La santé mentale à tous les âges

Parlons santé mentale !

La santé mentale est l’affaire de tous, à tous les âges.

Selon les moments de vie, les facteurs de vulnérabilité et les symptômes évoluent. Explications au fil du temps pour prévenir, reconnaître les signes avant-coureurs et intervenir rapidement.

La santé mentale des enfants et des adolescents : reconnaître, écouter, accompagner

Les premières années de la vie jouent un rôle essentiel dans le développement affectif et psychologique des enfants et des adolescents, dans leurs apprentissages et leur aptitude à s'insérer dans la vie en société. Ce sont aussi des années de bouleversements physiques et émotionnels, en particulier au cours de l'adolescence, qui les rendent particulièrement vulnérables à la souffrance psychique.

En France, la consommation d’antidépresseurs chez les mineurs - déjà plus élevée que dans la plupart des autres pays européens -, a augmenté de 62,6 % entre 2014 et 2021, d’après l’Assurance maladie.
La pandémie de Covid-19 et les confinements successifs ont fragilisé la santé mentale des enfants et des adolescents. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 13 % des enfants de 6 à 11 ans présentent un « trouble probable » de santé mentale (étude Enabee 2023) et le nombre d’hospitalisations chez les adolescents pour gestes auto-infligés (GAI), en hausse depuis 2017, continue d’augmenter depuis 2021 (DRESS, 2025).

Si les facteurs héréditaires peuvent contribuer à l’apparition de troubles psychiques chez les enfants et les adolescents, l’environnement dans lequel ils évoluent joue également un rôle important, surtout à une période de leur vie marquée par des questionnements identitaires et des changements corporels et émotionnels importants.

À l’école, le harcèlement et cyberharcèlement, les conflits et la pression sociale peuvent engendrer du stress, de l’anxiété, voire une phobie scolaire.

À la maison, les conflits familiaux, les séparations ou événements traumatisants peuvent pousser certains jeunes à se replier sur eux-mêmes et à développer une défiance généralisée à l’égard des adultes.

Chez les plus jeunes, tout changement de comportement inexpliqué doit vous alerter. Les symptômes les plus fréquents sont :

  • les troubles du sommeil,
  • les énurésies nocturnes (« pipi au lit » réguliers),
  • les colères fréquentes ou les réactions disproportionnées,
  • les comportements d’isolement,
  • la baisse de la concentration et/ou des résultats scolaires,
  • la perte d’appétit.

Chez les adolescents, il ne faut pas hésiter à consulter un professionnel de santé si se répètent :

  • des troubles du sommeil,
  • des plaintes somatiques,
  • des difficultés à faire face aux tâches de la vie quotidienne,
  • un isolement,
  • des troubles alimentaires,
  • une automutilation,
  • des actes agressifs envers les autres.

Les troubles les plus fréquents chez les enfants et les adolescents sont :

  • les troubles des comportements alimentaires (TCA) comme l’anorexie, la boulimie et les troubles mixtes. Un changement soudain dans les habitudes alimentaires, une obsession de la minceur ou un isolement répété et inquiétant après les repas doivent vous alerter.
  • les addictions aux substances nocives (tabac, alcool, drogues…) mais aussi aux jeux vidéo et/ou aux réseaux sociaux. Le temps passé, l’irritabilité, le besoin impérieux et irrépressible de consommer ou jouer et s’isoler du monde pour le faire sont des signaux d’alerte à ne pas négliger.
  • l’anxiété, les phobies et les troubles du comportement. Les changements de comportement et les symptômes physiques sont les premiers signes d’alarme de ce type de troubles. En cas de doute, il vaut mieux consulter « pour rien » plutôt que de laisser les troubles s’installer.
  • les pensées suicidaires et l’automutilation (scarifications, brûlures, etc.). Tout propos inquiétant, repli sur soi, rupture avec l’entourage nécessite d’intervenir rapidement. En cas de besoin, le 3114, la ligne nationale de prévention du suicide offre un soutien immédiat aux personnes en détresse et à leur entourage. C’est anonyme, gratuit, et accessible 24 heures sur 24.

Accompagner les enfants et les adolescents dans la souffrance psychique passe d’abord par l’écoute active, la reconnaissance de leurs ressentis et la création d’un climat de confiance. Ils peuvent ainsi développer leurs compétences psychosociales (CPS), soit leur capacité à gérer leurs émotions, à résoudre facilement des conflits et à renforcer l’estime qu’ils ont d’eux-mêmes.

