Compte rendu du Conseil des ministres du 28 octobre 2026

Publié le 28/10/2026

Mesures d'ordre individuel

Source : Présidence de la République

Compte rendu du Conseil des ministres du 28 octobre 2026

Maud BREGEON, ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre et ministre déléguée, chargée de l'Énergie auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique 

Bonjour à toutes et tous, et bienvenue pour ce nouveau compte rendu du Conseil des ministres, avec deux points majeurs à l'ordre du jour. 

Je vais commencer par le premier, celui sur les mobilisations, les manifestations qui ont eu lieu ces derniers jours et ces dernières semaines. Je commence par vous confirmer qu'un CDSN [Conseil de défense et de sécurité nationale] se tient en ce moment même à l'Élysée sur le suivi et la préparation des échéances et des semaines à venir.

Ensuite, le président de la République s'est exprimé sur ce sujet spécifiquement avec, au fond, 3 grands axes que sont l'ordre, les négociations et l'accompagnement. L'ordre d'abord, parce qu'il a rappelé qu'il fallait être intraitable face aux factieux et aux délinquants. Il a remercié vivement les forces de l'ordre pour leur mobilisation exceptionnelle. C'est avec encore une fois toute cette détermination qu'ont été préparées les manifestations du 24 [octobre 2026] avec des tracés, vous le savez, hors des centres-villes, avec des couvre-feux qui ont été mis en place en amont, et puis une mobilisation des forces de l'ordre que je remercie de nouveau, 70 000 forces de sécurité intérieure déployées sur l'ensemble du territoire. C'est cet ordre qui continuera à prévaloir, avec des risques dans la période qui arrive. On pense au week-end prochain, on pense à la journée de mobilisation du 5 novembre et des manœuvres de ceux qui, peut-être, voudraient récupérer ce mouvement. 

En tout état de cause, le président de la République a assumé de ne pas avoir déclenché l'état d'urgence, et les derniers jours ont montré qu'il avait eu raison et que des solutions efficaces avaient été mises en place permettant à la journée du 24 octobre 2026, samedi dernier donc, de se tenir de manière globalement convenable. 

Deuxième point : les négociations, parce qu'encore une fois, on fait la différence entre le maintien de l'ordre entre des violences, des violences urbaines inacceptables et des revendications lycéennes, étudiantes, sociales, qui doivent être entendues, écoutées et sont légitimes. Vous avez, vendredi dernier, les lycéens, et la déclinaison sur les différents chantiers (des chantiers qui sont conséquents), se fait depuis lundi. C'est une question qui doit être traitée avec sérieux par le Gouvernement, évidemment dans la responsabilité budgétaire qui s'impose. Et donc on va continuer dans les jours, dans les semaines à venir. Le projet de loi de finances, les débats sur le budget en seront aussi une occasion importante. 

Deuxièmement, les questions sociales, avec un dialogue entre les organisations patronales et les organisations syndicales qui doit se poursuivre, et notamment la semaine prochaine. C'est important et ça passe par le dialogue social. 

Et puis troisièmement, des réponses sur le pouvoir d'achat avec le suivi de la libération (on en parlera peut-être tout à l'heure si vous avez des questions), de 10 millions de barils de gazole qui, à compter du 1ᵉʳ novembre, donc de dimanche et en tout état de cause de lundi prochain en début de semaine, doit se voir sur les stations-service de l'ensemble des territoires de France — un objectif qui peut aller jusqu'à 18 centimes de baisse et donc un gain direct pour le pouvoir d'achat des Français. Ça fait aussi partie des revendications, là encore, à la fois très fortes et légitimes de nos concitoyens. 

Et puis un troisième mot sur l'accompagnement, parce que, vous le savez, beaucoup de commerçants ont été touchés, des commerçants qui, parfois, et on peut bien le comprendre, ont peur, qui observent des baisses d'activité, singulièrement dans les centres-villes. Et donc une attention toute particulière a été demandée par le président de la République au Gouvernement, avec un suivi et un accompagnement grâce aux fonds pour les commerçants, grâce au chômage partiel, grâce à la mobilisation des assurances, et je le redis, une attention particulière portée à la baisse d'activité dans les centres-villes, singulièrement à l'approche des fêtes de Noël, qui sont toujours un moment important pour les commerçants, et donc une adaptation des tracés de mobilisation en conséquence lorsque ce sera nécessaire, là encore, pour préserver l'activité dans nos centres-villes.

J'en viens maintenant à la deuxième partie de ce propos liminaire, si je puis dire, mais qui a constitué la grande partie du Conseil des ministres du président de la République, avec le drame de Trappes vendredi dernier, un acte terroriste raciste. Le président de la République est allé sur place immédiatement, vous l'avez vu. Il a insisté sur le fait que dans ces moments-là, on devait être dans la responsabilité, dans l'unité et dans la dignité, être aux côtés des familles, cela va de soi, être aux côtés des victimes. Il s'est exprimé aussi, il a insisté sur le fait que la très faible compassion qu'il y a eue dans les heures qui ont suivi était de nature à inquiéter, de même que les tentatives d'instrumentalisation qui ont suivi. Et l'important, encore une fois, dans ces moments graves, c'est la dignité collective, ce sont ses mots, c'est être aux côtés des victimes, de leurs familles et de rassurer nos compatriotes. À ce titre, un hommage national sera rendu. Voilà. 

