Compte rendu du Conseil des ministres du 27 juillet 2026

Publié le 28/07/2026 Modifié le 14/08/2026

Situation feux de forêt et sécheresse, ratification de l'accord de protection des investissements entre l'Union européenne et le Vietnam, nominations.

Source : Présidence de la République

Compte rendu du Conseil des ministres du 27 juillet 2026


Maud BREGEON, ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre et ministre déléguée, chargée de l'Énergie auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique

(…) focalise toute l'attention du Gouvernement, les incendies qui perdurent en ce moment même en Gironde, dans le Var, dans les Landes et en Corse. Ce que je vous propose, c'est de donner immédiatement la parole au ministre de l'Intérieur, Laurent NUNEZ, qui pourra faire un point de situation globale et vous relater ce qui a été dit en Conseil des ministres. Et puis, nous passerons dans un second temps à quatre voix, si je puis dire, à la partie questions-réponses sur ce sujet et plus globalement sur l'ensemble des sujets, bien sûr, qui vous intéressent. Je vous remercie.


Laurent NUNEZ

Merci beaucoup, Madame la ministre.

Donc, pour faire un point de situation, ce qui a été dit au Conseil des ministres sur les épisodes, épisodes des feux de forêt en cours et feux en cours, feux de végétation, feux de forêt et sécheresse, avant ça, peut-être vous donner quelques éléments d'information.

C’est une information qui est sortie dans la presse. Je veux donner quelques éléments factuels sur un individu qui a été interpellé dans le secteur de la porte de Clichy, avenue de Clichy, dans le 17ème, à 11h30 ce matin, un individu qui a été interpellé par un policier de la préfecture de police hors service, et dont je salue évidemment le courage. Je voulais vous dire qu'on a donc interpellé un individu qui a agressé au couteau trois femmes. Donc je vous donne vraiment quelques éléments factuels, premiers éléments d'information qui me sont remontés, qui auront vocation à être confirmés évidemment dans le cadre d'une enquête judiciaire qui ne manquera pas de s'ouvrir.

Donc, on a un individu qui a attaqué trois femmes avec deux couteaux de cuisine, trois femmes dont aucune ne voit son pronostic vital engagé, fort heureusement, mais dont deux d'entre elles sont quand même en urgence absolue, donc sont blessées assez gravement pour avoir été touchées pour l'une aux lombaires, pour l'autre à l'abdomen, et enfin une troisième femme qui est blessée plus légèrement, qui n'est pas en urgence absolue mais en urgence relative. Et donc les trois victimes sont âgées de 19 ans, 24 ans et 36 ans.

Voilà, donc aucun… on n'a pas de pronostic vital engagé. Voilà ce que l'on sait là-dessus. L'auteur a été interpellé par un policier hors service de la préfecture de police. Encore une fois, évidemment, je lui rends hommage, c'est un acte courageux. Il n'a donné qu'une identité déclarative, il n'y a pas de… nous n'avons pas de documents à l'appui de cette identité déclarative.

Et donc, il faudra rester très prudent sur les mobiles de cet acte extrêmement violent, évidemment, évidemment, que je condamne fermement. Et l'individu, nous dit-on, tient des propos incohérents. Mais voilà, il faut être extrêmement prudent. Je vous donne vraiment du factuel. C'est vraiment tout ce qui nous est remonté sur cette affaire que je vous donne. Voilà. Donc, encore une fois, trois victimes dont le pronostic vital n'est pas engagé. Ce sont trois femmes qui ont été attaquées par un individu interpellé, attaque au couteau, avec deux couteaux de cuisine, aujourd'hui, donc ce matin, en fin de matinée, à 11h30, dans le 17e arrondissement, et donc encore une fois interpellé. Et donc les suites judiciaires à venir détermineront le mobile de cette extrêmement violente agression. Voilà.

Pour aller sur les feux de forêt, donc rapidement revenir sur ce qui a été dit en Conseil des ministres sur ce sujet, où il y avait une communication où on a pu rappeler évidemment le caractère tout à fait exceptionnel de la saison que nous vivons en matière de feux de forêt, et le motif étant évidemment les températures extrêmement élevées que nous avons connues, l'état de sécheresse, la végétation abondante et le fait que par ailleurs, très souvent, on a des facteurs climatiques qui ne nous aident pas, comme le développement du vent, et qui font que depuis le début de la saison, on a enregistré, pour être précis, 13 566 feux ou départs de feux depuis le début de la saison. Et le nombre d'hectares qui ont été brûlés, la superficie brûlée, c'est 116 085 hectares. Pour vous donner un ordre de grandeur, la dernière saison qui était la saison 2022, on avait eu sur toute une saison avec 70 000 hectares de forêts et de végétation brûlés au total. Nous en sommes déjà à 116 000 hectares. C'est vous dire qu'on vit une saison qui est totalement inédite et complètement exceptionnelle, bien évidemment.

On a fait ce point en conseil des ministres, on a fait cette présentation à l'ensemble des ministres, au président de la République, au Premier ministre, de cette situation. Et on a fait un point sur un certain nombre d'incendies en cours, d'incendies de végétation, de forêts en cours. Je reviendrai précisément sur l'incendie, très rapidement sur les incendies, mais notamment sur celui de Gironde pour vous dire exactement ce que nous faisons actuellement, la façon dont ce feu est traité.

Ça me semble important de revenir là-dessus pour bien expliquer l'engagement terrestre extrêmement important et la participation de l'ensemble des acteurs, dont d'ailleurs des agriculteurs que je veux saluer, mais j'y reviendrai.

On a fait un point, surtout au Président et au Premier ministre, des moyens qui sont les nôtres pour lutter contre ces feux de forêt. Je voudrais rappeler un certain nombre de choses : il se dit beaucoup de choses dans les médias qui sont évidemment, qui relèvent de la polémique, souvent de la polémique politique, mais je voudrais quand même remettre un peu les pendules à l'heure sur certains points.

D'abord, comme vous l'imaginez, quant à cette saison des feux, nous avions prévu qu'il allait y avoir une saison des feux extrêmement compliquée, compte tenu des conditions climatiques que j'ai rappelées. Et cette saison, elle a commencé très tôt. Très tôt, en mai, juin, on a commencé à avoir un certain nombre d'incendies, c'est ce qui lui confère un caractère exceptionnel. Mais surtout, comme chaque année, comme chaque année, le ministère de l'Intérieur, la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises placée auprès du ministre de l'Intérieur, préparent la saison des feux.

Préparer la saison des feux, ça veut dire quoi ? Ça veut dire mobiliser et prépositionner sur l'ensemble du territoire national un certain nombre de moyens aériens, de moyens terrestres qui permettent de nous déployer très rapidement sur les incendies et les feux de végétation. Et ça, ce prépositionnement, il est extrêmement important. Ça fait partie des leçons que nous avons tirées, notamment de 2022. Une planification qui permet de prépositionner des moyens pour être le plus réactif. Et tous les jours, on procède à des réajustements en fonction de la carte qui nous est donnée par Météo-France et des observations qui sont aussi faites par des organismes aussi importants que l'Office national des forêts. Et tous les jours, on prépositionne ces moyens terrestres, ces moyens aériens.

