La santé mentale au travail

Parlons santé mentale !

La santé mentale est une priorité nationale. Et ce, y compris au travail. Les enjeux sont de prévenir les risques et agir pour le bien-être.

Notre santé mentale influence directement notre motivation, notre engagement, notre qualité de vie, aussi bien personnelle que professionnelle…. Inversement, notre travail a un impact non négligeable sur notre santé mentale.

La santé mentale au travail est un enjeu collectif et durable. Prévenir les risques, agir pour le bien-être et promouvoir un environnement professionnel sain bénéficient à tous : salariés, employeurs et société.

Prendre soin de la santé mentale au travail, c’est agir à la fois pour le bien-être individuel et pour la compétitivité collective. C’est investir dans la performance, l’innovation et la cohésion sociale

La première charte pour la santé mentale au travail

Le Gouvernement lance, aux côtés de l’Alliance pour la Santé mentale, la toute première charte d’engagement pour la santé mentale au travail. Cette charte a pour ambition de fédérer les entreprises autour d’un objectif commun : faire de la santé mentale un levier de performance durable et de bien-être collectif. 
En savoir plus sur la charte

Comment prendre soin de sa santé mentale au travail ?

Des moyens d’agir existent pour prendre soin quotidiennement de sa santé mentale au travail :

  • faire des pauses régulières,
  • limiter le stress en apprenant à dire « non », hiérarchisant les tâches, reconnaissant ses limites,
  • décomposer les tâches qui semblent insurmontables en plusieurs petits objectifs successifs,
  • demander et accepter de l’aide,
  • valoriser ses réussites,
  • mieux gérer les conflits.

En France, le droit à la déconnexion est inscrit dans le Code du travail depuis la loi du 8 août 2016 et s’applique pleinement depuis le 1er janvier 2017. Il garantit à chaque salarié le droit de ne pas être sollicité par son employeur en dehors de ses horaires de travail, afin de préserver ses temps de repos, sa vie privée et sa santé mentale. 

Quels sont les liens entre santé mentale et travail ?

Un cadre de travail médiocre – caractérisé par la discrimination et les inégalités, une charge de travail excessive, une mauvaise maîtrise des modalités de travail et l’insécurité de l’emploi – présente un risque pour la santé mentale.

Organisation mondiale de la santé

La santé mentale influence directement la concentration, la créativité et la prise de décision. Le stress, l'anxiété ou la dépression peuvent entraîner une augmentation des erreurs, une baisse d’efficacité, des conflits…

À l'inverse, une personne en bonne santé mentale est plus épanouie, créative et productive. Un environnement de travail sain favorise l’engagement, la motivation et l’innovation.

Une mauvaise santé mentale des salariés peut entraîner de l’absentéisme, un turnover (rotation de l’emploi), une dégradation de l’ambiance de travail et de l’image de l’entreprise…

Au-delà du poids pour les personnes concernées, ces éléments ont un coût pour les entreprises et la société en général. Des coûts financiers et organisationnels qui sont cependant relativement difficiles à chiffrer.

Le travail structure la vie quotidienne et peut être source d’épanouissement, mais il expose aussi à des risques, dites risques psychosociaux (RPS), pouvant impacter durablement la santé mentale.

Parler de santé mentale au travail, c’est anticiper les difficultés, prévenir les souffrances et promouvoir un environnement propice à l’engagement et à la réussite de tous.

De nombreux facteurs jouent sur la santé mentale au travail, rappelle le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles. L’organisation du travail, la régulation de la charge de travail, l’autonomie, la clarté des missions, la reconnaissance au travail ainsi que la qualité du management et des relations professionnelles sont autant de leviers pouvant prévenir l’apparition de troubles psychiques.

Tous les salariés, quel que soit leur positionnement hiérarchique ou leur métier, peuvent être exposés à des RPS. Tous les secteurs d’activité et toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, sont concernés.


Les risques psychosociaux en entreprise : comprendre et prévenir

Qu’est-ce qu’un risque psychosocial (RPS) ?