Enfin, le Premier ministre, bien sûr, s'est exprimé dans la continuité de ce qu'a dit le président de la République et donc de ce que je viens de vous mentionner, avec une attention particulière dans les prochains jours portée sur les questions de pouvoir d'achat. Il a notamment mobilisé l'ensemble du Gouvernement sur la question des carburants et de la répercussion de la libération des 10 millions de barils, parce que ça concerne l'ensemble des secteurs d'activité et l'ensemble des Français. 

Un point aussi sur la situation économique avec la décision de Moody's que vous avez vue en fin de semaine dernière. On a eu beaucoup de papiers nous expliquant que la France allait être dégradée, un peu moins pour mettre en avant le fait que ça ne l'avait pas été. En tout état de cause, ce que nous dit cette décision doit nous amener à insister sur un point : c'est la nécessité absolue d'avoir un budget dans les semaines à venir. Ce n'est pas une option. Il n'y a pas de plan B. Les discussions se poursuivent légitimement au Parlement, à l'Assemblée nationale et très prochainement au Sénat. Et on devra déboucher de quelque manière que ce soit sur un compromis et sur l'adoption d'un budget dans les semaines à venir. Je vous remercie. Il n'y avait pas de texte autre présenté, donc je vous propose de passer aux questions.

 

Journaliste

C'est suite à l'annonce que vous venez de faire sur l'hommage national pour la victime de l'attentat de Trappes. Est-ce que vous avez des précisions sur le jour, le lieu, les personnes qui pourraient... Est-ce que le Président va d'abord présider cet hommage ? Voilà. Merci.

 

Maud BREGEON

Un hommage national sera rendu et je vous renvoie vers l'Élysée. Si j'avais davantage de précisions à vous donner, je vous les aurais évidemment apportées proactivement.

 

Marc PRÉEL

Marc PRÉEL du Parisien. Vous avez évoqué les détournements de cortèges pour protéger les commerçants pendant des week-ends de manifestations. Les petits commerçants lancent aujourd'hui un appel pour pouvoir ouvrir tous les dimanches d'ici la fin de l'année pour compenser les pertes des dernières semaines et puis anticiper le fait qu'il y aura sans doute des manifestations tous les samedis, donc très peu de chiffre d'affaires. Est-ce que vous êtes favorable à cette mesure ? Est-ce que vous allez la décider ? Et par ailleurs, le Gouvernement prépare l'entrée en vigueur d'une taxe émeute sur les assurances habitation et automobile à hauteur de 0,8 %. Et ça concrétise l'idée que ce sont bien les Français qui vont payer la note de la casse qu'on a vue ces dernières semaines. Comment vous la justifiez, cette taxe, au moment où le Gouvernement défend justement un projet casseurs-payeurs ?

 

Maud BREGEON

D'abord, ce n'est pas une taxe, et du reste, la volonté du Gouvernement est bien de faire payer par ceux qui cassent, par les délinquants, encore une fois, par les factieux qu'a mentionnés le président de la République, le coût des réparations, il n'est plus envisageable et il n'est plus, je crois, concevable pour nos concitoyens de devoir payer avec l'argent public les dégradations d'une minorité. Et je vous renvoie pour preuve, si je puis dire, au texte casseurs-payeurs qui est examiné en ce moment même au Sénat. Je n'ai pas davantage de commentaires à faire là-dessus. Quant à la question de l'ouverture des commerçants, c'est une demande qu'on peut parfaitement entendre. Ça fera l'objet de discussions, et notamment avec mon collègue Serge PAPIN. Mais en tout état de cause, il y a une réalité qui est une baisse d'activité ; d'abord, pour un certain nombre d'entre eux, des dégradations très importantes qui amènent des problèmes de trésorerie, de reconstitution des stocks notamment, qu'il faut évidemment accompagner dans les semaines à venir, et puis ensuite, un risque de baisse d'activité si des manifestations se poursuivent, peut-être pas dans toutes les villes, peut-être pas dans tous les centres-villes, et qui nous amènera d'une part à adapter le tracé de ces manifestations lorsque c'est nécessaire pour permettre aux Français de réinvestir ces centres-villes dans la plus grande sérénité. Et ensuite, des discussions peuvent évidemment avoir lieu. Pas de décision prise à ce stade, mais ça fera évidemment l'objet d'un dialogue bienveillant avec le Gouvernement.

 

Marc PRÉEL

L'implication de la mesure sur les assurances, c'est quand même que nous tous, sur nos assurances habitation ou automobile, on va payer un supplément de toute la casse qui a eu lieu ces derniers mois en France ?

 

Maud BREGEON

Encore une fois, je n'ai pas plus de commentaires à faire que ce que j'ai déjà dit.

 

Lisa LAP

Bonjour. Lisa LAP, journaliste pour Le Média. Vous qualifiez la manifestation de ce samedi 20 octobre d'une réussite. Pourtant, il y avait quand même des centaines de milliers de personnes dans la rue qui manifestaient contre la vie chère, contre la politique de votre Gouvernement. La manifestation parisienne a été faite dans vos règles. J'y étais, j'étais témoin, que ce soit le parcours. Il n'y a pas eu de violences urbaines ou de casse, communément appelée. La manifestation, elle était autorisée jusqu'à 19h00, Porte de Vincennes, sauf qu'à partir de 17h30, les forces de l'ordre ont commencé à charger, matraquer, interpeller et surtout multiplier les tirs de grenades lacrymogènes et des encerclantes, qui sont très dangereuses, sur la foule. Pourquoi cette répression, même quand vos règles sont respectées par les manifestants ?