Ces moyens, ils sont de quel ordre ? Ils ont augmenté de manière considérable, considérable. Pour vous donner quelques chiffres, les colonnes de sapeurs-pompiers qui sont susceptibles de venir renforcer les départements qui sont impactés par des feux de forêt et des incendies. Il y a 51 colonnes qui sont constituées cette année, pour cette année, au niveau du territoire national. C'est évidemment bien plus que ce qu'on a connu par le passé, et singulièrement dans les périodes d'avant l'incendie de 2022, et même avant. Donc, on a tiré toutes ces conséquences, prépositionné des moyens, augmenté les moyens. Il y a aussi la question des engins, du matériel qui est utilisé en terrestre pour lutter contre les incendies. Je veux rappeler qu'à partir de 2022, a notamment été mobilisé ce qu'on a appelé le Pacte capacitaire, qui a permis à l'État d'engager une enveloppe de 150 millions d'euros pour venir en aide aux services départementaux d'incendie et de secours pour acheter des équipements et notamment du matériel mobile de lutte contre les incendies. Ce sont 540 engins qui ont pu être acquis de cette façon, qui sont actuellement déployés sur le terrain avec un engagement de l'État de 150 millions d'euros et les SDIS ont dépensé l'équivalent, 150 millions d'euros également, pour un total de 300 millions d'euros qui nous a permis de renforcer les moyens mobiles pour lutter contre les incendies.

D'une manière générale, le budget de la Sécurité civile, qui relève du ministre de l'Intérieur (le programme 161) est passé en crédits de paiement en 2017 de 450 millions à 800 millions en 2026. C'est une augmentation de 76 %, on est presque au double. Je vous passe évidemment l'augmentation des budgets des services départementaux de secours sur la même période, qui a été extrêmement conséquente puisqu'elle elle a dépassé le milliard d'euros sur cette période. Ce sont autant de moyens qui ont été mis à la disposition des SDIS. Ce qui pose d'ailleurs une problématique de financement des SDIS à venir, mais ça, c'est un autre sujet qui n'a pas de conséquences sur les moyens.

Donc, c’est une augmentation significative des moyens, et puis évidemment, des moyens aériens. Je suis sidéré et effaré de voir qu'on commente notre flotte aérienne en se contentant de parler des Canadairs. La flotte aérienne française, elle a une force, c'est qu'elle est très diverse. C'est le président de la République qui l'a voulu, qu'on ait à la fois des avions qui soient en capacité de projeter de l'eau, c'est les Canadairs, qui sont des avions amphibies, qui permettent d'avoir évidemment un taux de rotation important, mais on a aussi une flotte qui permet de propulser et de projeter et de l'eau et du produit retardant des incendies, et c'est fondamental.

Par exemple, dans le traitement du feu de Bordeaux, mais j'y reviendrai, les produits retardants, c'est fondamental. Et nous avons donc ces 12 Canadairs, et nous avons 8 Dash qui sont des avions qui ont une capacité d'emport, ce que personne ne dit, de 10 000 litres —un Canadair, c'est 6 000 litres, un Dash, c'est 10 000 litres— qui peut faire et de l'eau et du produit retardant. Et ça, les Dash, évidemment, on est passé de 2 à 8 Dash en très peu de temps, et on a eu 6 Dash nouveaux qui ont été livrés entre 2019 et 2023. Donc, il faut arrêter de dire que notre flotte n'a pas été renouvelée, que notre flotte n'est pas à niveau. C'est une flotte diversifiée : 12 Canadairs, 8 avions Dash. Et puis nous louons par ailleurs, au-delà de ces moyens patrimoniaux, nous louons chaque année, et c'est le cas actuellement, 10 hélicoptères bombardiers d'eau, 10 hélicoptères bombardiers d'eau, et puis 6 avions qui sont des avions bombardiers, ce qu'on appelle les avions Air Tractor. Nous en avons 6. Donc au total, si vous rajoutez les moyens qui ont été acquis par les SDIS, au total, la flotte aérienne française, c'est 67 vecteurs, 67 vecteurs. Ce qui est évidemment extrêmement important ; c'est-à-dire à la fois ce que nous louons, ce que nous avons en patrimonial, et puis les moyens des SDIS. Ce qui en fait d'ailleurs une des flottes les plus importantes d'Europe. Il faut s'en féliciter.

Et donc il faut arrêter de se contenter de se limiter à telle ou telle catégorie d'aviation, d'avions, types d'avions ou types d'hélicoptères. Pour nous, ce qui est important, c'est la diversité de notre flotte. Donc voilà, des budgets en augmentation, des moyens aériens qui sont bien là, et puis des moyens terrestres qui ont été également renforcés.

La traduction très concrète, et j'en terminerai par là pour ne pas être trop long, la traduction très concrète de tout ça, c'est ce qui se passe en Gironde actuellement. En Gironde actuellement où on a un feu inédit. C'est un feu qui touche une forêt du Sud-Ouest, un feu qu'on appelle convectif, en fait. Il a sa propre vie. Il profite à la fois des conditions climatiques et de la consistance de ces forêts pour avoir un comportement qui est complètement erratique. Il est autonome, il s'auto-alimente, il part un peu dans tous les sens. C'est un feu qui est compliqué, évidemment, à maîtriser, très compliqué à maîtriser, qui a déjà parcouru plus de 40 000 hectares, 40 000 hectares. C'est beaucoup plus que le nombre d'hectares qui avaient été brûlés au cours des incendies sur cette même zone en 2022, où on était à 22 000 hectares. Donc là, nous sommes déjà à 40 000. Au moment où je vous parle, il est stabilisé, il n'est pas fixé, cet incendie, j'y reviendrai également. Mais on est confrontés en Gironde à un phénomène qui est totalement inédit, puisque par ailleurs, à une reprise, et ça a été commenté par certains de vos confrères sur certaines chaînes, à une reprise, ça s'est passé dans la nuit de vendredi à samedi, cet incendie a développé un nuage pyrocumulonimbus, c'est-à-dire un nuage qui provoque des arcs électriques, qui projette de la matière incandescente très loin et qui monte très haut en altitude. C'est un phénomène qu'on n'avait jamais observé sur le territoire national. On l'a vu dans d'autres pays, ça existe aux États-Unis, ça peut exister dans des pays plus au sud, mais on ne l'avait jamais vu. On est donc confronté à une situation qui est totalement inédite et qui fait d'ailleurs que ce feu, par moments, s'est dirigé vers la métropole bordelaise.

Actuellement, donc, il est en cours de traitement. Et donc, tous les moyens dont je vous ai parlé, ça permet quoi ? Ça permet que, sur une journée comme hier, on n'avait pas, comme on a pu nous le dire sur un journal télévisé, que quatre Canadairs qui étaient [inaudible]. On avait donc 18 vecteurs aériens qui étaient engagés sur ce feu, sur cette zone, 18 vecteurs aériens. On avait 2 500 sapeurs-pompiers qui étaient engagés sur le feu, le traitement du feu de la Gironde. 2 500 sapeurs-pompiers. Le SDIS, l'engagement des locaux, des sapeurs-pompiers de Gironde, c'est 600. Donc, il y avait 1 900 renforts qui provenaient soit de la zone, soit voire même de départements de toute la France, comme de nombreux reportages qui ont été diffusés l'ont montré. On avait 1 500 militaires qui étaient engagés. Je remercie encore une fois la ministre des Armées. 1 500 militaires engagés sur le terrain, à terre. On avait également des agents de la Défense forêt contre les incendies, la DFCI, qui sont intervenus. On a réquisitionné des moyens du BTP pour pouvoir intervenir. Et puis on a aussi eu des professionnels qui sont venus en soutien des sapeurs-pompiers, dont de nombreux agriculteurs, toujours sous coordination évidemment du directeur des opérations de secours, c'est important, il ne faut surtout pas agir seul sur les incendies.

