Compte rendu du Conseil des ministres du 31 août 2026

Publié le 31/08/2026

Rentrée scolaire 2026, nominations

Source : Présidence de la République

Compte rendu du Conseil des ministres du 31 août 2026

Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre et ministre déléguée, chargée de l'Énergie auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique 

Bonjour à toutes et tous, et bienvenue pour ce nouveau compte rendu de conseil des ministre. J'ai le plaisir d'accueillir, comme vous le voyez, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard GEFFRAY, qui, dans quelques instants, vous relatera ce qui a pu être dit en conseil des ministres sur la rentrée, l'organisation de la rentrée, les grands enjeux de cette rentrée scolaire 2026. 

Avant, vous le savez : un séminaire gouvernemental qui va débuter dans quelques minutes et que nous rejoindrons juste après, qui permettra de faire le point, là encore, sur l'ensemble des grands enjeux gouvernementaux, qu'ils soient législatifs, parlementaires, budgétaires, de faire un point aussi sur les réponses qui ont été apportées et qui doivent encore être apportées face aux différentes crises que traverse notre pays. 

On aura, bien sûr, l'occasion de vous en dire davantage dans les heures à venir. Je ne serai pas beaucoup plus longue. Un point, néanmoins, pour préciser et insister sur le fait que le président de la République a tenu, au cours de ce conseil des ministres, à rappeler que la France apportait son soutien à l'Algérie face aux feux et que nous réitérons notre disponibilité à leur venir en aide. Voilà. 

Sans plus tarder, je vous propose de passer la parole à mon collègue. Et comme d'habitude, je vous proposerai de lui poser ensuite les questions afin qu'il puisse vous répondre et que nous puissions le libérer dans la foulée.

 

Édouard GEFFRAY

Merci, Madame la ministre. 

Mesdames et messieurs, c'est un moment évidemment assez important et joyeux pour notre pays que cette rentrée scolaire. Et d'ailleurs, je saisis l'occasion comme je l'ai fait à Mayotte et dans l'Oise la semaine dernière, comme je l'ai fait ce matin à Herblay dans le Val-d'Oise, pour souhaiter une bonne rentrée à tous nos professeurs, à tous nos élèves et à tous nos personnels éducationnels en général. 

Vous savez que c'est 11,6 millions d'élèves qui vont franchir les portes de l'école demain, 1,2 million de personnels. Ça veut dire que quasiment un Français sur 5, en réalité, demain matin, va refranchir les portes de l'école dans 55 000 implantations. Les chiffres peuvent paraître importants. Il faut savoir, et vous le savez, qu'ils maigrissent, si je puis dire, chaque année. Nous avons de moins en moins d'élèves dans le système éducatif. C'est l'effet tout simplement de la baisse des naissances. Mais cette année, l'Éducation nationale, le système éducatif français, perdra 161 000 élèves par rapport à l'année dernière. C'est un chiffre, évidemment, qui est en augmentation et qui va se poursuivre, puisque vous savez qu'entre la rentrée 2025 et la rentrée 2035, nous avons prévu, de manière quasi certaine, de perdre au moins 1,7 million d'élèves. 

Alors, cette rentrée, on l'a partagé ce matin au Conseil des ministres, est caractérisée à la fois par l'entrée en vigueur de nouvelles mesures qui tendent à améliorer la qualité du service public et aussi par la mise en œuvre de chantiers de long terme — ensemble de mesures et de chantiers que j'ai regroupés autour de quatre priorités que j'ai eu l'occasion d'exposer la semaine dernière, donc je n'y reviens pas longuement : instruire, protéger, unir et préparer l'avenir.

Pour ce qui est de l'instruction, évidemment, nous prolongeons l'action qui a été menée avec le dédoublement des classes sont des questions prioritaires, le plafonnement à 24 en grande section et dans les CP-C1, les évaluations nationales et la refonte totale des programmes de la petite section jusqu'à la classe de 3ᵉ. Et avec, en réalité derrière ça, deux priorités absolues sur lesquelles j'ai déjà été amené à m'exprimer, donc sur lesquelles je ne reviens pas longuement : la maîtrise du langage et notamment du lexique. Nous avons... j'étais encore ce matin dans un lycée : tous les professeurs m’ont dit la même chose, c’est-à-dire l'appauvrissement progressif du lexique, du vocabulaire de leurs élèves et de leur compréhension, par conséquent, des textes, de l'implicite, de l'ironie, etc. 

Et puis, évidemment, en vis-à-vis de la maîtrise du raisonnement scientifique, la qualité du raisonnement scientifique. Et notamment de ce point de vue-là, vous savez que nous généralisons ce qu'on appelle les classes à horaire aménagés science, les CHAMS, dans le jargon de l'Éducation nationale, « classes à horaires aménagés en mathématiques et en sciences », puisqu'il y en aura plus de 300 cette année contre 30 l'année dernière. 

L'autre aspect, bien sûr, que nous avons partagé, c'est que ce matin, enfin ce matin et cette semaine en général d'ailleurs, c'est la rentrée des nouveaux lauréats des concours de L3. Concours qui nous ont permis d'avoir 50 % d'admis en plus pour 40 % de postes en plus. Et pour la première fois, je ne me permets pas d'insister là-dessus, mais nous avons des concours à Créteil, à Mayotte, qui n'étaient jamais pourvus à 100 % depuis au moins une quinzaine d'années et qui ont été pourvus à 100 % cette année. Ce qui signifie que cette réforme du concours en L3 (avec, je rappelle, un master pendant lequel les étudiants sont rémunérés ensuite, les élèves fonctionnaires sont rémunérés ensuite), eh bien ce master a des effets en termes d'attractivité. 