 

Maud BREGEON

D'abord, quand je dis… quand le ministre de l'Intérieur dit que ces manifestations étaient réussies, il ne se satisfait pas, ni dans un sens ni dans un autre, du nombre de manifestants et de Français présents. Ce qu'il dit, c'est qu'on a réussi, et c'est bien normal dans une démocratie, à permettre des manifestations, à les voir se dérouler, encore une fois avec un maintien de l'ordre à la hauteur qui permet en premier lieu de sécuriser et de protéger les manifestants et plus largement les biens et les personnes. Ensuite, je récuse l'accusation qui est la vôtre à l'encontre des forces de l'ordre, c'est votre liberté de la faire, c'est votre liberté de la porter. Je ne reprendrai aucun mot de votre question parce que les forces de l'ordre, encore une fois je le redis, ont fait un travail, et c'est ce qui a permis à la manifestation de se passer correctement et de pouvoir se passer correctement dans beaucoup de villes de France, ont fait un travail absolument remarquable et au contraire d'une grande exemplarité.

 

Lisa LAP

Mais j'y étais ; c'est-à-dire qu'à partir de 17h30, il y a eu des jets de grenades lacrymogènes, etc, sur la foule qui ne commettait pas d'exactions. Pourquoi ? Alors que c'était autorisé jusqu'à 19h00.

 

Maud BREGEON

Encore une fois, je n'ai pas plus de commentaires à faire. Je vous remercie.

 

Cemil SANLI

Bonjour, Madame la ministre. Cemil SANLI journaliste indépendant. Alors, la semaine dernière, souvenez-vous, je vous ai questionnée au sujet des Français blessés par des agents de police en manifestation. Vous avez qualifié ma question, pourtant basée sur des faits documentés, d'insultante, ne trouvant pas un seul mot pour les Français grièvement blessés et ceux, nombreux, qui renoncent à exercer leur droit constitutionnel d'aller manifester par peur d'être blessés. En off, tout à l'heure, nous avons parlé avec le conseiller presse du Président, et ça n'a pas été un seul instant un sujet sur la table. Alors, depuis la semaine dernière, de nouveaux blessés par une police factice actuellement aux ordres de votre Gouvernement. À Clermont-Ferrand, un jeune manifestant a été grièvement blessé à la main par une explosion d'une grenade policière selon des images vérifiées par Le Monde. À Toulouse, un autre a été grièvement blessé à la main. À Reims, un autre encore touché gravement au tibia. À Poitiers, un jeune homme de 19 ans blessé à l'œil. À Nantes, l'AFP a constaté 3 blessés parmi les manifestants. Et c'est sans compter les innombrables coups de tonfa, les gazages à bout portant et violences désormais banales sur des gens sans justification ni suite légale. Parallèlement à cela, des militants d'extrême droite ont agressé des manifestants pacifiques dans plusieurs villes de France, une quinzaine environ. À Montpellier, vous avez peut-être vu les images, notamment des vidéos montrent des individus frapper des manifestants sous les yeux des CRS immobiles, puis ces CRS-ci chargent les manifestants et maîtrisent les victimes en laissant partir les agresseurs. On a vu aussi sur des images partagées par des confrères un agent leur faire un signe du pouce pour les remercier. Et vous, ma question arrive, dimanche matin au micro de RTL, on vous demande si vous vous êtes soulagées le lendemain, donc dimanche matin. Vous répondez satisfaite, je vous cite, l'État a eu le dessus. Ma question, c'est celle-ci : considérez-vous qu'un État qui laisse repartir chez eux des manifestants et parfois même des passants repartir avec des blessures irréversibles peut véritablement se féliciter d'avoir pris le dessus ?

 

Maud BREGEON

D'abord, la matinale de RTL, c'était lundi. Vous avez du mal à suivre mon actualité médiatique. Du reste, deux choses. D'abord, je ne ferai aucun commentaire et je n'ai aucune envie de rentrer dans votre jeu. Je noterai juste que vous avez oublié d'avoir un mot parmi tous les drames que vous avez cités, pour les plus de 200 forces de l'ordre qui ont été blessées la semaine dernière. Et je n'ajouterai pas un mot à ma réponse. Je vous remercie.

 

Cemil SANLI

Alors, je me permets de vous relancer parce que j'en ai le droit. Donc il n'y a pas de jeu que je joue là. Je suis journaliste, je me base sur des faits documentés, je vous pose la question. Donc, la réponse est celle-ci : pas de réponse ?

 

Maud BREGEON

Je n'ai aucune réponse davantage à vous apporter.

 

Cemil SANLI

Et au sujet de ces agressions de militants d'extrême droite ?

 

Maud BREGEON

Je n'ai aucune intention de rentrer dans votre jeu.

 

Cemil SANLI

La police qui ne réagit pas face à des militants d'extrême droite qui... On a vu les images des manifestations pacifiques, des personnes se font agresser par des militants d'extrême droite dans 15 villes de France. Est-ce que le Gouvernement que vous représentez devant moi aujourd'hui a un mot à faire, à nous donner sur ces choses-là ?