Et qu'ont fait toutes ces personnes ? Eh bien, toutes ces personnes ont travaillé avec des engins à terre. Travailler à terre, ça veut dire créer des coupe-feux qui peuvent être donc de créer des bandes de déforestation ou qui peuvent être des tranchées, parfois d'ailleurs les deux en même temps. Ça peut consister à allumer des feux tactiques. Et ça consiste, c'est en ça que le débat sur les Canadairs est absolument ridicule sur ce feu, ridicule : ça consiste aussi à projeter du produit retardant. Le but, c'est d'empêcher le feu de progresser. On creuse des tranchées, on allume des feux tactiques, on crée des zones de coupe-feu et on projette du produit retardant, ce qui est le rôle évidemment des Dash et de l'A400M qui a été utilisé deux fois et qui va l'être une troisième fois cet après-midi.

Voilà le travail qui est opéré, et c'est d’ailleurs ce que nous présentons, et ce qui est suivi de très près par le président de la République et le Premier ministre. Voilà le travail qui est opéré sur ce feu pour essayer de le stabiliser. C'est un travail qui est essentiellement terrestre. Bien sûr qu'il y a le soutien et l'appui des moyens aériens sur certains secteurs, essentiellement d'ailleurs pour déverser du produit retardant, mais voilà ce que je voulais vous dire sur ce feu, qui est finalement un feu inédit assez extraordinaire, mais qui montre bien que tous les moyens que nous avons mis en place, eh bien, nous sommes en capacité de les déployer sur cet incendie totalement inédit, exceptionnel, et dans les proportions que je vous ai données.

Je vous les rappelle, on a 2 500 sapeurs-pompiers, 18 vecteurs aériens, 1 500 militaires avec leurs engins, avec leurs engins qui permettent, en génie et en génie, de construire les tranchées dont je parlais, la mobilisation d'agriculteurs, la mobilisation d'entrepreneurs, de matériels d'entreprise, qui ont été requis et qui nous permettent de traiter ce feu. Voilà ce que je voulais vous dire en quelque… pour ne pas être trop long, à la fois sur, d'une manière générale, la mobilisation exceptionnelle des moyens qui est la nôtre, sur les feux de forêt et les feux de végétation, et puis le traitement plus particulier du feu de Gironde.

Ce que je voulais vous dire également, c'est que, évidemment, la saison est loin d'être terminée. Donc, comme je l'avais annoncé, d'ailleurs, dès le début du mois de juin, on s'attendait à une saison compliquée, on s'attend évidemment à ce que le reste de la saison soit très compliqué, ce qui pose évidemment la question de la fatigue de nos effectifs, et notamment des sapeurs-pompiers, à qui je veux rendre évidemment un hommage appuyé, et le soin qu'on doit apporter évidemment à renouveler, à régénérer la ressource.

Donc, je voudrais remercier les sapeurs-pompiers qui s'engagent, les militaires, les effectifs de la Sécurité civile, les effectifs nationaux, l'ensemble de ceux qui viennent nous soutenir, les agriculteurs, les personnels soignants aussi, qui, en ce moment, font un travail remarquable dans la région bordelaise, comme vous le savez, il y a eu un certain nombre d'évacuations de personnes : 220 000 personnes ont dû être évacuées dans la région de Bordeaux. Et donc, il y a eu aussi des évacuations qui ont été faites de personnes qui avaient besoin de soins. Je voudrais vraiment remercier les soignants, les élus locaux, les maires, qui ont activé l'ensemble de leurs plans communaux de sauvegarde.

Voilà, remercier tous ces acteurs qui se sont impliqués et y compris les forces de sécurité intérieure, car dans cette manœuvre, il y a évidemment une démarche d'accompagnement des évacuations, de sécurisation des évacuations et surtout de sécurisation des bâtiments, des bâtis qui ont été évacués. Voilà.

La saison s'annonce encore très compliquée. Il faudra évidemment que nous restions très mobilisés et surtout que nos concitoyens intègrent bien des conseils de la plus grande vigilance : 9 feux sur 10 sont d'origine humaine et sur ces 9 feux sur 10, un point nous était fait par les forces de sécurité intérieure en réunion ce matin autour du président de la République en SIC, nous avons sur les incendies volontaires un peu plus de la moitié, plus de la moitié qui sont criminels. Nous sommes à 5 personnes qui sont incarcérées, qui ont été condamnées pour des mises à feu sur ces dernières semaines et 15 personnes qui sont en détention provisoire en attente de leur jugement.

Donc voilà : message de vigilance extrêmement fort. Et puis, un message peut-être plus local, plus particulier, c'est de bien rappeler ce qui a été dit par le Gouvernement, ce qui a été rappelé par Madame la ministre Maud BREGEON ce matin sur France Info. Il faut absolument éviter, c'est un message que je repasse, tant que nous n'avons pas traité et réglé le feu de Gironde, il faut éviter de se rendre en Gironde. Absolument : il faut éviter de se rendre en Gironde. Il y a des manœuvres de secours qui sont en cours. Et donc, voilà, il faut éviter de les perturber. Et donc, je réitère ce message de précaution.

Voilà.


Maud BREGEON

Merci beaucoup. Question.


Valentin VALETTE

Bonjour. Valentin VALETTE pour TF1/LCI. Tout à l'heure, vous disiez que le feu était stabilisé, mais pas fixé. Est-ce que vous êtes rassuré maintenant ? Est-ce qu'on peut dire que la situation n'est plus défavorable comme tout à l'heure ? Et j'aurais une deuxième question pour Madame BREGEON. Est-ce qu'il y aura une déclaration de catastrophe naturelle pour indemniser notamment les personnes qui ont été touchées par ces incendies ? Merci.


Laurent NUNEZ

Sur la caractérisation de ce qui s'est passé sur le feu de Gironde est très, je le dis avec beaucoup de prudence. « S'est stabilisé » ça veut dire qu'il n'a pas progressé dans la nuit. C'est vraiment ça ce qui est essentiel à retenir. Il n'a pas progressé dans la nuit. On reste sur une superficie brûlée de 42 000 hectares. Il n'est pas fixé, ça veut dire qu'il continue. Vous avez encore des effectifs qui, au sol, luttent contre ce feu, et donc, il n'est pas fixé. Donc, je ne vais absolument pas être rassurant, je ne tiens pas à l'être. Il faut qu'on reste très concentré, très déterminé pour partir à tout moment. Hier, l'incendie du Var, l'incendie qui a lieu dans le Var actuellement, à la faveur du mistral, a pu repartir en de nombreux endroits, et ce sont 1 000 hectares qui ont de nouveau été concernés par cet incendie qui, lui non plus, n'est pas fixé. Donc voilà, je reste très prudent. « Stabilisé » ça veut surtout dire que cette nuit, il n'a pas progressé. Maintenant, demain, nous savons que les températures vont remonter, qu'on va passer dans un épisode de chaleur intense, et donc, voilà, il faut vraiment rester très prudents. Ce qu'il faut retenir, c'est ce que nous faisons actuellement pour enrayer sa progression et la mobilisation exceptionnelle qui est en cours.