Le deuxième acte, c'est bien sûr la protection, la protection des élèves contre les violences sexuelles notamment. Vous savez que j'ai décidé que tous les élèves passeraient un questionnaire sur les violences sexuelles dont ils auront pu être l'objet, et qui les conduira, s'ils le souhaitent, à pouvoir ensuite avoir un entretien avec un adulte de confiance, pour, derrière, déclencher une prise en charge : soit un signalement à la justice, soit une prise en charge médico-psychologique, etc.

Et puis l'autre, évidemment, mesure importante de la rentrée, c'est la protection contre la surexposition aux écrans, avec l'interdiction du téléphone portable au lycée, qui va donc entrer en vigueur dans les prochains jours, et dont les chefs d'établissement préciseront les modalités, bien sûr, et des éventuelles dérogations au cours des prochaines semaines. C'est absolument essentiel. Nous sommes face à un processus de concurrence entre le temps d'écran et le temps d'apprentissage au détriment du second, très clairement. Et si nous n'arrivons pas à réduire l'exposition aux écrans de nos jeunes, nous allons vers des difficultés sanitaires, intellectuelles, cognitives, et même civiques absolument majeures. Et donc cette décision qui a été, j'allais dire, lancée par la République, adoptée par le Parlement et promulguée la semaine dernière, elle est, à mon sens, absolument vitale.

Et puis le dernier élément, bien sûr, c'est la protection des personnels, avec notamment le décret qui permettra de changer d'affectation à un élève dont les parents auraient fait peser une menace grave sur les personnels. Parce que je n'admets pas qu'un personnel puisse être molesté, menacé, frappé ou autre, et que le lendemain matin, il soit censé rouvrir comme si de rien n’était, la porte de l'école à la même famille. Et donc, dans ces cas-là, après une phase de dialogue, si ce dialogue est infructueux, à ce moment-là, l'élève pourrait être changé d'établissement. 

Dernier grand axe pour cette rentrée : c'est bien sûr, j'allais dire, le rôle de l'école en termes de cohésion nationale et de fabrique de l'unité républicaine de la citoyenneté, à la fois autour de l'inclusion scolaire, sur laquelle le président de République, il l'a rappelé, sera amené à se prononcer en fin de semaine dans le cadre de la conférence du handicap, et puis dans le cadre également de l'acquisition d'une culture commune. Et évidemment, c'est dans ce cadre-là que tous les élèves célébreront le 11 novembre, commémoreront le 11 novembre dans leurs écoles et leurs établissements à partir de cette année.

Et puis évidemment, tout dernier ensemble : c'est un ensemble de chantiers, ce que nous avons assez longuement échangé en Conseil des ministres. C'est le chantier, bien sûr, démographique. Vous savez depuis mon arrivée à quel point je tiens à ce que cette prise de conscience soit partagée, avec une visibilité à 10 ans sur l'évolution démographique par département. L'expérimentation en 18 départements de la construction d'une carte scolaire à 5 ans pour éviter que les maires découvrent au mois de mars qu'une classe ou une école ferme au mois de septembre. Et la création, au ministère de l'Éducation nationale et directement sous mon autorité, d'une direction de la politique territoriale de l'école et de l'anticipation qui verra le jour d'ici au 1ᵉʳ novembre 2026. 

C'est aussi, bien sûr, les enjeux de changement climatique. Vous savez que nous avons organisé différemment cette année les examens. J'ai publié la semaine dernière le calendrier des examens 2027. Toutes les épreuves du bac et du brevet auront lieu désormais le matin pour ne plus nous retrouver dans des situations où des élèves passeraient l'après-midi et leurs professeurs dans des situations de forte chaleur.

Tout dernier point, sur quoi j'ai été amené enfin à informer le Conseil des ministre et le Président, c'est sur les conditions techniques de la rentrée. Vous savez que nous avons été victimes de cyberattaques cet été. La situation est encore fortement perturbée dans deux académies. Dans 28 académies, les choses sont, si je puis dire, nominales, au sens où tout le monde a accès aux différents services informatiques. Dans deux académies, Nantes et Toulouse, les services sont encore partiellement ouverts ou suspendus en termes d'accès. Ils n'ont pas été endommagés, mais ce sont des mesures de sécurité que nous avons prises, le temps de rehausser le niveau de protection des systèmes dans ces deux académies. Et donc, la rentrée se fait dans des conditions évidemment techniquement difficiles pour les personnes de direction notamment, mais elle se fait évidemment, contrairement à ce que j'ai pu voir sur les réseaux sociaux, dans des conditions ordinaires pour les élèves qui sont bien attendus dès demain dans leurs écoles et leurs établissements. 

Avec, j'allais dire, cet appétit, cette gourmandise que nous avons dans ce ministère pour ce moment important de la rentrée, et pour lequel, une fois encore, je souhaite une très très belle rentrée à tous les Français. 

Merci.

 

Maud BREGEON

Si vous avez des questions à poser à mon collègue ministre de l'Éducation nationale, je vous propose de le faire maintenant. Je te laisse du coup la parole.

 

Oscar TESSONNEAUX

Bonjour, Monsieur Geffray.

 

Édouard GEFFRAY

Bonjour.