Transmettre les techniques de gestion du stress, comme la respiration consciente ou la méditation, encourager à pratiquer une activité physique régulière, instaurer une routine qui prévoit suffisamment de temps de repos et offrir un espace d’expression permettent de créer un environnement propice au bien-être mental des jeunes. En cas de souffrance qui s'installe, il ne faut pas hésiter à consulter un professionnel de santé.

Festival Facettes

Le projet Facettes pour la santé mentale des jeunes est né d'une initiative citoyenne. Parmi de nombreuses actions, cette association organise Le Festival Facette, un festival pour promouvoir la santé mentale créés par et pour les 15-30 ans. Cette année, le festival aura lieu les 18 et 19 octobre 2025 à Césure, Paris 5ème, sur le thème « S’aimer ».
Découvrir Facettes

Des ressources pour les jeunes et leur famille

Rendez-vous dans les Maisons des adolescents (MDA), les Centres médico-psychologiques (CMP) pour enfants et adolescents, ainsi que dans les services de Protection maternelle et infantile (PMI). Ces lieux accueillent et proposent gratuitement des solutions d’accompagnement aux jeunes et à leurs familles.

Ce dispositif de prévention permet aux 18-25 ans notamment de faire le bilan de son bien-être mental, de bénéficier de conseils personnalisés et d’être orienté, si l’état de santé le nécessite, vers un professionnel ou une structure adaptée en cas de besoin d’évaluation ou de suivi. Cette consultation prise en charge à 100 % est proposée par des médecins, infirmiers, pharmaciens et/ou sage-femmes qui participent à ce dispositif.

Ce dispositif propose à toute personne, dès 3 ans, qui se sent angoissée, déprimée ou en souffrance de bénéficier de jusqu’à 12 séances d’accompagnement psychologique chez un psychologue partenaire.

Ce dispositif permet à tout étudiant inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur reconnu par le ministère chargé de l’Enseignement supérieur de bénéficier de jusqu’à 12 séances avec un psychologue partenaire.

Pour parler du harcèlement scolaire en ligne et sur les réseaux sociaux, des contacts dangereux, de l’usurpation d’identité, de la dépendance aux jeux vidéo. Le 3018 est accessible de 9h à 23h et 7j/7, par téléphone et par tchat sur 3018.fr, et sur l’appli mobile « 3018 ».

Un site internet spécifique du ministère chargé de l'Éducation nationale donne les informations nécessaires pour dire non au harcèlement à l'école.

Cette association propose aux jeunes de 12-25 ans une écoute, une information et une orientation dans le domaine de la santé via le numéro gratuit 0 800 235 236, accessible tous les jours de 9 heures à 23 heures (appel anonyme et gratuit).

La coordination nationale d’accompagnement des étudiantes et étudiants (CNAE) propose une plateforme d’écoute, d’accompagnement et de signalement pour les étudiants : 0 800 737 800 – Gratuit et confidentiel (de 10h à 21h en semaine et de 10h à 14h le samedi)

Nightline est une association et une ligne d’écoute nocturne faite par les étudiants, pour les étudiants. Accessible soit par téléphone, soit par tchat, de 21 heures à 2 heures du matin.

L'organisme public Psycom recense informations fiables et contacts (annuaires locaux, lignes d’écoute) pour rompre l’isolement et vous orienter vers les bons professionnels.

Le site CléPsy restitue tous les conseils de l’équipe du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital Robert Debré à destination des parents pour accompagner le développement de leur enfant.

Le site Je protège mon enfant est une plateforme d’information et d’accompagnement à la parentalité numérique. Il donne des conseils pratiques pour protéger les enfants dans leur usage des écrans et contre la pornographie. 

Enfin, maintenir le lien et échanger régulièrement avec l’entourage des jeunes pour ne manquer aucun signal d’alerte : enseignants, médecins scolaires, amis, etc.

La santé mentale des adultes

Charge mentale et inégalités : préserver la santé mentale des femmes

La charge mentale désigne le fait de devoir penser à tout, tout le temps, pour tous les membres de la famille.

Une charge qui incombe majoritairement aux femmes. D’après la dernière enquête de l’Insee à ce sujet (2010), les femmes prennent en charge 64 % du travail domestique et 71 % des tâches parentales. Une activité supplémentaire qui représente environ 34 heures hebdomadaires, soit l’équivalent d’un second emploi à temps plein.

Une pression supplémentaire, combinée à d’autres facteurs de vulnérabilité, qui génère une plus forte prévalence des troubles psychiques comme la dépression, l’anxiété ou les troubles du comportement alimentaire (TCA), chez les femmes, et particulièrement les plus jeunes.

