À l'occasion des Journées européennes du patrimoine et des 80 ans de la Libération de la France, plongez dans l'histoire des femmes dans la Résistance.
Présentation de l'exposition
De quoi parle l'exposition ?
Entre 1940 et 1944 c’était la guerre. Les militaires nazis ont envahi la France.
Beaucoup d’hommes et de femmes leur ont résisté.
C’étaient des Résistants et des Résistantes.
Les historiens ont surtout évoqué les hommes Résistants après la guerre.
Pourtant les femmes ont été aussi très importantes pendant la Résistance française.
Par exemple :
les femmes aidaient des juifs poursuivis par les nazis à s’enfuir à l’étranger,
elles soignaient des Résistants blessés,
elles aidaient les Résistants à communiquer entre eux en faisant passer des messages en cachette…
Les historiens s'intéressent aujourd'hui au rôle des femmes dans la Résistance.
C'est ce que présente cette exposition.
Qui présente cette exposition ?
C’est la Fondation de la Résistance qui présente cette exposition.
D'anciens Résistants et des historiens créent la Fondation de la Résistance en 1993 pour :
continuer à faire des recherches et mieux comprendre l’histoire,
apprendre aux gens pourquoi et comment s’est passée la Résistance,
aider à se rappeler ce que les Résistants ont fait pour la France.
La Fondation de la Résistance se trouve 30 boulevard des Invalides - 75007 Paris
La défaite de la France et l'arrivée des militaires allemands
Le 1 ier septembre 1939 l’Allemagne attaque la Pologne. Le 3 septembre 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne. La France pense être forte grâce à :
son armée,
ses colonies. Les colonies sont des territoires hors de France qui appartiennent à la France. Par exemple le Maroc était une colonie Française. Les hommes qui habitaient dans les colonies pouvaient rejoindre les soldats,
ses alliés britanniques, c’est-à-dire le Royaume Uni. Des alliés sont des pays amis qui combattent ensemble.
Le Royaume-Uni est composé de :
L'Angleterre.
L'Écosse.
Le Pays de Galles.
L'Irlande.
L’Allemagne attaque la France le 10 mai 1940.
Les Allemands battent les Français et leurs alliés.
Les militaires allemands envahissent une grande partie de la France.
La bataille a duré à peine 2 mois.
La France a perdu la bataille, on dit que c’est la défaite.
La France après la défaite
Photo de l'arrivée de convois allemands à Paris en juin 1940 - Source : Service historique de la Défense, Vincennes/fonds du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale
Beaucoup de Français ont eu honte de voir les militaires allemands occuper leur région.
À cause de la défaite de 1940 la France s’écroule.
Les armées françaises reculent.
Les gens sont paniqués, et ils fuient vers le sud de la France.
Entre 7 et 8 millions de personnes partent de chez eux et fuient.
Cette fuite s'appelle l'exode.
Photo de l'exode dans la campagne - Source : Service historique de la Défense, Vincennes/fonds du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale
La France pendant l'Occupation
La période pendant laquelle les militaires allemands sont en France s’appelle l’Occupation.
Le maréchal Pétain qui gouverne la France pense que l'Allemagne va gagner.
Il choisit de signer l'armistice le 22 juin 1940.
L’armistice est un accord entre 2 pays pour arrêter de se battre.
C'est une pause dans la guerre. L’accord de l’armistice dit que la France est divisée en 2 parties :
une zone occupée par les militaires allemands au nord de la France
une zone pas occupée par les Allemands appelée zone libre au sud de la France.
La Collaboration
L'administration française doit travailler avec les militaires allemands dans la zone occupée.
Cela s’appelle la Collaboration.
Le maréchal Pétain rencontre Hitler le 24 octobre 1940.
C’est le début de la Collaboration entre la France et l'Allemagne.
Le maréchal Pétain crée un régime autoritaire appelé l'État français.
C’est -à-dire que Pétain est seul à tous les pouvoirs et les Français sont obligés de collaborer.
Le gouvernement déménage dans la ville de Vichy.
C’est pour cela que cela s’appelle le gouvernement de Vichy.
Le gouvernement de Vichy remplace la 3 ièmè République.
Image de Pétain dans un livre donné à des élèves en 1941 - Source : Archives nationales, CP/72AJ/1026/17
Les ministres du gouvernement de Vichy admirent beaucoup le maréchal Pétain.