 

Oscar TESSONNEAUX

Oscar TESSONNEAUX, donc je dirige un hebdomadaire qui s'appelle la Rightbrain Magazine. Son but est relativement simple, c'est de créer, après un passage dans l'école inclusive, une transition entre des élèves issus de classe civile ou qui avaient un PPS, c'est le marché de l'emploi. J'aurais une première question sur les différentes cyberattaques du groupe ZeroBytes que vous avez mentionnées. Est-ce qu'aujourd'hui, vous pouvez garantir que dans les académies, notamment les logiciels informatiques, peuvent être utilisés par le personnel enseignant ? Enfin, suite à votre intervention sur France Inter ce matin, j'aurais une toute deuxième question sur les AESH. Vous avez mentionné qu'effectivement, tous les élèves qui ont une notification MDPH n'auront pas d'accompagnante en classe avec eux à la rentrée, ça se fera progressivement. Est-ce que — puisque beaucoup plus d'enfants, aujourd'hui, ont ce qu'on appelle un numéro INE, donc c'est un identifiant qui permet de les identifier auprès de l'administration — vous avez plus d'outils pour identifier ceux qui ont des scolarités un petit peu en dents de scie ? Donc c'est 10-12 heures de cours par semaine et qui ne vont pas totalement au sein d'un établissement scolaire.

 

Édouard GEFFRAY

Merci. Alors, d'abord, s'agissant de la situation informatique, dans 28 académies, tous les accès aux différents logiciels auxquels peuvent avoir accès les personnels, quels qu'ils soient, sont rétablis. Alors, il y a des réinitialisations de mots de passe, etc. Donc parfois, ça implique que les personnels, les professeurs, etc., fassent une petite démarche de réinitialisation de mots de passe, mais l'accès est bien rétabli dans 28 académies. Dans deux académies, ici, à Nantes et Toulouse, seule une partie des services est restaurée, notamment pour les personnels de direction, mais l'accès aux autres services est à ce stade suspendu. Donc évidemment, on informe, évidemment, les personnels et notamment les représentants des personnels dans ces deux académies, mais en dehors de ces deux académies, qui donc font face à des conditions, j'allais dire, techniquement plus difficiles, dans les 28 autres académies, les services fonctionnent. Sur les AESH, pour être... Pardon, mais parce que c'est important de bien rappeler ce que j'ai dit précisément ce matin, nous avons un flux continu de notifications d'accompagnement humain. Généralement, nous avons évidemment beaucoup de notifications qui tombent entre juillet et août. L'immense majorité des élèves aura évidemment son accompagnant dès la rentrée, notamment tous ceux qui bénéficiaient déjà d'un accompagnement. En revanche, garantir que tous ceux dont les notifications sont notamment arrivées ces derniers jours au ministère de l'Éducation nationale auront dès demain une AESH, ce serait vous mentir. Tout simplement parce que lorsque les notifications arrivent, ce n'est pas tardivement, je ne fais le reproche à personne, mais lorsqu'elles arrivent très près de la rentrée, c'est évidemment très difficile le jour même de la rentrée d'avoir quelqu'un. Mais ça n'empêche pas que, évidemment, notre cible, c'est qu'ils puissent les avoir dans les plus brefs délais. Et s'agissant ensuite, si je comprends bien votre question, mais je crois la comprendre, de l'accompagnement, si je puis dire, partiel, c'est-à-dire pas à la hauteur forcément de ce qui aurait été notifié ou ne permettant pas une scolarisation sur l'intégralité du temps scolaire, jusqu'à présent, c'est quelque chose qui n'était pas en fait remonté dans nos enquêtes. Ce n'est pas quelque chose qu'on demandait en fait. On demandait si l'élève avait ou pas un accompagnement humain. On ne faisait pas remonter la capacité de l'institution à couvrir 100 % de l'accompagnement humain notifié. C'est quelque chose qui a changé parce que j'ai demandé, je m'étais engagé devant le Parlement il y a de ça 8 mois, j'ai demandé à ce que désormais nous ayons une remontée précise sur, on va dire, les temps incomplets d'accompagnement par rapport à ce qui est notifié. Et donc on aura, d'ici la Toussaint, d'ici les vacances de la Toussaint, nous aurons des éléments précis que nous communiquerons d'ailleurs au Parlement notamment.

 

Oscar TESSONNEAUX

Et parmi ces accompagnements, certains élèves intègrent aussi le secteur médico-social comme l'a montré l'UNAPEI, qui a une grande assignation dans un poste. Est-ce que vous avez plus d'informations peut-être sur le nombre de places et le nombre de dossiers qui ont été, en tout cas, traités pour les enfants qui font une demande en institut médico-éducatif également ?

 

Édouard GEFFRAY

Alors ce que je sais, c'est qu'on a donc, il y a 800 places supplémentaires qui ont été créées en loi de finances dans le secteur médico-social. En revanche, à ce stade, à date, nous n'avons pas encore les enquêtes de rentrée qui nous permettent de savoir combien d'enfants seraient par exemple passés de l'un à l'autre, etc. Et dernier point d’ailleurs important sur ce point, enfin sur cette question, moi, j'ai lancé un travail avec ma collègue Camille GALLIARD-MINIER sur, j'allais dire, la capacité d'assurer une fluidité dans les deux sens des parcours. Nous avons aujourd'hui des élèves dans le secteur médico-social dont je pense qu'ils sont en capacité de revenir dans l'ensemble scolaire. Et donc, il faut qu'on soit bien au clair sur le fait que ce n'est pas une branche qu'on choisit définitivement, c'est un mode de prise en charge et d'instruction qui doit rendre possible le retour à une scolarisation ordinaire. Et donc, ça fait partie des sujets sur lesquels on travaille en ce moment même.

 

Oscar TESSONNEAUX

Je vous remercie infiniment.

 

Édouard GEFFRAY

Merci.

 

Thomas BECKER

Bonjour, Monsieur le ministre. Thomas BECKER pour RMC. En cette rentrée, le maire de Nice, Éric CIOTTI, a annoncé l'installation de drapeaux français dans les écoles. Il veut aussi organiser une levée des couleurs avec La Marseillaise chaque semaine. Vous êtes ministre de l'Éducation nationale, qu'est-ce que vous en pensez ? Quelle est votre position ?