Le dernier Baromètre annuel Les Français.es et leur bien-être mental (IFOP pour la fondation Aésio 2024), 26 % des femmes décrivent leur état de santé mental comme moyen ou mauvais, contre 14 % pour les hommes, un taux qui monte à 30 % chez les femmes de moins de 35 ans, contre 12 % chez les hommes du même âge.

La santé mentale des femmes résulte à la fois de facteurs sociaux et culturels, et de facteurs génétiques et hormonaux. Particulièrement exposées aux violences sexistes et sexuelles dans la sphère privée et publique, les femmes subissent également le poids des injonctions sociales dont l’impact peut être délétère sur leur estime d’elles-mêmes.

Enfin, certaines périodes spécifiques à la vie des femmes peuvent favoriser les troubles dépressifs : le syndrome prémenstruel, la grossesse, la maternité et la ménopause.

Prendre soin de soi au quotidien passe par le fait de relâcher la pression via des activités relaxantes ou des moments de calme rien que pour soi. L’entourage familial et amical joue un rôle essentiel pour prendre le relai de toutes les tâches effectuées par les femmes.

Pour toutes, il ne faut jamais hésiter à demander de l’aide quand on se sent en difficulté. Si l’entourage ne le permet pas, des espaces de parole et de soutien existent partout en France.

En plus de la charge mentale dans la sphère familiale, les femmes subissent une charge mentale dans la sphère professionnelle. La première enquête sur la charge mentale des femmes salariées (IFOP pour News RSE, 2025) révèle que les 66 % des répondantes estiment que leur charge mentale au travail a des répercussions sur leur vie personnelle, et 53 % constatent l’inverse. Une double pression à laquelle s’ajoute une plus forte exposition au harcèlement moral et sexuel, et les inégalités professionnelles.

Les entreprises et les institutions peuvent contribuer à réduire la pression qui s’exerce sur les femmes : droit à la déconnexion, congés adaptés, amélioration des conditions de travail et reconnaissance, égalité salariale et d’évolutions professionnelles, etc.

Parentalité et santé mentale : préserver la santé mentale des parents

Souvent sous-estimée, la santé mentale des parents est pourtant cruciale pour l’équilibre familial. La parentalité peut être source de fatigue, de stress et de doutes et d’isolement, car les parents manquent parfois d’espaces pour partager ces difficultés. Or, un parent en bonne santé est mieux à même d’accompagner son enfant.

Les nuits écourtées, la charge des soins quotidiens, et les changements de vie induits par les débuts de la parentalité peuvent provoquer une fatigue intense, une sensation de surmenage et un stress important. La santé mentale périnatale a longtemps été passée sous silence au profit du mythe culpabilisant de la parentalité heureuse. Pourtant les conséquences peuvent être lourdes pour toute la famille.

Principale complication périnatale, la dépression post-partum concerne 10 à 20 % des femmes. Elle se caractérise notamment par une tristesse intense, une perte d’intérêt pour le nourrisson, un sentiment de culpabilité et des idées suicidaires. Si vous ressentez ces symptômes de manière intense et sévère, consultez rapidement un professionnel de santé, notamment un psychologue ou un psychiatre.

La dépression postnatale peut aussi toucher les pères. Le retrait social, l’indécision et l’irritabilité constante sont les premières manifestations de ce syndrome. La consommation de substances comme l’alcool ou la drogue, surtout si elle est récente et inhabituelle, peut également être un signe de mal-être.

Un épuisement profond, physique et émotionnel, l’impression de ne plus être capable d’endosser son rôle, une démotivation et une perte de sens dans le rôle parental, un sentiment constant d’échec et de dévalorisation, sont les premiers symptômes qui doivent donner l’alerte.

Les mères, en raison des attentes sociales très fortes autour de leur rôle, sont particulièrement exposées.

Les pères aussi peuvent être sujets au burn-out parental, une situation qu’ils vivent souvent en silence par peur de paraître faibles ou illégitimes.

Il est tout à fait normal d’éprouver du stress et de l’inquiétude quand on est parent. Le coparent doit pouvoir prendre le relai pour permettre à l’autre de souffler et d’exprimer son ressenti. Accepter de se sentir dépassé, de ne pas réussir à tout gérer et oser se confier et demander de l’aide sont salvateurs pour sa santé comme pour celle de sa famille.

Si la situation s’empire, ne restez pas seul et consultez un psychologue, un professionnel de santé spécialisé en santé périnatale, un médecin généraliste ou un psychiatre.