Valentin VALETTE

Aujourd'hui, la situation est toujours défavorable ?


Laurent NUNEZ

Je considère que la situation est toujours défavorable. Tant que le feu n'est pas fixé, la situation reste défavorable.


Maud BREGEON

Et pour répondre à votre deuxième question, toutes les options sont évidemment sur la table. Vous savez qu'il y a un point qui est fait dans quelques minutes par le ministre de l'Économie, Roland LESCURE, où je me rendrai une fois ce compte-rendu terminé pour échanger avec l'ensemble des acteurs économiques. Le ministre de l'Économie a par ailleurs eu une réunion dédiée avec les compagnies d'assurance et a pu s'exprimer à l'issue. Ce que je suis en capacité de vous dire à l'heure où on se parle, c'est que l'État et le Gouvernement seront pleinement aux côtés des habitants, des populations, tant pour répondre aux enjeux de reconstruction qu'aux enjeux d'indemnisation. Et donc personne ne sera laissé sur le côté.


Valentin VALETTE

Donc pour l'instant, sur la catastrophe naturelle, ce n'est pas d'actualité ?


Maud BREGEON

Je vous ai répondu.


Christelle MÉRAL

Bonjour, Mesdames les ministres, Monsieur le ministre. Christelle MÉRAL, France Télévisions. J'ai bien entendu, Monsieur le ministre, ce que vous avez dit concernant les moyens aériens. Quelques précisions cependant concernant les Canadairs. Donc 7 sur 12 sont actuellement à l'arrêt. Alors question très simple, très précise : combien de temps vont encore durer les opérations de maintenance ? Et par ailleurs, quand les 7 Canadairs seront disponibles sur le terrain ? Et puis, une question aussi sur l'A400M. Il y a moins de rotations possibles en raison de la nature, la configuration de cet avion, il y a eu peu de rotations, vous le disiez, pour le moment. Alors que répondez-vous à ceux qui disent qu'il s'agit d'un pansement sur une jambe de bois ? Je vous remercie.


Laurent NUNEZ

Sur les deux questions, donc d'abord l'indisponibilité des avions Canadairs pour maintenance, c'est habituel. C'est pareil toutes les saisons. Nos 12 Canadairs, je le redis parce qu'à force de se répéter, enfin la pédagogie, c'est l'art de la répétition, mais nos 12 Canadairs sont de dernière génération. Nos 12 Canadairs sont de dernière génération, ce qui n'est pas le cas de toute la flotte des Canadairs des pays européens. Avec un taux de rotation qui est très élevé actuellement, compte tenu de ce qu'on vit. Le taux de rotation, il est fois trois par rapport à l'année passée, c'est-à-dire qu'en nombre de largages, en nombre de vols, donc il est normal qu'il y ait de la maintenance. Cette maintenance, elle s'effectue, elle tourne, et tous les jours, vous avez effectivement des appareils qui sont en maintenance et que l'on compense par des locations, que l'on compense évidemment par des locations, notamment nos hélicos, nos avions Air Tractor. Donc voilà, moi, le taux de maintenance, tous les matins, effectivement, j'ai une cartographie de ce qui est dispo, pas dispo. Effectivement, aujourd'hui, d'ailleurs, qui n'a pas vocation d'ailleurs à être rendue publique, mais je constate qu'elle l'est. Effectivement, ce matin, au démarrage, c'était 7 Canadairs sur 12 qui tournent sur l'ensemble des secteurs qu'on a dits. Mais ça n'est pas l'entièreté de notre flotte. Il faut vraiment le rappeler. On se focalise sur les Canadairs, ça n'est pas l'entièreté de notre flotte. Deuxièmement, sur l'A400M, et généralement la maintenance, ça tourne. Je rappelle que nous avons 12 Canadairs et nous avons autant, le double encore de moteurs pour les remplacer quand il y a des avaries plus importantes. Donc ça aussi, c'est de la prévision, de la précaution. Dans l'augmentation du budget de la Sécurité civile, il y a eu ça aussi, il y a eu d'acheter un certain nombre de matériels. Sur l'A400M, son rôle précis, ça a toujours été dit comme ça, d'abord on l'expérimente, c'est de projeter du produit retardant, du liquide retardant sur les zones qui en ont besoin, et ça ne peut pas être des zones habitées et ça ne peut pas être des zones parcourues par le feu. On le développe à titre préventif. Donc c'est tout sauf un pansement, c'est tout sauf ça. Voilà. Donc au bout d'un moment, il faut savoir de quoi on parle. Comment refuser l'utilisation de ce qui a été demandé par le Premier ministre dont on a longuement parlé ce matin. Comment refuser l'utilisation d'un avion qui est capable de projeter 20 000 litres de produit retardant là où nos DASH, là où nos 8 DASH, à eux seuls, évidemment, c'est 10 000 litres par DASH, mais voilà, on a une capacité supplémentaire. Il peut voler à plus basse altitude, il permet de faire des visées qui sont plus ciblées, et c'est ce qui a été fait hier. Je pense que si vous en parlez au maire de Lacanau, puisqu'hier, il y a eu une projection pour protéger Lacanau, je pense qu'il n'aura pas la même analyse que les polémistes qu'on entend sur les chaînes d'information ou autres, qui s'expriment dans les médias et qui, je pense, ne savent pas forcément toujours de quoi ils parlent.


Christelle MÉRAL

Très concrètement, quand les Canadairs seront-ils à nouveau disponibles, ceux qui sont en maintenance ? C'est juste pour...


Laurent NUNEZ

Voilà, le temps de la maintenance, le temps qu'il faudra. Mais si vous voulez, on peut publier tous les jours le taux de disponibilité de nos appareils. Vous regardez comment ça se passe en Italie, en Espagne, en Grèce, et vous verrez qu'il y aura le même taux de maintenance. Pourquoi ? Parce que ce qu'il y a derrière tout ça, c'est la sécurité de nos pilotes et c'est extrêmement essentiel. Nos pilotes, en matière de sécurité civile, font un travail remarquable. Ils sont très courageux, très courageux. Vous savez, ils s'engagent au plus près du feu, comme tous les sapeurs-pompiers. Et donc la priorité, notre priorité dans la lutte contre ces incendies, c'est aussi d'assurer la protection et bien sûr la protection de ceux qui interviennent pour protéger nos concitoyens et bien sûr de protéger la vie de nos concitoyens. Mais ça, c'est important.


Hugo CAPELLI

Bonjour, Hugo CAPELLI pour BFMTV. 

Une question d'abord : quels ont été les propos du président MACRON, que ce soit à la cellule de crise ou au Conseil des ministres ? Est-ce qu'il faut s'attendre à un déplacement de sa part en Gironde aujourd'hui ou dans les prochains jours pour aller rencontrer les pompiers mobilisés ou les habitants aussi qui ont dû être évacués ? Merci.