 

Maud BREGEON

Vous avez votre vidéo pour vos réseaux sociaux, Monsieur. Je vous remercie.

 

Cemil SANLI

Mais Madame, pourquoi vous en faites quelque chose de personnel ? Je suis journaliste avec une carte de presse, je vous pose une question, je ne parle pas de mon travail.

 

Maud BREGEON

Je vous remercie.

 

Cemil SANLI

Pas de réponse ?

 

Maud BREGEON

Je vous remercie.

 

Cemil SANLI

Et du coup, je vous relance encore une seule fois. Vous dites généralement là qu'il y a des enquêtes, vous n'en parlez pas, des enquêtes de l'IGPN ?

 

Maud BREGEON

Je vous remercie.

 

Cemil SANLI

Ok, merci quand même.

 

Emma VERRIER

Bonjour, Madame la ministre. Emma VERRIER pour TF1-LCI. Sur les prix des carburants, on annonce donc une baisse de 12 à 18 centimes le mois prochain. Pouvez-vous nous dire à partir de quand on verra les effets concrets de cette baisse des prix dans les stations-service ? Est-ce que ce sera à partir du 1ᵉʳ novembre, sinon quand ? Et la deuxième question sur ces stations-service, est-ce qu'elles devront afficher la transparence des prix avec des signalétiques, à partir de quand pourra-t-on les voir ? Et est-ce que ce sera obligatoire, pareil, dès le premier novembre ? Merci.

 

Maud BREGEON

Alors, je commence par la question de la fin. Oui, les stations-service devront afficher la baisse de prix qui sera permise par la libération de ces 10 millions de barils. Et de manière plus large, même si c'est transparent pour le consommateur, il y aura un suivi sur l'ensemble de la chaîne de l'évolution et du suivi de cette répercussion à la baisse, de telle sorte qu'il y ait un exercice de transparence totale. Du reste, ça fait partie d'ailleurs des décrets qui ont été pris ou qui vont être pris cette semaine. Quant à la question du calendrier, le calendrier est tenu. Les décrets ont été transmis au Conseil d'État dans les temps. Le Conseil d'État a fait un travail extrêmement efficace pour apporter des réponses dans un délai extrêmement contraint. Et donc la libération de ces 10 millions de barils pourra commencer ce week-end. On permet par ailleurs aux distributeurs de répercuter cette baisse avec un tout petit peu d'avance, de l'ordre de quelques jours, mais c'est une spécificité, en tout cas, une dérogation réglementaire, parce que vous savez qu'ils n'ont pas le droit évidemment, du reste, de vendre à perte, mais on permet de répercuter cette baisse avec un petit peu de temps d'avance. Et donc, ces baisses doivent être visibles et devront être visibles à compter du 1ᵉʳ novembre. Alors le 1ᵉʳ novembre est un dimanche et un jour férié, donc un certain nombre de stations-service sont fermées. Donc en tout état de cause, au plus tard le lundi 2 novembre.

 

Maxime LEGAY

Bonjour, Madame la ministre. Maxime LEGAY pour CNews. Deux questions à vous poser. Peut-être la première sur les mots qui ont été tenus par Sébastien LECORNU dans l'hémicycle hier. Je cite de mémoire, mais c'est peu ou prou : où il y a des discours tenus par certains qui arment ceux qui vont passer à l'acte. Est-ce que vous pouvez peut-être préciser quels étaient les discours en question et qui était visé à travers ces propos ? Et une deuxième question, une réaction à de l'actualité immédiate. On apprend en Espagne qu'une collision ferroviaire a fait près de 50 morts a minima. Le bilan est en train de s'alourdir au moment où on se parle. Peut-être la première réaction officielle du Gouvernement sur ce sujet. Et est-ce qu'une aide, une assistance du Gouvernement français est prévue ? Est-ce que le mécanisme de protection civile européen sera déclenché ? Est-ce que vous avez des informations à ce sujet ?

 

Maud BREGEON

Je ne vais pas faire l'exégèse des propos du Premier ministre. Je pense qu'il s'est largement expliqué. Ce qui est certain, c'est que dans ces moments de grande tension, on sait que les profils les plus vulnérables peuvent passer à l'acte et que ces actes peuvent être incités par des discours publics et politiques. Mais je ne ferai pas davantage l'exégèse, encore une fois, de ses propos. Quant au drame espagnol qui est survenu, j'étais en Conseil des ministres encore une fois, donc je n'ai pas pu prendre connaissance de l'ensemble de ce qui s'est passé. Ce qui est évident, c'est que la France apporte sa totale solidarité à nos amis espagnols. C'est une évidence.

 

Fabien VERSO

Bonjour, Madame la ministre. Fabien VERSO, journaliste indépendant. Le tireur présumé de l'attentat de Trappes aurait déclaré au moment de son interpellation avoir des Noirs et des Arabes pour venger les commerçants pillés au cours des débordements en marge de la manifestation du 17 octobre. Le Gouvernement pense-t-il que les mots de certains responsables politiques ou entendus dans certains médias depuis des années ont une responsabilité dans la survenue de cet attentat terroriste ?

 

Maud BREGEON

Je crois que les propos du Premier ministre, que votre confrère citait d'ailleurs dans la question précédente, répondent à vos questions et donc je n'en dirai pas davantage. On s'est déjà exprimés dessus, et le Premier ministre, et le président de la République, et le ministre de l'Intérieur, et la ministre en charge de la lutte contre les discriminations et pour l'égalité femmes-hommes, par ailleurs.