 

Édouard GEFFRAY

Alors d'abord, l'école, c'est le lieu où on fait l'expérience de l'unité de la République. Et la preuve, c'est que moi-même, j'ai décidé, enfin le président de la République a décidé, et c'est quelque chose que je porte également avec beaucoup de conviction, que le 11 novembre, Journée nationale de la Victoire et de la Paix et Journée nationale d'hommage à tous les morts pour la France, devait être célébré dans les écoles. Parce qu'au-delà des histoires singulières, il faut savoir d'où on vient pour savoir où on va. C'est quelque chose de très serein, de très positif, de très positif, et qui est ancré en plus derrière dans un univers pédagogique où on apprend l'histoire de notre pays, de la Première Guerre mondiale, de la Seconde Guerre mondiale, de ceux qui ont risqué leur vie, qui parfois l'ont perdue, pour que des générations dont ils ne connaissaient rien puissent vivre en liberté. Ensuite, dans le mot Éducation nationale, il y a le mot éducation nationale. Et donc, ça veut dire que le cadre, il est fixé par le ministre de l'Éducation nationale. Donc, ce n'est pas... Il n'appartient pas aux maires de décider de ce qui se passe pédagogiquement dans une école. Et donc, il n'appartient pas aux maires, en l'occurrence, de décider d'une quelconque levée des couleurs qui se ferait en présence de tous les élèves, ni une fois par semaine, ni une fois par mois, ni une fois par jour. Ce n'est pas le sujet donc. Voilà. Le maire que vous mentionnez a souhaité communiquer sur une intention, mais en l'occurrence, je ne vois pas comment cette intention pourrait trouver un début de réalisation en termes de mobilisation des élèves. Le bâti lui appartient. Mais en termes de mobilisation des élèves et des équipes pédagogiques, je ne vois pas comment ça pourrait trouver un début de réalisation sans qu'il y ait une consigne du ministre qui, en l'occurrence, n'a pas vocation à intervenir.

 

Thomas BECKER

Vous lui avez dit ou vous allez lui dire ?

 

Édouard GEFFRAY

Écoutez, non, je ne lui ai pas dit, mais vous me posez la question, donc je vous réponds. Mais je lui écrirai bien sûr s'il m'écrit dans ce sens.

 

Arthur BELLIER

Bonjour, Monsieur le ministre. Arthur BELLIER pour RTL. On voit fleurir dans la presse pour cette rentrée des témoignages de parents qui, cette année, refusent de mettre leurs enfants dans le périscolaire après les récents scandales. Déjà, est-ce que vous comprenez ces témoignages ? Qu'est-ce que vous leur répondez ? Et puis, comment rassurer ces parents pour ne pas qu'ils désertent le périscolaire public ?

 

Édouard GEFFRAY

Alors, d'abord, évidemment, je les comprends. Comme vous le savez, depuis que j'ai été nommé, j'ai un peu fait de cette question un combat. J'ai publié un guide de signalement à destination de tous les personnels de l'Éducation nationale, y compris lorsque ce sont d'autres collègues qui seraient éventuellement rendus coupables de faits répréhensibles. J'ai nommé une médiatrice en la matière qui, justement, est chargée de connaître de l'ensemble du périmètre scolaire, et pas seulement des questions périscolaires, scolaires, etc. J'ai dit moi-même de manière assez… parfois un peu triviale, mais qu'il fallait arrêter de jouer à chat perché en disant : Ce n'est pas chez moi, c'est chez le voisin. Parce que quand un parent laisse son enfant à la grille, il doit avoir une confiance absolue dans ce qui se passe de l'autre côté de la grille, quelle que soit la personne qui est ensuite en charge de son enfant. Bon. Donc je comprends très bien que des parents puissent tout simplement s'inquiéter et puis vouloir que leur enfant soit protégé. Première chose. Deuxième chose, aujourd'hui, au sein de l'institution scolaire, tout est fait pour protéger les mineurs, absolument tout. Et le questionnaire dont je vous ai parlé tout à l'heure participe aussi de cette prise de conscience d'un fait qui est sociétal et qui n'est malheureusement ni une question scolaire, ni une question périscolaire, ni une question… Si seulement c'était dans un seul lieu, nous arriverions plus facilement à le combattre. Nous sommes sur une question sociétale. Vous avez 10 % des enfants aujourd'hui, d'après les évaluations de la CIIVISE, qui ont été victimes de violences sexuelles en étant mineurs, à 85 % dans le cercle familial. Troisième élément sur le périscolaire. D'abord, je pense que les collectivités, je ne peux pas parler à la place des collectivités puisque ça dépend des mérites [ph], mais les collectivités, je crois, ont toutes mesuré l'importance du sujet et la gravité. Et donc, elles ont pris un certain nombre de mesures. La boucle sera bouclée lorsque nous aurons le fichier interdit d'école que le Gouvernement et moi-même portons dans le cadre du projet de loi sur la protection des enfants. Parce que c'est à ce moment-là qu'on sera en mesure de garantir qu'aucune personne qui aurait été licenciée pour quel que… enfin, en raison de son comportement avec les mineurs, dans quel que environnement que ce soit, ne puisse être réembauchée dans un autre. Et donc ça va participer à la sécurisation globale. Et donc il faut que les parents… Enfin, moi, je crois profondément que les parents ont vocation à avoir confiance. L'immense majorité des personnels des périscolaires sont des gens qui sont dévoués à leurs enfants, mais qu'en revanche, il appartient aux collectivités locales, comme le fait l'Éducation nationale, d'être d'une vigilance absolue au stade du recrutement, dans le passage des intéressés aux fichiers, ensuite dans le regard professionnel que des collègues exercent entre eux. Et après ça, il faut être d'une sévérité catégorique en cas de manquement, catégorique. À ce prix-là, que je crois nécessaire, les parents peuvent avoir confiance dans une périscolaire publique comme dans l'école.