Travail et santé mentale

Si le travail peut avoir des effets bénéfiques sur notre santé mentale, il peut aussi être à l’origine d’un mal-être profond. Pour prévenir les risques et préserver les bénéfices de l’activité professionnelle, il existe des moyens d’agir au quotidien.

Isolement : comment prévenir et préserver la santé mentale des seniors ?

Avec l’âge, la retraite et les problèmes de santé qui limitent les déplacements, les seniors se sentent souvent esseulés et démunis face à une situation qu’ils n’ont pas choisie. Un isolement social qui, lorsqu’il s’installe dans la durée, peut engendrer de l’anxiété, une grande tristesse et une perte d’estime de soi pouvant aller jusqu’à la dépression et les pensées suicidaires.

Qu’il soit objectif ou ressenti, l’isolement social a de lourdes conséquences sur la santé mentale. La solitude fragilise l’équilibre émotionnel, la perte de repères et le sentiment d’être inutile. Couplée à une perte d’autonomie physique, elle peut aggraver cette vulnérabilité et créer une détresse profonde.

Oser ouvrir le dialogue avec ses proches et demander de l’aide n’est jamais un signe de faiblesse, bien au contraire : c’est souvent la première étape pour aller mieux. L’essentiel est de ne pas rester seul avec sa souffrance. Il est aussi possible d’en parler à son médecin traitant, à tout professionnel de santé, ou à un voisin ou une personne de confiance.

Des services existent également pour accompagner et orienter, comme les centres communaux d’action sociale (CCAS), les assistants sociaux, ou les associations de soutien aux aînés. Des lignes d’écoute anonymes permettent aussi de parler en toute confidentialité.

Retrouver du lien social peut se faire à tout âge et commence par de petites initiatives près de chez soi. Participer à des groupes de parole, à des clubs pour séniors pour à des activités sociales et culturelles (tournois de jeux de société, bals, cours de yoga sénior, randonnées encadrées, etc.) permet de faire des rencontres, de se changer les idées et de se sentir à nouveau lié aux autres.

Certaines communes ont développé des réseaux solidarité entre voisins, des visites à domicile ou encore des ateliers avec des publics scolaires pour favoriser le lien intergénérationnel.

Enfin, le numérique peut aussi être un outil précieux pour se reconnecter à sa famille, suivre des activités à distance ou entretenir des liens réguliers.

Mon Bilan Prévention

Parler santé mentale à son médecin traitant, c'est possible notamment avec Mon Bilan Prévention. Le dispositif prévoit trois rendez-vous pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie pour accompagner le vieillissement : entre 45 à 50 ans, entre 60 à 65 ans et entre 70 à 75 ans.
En savoir plus sur Mon Bilan Prévention

Des ressources sur le bien vieillir

Le site Psycom consacre un dossier très complet au thème de la santé mentale en vieillissant. Il recense des associations d’écoute et soutien pour les grands-parents, les personnes âgées isolées ou en situation de mal-être, LBGT+ ou victimes de maltraitance. Il existe également des associations pour les grands-parents.
Lire le dossier sur la santé mentale en vieillissant

Des ressources pour accompagner les aidants de personnes âgées

  • Le site solidarites.gouv.fr rappelle la loi et les dispositifs pour accompagner un proche. 
  • Besoin d'échanger, de soutien la nuit, de vacances... Le site handicap.gouv.fr liste les solutions de répit pour les aidants. 

  • Le Module aidant’plus de la MSA permet à l’aidant de faire un diagnostic personnalisé, et d’avoir un panorama complet des droits, formations et dispositifs existants.
  • Instants Aidants est un service d’accompagnement et de coaching encadré par un infirmier spécialisé, ouvert à tous.

  • Le Café des aidants permet d'échanger et de prendre un temps de répit.
  • Une formation en ligne permet aux aidants d’analyser leur relation au malade accompagné et de pouvoir répondre aux enjeux posés par les situations vécues.
  • L'atelier « Comprendre pour agir » en ligne ou en présentiel, soutenu par la CNSA, vise à accompagner les aidants dans leur parcours.

  • Le dispositif Ma boussole Aidants liste annuaire, aides financières, évènements et témoignages pour accompagner les aidants. 

  • Le site JeVeuxAider.gouv.fr permet d'accéder à plus de 16 000 missions de bénévolat dans le cadre de la réserve civique. Un moyen de lutter activement contre l'isolement. 

  • La plateforme nationale d’entraide, d’écoute et d’information de l’association nationale Avec nos proches est joignable au 01 84 72 94 72.
  • Le journal de santé des aidants retraités permet de s’informer.

Publié le 26/06/2025 Modifié le 26/02/2026