Compte rendu du Conseil des ministres du 22 octobre 2026
Publié le 22/10/2026
Accord entre la France et les Fidji concernant la coopération en matière de défense et le statut des forces ; Convention de partenariat entre la France et l’Organisation internationale de police criminelle – INTERPOL (OIPC-INTERPOL).
Compte rendu du Conseil des ministres du 22 octobre 2026
Maud BREGEON, ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre et ministre déléguée, chargée de l'Énergie auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
[Bienvenue à toutes et tous pour] ce Conseil des ministres, durant lequel le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël BARROT, a présenté deux projets de loi visant à ratifier des accords internationaux.
Il s'agit d'abord d'une convention de partenariat avec l'Organisation internationale de police criminelle, mieux connue sous le nom d'Interpol. Concrètement, cet accord encadre la réalisation d'un programme immobilier afin de rénover et d'étendre le siège d'Interpol, qui est aujourd'hui situé à Lyon. Notre pays a la chance d'avoir sur son sol des sièges d'organisations internationales de premier plan. C'est vrai d'Interpol, c'est vrai de l'UNESCO, et il est essentiel de disposer d'infrastructures modernes pour être en capacité, là encore, d'en attirer d'autres.
Le deuxième projet de loi porte sur un accord avec la République des Fidji. C'est un pays avec lequel nous coopérons en matière de maintien de la paix et de réponse aux catastrophes à travers les forces françaises déployées actuellement dans le Pacifique. Et donc, signé en 2023, c'est un accord qui porte sur notre coopération en matière de défense dans des domaines tels que l'armement, tels que la formation, la fourniture d'aide humanitaire également.
Voilà, je m'arrêterai là pour un compte-rendu qui est extrêmement court, mais je crois que le président de la République, encore une fois, s'est lui-même exprimé sur ce qui s'est passé le 17 octobre 2026, l'organisation de ces derniers jours et du week-end à venir. Je suis bien sûr évidemment disponible pour répondre en revanche à vos questions.
Jimmy HUSSON
Bonjour, madame la ministre. Jimmy HUSSON, journaliste indépendant. Depuis la mi-septembre, votre Gouvernement accuse la France insoumise d'être responsable d'abord de la grève des profs, puis des blocages lycéens, puis des exactions commises dans les rues de France, de beaucoup de villes françaises, des dégradations et des violences qui ont émaillé les manifestations historiques du 17 octobre dernier. Pourtant, lundi, la procureure de Paris disait ne pas pouvoir confirmer les propos du Premier ministre qui décrivait l'ultra gauche derrière ces actes. Et Mediapart rapporte des témoignages d'agents des renseignements contestant en bloc la mise en cause de la France insoumise et surtout vous accusant, vous le Gouvernement, de les manipuler à des fins politiques. Malgré cela, monsieur LECORNU signe et persiste. Voici donc ma question. Pour être parfaitement clair, on souhaiterait comprendre quels éléments matériels permettent aujourd'hui au Gouvernement d'attribuer à la France insoumise une responsabilité dans l'organisation des violences au-delà de son soutien aux manifestations ?