 

Arthur BELLIER

On peut estimer, en termes de calendrier parlementaire, quand est-ce que vous voulez que ce fichier soit en effet mis en place ?

 

Édouard GEFFRAY

Je n'ai pas en tête encore le calendrier des séances, mais enfin, pour moi, le plus tôt, le mieux. Très clairement.

 

Arthur BELLIER

Merci.

 

Édouard GEFFRAY

Merci.

 

Maud BREGEON

Eh bien, merci beaucoup, chers collègues. S'il n'y a plus d'autres questions pour Édouard GEFFRAY, je vous propose de passer à toutes les autres questions. Et donc, je te dis à tout de suite en séminaire gouvernemental.

 

Édouard GEFFRAY

Merci.

 

Maud BREGEON

Merci beaucoup.

 

Speaker D:

Bonjour, Madame la ministre.

 

Maud BREGEON

Bonjour.

 

Alexandre PAYRON [ph]

Alexandre PAYRON [ph] pour France Télévisions. Vous avez déclaré ce matin que vous travaillez à la reconduction des aides carburants. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus, notamment sur les modalités ? Quelles sommes ? Combien de personnes ciblées ? Sous quels critères ? Jusqu'à quand ? Bref, le plus précis possible.

 

Maud BREGEON

D'abord, vous connaissez la philosophie qui est celle du Gouvernement : être aux côtés des secteurs d'activité les plus touchés, les plus dépendants de l'évolution des prix du carburant, des aides qui ont un impact budgétaire que l'on assume, mais qui restent des aides ciblées. On adapte depuis le début l'évolution de ces aides à une situation qu'on sait extrêmement incertaine au Moyen-Orient. On l'a encore vu ces dernières heures avec les frappes américaines. Et on arrive fin août, donc à la fin de cette échéance des guichets, avec des prix du carburant qui restent, nos concitoyens le voient tous les jours quand ils passent devant les prix à la pompe, extrêmement élevés. Le Premier ministre a dit ce week-end dans les colonnes de vos confrères du Parisien qu'il souhaitait prolonger ces aides. Donc je vous confirme que nous ne fermerons pas les guichets sectoriels destinés aux entreprises les plus touchées. Je vous confirme que le Gouvernement souhaite la poursuite de ces aides. Nous avons encore quelques discussions à avoir avec les filières concernées, je pense aux agriculteurs, je pense aux pêcheurs, je pense aux transporteurs, bâtiment et travaux publics, vous les connaissez, pour voir avec eux dans quelle mesure ces aides sont adaptées, est-ce qu'il y a des modifications, en tout cas des aménagements à faire, mais voilà, la philosophie, elle est là, nous ne laisserons tomber personne. Nous avons d'ailleurs toujours assumé de poursuivre ces aides tant que la situation n'était pas revenue à la normale, je mets des guillemets évidemment à « normale », mais donc rassurons ce matin toutes les entreprises concernées, nous resterons à leurs côtés.

 

Alexandre PAYRON [ph]

Et la piste d'un chèque carburant plus large, elle n'est pas sur la table pour l'instant ?

 

Maud BREGEON

Je vous ai parlé effectivement des aides aux entreprises. Vous savez qu'il y a l'aide « gros rouleurs » avec un guichet qui était initialement ouvert jusqu'à fin juillet, qui a été prolongée jusqu'à fin août. 1,4 million de Français en ont d'ores et déjà fait la demande et l'ont d'ores et déjà touchée. L'assiette, donc le nombre de Français qui pouvaient être concernés, c'est 3 millions. Un certain nombre n'ont pas fait cette demande, je les invite d'ailleurs de nouveau à le faire. Cette aide pourrait, là encore, être prolongée au sens où le guichet pourrait rester ouvert dans les semaines à venir, mais c'est encore en discussion et on le précisera très prochainement. Un dernier point qui concerne le PLF 2027, et que j'ai eu l'occasion de dire à plusieurs reprises, le chèque énergie qui sera versé automatiquement en avril prochain à 4,2 millions de Français sera maintenu. Le Premier ministre a arbitré dans ce sens dès juillet dernier, refusant toute suppression, tout rabotage. C'est entre 150 et 277 euros pour les ménages les plus modestes, et donc ça sert bien sûr à compenser peut-être pas totalement, mais en tout cas partiellement, ces hausses des prix du carburant, ces hausses des prix du gaz, là aussi. Et donc voilà, on continue à être aux côtés des Français de manière ciblée, parce qu'il y a une responsabilité budgétaire, on en a beaucoup parlé, on va continuer à beaucoup en parler d'ailleurs dans les semaines à venir.

 

Alexandre PAYRON [ph]

Merci beaucoup.

 

Milan ARGELAS

Bonjour, Madame la ministre. Milan ARGELAS, journaliste pour BFMTV. Le Rassemblement national propose d'interdire le voile islamique et de le sanctionner par une amende. Quelle est la position du Gouvernement sur ce sujet ?

 

Maud BREGEON

La position du Gouvernement, elle est connue. D'abord, il y a des réserves évidentes sur tant la constitutionnalité que l'applicabilité d'une telle mesure. Sur la constitutionnalité, on en a déjà parlé, j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer dessus, et sur l'applicabilité de la mise en œuvre de cette interdiction et d'une amende qui irait avec. Par ailleurs, si la question devait être posée, elle devrait se poser pour l'ensemble des signes religieux visibles dans l'espace public, pas uniquement pour le voile.