Le général de Gaulle est parti à Londres.
Il n'est pas d'accord avec l'armistice.
Il parle à la radio aux Français le 18 juin.
Le général de Gaulle demande aux Français de continuer à se battre avec lui.
Comment vivent les femmes pendant l'Occupation de la France
Le gouvernement de Vichy veut que les femmes soient de bonnes épouses et mères.
Selon le gouvernement de Vichy les femmes doivent rester à la maison.
Et en même temps certaines femmes doivent remplacer les hommes dans les usines ou dans les champs parce que les hommes sont prisonniers en Allemagne.
Ce sont deux rôles contradictoires.
Le gouvernement de Vichy veut les femmes à la maison
Le gouvernement de Vichy crée des lois pour limiter le travail des femmes.
Il veut que les femmes soient :
des mères,
des épouses,
des ménagères c’est-à-dire qu’elles s’occupent de la maison et des tâches ménagères comme le nettoyage, la cuisine et le linge.
Le gouvernement de Vichy encourage les femmes à faire des enfants :
une loi du 2 avril 1941 interdit aux couples de divorcer pendant les 3 premières années de mariage,
l’avortement peut être puni de la peine de mort.
Affiche faite par l’État français pour la Fête des mères du dimanche 30 mai 1943 - Source : Archives nationales, CP/72AJ/1236
La fête des mères est très importante pour la propagande du gouvernement de Vichy.
La propagande c’est ce que dit le gouvernement pour que les gens pensent comme lui.
Les femmes remplacent parfois les hommes
Certaines femmes deviennent plus indépendantes, c’est-à-dire qu’elles peuvent décider et agir seules.
Comme les hommes sont prisonniers de guerre en Allemagne il n’y a plus de salaire à la maison.
Les femmes doivent parfois remplacer les hommes au travail.
Les femmes luttent pour avoir plus de nourriture
La nourriture manque en France et le gouvernement limite les achats des Français.
Chaque personne peut acheter une petite quantité de nourriture.
Cela s’appelle le rationnement.
On utilise des tickets de rationnement pour faire les courses.
Photo : Une file d’attente devant une charcuterie à Saint-Brieuc en Bretagne - Source : Service historique de la Défense, Vincennes/fonds du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale
Les femmes font la queue pendant très longtemps devant les magasins pour acheter à manger avec leurs tickets de rationnement.
Les femmes manifestent car le gouvernement de Vichy ne donne pas assez de nourriture à tous.
Parfois les femmes décident seules de manifester.
Parfois le Parti communiste encourage les femmes à manifester.
Le Parti communiste est un parti politique qui lutte contre le gouvernement de Vichy.
Document appelé : Bulletin clandestin des Comités populaires féminins. Il date de janvier 1941. - Source : Musée de la Résistance nationale àChampigny-sur-Marne (AAMRN)/Collection historique, 1985
Ce journal est un journal clandestin communiste.
Il demande aux femmes :
de manifester pour avoir plus de nourriture.
de se battre pour libérer la France des Allemands.
Les femmes dans les premières organisations de la Résistance en France
Il y a presque deux millions de soldats français prisonniers.
Les femmes sont souvent les premières à résister.
On dit qu’elles sont pionnières.
Il y a plus de femmes au début de la Résistance qu’à la fin de la guerre.
Photo : une Résistante tape des notes sur une machine à écrire - Source : Coll. Fondation de la Résistance/photo Défense de la France
Christiane Parouty tape les notes de Michel Danchin sur une machine à écrire.
Les femmes font des choses importantes dans les groupes de Résistants.
Par exemple :
Yvonne Oddon travaille dans une bibliothèque à Paris. Elle crée un groupe de Résistants appelé Réseau du musée de l’Homme en juillet 1940.
Il y a une femme sur trois personnes dans le groupe au début de l’année 1941.
Hélène Mordkovitch avec Jacqueline Pardon et Charlotte Nadel sont des Résistantes importantes à l’école la Sorbonne de Paris. Elles aident Philippe Viannay et Robert Salmon à créer le groupe de Résistance appelé Défense de la France.
Photo : Yvonne Odon - Source : Service historique de la Défense, Vincennes 16 P 448886
Yvonne Oddon travaille à la bibliothèque du musée de l’Homme à Paris.
Elle participe à la création du groupe appelé Musée de l’homme.