Maud BREGEON
Je crois qu'il y a plusieurs choses qui ont largement été expliquées pour, encore une fois, mettre en lumière, non pas excuser, mais comprendre ce qui s'est passé le samedi dernier, donc le 17 octobre dernier. D'abord, il y a un phénomène évident qui est celui de l'ultra-gauche et de l'extrême gauche radicalisée, très présente, avec des modes opératoires, encore une fois, organisés. Deuxième point, la radicalisation d'une partie des manifestants et des délinquants qui ont été présents en nombre. Vous avez vu comme moi les images des pilleurs, des casseurs qui ont, je crois, horrifié tous les Français. Donc, je n'ai pas davantage à vous dire suite à votre intervention, si ce n'est que la priorité, c'est évidemment le retour à l'ordre et le retour à l'ordre républicain. L'ordre républicain, c'est d'abord la possibilité de manifester, mais de manifester dans des bonnes conditions, avec tout ce que ça doit amener de protection des biens et des personnes, et ensuite, bien sûr, la lutte contre toutes les formes de délinquance, peu importe je mets des guillemets, par qui elles sont portées d'ailleurs ce qu'on a vu et ce qu'ont vécu notamment les commerçants dans les grandes agglomérations est absolument intolérable. On sera à leurs côtés, Serge PAPIN notamment, Jean-Pierre FARANDOU, pour les accompagner là encore dans la reconstruction de leur commerce, pour leur permettre de réorganiser leurs stocks. Vous savez qu'on est à l'approche des fêtes de Noël et c'est un moment qui est particulièrement important pour les commerçants de notre pays. Il y a un enjeu donc de stocks, il y a un enjeu de trésorerie, il y a un enjeu de rapidité et d'efficacité et donc je le dis tant vis-à-vis de ce qui s'est passé samedi dernier que vis-à-vis des jours à venir et de l'organisation dans les semaines à venir, on sera tout particulièrement à leurs côtés.
Jimmy HUSSON
Mais sur les accusations d'un côté, de l'autre, puisque Monsieur LECORNU parle de camp, qui autre chose dirait un camp, donc je vais utiliser les mêmes mots que lui, le camp présidentiel, le camp du pouvoir qui vient mettre sur le dos du camp d'en face, celui de la France insoumise, parce que c'est ça en fait, les moyens matériels, quels sont les moyens matériels que vous pouvez nous apporter aujourd'hui pour faire un lien entre ces violences, ces dégradations et la responsabilité d'un parti d'opposition que certains de vos rangs appellent des fois à la suppression ?
Maud BREGEON
Il ne s'agit pas de diviser la société en deux camps qui seraient d'un côté représentés par le Gouvernement et de l'autre par la France insoumise.
Jimmy HUSSON
[inaudible]
Maud BREGEON
Non, ce serait d'ailleurs très réducteur vis-à-vis de ce qu'est la société française qui va bien au-delà du Gouvernement d'une part et de la France insoumise d'autre part. Ce qu'on dit simplement, c'est qu'on doit faire toutes et tous un choix aujourd'hui entre l'ordre républicain, j'insiste, républicain, et le désordre qu'on a connu ces derniers jours et singulièrement le week-end dernier.
Jimmy HUSSON
Oui, on a fait focus dessus. Mais pour terminer, ma dernière relance, c'est celle-ci, sur la deuxième accusation, donc dans l'autre sens, c'est-à-dire que les services de renseignement vous accusent, vous, Gouvernement, de les manipuler à des fins politiques. Là-dessus, pas de réponse ? Vous ne m'avez pas répondu.
Maud BREGEON
Je n'ai encore une fois rien de plus à ajouter que ce qui a été dit au cours des questions au Gouvernement. Le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur n'instrumentalisent pas les services de renseignement, les services de renseignement qui font d'ailleurs un travail difficile, pas uniquement sur la question du maintien de l'ordre, mais sur tout ce travail au long cours qui est mené sur la lutte contre la radicalisation, par exemple. Je rappelle qu'on a augmenté leurs moyens ces dernières années, on a augmenté leur budget, on a augmenté les ressources matérielles et humaines. Donc, il ne s'agit aucunement, aucunement de jeter la faute sur les uns ou sur les autres, encore moins de manipuler. Il y a un article, j'imagine que vous faites référence à celui-ci, qui... Évoque cela, et nous, bien sûr, nous nous inscrivons complètement en faux par rapport à ce qui a été écrit.
Jimmy HUSSON
Donc il faut vous croire sur parole uniquement ?
Maud BREGEON
Encore une fois, je vous dis ce que nous, nous percevons, ce que nous, nous avons demandé. Nous nous sommes engagés à faire la plus grande transparence et à visage découvert, pas avec des off dans la presse, pas avec des sources anonymisées. On explique ce qui s'est passé et on explique comment faire en sorte que ça ne se passe plus. Là, encore une fois, il ne s'agit pas de pointer du doigt les uns ou les autres, et surtout pas les services de la République française.
