La santé mentale à tous les âges
Parlons santé mentale !
La santé mentale est l’affaire de tous, à tous les âges.
Selon les moments de vie, les facteurs de vulnérabilité et les symptômes évoluent. Explications au fil du temps pour prévenir, reconnaître les signes avant-coureurs et intervenir rapidement.
La santé mentale des enfants et des adolescents : reconnaître, écouter, accompagner
Si les facteurs héréditaires peuvent contribuer à l’apparition de troubles psychiques chez les enfants et les adolescents, l’environnement dans lequel ils évoluent joue également un rôle important, surtout à une période de leur vie marquée par des questionnements identitaires et des changements corporels et émotionnels importants.
À l’école, le harcèlement et cyberharcèlement, les conflits et la pression sociale peuvent engendrer du stress, de l’anxiété, voire une phobie scolaire.
À la maison, les conflits familiaux, les séparations ou événements traumatisants peuvent pousser certains jeunes à se replier sur eux-mêmes et à développer une défiance généralisée à l’égard des adultes.
Chez les plus jeunes, tout changement de comportement inexpliqué doit vous alerter. Les symptômes les plus fréquents sont :
- les troubles du sommeil,
- les énurésies nocturnes (« pipi au lit » réguliers),
- les colères fréquentes ou les réactions disproportionnées,
- les comportements d’isolement,
- la baisse de la concentration et/ou des résultats scolaires,
- la perte d’appétit.
Chez les adolescents, il ne faut pas hésiter à consulter un professionnel de santé si se répètent :
- des troubles du sommeil,
- des plaintes somatiques,
- des difficultés à faire face aux tâches de la vie quotidienne,
- un isolement,
- des troubles alimentaires,
- une automutilation,
- des actes agressifs envers les autres.
Les troubles les plus fréquents chez les enfants et les adolescents sont :
- les troubles des comportements alimentaires (TCA) comme l’anorexie, la boulimie et les troubles mixtes. Un changement soudain dans les habitudes alimentaires, une obsession de la minceur ou un isolement répété et inquiétant après les repas doivent vous alerter.
- les addictions aux substances nocives (tabac, alcool, drogues…) mais aussi aux jeux vidéo et/ou aux réseaux sociaux. Le temps passé, l’irritabilité, le besoin impérieux et irrépressible de consommer ou jouer et s’isoler du monde pour le faire sont des signaux d’alerte à ne pas négliger.
- l’anxiété, les phobies et les troubles du comportement. Les changements de comportement et les symptômes physiques sont les premiers signes d’alarme de ce type de troubles. En cas de doute, il vaut mieux consulter « pour rien » plutôt que de laisser les troubles s’installer.
- les pensées suicidaires et l’automutilation (scarifications, brûlures, etc.). Tout propos inquiétant, repli sur soi, rupture avec l’entourage nécessite d’intervenir rapidement. En cas de besoin, le 3114, la ligne nationale de prévention du suicide offre un soutien immédiat aux personnes en détresse et à leur entourage. C’est anonyme, gratuit, et accessible 24 heures sur 24.
Accompagner les enfants et les adolescents dans la souffrance psychique passe d’abord par l’écoute active, la reconnaissance de leurs ressentis et la création d’un climat de confiance. Ils peuvent ainsi développer leurs compétences psychosociales (CPS), soit leur capacité à gérer leurs émotions, à résoudre facilement des conflits et à renforcer l’estime qu’ils ont d’eux-mêmes.
Transmettre les techniques de gestion du stress, comme la respiration consciente ou la méditation, encourager à pratiquer une activité physique régulière, instaurer une routine qui prévoit suffisamment de temps de repos et offrir un espace d’expression permettent de créer un environnement propice au bien-être mental des jeunes. En cas de souffrance qui s'installe, il ne faut pas hésiter à consulter un professionnel de santé.
Festival Facettes
Des ressources pour les jeunes et leur famille
Rendez-vous dans les Maisons des adolescents (MDA), les Centres médico-psychologiques (CMP) pour enfants et adolescents, ainsi que dans les services de Protection maternelle et infantile (PMI). Ces lieux accueillent et proposent gratuitement des solutions d’accompagnement aux jeunes et à leurs familles.