  • Les RPS regroupent l’ensemble des risques pour la santé physique et mentale des salariés, liés à l’organisation du travail, aux relations professionnelles et au contexte de l’entreprise.
  • Ils regroupent généralement : le stress au travail (surcharge de travail, manque de moyens, manque d’autonomie…), les violences internes à l'entreprise (harcèlement, conflit…), les violences externes à l’entreprise (insultes, menaces, agressions…).
  • L’exposition à ces risques peut avoir des conséquences sur la santé des salariés, notamment en termes de maladies cardio-vasculaires, d’affections psychiques, d’épuisement professionnel…
  • Pour en savoir plus : la fiche sur les risques psychosociaux sur le site de l'Assurance maladie et le dossier de l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS).

  • 27 % des actifs français déclarent devoir cacher leurs émotions, faire semblant d’être toujours de bonne humeur (toujours, souvent) (*2019)
  • 45 % des actifs français déclarent devoir (toujours, souvent) se dépêcher (*2019)
  • 30 % des actifs français signalent avoir subi au moins un comportement hostile dans le cadre de leur travail au cours des 12 derniers mois (*2016)
  • Environ 12 milliards de journées de travail sont perdues chaque année dans le monde en raison de la dépression et de l’anxiété, entraînant une perte de productivité estimée par l’Organisation mondiale de la Santé à 1 000 milliards de dollars.
  • En 2023, les maladies psychiques reconnues d’origine professionnelle ont augmenté de 25 %, et 12 000 accidents du travail étaient liés à des risques psychosociaux (RPS).
  • Les troubles anxieux et dépressifs mixtes étaient les affections psychiques les plus fréquemment signalées par les médecins du travail entre 2007 et 2019, suivis des troubles dépressifs, indique Santé publique France.
*source : Enquête Dares « Conditions de travail - Risques psychosociaux » 2016, 2019

Comme le rappelle l’Assurance maladie sur son site, une obligation générale de sécurité incombe à l’employeur (article L. 4121-1 du Code du travail).

Il lui revient d’évaluer les risques, y compris psychosociaux, et de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés.

Des accords nationaux interprofessionnels complètent le Code du travail :

En plus de l'employeur, qui a une obligation concernant la santé des salariés, d'autres acteurs interviennent sur les questions de santé mentale au travail.

Le comité social et économique (CSE) est obligatoire dans toutes les entreprises d’au moins 11 salariés. Composé de représentants des salariés et de l’employeur, il possède des attributions en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail. Il assure notamment la promotion de conditions de travail favorables à la santé mentale. Dans les entreprises et établissements distincts d’au moins 300 salariés, ces attributions sont confiées à une commission de santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) dédiée au sein du CSE

Les services de prévention et de santé au travail (SPST) assurent la médecine du travail. Ils sont chargés d’accompagner les employeurs, les travailleurs et leurs représentants en matière de prévention des risques professionnels. L’employeur a obligation d’adhérer à un SPST ou d’organiser son propre SPST, dans le respect d’un cahier des charges national.

Pour prévenir efficacement les RPS, les entreprises peuvent adopter plusieurs stratégies complémentaires.

Il est essentiel de développer une culture managériale bienveillante et à l’écoute, afin que chaque salarié se sente reconnu et soutenu dans son environnement professionnel.

Cette approche passe par une évaluation régulière des RPS, grâce à des outils adaptés comme des questionnaires anonymes, des entretiens individuels ou encore des baromètres internes permettant de mesurer périodiquement le climat social.

La formation des managers et des équipes est également indispensable : en leur apportant des compétences spécifiques pour identifier les situations à risque et les gérer efficacement, les entreprises renforcent leur capacité à intervenir rapidement en cas de difficultés.

Enfin, favoriser une bonne communication interne, l’écoute active et la reconnaissance systématique du travail accompli contribue à créer un cadre professionnel positif, où les salariés se sentent valorisés et respectés, réduisant ainsi le risque de souffrance au travail.