Mattéo CIARAVINO
Bonjour, madame la ministre. Mattéo CIARAVINO pour TF1-LCI. On a entendu des chiffres concernant le dispositif de sécurité prévu ce samedi, notamment +20 % de forces de l'ordre. Est-ce que vous confirmez d'abord ce chiffre ? Est-ce que vous pouvez nous donner plus de détails consolidés sur le dispositif ?
Maud BREGEON
Encore une fois, je n'ai rien d'autre à ajouter de plus que ce qu'a dit le président de la République, et vous savez que c'est le ministre de l'Intérieur qui présentera, et c'est tout à fait naturel, le dispositif déployé samedi. Ce que je peux vous dire évidemment, c'est qu'on a une attention, et le Président l'a dit, toute particulière à la protection des commerces et donc à la protection des centres-villes. C'est pour ça que les manifestations, lorsqu'elles seront autorisées, le seront de manière à préserver les commerçants, pour encore une fois tirer le retour d'expérience de ce que nous avons vécu la semaine dernière dans un moment qui est particulièrement complexe, chacun le sent bien, et évidemment une augmentation du nombre de forces de l'ordre déployées. Mais je laisserai Laurent NUNEZ, qui en a la charge, le préfet de police de Paris et l'ensemble des préfets mobilisés, donner davantage de détails sur cette organisation.
Mattéo CIARAVINO
Mais est-ce qu'en tant que porte-parole du Gouvernement, vous pouvez assurer aux Français qui nous regardent qu'ils ne verront pas les mêmes scènes de pillages et de violences ?
Maud BREGEON
Je peux assurer aux Français qui nous écoutent et qui attendent beaucoup de l'action de l'État, de manière extrêmement légitime, que tout est fait, que tout est fait pour que ce que nous avons vécu samedi dernier ne puisse pas se reproduire, singulièrement samedi prochain.
Hugo CAPELLI
Bonsoir. Hugo CAPELLI, BFMTV. Sur les interdictions de manifestations samedi, on comprend donc que ce sont les syndicats qui pourront seulement organiser des cortèges et des manifestations. Est-ce qu'on peut préciser quels sont les syndicats qui pourront organiser ces manifestations ? Est-ce que les syndicats étudiants, lycéens, par exemple, peuvent le faire ? Ou est-ce que ce sont des syndicats plutôt professionnels ? Et est-ce que ça veut aussi dire que les manifestations des Gilets jaunes seront toutes interdites sur le territoire national ?
Maud BREGEON
Là encore, ce sera précisé au cas par cas, et ça se fait bien sûr avec des discussions approfondies avec les préfets, département par département. Nous, on dit une chose simple : la priorité, c'est encore une fois le retour à l'ordre, le retour à l'ordre républicain et la préservation des biens et des commerces. Il n'est pas envisageable que ce qui se passe, ce qui s'est passé, pardon, samedi dernier puisse se reproduire. Et donc ça nécessite de toute évidence des dispositions particulières. Maintenant, des manifestations qui seraient déclarées, donc légales, avec des tracés qui préservent, là encore, une fois, les centres-villes, menées par des organisations, notamment des organisations syndicales, seront évidemment autant que possible autorisées. En tout cas, elles ne seront pas interdites puisque c'est exactement comme ça que ça se passe. Mais chacun, je crois, comprend bien que face à ce qui s'est passé, on doit prendre des dispositions particulières.
Hugo CAPELLI
Est-ce que ça ne va pas un peu trop loin ? Vous ne craignez pas justement une critique des oppositions qui pourraient parler de mesures liberticides ?