 

Jérôme VAL

Bonjour. Jérôme VAL de France Inter. Avec le retour du débat budgétaire, c'est le retour aussi des menaces de censure. Dans un contexte de campagne électorale, comment vous envisagez ce combat à mener d'ici la fin de l'année ?

 

Maud BREGEON

Écoutez, on a d'abord un contexte budgétaire qui est un contexte difficile du fait de la conjoncture internationale, le Moyen-Orient, la hausse des taux, du fait des crises qu'on a traversées aussi sur le plan national. Je pense aux incendies, je pense aux canicules à répétition, je pense au déficit qui doit être contenu depuis plusieurs années maintenant. Il y a quelques grandes lignes directrices qui sous-tendent la copie qui sera proposée, la copie initiale qui sera proposée au Parlement. Pas de hausse d'impôts, une baisse des dépenses ou, en tout cas, un frein sur les dépenses des ministères, et puis ensuite, il y a une méthode. Et cette méthode, c'est, au fond, sensiblement la même que l'année dernière. On propose une copie de départ et on demande au Parlement d'accepter de discuter sur la base de cette copie de départ, de l'amender dans un sens, dans un autre, et moi, j'ai la conviction que, quand on voit, notamment, regardez le rapport de l'Inspection générale des finances, qui nous explique que 15 milliards d'euros, ce serait le coût de l'absence d'un budget l'année prochaine, que le déficit pourrait s'envoler à près de 6 %, 5,9 %. Quel parti politique peut aujourd'hui se payer le luxe de l'absence de budget l'année prochaine ? Quel candidat à la présidentielle, qui croit sincèrement pouvoir être élu et donc voudrait sincèrement appliquer son programme, peut se payer le luxe de l'absence de budget l'année prochaine ? Personne. Je souhaite, je fais confiance de nouveau à la bonne volonté des uns et des autres, on verra ce qu'il en est. J'entends que certains brandissent une menace de censure avant même d'avoir pris connaissance du budget qui était proposé, avant même que les discussions parlementaires aient pu commencer. C'est à la fois irresponsable et très politicien. La campagne présidentielle ne doit pas prendre en otage les discussions budgétaires et le travail parlementaire, d'autant plus que, et je terminerai là-dessus, c'est un budget qui, pour reprendre les mots du ministre de l'Action et des Comptes publics, se veut réversible. C'est un budget pour quelques mois et le futur Président ou la future Présidente aura ensuite la légitimité pour reproposer au Parlement une modification budgétaire en fonction des orientations de son Gouvernement, et c'est bien normal. Mais d'ici là, il nous faut un budget.

 

Jérôme VAL

Merci.

 

Journaliste

Bonjour, Madame la ministre. Une question, peut-être une précision sur les aides aux carburants pour les gros rouleurs. Pour les 1,6 million qui n'ont pas encore fait la demande, est-ce que vous leur dites : « Il vous reste 12 heures pour faire la demande puisque le guichet s'arrête aujourd'hui. » ? Ou est-ce que vous leur dites : « Vous aurez un délai supplémentaire. » ?

 

Maud BREGEON

Je leur dis que nous travaillons à une reconduction de ce guichet. Donc j'aurai l'occasion de, encore une fois, le préciser très prochainement, et je les invite bien sûr à faire la demande dès que possible.

 

Journaliste

Merci.

 

Maud BREGEON

Bien, si vous n'avez pas d'autres questions, 3, 2, 1, merci à toutes et tous et à la semaine prochaine.

 

Les éléments essentiels sur les feux de forêt abordés par le ministre de l'Éducation nationale au cours de ce compte rendu du conseil des ministres :

Contexte de la rentrée scolaire 2026

    • Moment important et joyeux pour le pays, avec des vœux adressés aux professeurs, élèves et personnels éducatifs.
    • Chiffres clés :
      • 11,6 millions d’élèves et 1,2 million de personnels concernés.
      • 55 000 établissements scolaires en France.
      • Baisse démographique : 161 000 élèves en moins par rapport à 2025.
      • Prévision d’une perte de 1,7 million d’élèves entre 2025 et 2035.

Priorités de la rentrée scolaire : ces priorités s’articulent autour de quatre axes principaux :

    • Instruire
      • Prolongement du dédoublement des classes (plafonnement à 24 élèves en grande section, CP et CE1).
      • Évaluations nationales et refonte des programmes de la petite section à la 3ᵉ.
      • Focus sur :
        • la maîtrise du langage et du lexique ;
        • le raisonnement scientifique, avec la généralisation des CHAMS (classes à horaires aménagés en mathématiques et sciences) : 300 classes cette année contre 30 en 2025.
    • Protéger
      • Lutte contre les violences sexuelles :
        • Questionnaire pour les élèves sur les violences subies, avec possibilité de signalement ou de prise en charge médico-psychologique.
      • Réduction de la surexposition aux écrans numériques :
        • Interdiction du téléphone portable au lycée, avec des modalités précisées par les chefs d’établissement.
      • Protection des personnels :
        • Décret permettant de changer d’affectation un élève dont les parents menacent gravement un membre du personnel.
    • Unir
      • Renforcement de la cohésion nationale et de la citoyenneté :
        • Inclusion scolaire (conférence du handicap prévue en fin de semaine).
        • Célébration du 11 novembre dans tous les établissements.
    • Préparer l’avenir
      • Anticipation des enjeux démographiques
        • Visibilité à 10 ans sur l’évolution démographique par département.
        • Expérimentation dans 18 départements d’une carte scolaire à 5 ans pour éviter les fermetures de classes surprises.
        • Création d’une Direction de la Politique Territoriale de l’École et de l’Anticipation d’ici au 1ᵉʳ novembre 2026.
      • Adaptation au changement climatique
        • Réorganisation des examens (bac et brevet) pour éviter les sessions en période de forte chaleur (épreuves uniquement le matin).