 

Fabien VERSO

Vous n'avez pas de nom en tête ?

 

Maud BREGEON

Je n'ai pas davantage à dire que ce qui a été déjà, je pense, largement explicité au cours des Questions au Gouvernement, notamment hier.

 

Fabien VERSO

Et je me permets juste une relance. Vous-même, vous avez déclaré le 20 octobre au micro de Sonia MABROUK que les premiers responsables des pillages du 17 octobre, ce sont les factieux et les racailles qui ont amené le pays dans cette situation. On a vu les images, on sait à qui on a affaire. Il y a d'un côté ce type de population-là, il y a des délinquants, puis ensuite vous reparlez des membres de l'ultragauche. Pensez-vous que vos mots peuvent avoir jeté de l'huile sur le feu et avoir une part de responsabilité dans ce qu'il s'est passé à Trappes ?

 

Maud BREGEON

Ceux qui prétendent ça font un amalgame qui est extrêmement dangereux, extrêmement dangereux. Il n'y a pas d'amalgame à faire entre d'une part des délinquants et des factieux que j'ai nommés à juste titre, j'ai utilisé le mot « racaille » que j'assume absolument, et d'autre part des Français qui seraient ciblés en fonction d'origine, de couleur de peau ou de religion. Qui fait l'amalgame en faisant ce rapprochement ? Ce n'est pas moi.

 

Fabien VERSO

Parce que le mot racaille est connoté.

 

Maud BREGEON

C’est vous qui le connoter.

 

Fabien VERSO

D’accord, merci.

 

Journaliste

Bonjour, Madame la ministre. [inaudible], du magazine Nexus. Je voulais revenir avec vous sur un propos tenu par le Président par rapport aux réseaux sociaux. Le chef de l'État a clairement dit que les réseaux sociaux abîmaient la démocratie. Qu'a-t-il voulu dire ? Surtout que ces mêmes réseaux sont également utilisés par l'État et ont pu vous servir pour retrouver certains casseurs, certains pilleurs. Qu'a voulu dire le chef de l'État ? Et surtout, que pouvez-vous dire aux Français qui sont inquiets par rapport à leur liberté d'expression, parce qu'on a pu entendre notamment le ministre Laurent NUÑEZ dire qu'effectivement il pourrait y avoir par la suite des suppressions de profils ou de messages sur les réseaux sociaux. Également, qu'a-t-il voulu dire et est-ce que vous pouvez rassurer les Français sur leur liberté d'expression sur les réseaux ? Merci.

 

Maud BREGEON

En fait, la liberté d'expression, elle va là où commence l'incitation aux violences urbaines, l'incitation au racisme, l'incitation à la discrimination, l’incitation à l'antisémitisme. Et donc qu'il y ait un travail mené avec les plateformes, ça ne date pas du 17 octobre, ça date de bien en amont. C'est absolument nécessaire et on pense même qu'il faut réussir à aller encore plus loin. On voit l'impact que ça peut avoir dans certains cas de figure, avec là encore des gens qui se retrouvent ciblés en fonction de leur couleur de peau, de leurs origines, ou des cas de harcèlement de manière bien plus large qui sont extrêmement extrêmement inquiétant. Il ne s'agit pas de porter un jugement pour ou contre les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux font désormais partie de la société, c'est ainsi, et a priori, ça va durer. Ça a des points éminemment positifs dans tout ce que ça apporte, et puis ça a aussi des points évidemment négatifs. Lorsqu'on parle de harcèlement scolaire, par exemple, on sait que ça passe beaucoup par les réseaux sociaux. Lorsqu'on parle d'incitation à la violence et à la haine, on le voit aujourd'hui, ça passe aussi par ces canaux de transmission et de mobilisation. Et donc en ça, en ça, ils peuvent abîmer la démocratie. On voit que les ingérences étrangères, je ne parle pas des violences qui ont eu lieu ces derniers jours et ces dernières semaines, mais lorsqu'il y a des ingérences étrangères, ça passe majoritairement par les réseaux sociaux, ça ne passe pas par le 20h des grandes chaînes, ça passe par les plateformes que l'on connaît. Et donc dire que ça abîme la démocratie, c'est un fait. La question, c'est comment est-ce qu'on arrive à y répondre et à le faire de la façon la plus mesurée possible entre une préservation des libertés individuelles et collectives, c'est une évidence, et en même temps une protection des Français qui en pâtissent directement. Et cet équilibre n'est pas évident à trouver. Regardons les débats qui ont pu avoir lieu ces derniers mois et ces dernières années à l'Assemblée nationale sur toutes ces questions. Je me souviens, j'étais députée, de débats sur l'identité numérique, sur la préparation des Jeux olympiques aussi. Ça pose la question de cet équilibre et c'est une réponse qui n'est pas évidente à apporter. Mais donc ne tombons pas, je ne dis pas que vous le faites, mais dans la caricature, ni d'un côté ni de l'autre. Ça fait désormais partie, encore une fois, de la société dans laquelle on vit et donc il faut qu'on arrive à le réguler de la manière la plus intelligente possible, tout simplement.

 

Journaliste

Donc les Français sont rassurés, ils pourront utiliser les réseaux, notamment pour les manifestations, pour communiquer, pour échanger ?