Photo : Hélène Mordkovitch Viannay - Source : Coll. Fondation de la Résistance/photo Défense de la France
Hélène Mordkovitch-Viannay participe à la création du groupe appelé Défense de la France.
Elle engage beaucoup de femmes dans son groupe de Résistantes.
Des femmes participent aussi aux premiers groupes de Résistance en zone Sud.
Par exemple
Berty Albrecht dans le groupe appelé Combat,
Lucie Aubrac dans le groupe Libération-Sud.
Photo : Berty Albrecht - Source : Musée de l’Ordre de la Libération
Berty Albrecht aide Henri Frenay à créer et développer le groupe appelé Combat.
Combat est le groupe de Résistants le plus important de la zone Sud.
L’historienne Claire Andrieu dit que les femmes sont les intendantes de la Résistance.
Une intendante est une personne qui aide dans l’organisation des tâches.
Une intendante n’est pas la personne qui dirige les choses.
Les Résistantes ont des rôles que les hommes n’ont pas, en général comme secrétaires.
Quelques femmes seulement dirigent, par exemple :
Marie-Madeleine Fourcade qui dirige le groupe de Résistants Alliance,
Lucie Aubrac qui participe à la direction du groupe Libération-Sud.
Pourtant le rôle des femmes est très important :
elles font des tâches administratives pour les journaux clandestins,
elles s’occupent des services sociaux dans les groupes de Résistants.
Ces services aident les familles des personnes arrêtées et envoyées dans les camps de concentration.
Les camps de concentration sont des endroits où les nazis enferment torturent et tuent des juifs ou des Résistants.
Les nazis étaient un groupe politique en Allemagne dirigé par Adolf Hitler.
Ils croyaient que certaines personnes étaient supérieures aux autres.
Ils ont maltraité et tué des millions de personnes pendant la Seconde Guerre mondiale.
elles aident à nourrir et à s’occuper de prisonniers évadés.
elles sont agents de liaison.
Cela veut dire qu’elles transportent et distribuent les messages et documents entre les groupes de Résistants.
Photo dans l’atelier de fabrication du journal Défense de la France à Paris - Source : Coll. Fondation de la Résistance/photo Défense de la France
Sur cette photo on voit Charlotte Nadel et Alain Radiguer.
Charlotte Nadel a fait une formation pour fabriquer un journal.
Elle a créé l’atelier de fabrication du journal et dirige ce journal jusqu’à la Libération.
De faux papiers fabriqués par le groupe Défense de la France - Source : Archives nationales/fonds Charlotte Nadel et Ariane Kohn/cote provisoire : 72 AJ/NC_Privés/22
Les groupes de la Résistance fabriquent beaucoup de faux-papiers.
Les faux-papiers c’est une fausse identité.
Avec les faux papiers, des Résistants et beaucoup de Français ont pu fuir ou de se cacher.
Des femmes employées dans les préfectures ou les mairies fournissent le matériel pour fabriquer ces faux papiers, par exemple les tampons.
Défilé de femmes agents de liaison le 20 août 1944 - Source : André Carteron/Archives départementales de Haute-Savoie, 7 Fi 1271/conseil départemental de Haute-Savoie
Le plus souvent, les femmes agents de liaison circulaient en vélo.
Sur cette photo, les agents de liaison défilent en vélo à Annecy en Haute Savoie pour fêter le départ des Allemands en 1944.
Un maquisard est une personne qui se cache dans les maquis pour lutter contre les ennemis.
Les maquis ce sont des lieux discrets aménagés en forêt ou dans les montagnes.
La naissance des maquis en 1943
Les Allemands occupent la zone Sud en novembre 1942.
Ils forcent des travailleurs français à quitter la France pour travailler en l'Allemagne.
C’est le Service du travail obligatoire ou STO.
Des jeunes français se cachent dans les maquis pour éviter le STO.
La Résistance aide et organise ces maquis.
Les maquis sont vite prêts à combattre contre les Allemands.
Les maquisards ont besoin de l’aide des femmes
Il n’y a que des hommes dans les maquis.
Les maquis ne sont pas organisés pour accueillir les femmes.
Les femmes aident pourtant les maquis à partir de l’extérieur.
Elles sont agents de liaison ou font des missions ponctuelles comme apporter de la nourriture ou soigner les blessés.
Une jeune femme et un homme transportent des choses pour le maquis de Seine-et-Oise en août 1944 - Source : Coll. Fondation de la Résistance/photo Défense de la France
Ces femmes aident les maquisards en leur donnant la nourriture ou les soins dont ils ont besoin.