Maud BREGEON

Je ne m'exprimerai que concernant les propos du président de la République en Conseil des ministres, qui a ouvert ce Conseil des ministres en saluant l'engagement du Gouvernement, l'engagement des services de l'État, des services déconcentrés, de l'ensemble du corps préfectoral, qui est bien sûr mobilisé, et des forces d'intervention et de secours, engageant bien sûr les uns et les autres, mais c'est tout à fait naturel, à rester pleinement mobilisés dans les heures, jours et semaines à venir. Le ministre de l'Intérieur l'a dit, l'été n'est pas terminé, est loin d'être terminé. Le mois d'août sera, à n'en pas douter, difficile. Et ensuite, le président de la République a très rapidement donné la parole aux différents ministres pour que les uns et les autres puissent s'exprimer dans leur domaine de compétence. Quant à la question d'un éventuel déplacement, je vous renvoie vers le service de presse de l'Élysée. Je n'ai pas plus de commentaires à faire dessus.


Jimmy

Bonjour. Jimmy [inaudible], journaliste indépendant. Une question pour vous, madame BREGEON. Il y a quelques jours, Le Monde a révélé que le chef du gouvernement, monsieur LECORNU, dont vous portez la parole devant moi aujourd'hui, a convoqué les représentants des principales banques françaises dans le but d'assurer un prêt à madame LE PEN pour qu'elle puisse faire campagne dans le cadre de la prochaine présidentielle. Ma question est donc celle-ci : comment l'État et la puissance publique qu'il représente peuvent-ils travailler à faire obtenir un prêt bancaire auprès d'entreprises privées, de banques privées, de s'en porter garant en faveur d'une candidate condamnée en appel pour détournement de fonds publics ?


Maud BREGEON

Les informations du Monde sont évidemment biaisées et l'article était extrêmement orienté. Le Premier ministre a repris un chantier qui avait été ouvert, vous vous en souvenez probablement, par François BAYROU, qui était celui de la banque de la démocratie, qui pointe une question qui, au fond, se pose désormais de longue date : comment est-ce que les candidats à la présidentielle, quels qu'ils soient, et pas uniquement Madame LE PEN ou je ne sais qui, peuvent avoir accès à un financement avec des banques françaises ? Et d'ailleurs, ça reboucle sur ce qu'on fera prochainement avec un projet de loi dédié à la question des ingérences. Tout ça est à prendre bien sûr d'un, si je puis dire, ensemble, la question des ingérences se pose, et pour lutter contre les ingérences, et notamment les ingérences étrangères, il convient que les candidats puissent se financer de par des banques françaises. Ça ne vise donc pas une ou un candidat en particulier, mais c'est un chantier qui est encore une fois en cours depuis des mois, si ce n'est des années maintenant. En tout cas, c'est au cœur du débat politique.


Jimmy

En tout cas, cette proposition de Monsieur BAYROU a été enterrée depuis, et là, il ne s'agit bien que de Madame LE PEN, pour le coup. Factuellement, et j'entends vos arguments de souveraineté, on les entend je crois tous, mais là, le refus des banques est rationnel en fait, puisque ces entreprises privées se basent sur la gestion financière catastrophique du RN, ses décisions, enfin, ses déboires judiciaires qui forment un argument de fait objectif. Venir mettre la puissance publique, donc l'argent des Français, là, factuellement, en faveur de cette unique candidature, peut paraître, paraît, on lit les gens sur internet, paraît incompréhensible pour beaucoup de Français qui nous écoutent aujourd'hui. Notre question : sur quelle base démocratique cette initiative, vous dites que c'est au cœur du débat que vous avez en interne au gouvernement, s'appuie-t-elle pour venir à la rescousse d'une candidature unique, celle de madame LE PEN ?


Maud BREGEON

Je le redis, c'est une initiative qui ne vise pas une candidature plus qu'une autre, qui vise à pallier à des risques d'ingérence, et notamment d'ingérence étrangère, et enfin qui fait suite à des initiatives, et précisément à une initiative lancée, celle de la Banque de la démocratie, il y a un certain temps de ça maintenant. Donc plus de commentaires à faire.


Jimmy

Et dernière relance, parce que vous parlez de démocratie, c'est important, il est vrai, des ingérences, etc. Mais du coup, démocratiquement, de la part d'un pouvoir que vous représentez aujourd'hui, qui est aux manettes depuis 10 ans, qui est arrivé au pouvoir avec Monsieur MACRON sur cette base, cette promesse de faire barrage à Madame LE PEN aujourd'hui, qui est au plus haut, la responsabilité peut-être du gouvernement aujourd'hui dans cette— c'est un peu inconfortable de vous voir aujourd'hui sauver cette personne, sauver cette candidature. Qu'est-ce que vous répondez aux Français qui ne sont pas convaincus ? Ils sont nombreux. Est-ce que vous me répondez aujourd'hui ?


Maud BREGEON

Je viens de vous répondre. Je vous remercie.


Jimmy

Rien de plus. Merci beaucoup. Je vous remercie.


Oscar TESSONNEAU

Bonjour, messieurs-dames les ministres. Oscar TESSONNEAU pour la dernière RedBrain Magazine. Demain, il est très fort probable qu'il y ait une nouvelle vague de chaleur qui soit présente au sein de nombreuses régions en France. Arnaud ROBINET vient de faire une déclaration sur TF1 ce matin pour dire que les hôpitaux vont avoir besoin de soutiens supérieurs pour pouvoir surmonter la crise. J'inclus les établissements médico-sociaux, pour aider les plus vulnérables. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de plus dans l'aide qui sera apportée aux établissements de soins en cas de chaleur supplémentaire demain ? Et peut-être une question à Monique BARBUT également. Quelles ont été les principales alertes ou les principales sources d'inquiétude des associations qui sont dans une phase de protection de la biodiversité, notamment de certaines espèces, je pense à la LPO notamment, qui ont été profondément impactées par les feux en Gironde et dans le Var ?


Maud BREGEON

Alors juste vous dire que la situation est suivie avec la plus grande vigilance depuis des semaines maintenant, puisqu'on n'en est pas à la première vague de canicule. Les plans ORSAN et plans ORSEC, d'ailleurs, ont été successivement déclenchés au niveau nécessaire, donc on continue bien sûr avec la plus grande attention. Pour le reste, je vous renvoie au cabinet du ministre de la Santé. Madame la ministre.


Monique BARBUT

Merci. Je vais vous répondre très rapidement. Nous n'avons pas de chiffres aujourd'hui exacts de l'ampleur, si vous voulez, des dégâts sur la faune sauvage, mais il est évident que cela va être des chiffres catastrophiques d'ici la fin de l'été, aussi bien sur la faune sauvage dans les forêts, par exemple, mais aussi dans les milieux aquatiques, qui sont durement impactés à cause de la chaleur de l'eau qu'on vit aujourd'hui.


Oscar TESSONNEAU

Je vous remercie. Oui, Monsieur NUNEZ. Vous avez parlé tout à l'heure de la fatigue des sapeurs-pompiers. Ce feu, en plus, risque de durer longtemps, plusieurs semaines, peut-être plusieurs mois pour l'éteindre définitivement. Comment vous allez organiser justement cette rotation des professionnels, des sapeurs-pompiers qui font face justement à une fatigue extrême, notamment ces derniers jours, en travaillant plusieurs dizaines d'heures ? Merci.