Les employeurs sont incités à mettre en place une politique de Qualité de Vie au Travail (QVT).

Cette démarche collective a pour objectif de permettre à toutes les parties concernées de faire du travail de qualité dans de bonnes conditions, à la fois matérielles, temporelles, physiques.

Elle porte sur six domaines d’action fortement connectés :

  • organisation, contenu et réalisation du travail,
  • projet d’entreprise et management,
  • égalité au travail,
  • dialogue social et professionnel,
  • compétences et parcours professionnels,
  • santé au travail et prévention.

Les démarches QVT intègrent la santé psychique des salariés comme un axe fondamental, avec des actions concrètes pour prévenir les risques psychosociaux, améliorer le bien-être mental et favoriser un environnement de travail sain.

Les entreprises ayant mis en place des politiques de QVT constatent un effet positif sur la santé mentale de leurs salariés : 61 % des entreprises observent une amélioration, indique France Travail. Ce taux monte à 71 % pour celles les plus avancées dans ce domaine.

Pour en savoir plus : consulter le dossier sur la qualité de vie et des conditions de travail par l'agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail.

Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail

Chaque 28 avril, la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail met l’accent sur la prévention des maladies, y compris psychiques, et accidents professionnels.Cette journée vise à promouvoir une culture de la prévention et à sensibiliser employeurs et salariés à l’impact des conditions de travail. L’édition 2025 s’est interrogée sur l’intelligence artificielle et la numérisation, qui révolutionnent la sécurité et la santé au travail.
En savoir plus sur la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail 2025

« Burn-out », « bore-out », « brown-out » : 3 syndromes à connaître

Le syndrome d’épuisement professionnel est aussi connu sous le terme anglo-saxon de « burn-out ». Comme ses variantes émergentes, le « bore-out » et le « brown-out », il traduit une souffrance au travail. Mais l’origine et les symptômes de ces mal-être diffèrent.

Autrefois désigné sous le terme de « surmenage », le syndrome d’épuisement professionnel n’est pas un phénomène nouveau. Il est cependant mieux identifié et pris en charge aujourd’hui, et prend de l’ampleur avec l’évolution de la vie professionnelle.

La Haute autorité de santé retient, comme définition du syndrome d’épuisement professionnel : « un épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel ».

Comme tous les troubles de santé mentale, ce syndrome nécessite d’être diagnostiqué par un professionnel de santé.

Il peut se traduire par des manifestations plus ou moins importantes, d’installation progressive et souvent insidieuse.

Le rapport au travail connaît une dégradation dans trois dimensions :

    • l’épuisement émotionnel,
    • le cynisme vis-à-vis du travail ou dépersonnalisation (déshumanisation, indifférence),
    • la diminution de l’accomplissement personnel au travail ou réduction de l’efficacité professionnelle.

Ses symptômes principaux sont une fatigue extrême, une perte de motivation, des troubles de concentration…(liste non exhaustive).

Ses causes sont généralement une surcharge de travail, souvent combinée à un survinvestissement personnel. Une pression continue, un manque de reconnaissance… peuvent également jouer.

La prévention passe par la régulation de la charge de travail, une préservation de l’équilibre vie professionnelle/personnelle, le soutien managérial et la valorisation des efforts.

La prise en charge vise à traiter le trouble identifié ainsi qu’à agir sur le contexte socioprofessionnel à l’origine du trouble. La prescription d’un arrêt de travail est le plus souvent nécessaire. Sa durée doit être adaptée en fonction de l’évolution du trouble et du contexte socioprofessionnel.

  • Le syndrome d’épuisement professionnel n’est pas inscrit dans les tableaux officiels des maladies professionnelles en France.
  • Il est cependant possible de faire reconnaître au cas par cas le syndrome d’épuisement professionnel comme étant d’origine professionnelle.
  • La procédure spécifique dite « hors tableau » est individuelle, et dépend de l’avis d’experts et du respect de critères stricts.
  • Pour en savoir plus : lire la recommandation de bonne pratique sur le repérage et prise en charge cliniques du syndrome d’épuisement professionnel ou burnout par la Haute Autorité de Santé.