Maud BREGEON
Vous savez, j'ai entendu les oppositions nous expliquer samedi, dimanche et lundi qu'on avait été trop laxistes. J'ai entendu des critiques à l'encontre de l'exécutif, du ministre de l'Intérieur, du président de la République même, expliquant qu'ils n'étaient pas assez fermes. Et puis aujourd'hui, on viendra nous expliquer… enfin, on vient nous expliquer et on viendra nous expliquer demain qu'au contraire, on va trop loin dans l'interdiction. Donc chacun est un peu dans ses contradictions. Moi, je crois qu'encore une fois, on est face à une situation particulière. Les Françaises et les Français attendent beaucoup de nous, ils ont été choqués, certains ont peur, et encore une fois, de manière légitime, en tout cas de manière compréhensible, suite à ce qui s'est passé le week-end dernier. Notre devoir, c'est de les protéger, et c'est de protéger, encore une fois, les commerçants, de protéger les habitants. Il n'est pas admissible qu'on puisse prendre le risque de voir se reproduire ce qui s'est passé samedi dernier.
Mohamed MEZERAÏ
Bonjour. Mohamed MEZERAÏ pour France Télévisions, Franceinfo TV. Pour rebondir à la question de mon confrère, on voit les interdictions donc de manifester samedi, y compris à Lyon et à Grenoble. Est-ce que cela répond précisément à des renseignements précis faisant craindre des troubles dans plusieurs grandes villes, ou est-ce que c'est une logique de précaution générale ? Quel est exactement le niveau de menace évalué par les services de renseignement au cours de ce Conseil de sécurité ? Et que faire, pardon, si les juges des référés annulent les décrets d'interdiction ?
Maud BREGEON
Vous répondez en partie à votre question dans votre propos liminaire. Il y a un État de droit. L'État de droit, il est clair. Que dit-il ? Il dit que l'État, en l'occurrence les préfets, a la possibilité d'interdire des manifestations lorsque ces manifestations sont susceptibles de causer d'importants troubles à l'ordre public. C'est ce que nous allons faire partout où c'est nécessaire. Et donc ça s'appuie de manière évidente sur des considérations qui sont avérées et qui seront étayées le cas échéant. Sur cette base-là, des recours sont possibles devant le tribunal administratif, et le tribunal administratif juge en droit. C'est comme ça que fonctionne l'organisation des manifestations et cette liberté qui est importante de manifester en démocratie, mais qui ne doit pas contrevenir à la liberté de chacun d'aller et venir, à la capacité que chacun doit avoir d'être en sécurité dans sa ville, tout simplement. Donc il y a un État de droit, l'État prend ses responsabilités pour garantir l'ordre, on le fait sur des bases, encore une fois, juridiques, factuelles. De là, il y a un tribunal administratif, les recours sont possibles en France, et c'est exactement dans ce cadre-là que cela s'inscrit.
Sébastien KREBS
Bonjour, Madame la ministre. Sébastien KREBS, RMC. Est-ce que vous ne craignez pas que ces interdictions, finalement, puissent créer encore davantage de tensions si les manifestants n'ont pas de cadre, de lieu pour se rassembler ? Et deuxième question, dans les villes où des arrêtés d'interdiction ont déjà été pris, est-ce que ces interdictions pourraient être levées si, d'ici samedi, des syndicats se manifestent et déclarent des cortèges cadrés comme vous le souhaitez ?
Maud BREGEON
Là encore, je pense que la doctrine et le cadre, ils ont été donnés de manière très claire par le président de la République, et ils seront davantage détaillés si nécessaire par le ministre de l'Intérieur dans les prochaines heures. L'objectif, c'est de permettre partout où c'est possible des manifestations, encore une fois légales, encadrées, qui ne contreviennent pas à la liberté et à la sécurité des biens et des personnes. Je ne peux pas vous en dire davantage.
Oscar TESSONNEAU
Bonjour, Madame Bregeon. Oscar TESSONNEAU pour Right Brain Magazine. On l'a dit : « le principal facteur de crise, c'est une crise à la fois sociale contre la vie chère qui a été développée par des manifestants aussi pacifistes. » Et cet après-midi, les membres du Gouvernement rencontrent des représentants politiques qui vont apporter leurs solutions concrètes qui vont être soumises au débat, notamment celles des écologistes qui ont leur niche parlementaire aujourd'hui, puisque la sénatrice Antoinette GUHL va déposer une proposition pour avoir un meilleur accès à des produits de première nécessité à prix coûtant. Quelle première réponse sociale aujourd'hui vous pouvez donner à cette crise contre la vie chère et comment se structurera le débat avec les organisations politiques autour de cette question, au-delà des violences que mes confrères ont ?