Certaines prennent beaucoup de risques, comme les infirmières de la grotte de la Luire dans le Vercors.
Photo : les infirmières de la grotte de la Luire au maquis du Vercors - Source : Service historique de la Défense, Vincennes/fonds du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale
Des médecins et des infirmières soignent des maquisards dans la grotte de la Luire à l'été 1944.
Tous les blessés et les médecins seront tués par les Allemands le 27 juillet 1944.
Les infirmières seront envoyées dans un camp de concentration.
Peu de femmes ont été des chefs dans la Résistance.
Mais beaucoup de femmes ont eu des rôles très utiles.Elles travaillaient dans les services de renseignements des groupes de Résistants ou dans les services de direction des armées comme Cristina Boïco et Janine Carlotti.
Cristina BoÏco crée le service de renseignements du groupe FTP MOI
Cristina Boïco nait en Roumanie en 1916.
Elle quitte son pays et s’installe à Paris en 1938 pour faire des études de biologie.
Elle fait partie du groupe de Résistants appelé FTP-MOI en 1942.
Elle récupère des produits chimiques dans les laboratoires de l’école la Sorbonne.
Elle fabrique des explosifs avec ces produits.
Elle organise le service de renseignements des FTP-MOI.
Elle écrit toutes les notes et vérifie tous les renseignements.
Les nazis arrêtent les Résistants du groupe FTP MOI en 1944.
Les nazis font des affiches rouges pour montrer les photos des Résistants et dire qu'ils sont des criminels.
Les nazis organisent le procès des Résistants.
C’est le procès de l’Affiche rouge.
23 Résistants sont condamnés à mort et tués le 21 février 1944.
Cristina n’est pas arrêtée et devient responsable dans le groupe FTP-MOI de la zone Nord en 1944.
Elle s'occupe d’engager les Résistants dans le groupe.
Elle retourne en Roumanie après la Libération et devient professeur de biologie.
Cette croix récompense les personnes qui ont aidé à libérer la France.
1 038 personnes ont reçu la croix de la Libération dont seulement six femmes :
Berty Albrecht,
Laure Diebold,
Marie Hackin,
Marcelle Henry,
Simone Michel-Lévy,
et Émilienne Moreau-Evrard.
Photo : La comédienne Lise Graf décorée de la Médaille militaire en 1947 aux Invalides à Paris - Source : Service historique de la Défense Vincennes/fonds du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale
Lise Graf est arrêtée par les Allemands en mars 1943.
Elle est jugée à Berlin en juillet 1944.
Elle doit faire 7 ans de travaux forcés.
Ce sont des travaux très durs en prison.
Elle est ensuite envoyée à Waldheim.
Les Russes libèrent Lise Graf qui rentre en France le 6 mai 1945.
Les Résistantes célèbres faisaient des actions visibles comme les hommes.
Les actions d’autres femmes se voyaient moins mais étaient aussi utiles.
Beaucoup de femmes ne se considéraient pas comme Résistantes et n'ont pas demandé de récompense.
Les femmes étaient très importantes dans la Résistance.
Henri Rol-Tanguy est chef d’un groupe de Résistants à Paris en 1944.
Il dit que la moitié de son travail aurait été impossible sans l'aide de sa femme.
Sa femme Cécile Rol-Tanguy était son agent de liaison et sa secrétaire.
Elle transportait des armes dans la poussette de ses enfants.
Des mères, des épouses, des amies et des sœurs ont aider les Résistants.
En avril 1944 les femmes obtiennent le droit de voter.
Le droit de vote est une façon de remercier les femmes pour leur rôle dans la Résistance.
Des résistantes défilent à Toulouse le 17 septembre 1944 - Source : Service historique de la Défense. Vincennes/ fonds du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale/Photo Jean Dieuzaide
Le groupe de Résistantes appelé Matabiau défile pendant la visite du général de Gaulle à Toulouse.
Photo : une partie de l'Almanach des femmes françaises de 1946 - Source : Musée de la Résistance nationale, à Champigny-sur-Marne (AAMRN)
Un almanach était un livre publié chaque année avec des informations pratiques pour l'année à venir.
Par exemple des calendriers, des dates importantes.
Elles votent pour la première fois pour les élections municipales en avril-mai 1945.