 

Maud BREGEON

Il ne s'agit pas de bloquer les réseaux pendant les manifestations, évidemment. Il s'agit simplement de constater lucidement qu’un certain nombre de messages, par ailleurs contraires à la loi, et pas uniquement pendant les manifestations, ne sont pas acceptables. Mais c'est la même chose lorsque vous avez, encore une fois, du contenu raciste, du contenu antisémite qui circule sur les réseaux sociaux. Vous devez pouvoir l'en extraire, tout simplement.

 

Journaliste

Merci.

 

Christelle MÉRAL

Madame la ministre, bonjour. Christelle MÉRAL, France Télévisions. Une question sur les dates de la présidentielle. Il y a les LR et le RN qui demandent à nouveau d'avancer les dates de la présidentielle. Alors, est-ce que vous pouvez assurer que les dates qui ont été annoncées par le Gouvernement en juillet dernier, donc dimanche 18 avril et le 2 mai, ne seront pas modifiées ?

 

Maud BREGEON

Oui. D'abord, il n'y a pas de raison de changer ces dates, sauf à poser un genou à terre face aux délinquants, aux casseurs, aux factieux qui ont semé la terreur ces derniers jours et ces dernières semaines dans le pays. Aucune raison de poser un genou à terre face à ces gens, aucune.

 

Christelle MÉRAL

Donc confirmation de ces dates ?

 

Maud BREGEON

Aucune raison. Et ensuite, force doit rester à la loi et à l'État. L'État a démontré la semaine dernière, le week-end dernier, qu'il savait, je reprends les mots, être fort, avoir le dessus. Et donc bien sûr, on continuera à le montrer. Et moi, je crois que les élections se passeront dans de bonnes conditions. En tout cas, on fera tout pour.

 

Christelle MÉRAL

Et puis une autre question, si c'est possible, sur, donc, face aux revendications sur le pouvoir d'achat, face à la vie chère, est-ce que le Gouvernement est favorable à une anticipation de la revalorisation du SMIC ? Cette revalorisation, normalement, elle est mécanique en janvier et certains demandent qu'elle soit avancée à décembre. Et par ailleurs, est-ce que le Gouvernement est aussi favorable à un coup de pouce du SMIC en plus de cette revalorisation automatique ?

 

Maud BREGEON

Ça fait partie des pistes, ça fera partie des discussions, ça doit faire partie des discussions entre les organisations patronales et les organisations syndicales que j'évoquais dans mon propos liminaire, qui était en fait le propos liminaire du président de la République. Donc ça fera partie des discussions, encore une fois, et du dialogue social.

 

Christelle MÉRAL

Ce serait une bonne réponse ?

 

Maud BREGEON

Ça fera partie des discussions.

 

Christelle MÉRAL

Pour l'instant, rien n'est acté.

 

Maud BREGEON

Ce n'est pas acté. Si c'était acté, je vous l'annoncerai. Quand je vous dis que ça fait partie des discussions qui doivent se tenir la semaine prochaine, c'est que ce n'est pas acté et que ça fait partie des discussions qui doivent se tenir la semaine prochaine. Je ne vois pas comment je peux vous le dire autrement.

 

Lisa LAP

Rebonjour, toujours pour Le Média. Toujours dans le cas des manifestations contre la vie chère du samedi 24 octobre, il y a eu des groupes aussi d'extrême droite et néonazis qui se sont déployés dans une dizaine de villes en France avec des attaques notamment contre les manifestants. Il y a eu Rouen, Nice, Montpellier ou encore Nancy, où on a pu voir que parfois les policiers ont pu protéger ces groupes d'extrême droite et interpeller les manifestants contre la vie chère attaqués. C'est des scènes qui ont été relatées par nos soins au Média, mais aussi par Blast, Le Monde, Libération ou encore Mediapart. Beauvau a expliqué que les militants d'ultra-droite n'ont pas systématiquement été interpellés pour justifier cette attitude des forces de l'ordre. Et je cite le ministre de l'Intérieur, Laurent NUÑEZ, qui a dit : les policiers et les gendarmes avaient une mission, c'était d'éviter les pillages et de mettre un terme aux exactions de la mouvance d'extrême gauche. Est-ce que vous pourriez nous expliquer comment se fait-il qu'il y ait eu un traitement différencié vis-à-vis des groupes de manifestants contre la vie chère et des groupes d'extrême droite venus attaquer ces manifestants ?

 

Maud BREGEON

Je n'ai pas de commentaire supplémentaire à faire. Encore une fois, vous relayez des arguments de l'extrême gauche qu'on entend beaucoup ces derniers jours.

 

Journaliste

C’est simplement des constats faits par plusieurs médias, comme je vous l’expliquais.

 

Maud BREGEON

Pardon, je termine, je vous laisse poser votre question. Je me permet de faire ma réponse en entier. Donc je n'ai pas davantage de commentaires à apporter. Je pense que Laurent NUNEZ s'est largement expliqué dessus. L'objectif, c'était de permettre aux manifestations de se tenir dans les meilleures conditions possibles. Le fait est que ça a été le cas et que ces manifestations suivies, vous l'avez dit par ailleurs, ont pu se tenir dans l'ensemble des villes de France où elles étaient déclarées, avec parfois des tracés qui ont été adaptés. Et chacun le comprend suite à ce qui ce qui s'est passé le 17 octobre, c'est une bonne chose. Dans une grande démocratie comme la France, on doit pouvoir déclarer, encadrer des manifestations, protéger les manifestants et permettre à la démocratie et aux revendications de s'exprimer dans la protection, encore une fois, des biens et des personnes.