Maud BREGEON
Vous avez raison de dire que la crise que l'on traverse depuis quelques jours n'efface pas la crise du pouvoir d'achat, n'efface pas les difficultés que rencontrent les agriculteurs, n'efface pas la crise énergétique, pour ne citer que ces exemples-là. La priorité à très court terme, et c'est ce que nous demandent les Français, c'est le retour au calme. Et il n'y a pas de discussion supplémentaire possible sans ce préalable. Le préalable à toute discussion, encore une fois constructive, qui permette de faire avancer les choses sur les revendications lycéennes, sur les questions de pouvoir d'achat, sur les difficultés que rencontrent nos agriculteurs, sur les questions budgétaires de tout ordre qui sont discutées en ce moment à l'Assemblée nationale, c'est le retour au calme. Et donc, c'est le premier objectif. Ensuite, il y a des propositions qui seront mises sur la table suite aux consultations menées depuis plusieurs semaines par Édouard GEFFRAY. Ce sera le cas en début de semaine prochaine. Il y a des discussions qui se tiennent en ce moment au Parlement, qui sont des discussions importantes. On n'en parle plus du tout, plus du tout dans le débat médiatique depuis quelques jours, mais enfin, la question des retraites, elle a été posée ces derniers jours au Parlement. Il y a un certain nombre de dépenses qui sont débattues. La question du déficit, la question des taux d'intérêt est toujours au cœur de l'actualité française, même si ça ne fait plus la une comme ça pouvait être le cas il y a 15 jours ou 3 semaines. Donc, tout ça se mène de front, mais le préalable, c'est le retour au calme.
Oscar TESSONNEAU
Enfin, une deuxième question qui relève plus des dossiers liés à l'énergie, on voit qu'il y a une première visite au Moyen-Orient d'Emmanuel MACRON ce matin, et d'autres journalistes, nos confrères du Nouvel Obs, posent une question assez simple aujourd'hui. Ils se demandent si on a une réponse énergétique européenne à apporter via plusieurs programmes, notamment, le programme Aggregate EU, qui permet d'avoir un acheminement de stocks énergétiques, notamment, de barils de pétrole, au niveau européen, avec des décisions prises à 27, ou plutôt des décisions nationale, donc prise par l'État français. Est-ce que vous pouvez nous en dire un petit peu plus sur les stratégies énergétiques qui devraient être mises en place dans les prochains mois pour éviter toute pénurie prochainement ? En tout cas, est-ce que vous voyez plus à un échelon européen ou français aussi ?
Maud BREGEON
Les deux, de toute évidence, la question énergétique est une question qui est éminemment européenne, et les demandes que la France a formulées à l'échelle de l'Union européenne sur un certain nombre de verrous réglementaires le démontrent. La question des stocks, des stocks de gaz, se suit en partie à l'échelle européenne. La question de libération de stocks stratégiques se fait à l'échelle internationale, donc de facto à l'échelle européenne. Et pour autant, le président de la République, en sa qualité de chef de l'État, est allé sécuriser un certain nombre de volumes encore ces derniers jours pour garantir aux Français, notamment sur le diesel qui subit une tension particulière, qu'il n'y ait aucun risque de pénurie, dans les mois à venir et donc durant les mois d'hiver. Donc, il n'y a pas de ligne rouge ou de ligne de barrière étanche entre l'action nationale, l'action internationale, l'action européenne en matière d'énergie. Vous savez que nos réseaux sont connectés, vous savez que c'est un marché qui est un marché mondial, que les cours de la bourse se suivent bien au-delà des frontières nationales. Je ne peux pas vous en dire davantage, si ce n'est qu'évidemment, c'est un sujet européen. Et il y a une multitude de chantiers ouverts à cette échelle-là, qui d'ailleurs, dépassent bien largement le cadre de la crise. La question du paquet réseau, la question de la neutralité carbone, la question de la neutralité technologique, tout ça est discuté à l'échelle européenne depuis longtemps, en réalité.