Laurent NUNEZ

La rotation, on va l'organiser évidemment en lien avec la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, c'est-à-dire de remplacer les colonnes et de venir soutenir chaque département qui sera impacté. C'est ça, la façon de travailler, c'est une rotation, de faire en sorte qu'on puisse éviter que les mêmes effectifs soient trop souvent exposés, en tout cas trop longtemps dans la journée. Voilà, c'est notre façon de travailler. C'est quelque chose qui est très rodé, même si actuellement, vous l'imaginez, l'engagement est exceptionnel puisqu'ils font face à un feu absolument exceptionnel. Voilà, c'est de la régénération de forces qu'on a l'habitude de pratiquer.


Oscar TESSONNEAU

Merci.


Olivier ENOGO

Monsieur le ministre de l'Intérieur, Olivier ENOGO, OR Médias. Vous avez parlé tout à l'heure des évacuations. Je voudrais savoir quelles sont les mesures que vous avez mises en place pour la sécurisation des biens, d'autant plus que, si on croit les polémiques, certaines personnes de la région Aquitaine ont de moins en moins confiance en Madame la préfète suite à son interview, où elle s'est montrée un tout petit peu légère par rapport aux chiffres, sachant qu'il y avait des personnes en souffrance qui perdaient leurs biens constitués depuis 10 ans, 20 ans, voire 30 ans ?


Laurent NUNEZ

D'abord, Madame la préfète de la région, préfète de zone par ailleurs, a évidemment fait un travail remarquable. Elle est confrontée à une situation inédite. Peut-être que— je pense que peu de préfets ont connu, peu de préfets de zone et préfets de département— elle est préfète de zone, préfète de région, préfète de département, ont connu une situation aussi grave et la gestion à laquelle elle procède avec l'ensemble des équipes de Gironde, l'ensemble des équipes de la zone, est absolument remarquable et ne souffre, je pense, d'aucune critique. Les décisions ont été prises toujours au bon moment. Et quand on procède à des évacuations, je vous assure, c'est vraiment pour essayer de faire en sorte qu'il n'y ait pas d'atteinte à la vie humaine. Sauf erreur de ma part, évidemment, nous déplorons le décès dans toute cette séquence de cette saison des feux de forêt, de trois sapeurs-pompiers, un en Savoie, deux en Gironde la semaine dernière, deux sapeurs-pompiers en Gironde pour lesquels je veux avoir une pensée. Mais nous n'avons pas de victimes, nous n'avons pas de victimes parmi la population civile. Et ça, c'est grâce aux mesures qui ont été prises et il faut le rappeler. Il faut le rappeler. Voilà, je veux le redire. Concernant les— et nous avons, je tiens aussi à le souligner, environ 80 sapeurs-pompiers qui ont été blessés légèrement sur cette séquence du feu de Gironde. 80 sapeurs-pompiers qui ont été blessés légèrement. Il y a eu assez peu de prises en charge en milieu hospitalier, mais enfin quand même, c'est un... Voilà. Concernant les mesures de sécurisation, enfin, il n'y a pas de... Les chiffres, je peux vous les redonner, c'est 1 700 gendarmes et policiers qui sont engagés pour aider aux évacuations et assurer des missions de sécurisation, des missions de sécurisation. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire... Et j'oublie, pardon, c'est extrêmement important, les 500 militaires du dispositif SENTINELLE qui ont été fléchés sur le département de la Gironde pour assurer une sécurisation des zones qui ont été évacuées. Même chose dans les Landes pour les zones qui ont été évacuées, parce que vous savez que dans les Landes, il y a eu à peu près 30 000 personnes qui ont été évacuées. 220 000 en Gironde, 30 000 dans les Landes. Et vous avez des gendarmes qui patrouillent avec des militaires du dispositif SENTINELLE et des policiers, notamment des CRS, donc des membres des Compagnies républicaines de sécurité, qui assurent une surveillance qui est assez efficace puisqu'on a déjà interpellé deux ou trois personnes qui s'étaient livrées à des cambriolages ici ou là. Et donc voilà. Donc, 1) soutien total à Madame la préfète. Je ne sais pas de quoi vous parlez, je ne vois pas de quoi vous parlez. Il n'y a que des décisions qui sont prises…


Olivier ENOGO

Ce sont des infos dans des émissions…


Laurent NUNEZ

Les décisions qui sont prises sont des décisions importantes, qui ne visent qu'une chose, c'est à préserver les vies humaines. Et puis, par ailleurs, la mobilisation des forces de sécurité intérieure pour sécuriser les zones concernées, elle est tout bonnement exceptionnelle.


Elizabeth PINEAU

Bonjour. Elizabeth PINEAU, de l'agence Reuters. Une question pour Madame la ministre de l'Environnement. Pour aller plus loin sur l'hécatombe de la faune et de la flore, si on va un temps plus loin, quelles sont les espèces les plus touchées ? Qu'est-ce qu'on peut faire à court et moyen terme pour réintroduire peut-être certaines espèces, mieux planter ? Et puis, j'ai une question également pour la ministre de l'Agriculture. À l'heure où un nouvel épisode de canicule approche, comment éviter l'hécatombe dans les élevages intensifs ? Merci.


Monique BARBUT

Alors, malheureusement, sur votre question, nous n'avons pas de réponse précise aujourd'hui puisqu'on est incapable d'aller dans ces forêts qui ont été touchées. Enfin, je veux dire, ce sont des zones interdites aujourd'hui. Elles brûlent encore pour l'essentiel. On sait qu'on va avoir sur l'ensemble de la faune qui existe dans ces forêts, des pertes extrêmement importantes. On le sait, ça va toucher aussi bien les oiseaux que les cerfs, les… enfin, l'ensemble des espèces va être impacté. Ça, nous le savons. Maintenant, sur quel niveau, combien ? On est incapable aujourd'hui de donner un chiffre sérieux. Certains, j'ai vu aussi comme vous des chiffres apparaître, mais aujourd'hui, je n'ai aucune remontée de l'OFB qui est capable de me donner un vrai chiffre. On sait que ça va être lourd, mais comme on ne peut pas y aller, on n'est pas capable aujourd'hui de donner suite à ces chiffres qui circulent.


Elizabeth PINEAU

Mais au-delà du bilan, ma question, c'était au-delà du bilan possible, est-ce qu'il va falloir réintroduire des espèces ? Jusqu'à présent, on laisse les choses se faire plus ou moins naturellement. Est-ce que là, étant donné l'échelle… ?