Enfin, maintenir le lien et échanger régulièrement avec l’entourage des jeunes pour ne manquer aucun signal d’alerte : enseignants, médecins scolaires, amis, etc.
La santé mentale des adultes
Charge mentale et inégalités : préserver la santé mentale des femmes
La charge mentale désigne le fait de devoir penser à tout, tout le temps, pour tous les membres de la famille.
Une charge qui incombe majoritairement aux femmes. D’après la dernière enquête de l’Insee à ce sujet (2010), les femmes prennent en charge 64 % du travail domestique et 71 % des tâches parentales. Une activité supplémentaire qui représente environ 34 heures hebdomadaires, soit l’équivalent d’un second emploi à temps plein.
Une pression supplémentaire, combinée à d’autres facteurs de vulnérabilité, qui génère une plus forte prévalence des troubles psychiques comme la dépression, l’anxiété ou les troubles du comportement alimentaire (TCA), chez les femmes, et particulièrement les plus jeunes.
Le dernier Baromètre annuel Les Français.es et leur bien-être mental (IFOP pour la fondation Aésio 2024), 26 % des femmes décrivent leur état de santé mental comme moyen ou mauvais, contre 14 % pour les hommes, un taux qui monte à 30 % chez les femmes de moins de 35 ans, contre 12 % chez les hommes du même âge.
La santé mentale des femmes résulte à la fois de facteurs sociaux et culturels, et de facteurs génétiques et hormonaux. Particulièrement exposées aux violences sexistes et sexuelles dans la sphère privée et publique, les femmes subissent également le poids des injonctions sociales dont l’impact peut être délétère sur leur estime d’elles-mêmes.
Enfin, certaines périodes spécifiques à la vie des femmes peuvent favoriser les troubles dépressifs : le syndrome prémenstruel, la grossesse, la maternité et la ménopause.
Prendre soin de soi au quotidien passe par le fait de relâcher la pression via des activités relaxantes ou des moments de calme rien que pour soi. L’entourage familial et amical joue un rôle essentiel pour prendre le relai de toutes les tâches effectuées par les femmes.
Pour toutes, il ne faut jamais hésiter à demander de l’aide quand on se sent en difficulté. Si l’entourage ne le permet pas, des espaces de parole et de soutien existent partout en France.
En plus de la charge mentale dans la sphère familiale, les femmes subissent une charge mentale dans la sphère professionnelle. La première enquête sur la charge mentale des femmes salariées (IFOP pour News RSE, 2025) révèle que les 66 % des répondantes estiment que leur charge mentale au travail a des répercussions sur leur vie personnelle, et 53 % constatent l’inverse. Une double pression à laquelle s’ajoute une plus forte exposition au harcèlement moral et sexuel, et les inégalités professionnelles.
Les entreprises et les institutions peuvent contribuer à réduire la pression qui s’exerce sur les femmes : droit à la déconnexion, congés adaptés, amélioration des conditions de travail et reconnaissance, égalité salariale et d’évolutions professionnelles, etc.
Parentalité et santé mentale : préserver la santé mentale des parents
Souvent sous-estimée, la santé mentale des parents est pourtant cruciale pour l’équilibre familial. La parentalité peut être source de fatigue, de stress et de doutes et d’isolement, car les parents manquent parfois d’espaces pour partager ces difficultés. Or, un parent en bonne santé est mieux à même d’accompagner son enfant.
Un épuisement profond, physique et émotionnel, l’impression de ne plus être capable d’endosser son rôle, une démotivation et une perte de sens dans le rôle parental, un sentiment constant d’échec et de dévalorisation, sont les premiers symptômes qui doivent donner l’alerte.
Les mères, en raison des attentes sociales très fortes autour de leur rôle, sont particulièrement exposées.
Les pères aussi peuvent être sujets au burn-out parental, une situation qu’ils vivent souvent en silence par peur de paraître faibles ou illégitimes.
Il est tout à fait normal d’éprouver du stress et de l’inquiétude quand on est parent. Le coparent doit pouvoir prendre le relai pour permettre à l’autre de souffler et d’exprimer son ressenti. Accepter de se sentir dépassé, de ne pas réussir à tout gérer et oser se confier et demander de l’aide sont salvateurs pour sa santé comme pour celle de sa famille.