Oscar TESSONNEAU
Je vous remercie.
Maud BREGEON
Merci.
Journaliste
Bonjour. Vous déclariez à l'instant à un de mes confrères ici que les Français qui nous regardent peuvent être rassurés quant au maintien de l'ordre de ce week-end, qu'ils ne verront pas de pillages de nouveau, etc. Vous dites que certains Français, je vous cite à l'instant, que certains Français ont peur, qu'il faut les protéger. En effet, certains Français, on n'en a pas parlé depuis le début de cette conférence de presse, ont peur d'aller manifester. Je ne sais pas quels mots vous pouvez avoir pour eux aujourd'hui. Ils sont nombreux à avoir peur de se faire éborgner, de se faire arracher une main, des morceaux de chair, perdre l'audition, se faire agresser sexuellement par des agents de police, d'être placés en garde à vue et condamnés, comme on le voit ces dernières heures, pour rien de factuel. Que proposez-vous pour garantir aux Français qui nous regardent de ne plus avoir peur d'aller manifester aujourd'hui ?
Maud BREGEON
Je crois que beaucoup de Français ont eu peur quand ils ont vu les actes commis par des délinquants, par des voyous dans la rue samedi dernier. Je crois que c'est ce qui a fait peur aux Français ce week-end, je crois que les policiers, les gendarmes, l'ensemble des forces de sécurité intérieure ont été là. Elles ont fait de leur mieux pour les protéger. Et je n'ai pas davantage de choses à ajouter à votre question, qui d'avoir une question rhétorique, insultante envers les forces de l'ordre qui font un travail remarquable dans ce pays. Et j'espère que vous conserverez cette fin de citation pour la vidéo que vous mettrez sur vos réseaux sociaux. Je vous remercie.
Journaliste
[inaudible]. La réponse ne va pas du tout. Vous n'avez pas du tout de réponse à donner aux personnes qui, il y a des kilomètres de vidéos sur internet qui nous montrent que tout ce que je vous décris existe. C'est documenté par plein de mes confrères et consœurs. Mais aussi, je termine, mais aussi il y a la Commission nationale consultative des droits de l'homme qui alerte depuis un moment sur les interventions disproportionnées. Et je vous pose la question, si vous avez un commentaire à faire en tant que porte-parole du Gouvernement et membre du Gouvernement, et vous me dites que vous pensez d'abord aux dégradations commis, c'est terrible, certes, contre des vitrines et des biens matériels, et certes parfois des personnes, et pas un mot sur les personnes qui ont perdu un œil sans manifester ou en manifestant rien.
Maud BREGON
Vous avez raison, Monsieur, je pense aussi aux plus de 800 forces de l'ordre qui ont été touchées, qui ont été blessées, …
Journaliste
Qui ont déclaré avoir été blessées, oui.
Maud BREGEON
… aux pompiers qui ont été blessés, au personnel de l'Éducation nationale qui a été blessé, pourtant protégés par les policiers et gendarmes de ce pays. Je m'arrêterai là.
Journaliste
Pas un mot pour les manifestants.
Maud BREGEON
Je comprends que ma réponse ne vous aille pas, mais c'est ma réponse.
Journaliste
Dans ce contexte de crise, le Premier ministre Sébastien LECORNU va recevoir les forces politiques à Matignon cet après-midi. On note quelques absents importants : Édouard PHILIPPE, Gabriel ATTAL, Marine LE PEN, Jordan BARDELLA, Éric CIOTTI, Jean-Luc MÉLENCHON. Est-ce que ça veut dire que le Gouvernement n'arrive plus à mobiliser, n'arrive plus à gouverner ?