Réussite de la réforme du recrutement des enseignants : concours en L3 avec un master rémunéré.

      • 50 % d’admis en plus pour 40 % de postes en plus.
      • Pour la première fois, des académies comme Créteil et Mayotte ont pu pourvoir 100 % de leurs postes.

Conditions techniques de la rentrée : conséquences des cyberattaques subies durant l’été.

      • Situation normale dans 28 académies.
      • Perturbations persistantes dans les académies de Nantes et Toulouse (accès partiellement suspendus pour des raisons de sécurité).
      • Rentrée assurée dans des conditions ordinaires pour les élèves malgré ces difficultés techniques.

Communication

Le ministre de l’Éducation nationale a présenté une communication sur la rentrée scolaire 2026.

La rentrée concerne cette année 11,6 millions d'élèves et 1,2 million de personnels de l’éducation nationale, dans plus de 55 000 implantations sur toute la France. Cette rentrée est marquée par l’accélération de la chute démographique, avec 161 000 élèves de moins dans notre système éducatif. Une évolution qui devrait se poursuivre, avec une baisse attendue de 1,7 million d’élèves entre 2025 et 2035. Cette rentrée est caractérisée par l’entrée en vigueur de nouvelles mesures, dédiées à la fois à améliorer la qualité de notre service public et à renforcer la protection des élèves, mais aussi de chantiers de long terme, car ce que la France sera dans vingt ans – ses innovations, sa cohésion, sa capacité à s'adapter – se décide aujourd'hui, dans chaque salle de classe.

En conséquence, quatre priorités guident l'action du ministère pour répondre à ces enjeux :

- Instruire avec une exigence renforcée, pour élever le niveau des élèves et former de futurs citoyens. Les mesures déjà engagées portent leurs fruits : dédoublement des classes en éducation prioritaire, plafonnement à 24 élèves en grande section, évaluations nationales des élèves du CP à la seconde, refonte totale des programmes de la petite section à la troisième avec des objectifs annuels. Pour poursuivre cet élan, l'accent est mis sur deux priorités absolues : la maîtrise du langage d’une part, avec un effort centré sur le vocabulaire (objectif de 2 500 mots acquis en fin de maternelle), sur l’apprentissage par cœur, et sur la lecture et l’écriture ; le raisonnement scientifique et les mathématiques d’autre part, en replaçant les automatismes et la résolution de problèmes au cœur des apprentissages, et avec la création dès cette rentrée de plus de 300 classes à horaires aménagés en mathématiques et sciences. Cette ambition s'étend à tous les établissements, avec une attention particulière portée à la lutte contre la grande difficulté scolaire, notamment au collège, ainsi qu'à la valorisation de l'excellence.

En lien avec la ministre déléguée chargée de l'enseignement et de la formation professionnels et de l’apprentissage, la carte des formations continue d'être adaptée et le dispositif AvenirPro sera déployé dans l'ensemble des lycées professionnels afin d'améliorer l'insertion des futurs diplômés. Le conseil national de la refondation consacré à l'attractivité de cette voie sera lancé en octobre 2026.

Enfin, la réforme du recrutement et de la formation des enseignants, permettant désormais de recruter et former les professeurs dès la licence, s’est traduite par l’amélioration de l’attractivité des concours, avec une hausse de 50 % du nombre d’admis pour 40 % de postes ouverts en plus. Pour mémoire, les lauréats des concours en fin de L3 débutent en ce mois de septembre leur formation rémunérée en master.

Enfin, le 11 novembre, journée nationale de la Victoire et de la Paix et d’hommage aux « morts pour la France », sera désormais commémoré dans toutes les écoles élémentaires et établissements scolaires. La cohésion nationale implique en effet de faire mémoire de celles et ceux qui ont risqué leur vie pour défendre les principes de liberté, d’égalité et de fraternité qui nous fondent.

- Prévoir : les changements majeurs qui bouleversent notre société – baisse des naissances, changement climatique, intelligence artificielle – emportent des conséquences profondes sur l’organisation et le fonctionnement de l’Ecole. Le ministère se dote donc d’une capacité à prévoir ces évolutions et à mener les adaptations nécessaires.

La baisse démographique impose de sortir d’une logique strictement annuelle pour renouer avec une politique d’aménagement du territoire par et autour de l’Ecole. L'expérimentation en cours dans 18 départements pilotes permettra de construire, en étroite collaboration avec les élus locaux, une carte de l’offre scolaire pluriannuelle. Afin d’appuyer cette nouvelle méthode qui a vocation à s’appliquer à l’ensemble des départements dès 2027, le ministère procédera à la création d’une direction de la politique territoriale de l'École et de l'anticipation avant le 1er novembre.

Le changement climatique exige également une réponse concrète et planifiée, en appui aux collectivités territoriales, qui sont propriétaires du bâti scolaire : un plan accéléré d'adaptation sera mis en œuvre pour 2 500 écoles vulnérables identifiées pendant l’été, tandis que le plan de gestion des vagues de chaleur sera renforcé d’ici au printemps prochain. Toutes les épreuves des examens de 2027, à l'exception des quelques épreuves qui durent toute la journée en voie professionnelle, se tiendront uniquement le matin.

