conseil des ministres :

Interventions du Président de la République et du Premier ministre.

      • Crises nationales et internationales, notamment la crise géopolitique au Moyen-Orient.
      • Impact économique : pression sur les prix du carburant et du gaz.
      • Vigilance requise sur le remplissage des stockages de gaz et l'évolution des prix.

Prolongation des aides : les aides aux secteurs dépendants du prix du carburant (pêcheurs, agriculteurs, transporteurs, BTP), initialement prévues jusqu'au 31 août 2026, seront reconduites.

Tensions économiques et budgétaires.

    • Hausse des taux d'intérêt et tension sur les marchés obligataires.
    • Impact sur les finances publiques, nécessitant rigueur et discussions parlementaires pour le budget 2027.

Crise climatique et ses conséquence.

    • Feux de forêt historiques en France et en Europe (notamment en Espagne).
    • Mesures de soutien aux agriculteurs déjà annoncées.
    • Nécessité d'un suivi à long terme pour le relogement et l'adaptation des territoires touchés.

Défense du bilan gouvernemental sur cette crise climatique : le Président demande au Gouvernement de défendre les actions menées depuis plusieurs années : emploi et économie, adaptation au changement climatique (budgets augmentés pour les sapeurs-pompiers, moyens terrestres et aériens).

Cybersécurité.

    • Attaques cyber récentes évoquées par le Président.
    • Demande d'établir les responsabilités et de renforcer la vigilance dans toutes les administrations.
    • Un conseil de Défense sur ce sujet est prévu d'ici à mi-septembre.

Questions législatives : lois récemment promulguées,

    • Loi de programmation militaire actualisée.
    • Loi sur la fin de vie.
    • Loi pour une meilleure réponse d'urgence agricole.
    • Loi RIPOST (Laurent Nunez).

Loi sur la protection des moins de 15 ans.

    • Censure partielle par le Conseil constitutionnel, mais certains articles validés (ex. : interdiction des portables dans les lycées).
    • Promulgation de la loi sans les articles censurés.
    • Objectif : cadre stabilisé pour protéger les enfants et jeunes d'ici le printemps 2027.

Séminaire gouvernemental : préparation d'un séminaire le lundi 31 août 2026 pour aborder la question budgétaire et les enjeux actuels du Gouvernement.

Décrets présentés au Conseil des ministres.

    • Décret sur les compétences du préfet de police et du préfet de Corse : actualisation des compétences du préfet de police dans la petite couronne parisienne et les aéroports. Coordination par le préfet de Corse de la lutte contre la criminalité organisée.
    • Décret sur la protection du loup : renforcement des attributions du préfet coordonnateur pour suspendre certaines décisions départementales (ex. : tirs de défense).

Actualité diplomatique. Visite officielle de Mohammed Ben Salman à Paris pour deux jours : premier déplacement à l'étranger depuis un an, signal fort pour la relation franco-saoudienne, dans un contexte régional difficile.

Décrets

Le ministre de l’Intérieur a présenté un décret relatif aux compétences du préfet de police et du préfet de Corse.

Ce texte permet de rénover le cadre d’action des préfets concernés et de renforcer la cohérence territoriale de l’action des services de l’État sur plusieurs départements.

Ainsi, le décret permet d’actualiser le cadre d’exercice des compétences du préfet de police en matière de sécurité des personnes et d’ordre public sur les départements de petite couronne (départements des Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne), ainsi que sur les emprises des aérodromes de la plaque parisienne (départements du Val-d'Oise, Seine-et-Marne, Essonne).

Il prend ainsi en compte plusieurs évolutions législatives récentes relevant tant de la loi du 13 juin 2025 relative à la lutte contre le narcotrafic, que de la logique des blocs de compétences en matière de polices administratives exercées par la police d’agglomération depuis 2010 sur la petite couronne parisienne que du retour d’expériences des jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.

Par ailleurs, le texte modifie les articles 79 et 80 du même décret de 2004 afin, de confier au préfet de Corse la coordination de l’action des services de l’État en Corse en matière de lutte contre la criminalité organisée. Par ailleurs, depuis 2023, et plus particulièrement depuis la loi contre le narcotrafic, la coordination pour la sécurité en Corse s’est recentrée sur la lutte contre la criminalité organisée, exerçant au niveau régional un rôle de coordination et de centralisation des informations destinées à organiser la réponse de l’État. Dès lors, les écritures du décret de 2004 sont adaptées pour mieux correspondre à ses nouvelles missions.

La ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature et la ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire ont présenté un projet de décret visant à modifier un décret n° 2018-786 du 12 septembre 2018 relatif à certaines attributions du préfet coordonnateur du plan national d'actions sur le loup.

Le loup a fait l’objet d’un déclassement au sein de la Convention de Berne le 6 décembre 2024 et au sein de la Directive Habitat Faune Flore le 17 juin 2025, ce qui permet d’assouplir le cadre de gestion applicable. L’arrêté du 23 février 2026 en a tiré les premières conséquences et facilite les opérations d’effarouchement, les tirs pour défendre les troupeaux et les tirs de prélèvements.

Le décret complète le cadre applicable afin de garantir la protection des troupeaux et le maintien dans un état de conservation favorable du loup. Le décret permet notamment au préfet coordonnateur de suspendre par arrêté, sans contrainte calendaire, pour une période pouvant aller jusqu’à la fin de l’année, sur les territoires qu'il détermine, les décisions des préfets de département relatives à la mise en oeuvre des tirs de défense.

Le projet de décret prévoit également que les décisions des préfets de département concernant les opérations de tir menées par les lieutenants de louveterie et les agents de l’Office français de la biodiversité puissent être soumises à l’accord préalable du préfet coordonnateur.

Nomination(s)

Le conseil des ministres a adopté les mesures individuelles suivantes :

Sur proposition du Premier ministre :

  • M. Jean-Marc OLERON, administrateur de l’État, est nommé conseiller maître à la Cour des comptes (hors tour), à compter du 1er octobre 2026 ;
  • M. Jérôme REBOUL, ingénieur des ponts, des eaux et des forêts, est nommé conseiller maître à la Cour des comptes (hors tour), à compter du 1er octobre 2026 ;
  • Mme Karine BERGER, ingénieure de la statistique, de l’économie et de la donnée, est nommée conseillère maître à la Cour des comptes (hors tour), à compter du 1er octobre 2026.

Sur proposition du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères :

  • Mme Nathalie ESTIVAL-BROADHURST, administratrice de l’État, est nommée directrice générale de l’administration et de la modernisation à l’administration centrale du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, à compter du 1er septembre 2026 ;
  • M. Adrien ABECASSIS, secrétaire des affaires étrangères, est nommé ambassadeur pour le numérique et l’intelligence artificielle.

Sur proposition de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées :

  • M. Vincent GAILLOT, administrateur de l’État, est nommé délégué interministériel à la stratégie nationale pour les troubles du neuro-développement, par intérim.

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