Maud BREGEON
Non, je crois que chacun fait le choix, en fonction de ses possibilités, de se faire représenter ou pas. C'est un moment important. Ça l'était hier déjà avec les organisations syndicales, ça l'est aujourd'hui avec les forces politiques. Pourquoi ? Parce que ça concerne l'ensemble de la société, ça concerne donc l'ensemble des forces vives de ce pays, et dans les forces vives de ce pays, il y a les représentants des partis politiques, qu'ils viennent en personne, qu'ils se fassent représenter, l'important, c'est qu'on arrive à faire passer les messages et, autant que faire se peut, à avoir une parole la plus unie possible face, a minima, aux violences qu'on a pu voir, et pour, encore une fois, garantir ce retour à l'ordre qui permet, qui doit permettre en tout cas, la liberté de manifester.
Journaliste
Précisément. Qu'est-ce que vous attendez de ces partis cet après-midi ? Quel message ?
Maud BREGEON
Ça, je vous laisserai, encore une fois, je vous laisse vous retourner vers Matignon. On va déjà laisser cette présentation se faire, et puis, Matignon, on aura l'occasion de communiquer davantage.
Matthieu BONHOURE
Bonjour, Matthieu BONHOURE, France Inter. Qu'est-ce qui explique le recours à l'armée ce 24 octobre dans le cadre que vous avez défini, qui n'est pas d'opération de maintien de l'ordre ? Qu'est-ce qui motive finalement cette décision qui est un cas rarissime dans l'histoire de la Vᵉ ?
Maud BREGEON
Là encore, je n'ai pas davantage de commentaires à faire sur le dispositif de samedi. C'est le ministre de l'Intérieur qui en fera.
Miloud KOLBI
Bonjour, Madame la Ministre. Miloud KOLBI du magazine Nexus. Dans le sillage de la question de mes confrères, vous avez effectivement dénoncé les casseurs, ce qui s'est passé, et vous avez raison de le faire. J'aurais juste une question pour recentrer un petit peu les choses sur les étudiants. Est-ce que des syndicats de lycéens sont éventuellement reçus par vos équipes ? Est-ce qu'il y aura des avancées concrètes pour eux ? Est-ce que vous aurez éventuellement un message à leur adresser par rapport à leurs revendications ? Merci.
Maud BREGEON
En tout cas, ce qui est absolument certain, c'est que les violences qu'on a vues ces derniers jours ne doivent pas effacer des revendications, notamment lycéennes, étudiantes, qui sont des revendications légitimes. Ils ont été reçus à plusieurs reprises, ils le seront de nouveau si nécessaire, et le ministre de l'Éducation nationale fera des premières propositions lundi, je crois. En tout cas ça a été communiqué en ce sens, essayer d'avancer avec eux, encore une fois avec des demandes derrière qui sont complètement compréhensibles sur la question de l'orientation, sur la question des emplois du temps, sur la question des professeurs absents ou pas suffisamment remplacés en tout cas, parce que l'immense majorité des professeurs sont évidemment présents, mais sur les difficultés qu'il peut y avoir. Et donc on continuera à être à leurs côtés, on continuera à travailler ce dialogue, y compris quand les images des caméras ou des journaux télé seront passées à autre chose.
Journaliste
Une question en écho avec la question posée à l'instant par mon confrère de France Inter sur le déploiement de l'armée, du moins des personnes membres de l'armée. En 2025, Monsieur LECORNU déclarait, je cite : « On ne déploie pas l'armée contre son propre peuple, l'armée c'est pour tuer sur ordre. C'est du sérieux. » Fin de citation. Un an plus tard, politiquement, voici que son Gouvernement, dont vous faites partie, veut déployer la BRI, le GIGN, le RAID et l'armée pour l'acte II des manifestations contre la vie chère de ce samedi. Comment, en fait, politiquement, vous justifiez ce basculement ?
Maud BREGEON
Personne ne déploie l'armée contre son propre peuple, Monsieur. Personne.
Journaliste
Vous les identifiez comme quoi ?