Enfin face à l'intelligence artificielle, une approche pragmatique a été adoptée. En lien avec le Premier ministre, un enseignement obligatoire de l'IA en classe de seconde sera mis en place dès 2027, afin que les élèves en gardent l’entière maîtrise. Le programme de cet enseignement et la formation des professeurs seront mis en place cette année.

S’agissant enfin des conditions techniques de la rentrée, le ministère de l’éducation nationale a fait face à une série de cyberattaques pendant l’été qui l’ont conduit à prendre des mesures de protection. A titre de précaution, l’accès aux applications informatiques a ainsi été fermé ou très fortement réduit dans les académies de Toulouse et de Nantes pour les jours à venir. Cette situation, complexe pour les équipes, n’empêche pas l’accueil des élèves dès la rentrée et le début des cours dans des conditions ordinaires.

- Protéger : la protection des élèves et de l'institution constitue une priorité absolue.

Il s’agit d’abord de protéger les élèves contre les violences sexuelles. Alors que près de 10 % des mineurs seraient victimes de viols ou d’agressions sexuelles, dans plus de 80 % des cas dans le cercle familial, tous les élèves de la grande section à la terminale pourront faire part de leur situation, grâce à un questionnaire adapté à l'âge des enfants distribué dès novembre, avec la possibilité pour chaque élève de solliciter un entretien avec un adulte de confiance s’il le souhaite.

Il s’agit ensuite de protéger les élèves contre la surexposition aux écrans, dont les effets sur l'attention, le sommeil, la santé mentale et les facultés intellectuelles des élèves sont désormais scientifiquement établis. C’est le sens de l'interdiction du téléphone portable au lycée, prévue par la loi promulguée la semaine dernière par le Président de la République. Pour la première fois, les élèves français auront une scolarité complète sans téléphone. Des alternatives sportives, éducatives et culturelles seront proposées pour offrir de nouveaux espaces de sociabilité aux élèves. En outre, 300 emplois d’infirmiers, assistants sociaux et psychologues de l’éducation nationale sont créés en cette rentrée.

Enfin, la protection des personnels est renforcée par un décret permettant de changer d'affectation un élève dont les parents menaceraient gravement un membre du personnel éducatif, tout en garantissant un suivi scolaire renforcé.

- Unir : car l'École est la fabrique de l'unité républicaine et de la citoyenneté. Cela implique de garantir une École inclusive, laïque, luttant contre toutes les formes de discriminations et capable de rassembler autour de valeurs communes.

Depuis 2017, l'École inclusive a été profondément renforcée : 70 % d'AESH supplémentaires ont été recrutés et près de 2 800 ULIS ont été créées dans le premier et le second degré. Aujourd'hui, nos écoles accueillent 200 000 élèves en situation de handicap de plus qu’en 2017. Cette politique d’inclusion se poursuit en renforçant notamment l’attention portée à l’accessibilité, afin de permettre une scolarisation réussie et de faciliter les adaptations pédagogiques.

Dans le cadre d’un travail conjoint avec plusieurs ministères, le plan de formation à la laïcité, le plan de lutte contre le racisme et l'antisémitisme et le plan de lutte contre les haines et les LGBTphobies ont été mis en place.

Nomination(s)

Le conseil des ministres a adopté les mesures individuelles suivantes :

Sur proposition du Premier ministre :

  • M. Vianney BOURQUARD, conseiller référendaire à la Cour des comptes, est nommé conseiller maître à la cour des comptes (1er tour), à compter du 1er septembre 2026 ;
  • M. Paul TEBOUL, conseiller référendaire à la Cour des comptes, est nommé conseiller maître à la cour des comptes (2ème tour), à compter du 1er septembre 2026 ;
  • M. Pierre ROLLAND, conseiller référendaire à la Cour des comptes, est nommé conseiller maître à la cour des comptes (3ème tour), à compter du 1er septembre 2026 ;
  • M. Christian CHAPARD, conseiller référendaire à la Cour des comptes, est nommé conseiller maître à la cour des comptes (4ème intérieur), à compter du 1er septembre 2026.

Sur proposition de la ministre des Armées et des Anciens combattants :

  • M. le contrôleur général des armées Sylvain MATTIUCCI est nommé chef du contrôle général des armées, à compter du 1er septembre 2026 ;
  • M. l'ingénieur général de 1ère classe de l’armement, ingénieur du grade transitoire des ingénieurs de l'armement Bruno BELLIER est nommé directeur général de l’Ecole Polytechnique, à compter du 1er septembre 2026 ;
  • Il est mis fin aux fonctions de directeur stratégie de défense, prospective et contre-prolifération de la direction générale des relations internationales et de la stratégie exercées par M. l’ingénieur général hors classe de l’armement, ingénieur du grade transitoire des ingénieurs de l’armement Bertrand LE MEUR, à compter du 1er septembre 2026.

En outre, ont été adoptées diverses mesures d’ordre individuel concernant des officiers généraux de l’armée de terre et de la direction générale de l’armement.

Sur proposition de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature :

  • M. Alexis VUILLEMIN, ingénieur des ponts, des eaux et des forêts du grade transitoire, est nommé secrétaire général, à compter du 1er septembre 2026.

Sur proposition de la ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire :

  • Mme Marion ZALAY, ingénieure des ponts, des eaux et des forêts du grade transitoire, est nommée directrice générale de l’Établissement national des produits de l’agriculture et de la mer (FranceAgriMer), à compter du 1er septembre 2026 ;
  • Mme Maud FAIPOUX, ingénieure des ponts, des eaux et des forêts du grade transitoire, est nommée directrice générale de l’enseignement et de la recherche.

Conseil des ministres

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