Si la situation s’empire, ne restez pas seul et consultez un psychologue, un professionnel de santé spécialisé en santé périnatale, un médecin généraliste ou un psychiatre.
Travail et santé mentale
Si le travail peut avoir des effets bénéfiques sur notre santé mentale, il peut aussi être à l’origine d’un mal-être profond. Pour prévenir les risques et préserver les bénéfices de l’activité professionnelle, il existe des moyens d’agir au quotidien.
Isolement : comment prévenir et préserver la santé mentale des seniors ?
Avec l’âge, la retraite et les problèmes de santé qui limitent les déplacements, les seniors se sentent souvent esseulés et démunis face à une situation qu’ils n’ont pas choisie. Un isolement social qui, lorsqu’il s’installe dans la durée, peut engendrer de l’anxiété, une grande tristesse et une perte d’estime de soi pouvant aller jusqu’à la dépression et les pensées suicidaires.
Oser ouvrir le dialogue avec ses proches et demander de l’aide n’est jamais un signe de faiblesse, bien au contraire : c’est souvent la première étape pour aller mieux. L’essentiel est de ne pas rester seul avec sa souffrance. Il est aussi possible d’en parler à son médecin traitant, à tout professionnel de santé, ou à un voisin ou une personne de confiance.
Des services existent également pour accompagner et orienter, comme les centres communaux d’action sociale (CCAS), les assistants sociaux, ou les associations de soutien aux aînés. Des lignes d’écoute anonymes permettent aussi de parler en toute confidentialité.
Retrouver du lien social peut se faire à tout âge et commence par de petites initiatives près de chez soi. Participer à des groupes de parole, à des clubs pour séniors pour à des activités sociales et culturelles (tournois de jeux de société, bals, cours de yoga sénior, randonnées encadrées, etc.) permet de faire des rencontres, de se changer les idées et de se sentir à nouveau lié aux autres.
Certaines communes ont développé des réseaux solidarité entre voisins, des visites à domicile ou encore des ateliers avec des publics scolaires pour favoriser le lien intergénérationnel.
Enfin, le numérique peut aussi être un outil précieux pour se reconnecter à sa famille, suivre des activités à distance ou entretenir des liens réguliers.
Mon Bilan Prévention
Des ressources sur le bien vieillir
Des ressources pour accompagner les aidants de personnes âgées
- Le site officiel pour les personnes âgées et leurs aidants propose des aides, des informations, des solutions, notamment une fiche pratique listant les aides financières pour les proches aidants.
- Le site solidarites.gouv.fr rappelle la loi et les dispositifs pour accompagner un proche.
- Besoin d'échanger, de soutien la nuit, de vacances... Le site handicap.gouv.fr liste les solutions de répit pour les aidants.
- Le service en ligne « Aider un proche fait-il de moi un aidant ? » de l’Assurance retraite permet de se reconnaître en tant qu’aidant.
- Le Module aidant’plus de la MSA permet à l’aidant de faire un diagnostic personnalisé, et d’avoir un panorama complet des droits, formations et dispositifs existants.
- Instants Aidants est un service d’accompagnement et de coaching encadré par un infirmier spécialisé, ouvert à tous.
- Le Café des aidants permet d'échanger et de prendre un temps de répit.
- Une formation en ligne permet aux aidants d’analyser leur relation au malade accompagné et de pouvoir répondre aux enjeux posés par les situations vécues.
- L'atelier « Comprendre pour agir » en ligne ou en présentiel, soutenu par la CNSA, vise à accompagner les aidants dans leur parcours.
- Le dispositif Ma boussole Aidants liste annuaire, aides financières, évènements et témoignages pour accompagner les aidants.
- Le site JeVeuxAider.gouv.fr permet d'accéder à plus de 16 000 missions de bénévolat dans le cadre de la réserve civique. Un moyen de lutter activement contre l'isolement.
- La plateforme nationale d’entraide, d’écoute et d’information de l’association nationale Avec nos proches est joignable au 01 84 72 94 72.
- Le journal de santé des aidants retraités permet de s’informer.
Publié le 26/06/2025 Modifié le 26/02/2026