 

Journaliste

Je me permets de vous poser la question, puisque ça a été constaté, comme je disais, par plusieurs confrères, par plusieurs médias très différents les uns des autres. Laurent NUNEZ a dit que la police n'avait pas protégé ces manifestants. Il y a plusieurs constats de journalistes et de vidéos qui montrent le contraire. Est-ce que le ministre de l'Intérieur s'est trompé ou a menti ?

 

Maud BREGEON

Le ministre de l'Intérieur a décrit ce qui a été la réalité et la mise en œuvre du dispositif de maintien de l'ordre. Vous pouvez me regarder en souriant, Madame, c'est ma réponse.

 

Journaliste

D'accord.

 

Cemil SANLI

Rebonjour, toujours Cemil SANLI, journaliste indépendant. Alors, une question en écho avec un de mes confrères à l'instant, il y a 2-3 tours derrière, au sujet de l'attentat terroriste raciste et négrophobe de Trappes. Alors évidemment, beaucoup pointent du doigt la responsabilité du discours du RN, mais aussi de CNews, pour ne citer qu'eux à l'extrême droite. Mais d'autres voix interpellent les différents gouvernements macronistes, dont le vôtre. Le terroriste a justifié son acte par un désir de venger les commerçants pillés, ciblant ceux que vous-même, Madame BREGEON, avez qualifiés de racailles face à Sonia MABROUK, figure médiatique de l'extrême droite s'il en est. Un terme qui sert le récit de l'extrême droite, un terme que vous avez dit tout à l'heure assumer, le mot de « racailles », tout comme j'imagine la suite de ce qui enchaînait votre prise de parole à ce moment-là. Je vous cite, on a vu les images, on sait à qui on a affaire et ce type de population-là. Fin de citation. Vous n'avez pas répondu à la question de notre confrère tout à l'heure. Que répondez-vous, c'est la question très claire, à ceux qui pointent du doigt aussi votre part de responsabilité en tant que porte-parole du Gouvernement et la responsabilité de votre Gouvernement en partie dans la situation actuelle qui est de pire en pire avec l'explosion du racisme en France et de la négrophobie en l'occurrence à Trappes ?

 

Maud BREGEON

C'est vous qui insinuez que les délinquants seraient tous de couleur de peau. Ce n'est pas moi. C'est vous qui l'insinuez dans votre question. Moi, je n'ai pas fait cet amalgame-là. Cet amalgame, il est fait précisément par l'extrême gauche qui reprend cet argument, et c'est en réalité très grave. Du reste, je n'ai pas davantage de commentaire à faire.

 

Cemil SANLI

Vous pouvez le dénoncer ici. Est-ce que vous pouvez dénoncer… Vous parlez d'amalgame à l'instant, est-ce que vous pouvez dénoncer l'amalgame délétère entre immigration et pilleur ?

 

Maud BREGEON

C'est pas un débat, Monsieur [inaudible].

 

Cemil SANLI

Non, c'est une question, madame. Est-ce que vous pouvez dire qu'il y a un amalgame, et le dénoncer, entre immigration et pillage ?

 

Maud BREGEON

Je n'ai pas, pardon, à répondre à cette question. Et encore une fois, je ne veux pas rentrer dans votre jeu qui sert à alimenter les réseaux d'extrême gauche ensuite dans les médias.

 

Cemil SANLI

Ce n’est pas un jeu. Madame, je suis journaliste.

 

Maud BREGEON

En revanche, je voudrais dire une chose. Vous êtes tous là en tant que journalistes. Vous êtes tous là parce que vous avez une carte de presse. Moi, entendre des journalistes et des groupes de presse attaquer dans cette salle d'autres groupes de presse, je crois que ça n'a pas sa place. Si vous avez un problème avec CNews, c'est votre droit, mais ce n'est pas auprès de moi que vous venez le relater. Et ensuite, vous en prendre nommément à des journalistes, comme vous l'avez fait avec Madame MABROUK, il ne s'agit pas de défendre ou ne pas défendre Madame MABROUK.

 

Cemil SANLI

C’est un fait.

 

Maud BREGEON

Mais vous en prendre nommément à des journalistes, je vous le dis, d'une part, vous ne parlez de quoi...

 

Cemil SANLI

Mais vous faites la face à moi en vous [inaudible] mon travail.

 

Maud BREGEON

Excusez-moi, je voudrais juste terminer. D'une part, je crois que ça n'a pas sa place en démocratie.

 

Cemil SANLI

Il y a deux poids, deux mesures, du coup.

 

Maud BREGEON

Je pense que c'est dangereux. Et ensuite, ça n'a pas sa place dans ce compte-rendu du Conseil des ministres. Donc j'aimerais, et là, j'en appelle aussi à la responsabilité de l'association de la presse présidentielle, que je trouve bien silencieuse, bien silencieuse face à ce qu'on entend.

 

Cemil SANLI

Madame, en off, vous dites que je ne suis pas journaliste et vous levez les yeux au ciel quand je vous rappelle que j'ai une carte de presse. Donc il y a un deux poids, deux mesures quand vous défendez un malheur qui n'est pas bon.