Monique BARBUT

On va voir quelles sont les espèces qui ont été impactées. Je veux dire, comme vous le savez, par ailleurs, et en dehors des feux de forêt, on essaye par exemple de réintroduire le lynx en France. Donc on a des espèces qu'on essaye de réintroduire, mais comme on ne sait pas celles qui ont été impactées, honnêtement, si ce sont des sangliers, je ne pense pas qu'on va faire grand-chose, si vous voulez, compte tenu de ce que sont les invasions de sangliers. Donc ça va dépendre véritablement des espèces sur lesquelles on aura, je l'espère, d'ici… enfin, pas avant la mi-septembre, mais à ce moment-là une idée un peu plus précise des mesures qu'il nous faudra prendre pour réintroduire, si de besoin, de la faune sauvage dans ces milieux, sachant que, par ailleurs, la faune sauvage, elle a besoin d'un habitat. Et donc, je veux dire, réintroduire de la faune lorsqu'il n'y a plus de forêts, c'est un peu compliqué. Et donc, l'idée, d'abord, ça va être de s'assurer qu'on ait les habitats nécessaires pour la réintroduction de cette faune.


Elizabeth PINEAU

Puisque vous êtes toujours au Gouvernement, c'est quelque chose que vous espérez avoir le temps de faire avant la prochaine présidentielle ?


Monique BARBUT

De faire quoi ?


Elizabeth PINEAU

De réintroduire des espèces, de répondre dans votre domaine aux conséquences de ces feux.


Monique BARBUT

J'espère pouvoir faire tout ce qui est en mon possible pour que cette situation ne perdure pas et qu'on prenne aussi les leçons de cette situation pour construire l'avenir.


Annie GENEVARD

La première canicule est arrivée sans prévenir et en effet, elle a eu des impacts très importants sur les élevages, petits ou grands élevages. La température pour la volaille était la même, donc ce n'est pas la question de la taille de l'élevage qui était en cause, mais la fragilité de cette espèce animale à la canicule. Donc les agriculteurs, les éleveurs se sont adaptés très vite puisqu'au deuxième épisode de canicule, nous n'avons pas eu de mortalité aussi forte que pour la première. Le Gouvernement a proposé aux agriculteurs des prêts flash pour pouvoir installer des ventilateurs, des brumisateurs dans les bâtiments d'élevage. Les éleveurs se sont adaptés. Ils ont gardé les animaux, les gros animaux, les bovins notamment, soit à l'intérieur, soit à l'ombre des arbres, voilà. Donc, il n'y a pas eu d'épisode de mortalité aussi forte qu'au cours de la première canicule. L'effet de la canicule, en revanche, sur les productions végétales et sur la capacité à produire du lait, est très, très important. C'est là que se concentrent les effets les plus négatifs de la canicule. En production maraîchère de plein champ, on a un effondrement des productions et beaucoup d'interrogations sur la capacité à produire pour la prochaine saison, pour l'automne et l'hiver prochains. Et puis, en matière de production de lait, on a aussi énormément de chutes de production. Donc, c'est toute la question de la production alimentaire qui est interrogée avec des situations très disparates selon les territoires.


Journaliste

Bonjour, une question d'ordre d'actualité pour Madame BREGEON, mais d'abord Monsieur NUNEZ. On vous entend très en colère, je crois, contre les polémistes de plateau à l'instant, si j'ai bien compris votre expression. Et dans le même temps, là, vous avez choisi de mettre au premier plan, avant votre prise de parole concernant ce qui nous anime tous aujourd'hui, donc les feux de forêt, les pertes humaines et non humaines. On l'a vu à l'instant, qui sont d'ailleurs plus importantes que les pertes humaines. Heureusement, il n'y en a pas beaucoup, il y en a quasiment pas ou pas, et mettre au premier plan cette attaque au couteau, ce fait divers du coup à Paris. Qu'est-ce qui a motivé votre hiérarchisation des actualités aujourd'hui, a motivé votre priorisation ?


Laurent NUNEZ

Il y a une information qui sort, c'est une attaque au couteau…


Journaliste

Dont on ne sait rien. C'est pour ça que je voulais vous demander.


Laurent NUNEZ

On ne sait rien évidemment, c'est pour ça que j'ai dit très — je ne l'ai pas qualifiée. On me reproche souvent d'ailleurs de ne pas qualifier, mais c'est de la prudence, c'est normal d'être prudent. Il y a une attaque au couteau qui a touché 3 femmes dans Paris. Donc il est normal que je vous en parle puisqu'avant même que nous rentrions dans ce point presse, l'information est sortie dans les médias. Donc, il me paraissait important que je partage les éléments factuels qui sont en ma possession sans les qualifier et en précisant toujours, comme je le fais toujours, qu'il y a une enquête judiciaire qui est en cours et qui fera toute la lumière sur cette affaire. Mais c'est un fait qui me semble très grave, que 3 personnes qui sont âgées de 19, 24 ans, 36 ans, des jeunes femmes donc, qui ont été attaquées au couteau, ça me paraît quand même normal que le ministre de l'Intérieur relate ces faits et les partage avec les journalistes.


Journaliste

Je suis complètement d'accord, mais vous savez que votre prudence peut-être à vous, dont je ne doute pas, n'est pas partagée avec l'ensemble des médias, notamment télévisés ou audiovisuels en général, dont la prudence n'est pas du tout... Il y a 15 homicides par jour.


Laurent NUNEZ

Je le sais. Je regrette que cette prudence ne soit pas partagée avant de qualifier les faits mais c’est comme ça.


Journaliste

Ça nourrit la polémique, du coup, peut-être potentiellement ?


Laurent NUNEZ

Pas forcément. L'information est sortie. C'est normal que le ministre de l'Intérieur communique et partage avec les journalistes les informations qui sont en sa possession.


Journaliste

Très bien, merci.


James ANDRÉ

Monsieur le ministre de l'Intérieur, James ANDRÉ pour France 24. Je voudrais savoir à quel point on en est dans les dispositifs possibles de lutte sur ces incendies, c'est-à-dire est-ce qu'on est au maximum de ce qu'il est possible de faire et quels sont les plans suivants si la situation devait encore sortir plus de contrôle qu'elle ne l'est aujourd'hui ? Je pense notamment à un feu qui se rapprocherait de Bordeaux. Quelles sont les réserves dont vous disposez pour agir de manière encore plus décisive face à ces feux ?


Laurent NUNEZ

D'abord, quand on regarde après cette séquence d'incendies, je veux rappeler quand même que ce qui compte, c'est le prépositionnement, c'est la réactivité des sapeurs-pompiers, de tous les moyens dont nous disposons. 95 % des feux se combattent de manière terrestre, 95 %, et à peu près à une proportion identique, ne parcourent qu'1 à 2 hectares. Donc c'est la réactivité, c'est le prépositionnement qui est déterminant. Et c'est ça, d'abord, le premier combat, celui de la prévention, c'est éviter qu'il y ait des mises à feu. C'est des conseils de prudence, de précaution. On ne balance pas un mégot, on n'organise pas un barbecue en pleine forêt, comme on a pu le voir ce week-end en Gironde, où les policiers ont interpellé des individus qui, pour l'un d'entre eux, jetaient un mégot, pour l'autre, avaient organisé un barbecue en pleine forêt. Donc déjà, c'est ça. Deuxièmement, c'est d'être en capacité d'intervenir le plus vite possible. Et ensuite, quand il y a un feu d'importance comme à Bordeaux, de mobiliser tous les moyens pour le circonscrire. C'est le travail qui est en cours. Je ne reviens pas sur tout ce que j'ai expliqué, les tranchées, les coupe-feu, les allumages de feux pour allumer des contrefeux, le déversement de produits retardants. Et puis, il y a évidemment un travail qui est en cours pour, en cas de progression néanmoins de ce feu, protéger un certain nombre de sites sensibles qui sont sur le parcours entre le front de feu et Bordeaux. C'est ce qui a été fait, je le disais, il y a une petite dizaine de sites Seveso, il y a des sites sensibles qui sont évidemment actuellement protégés. Et puis ce sera de procéder, le cas échéant, si cela venait à arriver, à de nouvelles évacuations. Pour l'instant, nous n'en sommes pas là. Pour l'instant, nous n'en sommes pas là, mais vous imaginez bien que les services du ministère de l'Intérieur, en liaison avec la préfète de zone, dont je veux à nouveau saluer l'action, vous imaginez bien qu'on a évidemment anticipé ces scénarios s'ils venaient à se produire.