Maud BREGEON
Toutes les forces de sécurité intérieure, toutes celles et ceux qui seront mobilisés pour le maintien de l'ordre, le seront pour protéger les Français. Je sais que vous avez un peu de mal à l'entendre, mais c'est pourtant la réalité. Je vous remercie. Merci à tous.
Journaliste
Je n’ai pas terminé. L'armée n'est pas là pour maintenir… le maintien de l'ordre, n'est pas prévu pour ça.
Maud BREGEON
Elle n'est pas contre son propre peuple. Et l'armée ne fait pas de maintien de l'ordre.
Journaliste
Effectivement. C'est pour ça que je vous dis, du coup, le RAID, etc., ils sont déployés pour quelle mission précisément ?
Maud BREGEON
Je vous ai répondu. Merci à tous.
Journaliste
Ce n'était pas terminé. Allez, bonne journée.
Les éléments essentiels abordés par la porte-parole du Gouvernement au cours de ce compte rendu du conseil des ministres :
- convention de partenariat avec Interpol afin de rénover et d'étendre le siège de l'organisme (situé à Lyon). Il s'agit de disposer d'infrastructures modernes pour être en capacité d'attirer d'autres instances internationales ;
- accord avec la République des Fidji : signé en 2023, l'accord porte sur la coopération en matière de défense (armement, formation, aide humanitaire).
Projets de loi
Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a présenté un projet de loi autorisant l’approbation de l’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République des Fidji concernant la coopération en matière de défense et le statut des forces.
Cet accord, signé à Nouméa le 6 décembre 2023 par le ministre des armées de la République française et le ministre des affaires intérieures et de l’immigration de la République des Fidji, instaure entre les deux pays une coopération structurée dans le domaine de la défense et régit le statut des forces françaises aux Fidji et inversement celui des forces fidjiennes en France en cas de séjour ou de transit. Cet accord fixe un cadre juridique solide et pérenne à la coopération entre les deux pays en matière de défense dans des domaines tels que l’armement, la formation et la fourniture d’aide humanitaire.
Cet accord s’inscrit ainsi dans la stratégie française dans l’Indopacifique et participe au renforcement de notre relation bilatérale avec la République des Fidji, pays avec lequel la France entretient notamment une coopération en matière de maintien de la paix et de réponse aux catastrophes naturelles à travers les forces françaises déployées dans le Pacifique.
Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a présenté un projet de loi autorisant l’approbation de la convention de partenariat entre le Gouvernement de la République française et l’Organisation internationale de police criminelle – INTERPOL (OIPC-INTERPOL) relative aux modalités de réalisation du Programme Immobilier Global du siège d’INTERPOL à Lyon et aux engagements et responsabilités du Gouvernement de la République française et d’INTERPOL, signée à Marrakech le 27 novembre 2025 et à Lyon le 15 décembre 2025.
INTERPOL a établi son siège à la cité internationale à Lyon en 1989. A la suite d’une croissance continue des effectifs et des activités d’INTERPOL, le siège existant nécessite une opération immobilière d’envergure.
La convention de partenariat définit ainsi le cadre juridique, opérationnel et financier d’un programme immobilier global, répondant aux besoins fonctionnels et opérationnels d’INTERPOL, et des engagements et responsabilités respectifs des Parties. Ce programme comprend des travaux de rénovation du siège existant, financés par INTERPOL, et des travaux d’extension et de restructuration, financés par la France à hauteur de 61,2 millions d’euros, dont 43,2 millions d’euros de l’Etat.
La convention de partenariat permettra de pérenniser l’implantation du siège d’INTERPOL à Lyon en créant des conditions de travail modernisées et adaptées à l’ensemble des agents d’INTERPOL, avec une ouverture des nouveaux locaux prévue en 2031.
Elle renforce l’attractivité du territoire national pour l’installation d’organisations internationales.
Conseils des ministres récents
-
Compte rendu du Conseil des ministres du 14 octobre 2026
Conseil des ministres
-
Compte rendu du Conseil des ministres du 01 octobre 2026
Conseil des ministres
-
Compte rendu du Conseil des ministres du 16 septembre 2026
Conseil des ministres