 

Maud BREGEON

Je termine. Je vous laisserai terminer. Je termine. J'en appelle à la responsabilité de la presse présidentielle et de l'association de la presse présidentielle qui, depuis plusieurs comptes rendus de Conseil des ministres, laisse passer des propos qui prennent sciemment à partie certains de vos confrères. Je crois que ce n'est pas normal. Je crois qu'encore une fois, ce n'est pas le rôle du compte rendu de Conseil des ministres. Moi, je suis là pour répondre à l'ensemble de vos questions sur les politiques publiques qui sont menées, mais est-il vraiment sain et acceptable au sein de cette enceinte d'avoir des médias qui attaquent d'autres médias, d'avoir des journalistes qui sont pris à partie encore une fois nommément, quand on voit comment ça peut terminer dans certaines manifestations avec des journalistes qui sont ensuite pris à partie physiquement.

 

Fabien VERSO

Parfois par la police. [inaudible] fois blessé.

 

Maud BREGEON

Et vous l'avez tous, vous l'avez, pardon, vécu dans vos rédactions, bien au-delà, bien au-delà du groupe Bolloré. Il n'y a pas que les journalistes du groupe Bolloré qui sont pris à partie dans les manifestations, ça vaut pour tous les journalistes. Et je crois que ce qui se passe aujourd'hui dans ce compte-rendu de Conseil des ministres et ce qui se passe depuis plusieurs semaines devrait aussi vous interpeller. Voilà, et j'en terminerai par là. Je vous remercie.

 

Fabien VERSO

Vous ne dénoncez pas du coup…

 

Maud BREGEON

Je vous remercie.

 

Fabien VERSO

Merci beaucoup.

 

Les éléments essentiels abordés par la porte-parole du Gouvernement au cours de ce compte rendu du conseil des ministres :

Manifestations

    • Un Conseil de défense et de sécurité nationale (CDSN) est en cours à l’Élysée.
    • Positionnement du président de la République : l’ordre nécessaire par fermeté face aux factieux et délinquants. Remerciements aux forces de l’ordre. Mesures préventives : tracés des manifestations hors des centres-villes, couvre-feux. Pas de déclaration de l’état d’urgence, jugée inutile grâce à l’efficacité des mesures existantes.
    • Les négociations : dialogue en cours avec les lycéens (chantiers en cours depuis lundi), dialogue social entre patronat et syndicats (poursuite prévue la semaine prochaine), pouvoir d’achat : libération de 10 millions de barils de gazole à partir du 1ᵉʳ novembre 2026, visant une baisse jusqu’à 18 centimes/litre.
    • L’accompagnement : soutien aux commerçants touchés (baisses d’activité, craintes) via les fonds dédiés, le chômage partiel et la mobilisation des assurances. Adaptation des tracés des manifestations pour préserver l’activité économique, notamment en centre-ville et à l’approche de Noël.

Réaction du président de la République à l’attentat terroriste raciste à Trappes du 24 octobre 2026

    • Déplacement sur place pour exprimer solidarité avec les victimes et leurs familles.
    • Appel à la responsabilité, l’unité et la dignité collective.
    • Critique des tentatives d’instrumentalisation et du manque de compassion initial.
    • Hommage national prévu en mémoire des victimes.

Les priorité du Premier ministre :

    • Pouvoir d’achat : suivi de la libération des 10 millions de barils de gazole et de sa répercussion sur les prix.
    • Mobilisation du Gouvernement pour un suivi concret sur les secteurs économiques et les citoyens.
    • Situation économique et budget : décision d'une agence de notation de ne pas dégrader la note française contrairement aux pronostics, nécessité absolue d’adopter un budget dans les semaines à venir, discussions en cours à l’Assemblée nationale et au Sénat pour aboutir à un compromis.

Nomination(s)

Le conseil des ministres a adopté les mesures individuelles suivantes :

Sur proposition du ministre de l’Intérieur :

  • M. le général de division Patrick HENRY est nommé commandant de la région de gendarmerie des Hauts-de-France, commandant la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité Nord, et est élevé aux rang et appellation de général de corps d'armée, à compter du 16 novembre 2026 ;
  • M. le général de division Charles BOURILLON, est nommé chef adjoint de l'inspection générale de la gendarmerie nationale, et est élevé aux rang et appellation de général de corps d'armée, à compter du 1er décembre 2026 ;
  • M. le général de division Jean-Christophe SINTIVE, est nommé commandant de la gendarmerie d'outre-mer, et est élevé aux rang et appellation de général de corps d'armée, à compter du 1er décembre 2026.

Sur proposition du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères :

  • M. François PENGUILLY, administrateur de l’État, est nommé directeur des Français à l’étranger et de l’administration consulaire à l’administration centrale du ministère de l’Europe et des affaires étrangères.

Sur proposition de la ministre de la Culture :

  • M. Stéphane RICHARD est nommé président du conseil d’administration du Théâtre national de l’Opéra-Comique ;
  • M. Olivier MANTÉI est nommé directeur général de l’Établissement public de la Cité de la musique – Philharmonie de Paris, à compter du 1er novembre 2026 ;
  • M. Louis LANGRÉE est nommé directeur du Théâtre national de l’Opéra-Comique, à compter du 1er novembre 2026.

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