Le bore-out découle d’un ennui profond, d’une sous-charge de travail ou d’un manque de tâches stimulantes.

Il se traduit généralement par un désengagement, une perte d’estime de soi et un isolement.

En cas d’ennui au travail, il est recommandé d’en parler à son supérieur hiérarchique, de demander de nouvelles missions ou de valoriser ses compétences autrement.

Le brown-out survient lorsque le salarié ne trouve plus de sens à ses missions, souvent en raison de conflits de valeurs ou de tâches jugées absurdes.

Il se manifeste par un manque de motivation, un vide existentiel et une perte de repères.

Retrouver du sens professionnel passe par le dialogue, la redéfinition des objectifs et la reconnaissance de l’utilité de son travail.

Définition des notions de « burn-out », « bore-out », « brown-out ».
Malaise Définition Symptômes principaux Causes principales
Burn-out Épuisement professionnel Fatigue extrême, perte de sens, troubles cognitifs Surcharge, pression, manque de reconnaissance
Bore-out Ennui destructeur Désengagement, perte d’estime, isolement Sous-charge, tâches répétitives
Brown-out Perte de sens au travail Vide existentiel, démotivation, perte de repères Conflits de valeurs, tâches absurdes

Les inégalités face à la santé mentale dans le milieu professionnel

Quelles sont les populations les plus exposées aux risques ?

Certaines populations sont plus exposées aux risques : les femmes, les jeunes actifs, les personnes en situation de handicap, les salariés précaires.

Les femmes, notamment, subissent une charge mentale plus forte et se heurtent encore souvent à des discriminations et un plafond de verre.

Les entreprises doivent mettre en place des politiques inclusives, prenant en compte la diversité des besoins et les spécificités des salariés, pour garantir un environnement de travail sain et équitable garantissant l’égalité et prévenant les situations de vulnérabilité.

Vers qui se tourner en cas de problème de santé mentale au travail ?

En cas de souffrance au travail, il est possible, dans certains cas, de se tourner vers un collègue de confiance ou son manager de proximité.

Le médecin du travail est cependant l’interlocuteur légitime pour évoquer les situations de mal-être ou troubles psychiques au travail. Certains établissements disposent, en outre, d’un service de santé au travail.

Comme pour tous les troubles psychiques, il est aussi possible de demander aide et conseil à son médecin traitant et/ou à un autre professionnel de santé.

Les représentants du personnel sont également des interlocuteurs potentiels.

Des numéros d’écoute sont accessibles à tous, quel que soit le secteur d’activité ou le statut professionnel. Ils garantissent une écoute, un soutien et, si besoin, une orientation vers des dispositifs spécialisés.

Gratuit, accessible 24 heures/24 et 7 jours/7, ce numéro permet d’être écouté, conseillé et orienté par des professionnels de santé spécifiquement formés. Il s’adresse à toute personne en détresse psychologique, à leur entourage ainsi qu’aux professionnels de santé.

Gratuit, anonyme et confidentiel, ce service est ouvert à tous, de 8 heures à 20 heures, 7 jours /7. Il permet d’échanger sur ses difficultés, d’être écouté et orienté vers des dispositifs adaptés.

Numéro vert national, gratuit, accessible 24 heures/24 et 7 jours/7, pour toute personne en situation de détresse psychologique.

Gratuit, accessible 24 heures /24 et 7 jours /7, ce service propose une écoute bienveillante et anonyme pour toute personne en détresse et leur entourage.
En cas d’urgence vitale, il convient d’appeler le 15 (SAMU).

De nombreuses associations spécialisées offrent des ressources et conseils, comme Souffrance et Travail.

Publié le 24/06/2025 Modifié le 25/02/2026