Maud BREGEON

Je suis désolée, on va s'arrêter là pour aujourd'hui. On a tous des réunions, vous l'imaginez, après. Je vous remercie. Au revoir.


Les éléments essentiels sur les feux de forêt abordés par le ministre de l'Intérieur, au cours de ce compte rendu du conseil des ministres :

Situation générale

  • Saison inédite en raison de températures extrêmement élevées, sécheresse persistante, végétation abondante, vents défavorables.
  • Chiffres clés : 13 566 feux depuis le début de la saison, 116 085 hectares brûlés (contre 70 000 hectares en 2022 sur toute la saison).

Moyens déployés contre les incendies

  • Préparation et planification : anticipation d’une saison compliquée dès mai-juin 2026, pré-positionnement des moyens (terrestres et aériens) sur tout le territoire, avec ajustements quotidiens en fonction des prévisions de Météo-France et de l’Office national des forêts.
  • Renforcement des moyens terrestres : 51 colonnes de sapeurs-pompiers mobilisables (contre moins auparavant), 540 engins acquis via le Pacte capacitaire (150 millions d’euros de l’État + 150 millions des SDIS), budget de la Sécurité civile passé de 450 millions en 2017 à 800 millions en 2026 (+76 %).
  • Renforcement des moyens aériens aériens : flotte diversifiée avec 12 Canadairs (6 000 litres d’eau), 8 Dash (10 000 litres d’eau ou produit retardant), 10 hélicoptères bombardiers d’eau loués, 6 avions Air Tractor (bombardiers d’eau). Total : 67 vecteurs aériens (l’une des flottes les plus importantes d’Europe).

Situation en Gironde

  • Caractéristiques du feu. Feu convectif : comportement erratique, auto-alimenté, difficile à maîtriser, 40 000 hectares brûlés (contre 22 000 en 2022 sur la même zone), phénomène inédit : formation d’un nuage pyrocumulonimbus (projection de matière incandescente et arcs électriques), observé pour la première fois en France.
  • Moyens engagés : 2 500 sapeurs-pompiers (dont 600 locaux et 1 900 renforts), 1 500 militaires (avec engins de génie pour creuser des tranchées), 18 vecteurs aériens (dont Dash pour produit retardant), mobilisation d’agriculteurs, entrepreneurs et agents de la DFCI (Défense forêt contre les incendies).
  • Stratégie de lutte : création de coupe-feux (bandes de déforestation ou tranchées), feux tactiques pour limiter la propagation, projection de produit retardant (via Dash et A400M), évacuation de 220 000 personnes dans la région bordelaise.

Vigilance et messages clés

  • Saison pas terminée : risque accru de fatigue des effectifs (sapeurs-pompiers, militaires, soignants), 9 feux sur 10 d’origine humaine, dont plus de la moitié sont criminels, 5 condamnations à l’incarcération et 15 détentions provisoires pour mises à feu volontaires.
  • Appel à la prudence : éviter de se rendre en Gironde tant que l’incendie n’est pas maîtrisé pour ne pas perturber les opérations de secours, respecter les consignes de vigilance (éviter les comportements à risque).

Remerciements aux sapeurs-pompiers, militaires, soignants, agriculteurs, élus locaux et forces de sécurité intérieure pour leur mobilisation exceptionnelle.

Projets de loi

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a présenté un projet de loi autorisant la ratification de l’accord de protection des investissements entre l'Union européenne et ses États membres, d'une part, et la République socialiste du Vietnam, d'autre part.

Signé à Hanoï le 30 juin 2019, cet accord a pour objectif de renforcer les relations économiques entre l’Union européenne et le Vietnam et de mieux protéger les investissements croisés. Il s’inscrit dans le contexte du renforcement de l’engagement de l’Union européenne et de la France dans la région indopacifique et du rapprochement stratégique entre l’Union européenne et le Vietnam. Il complète l’accord de libre-échange UE-Vietnam, également signé en juin 2019 et entré en vigueur en août 2020 Il renforce d’ailleurs le partenariat stratégique global établi en octobre 2024 entre la France et le Vietnam.

L’accord de protection des investissements établit un cadre juridique modernisé et harmonisé pour la protection des investissements entre les États membres de l’Union européenne et le Vietnam. Cet accord prévoit des garanties juridiques pour les investisseurs et vise à réformer les mécanismes traditionnels d’arbitrage en instaurant un système juridictionnel de règlement des différends entre investisseurs et États. Il remplacera le traité bilatéral d’investissement conclu entre la France et le Vietnam en 1992.

Dans un environnement en forte croissance et marqué par une importante concurrence internationale, cet accord soutiendra la présence économique française au Vietnam, où plus de 250 entreprises françaises sont implantées et emploient environ 26 000 personnes dans tous les secteurs.

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a présenté un projet de loi autorisant l’approbation de l’accord multilatéral entre autorités compétentes concernant l’échange automatique de renseignements relatifs au cadre de déclaration applicable aux crypto-actifs et l’approbation de l’addendum à l’accord multilatéral entre autorités compétentes concernant l’échange automatique de renseignements relatifs aux comptes financiers.

L’accord, négocié dans le cadre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en réponse à une demande du G20 et signé le 26 novembre 2024, définit un nouveau cadre juridique multilatéral visant à encadrer les échanges de renseignements entre administrations fiscales s’agissant précisément des crypto-actifs. Cet accord permet, à une échelle mondiale, d’accroître ces échanges afin de lutter plus efficacement contre la fraude et l’évasion fiscales, dans un contexte d’essor du marché des crypto-actifs et de ses détenteurs.

L’addendum, signé à la même date, complète un accord multilatéral déjà approuvé et mis en oeuvre par la France s’agissant de l’échange automatique de renseignements portant sur les comptes financiers. Il intègre les dernières normes et standards développés dans le cadre de l’OCDE qui étendent les échanges de renseignements à des monnaies numériques et crypto-monnaies. Complémentaires, ces deux accords multilatéraux fournissent ainsi un cadre juridique international adapté aux nouveaux enjeux liés au développement des crypto-actifs. Ils s’inscrivent dans la politique de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales que mène la France à l’échelle internationale.

Ordonnance

Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique et le ministre de l’Action et des comptes publics ont présenté une ordonnance portant divers ajustements du code des impositions sur les biens et services (CIBS).

Cette ordonnance prolonge le chantier de modernisation et de simplification du droit fiscal engagé par le Gouvernement en 2019. Ce travail a conduit à la création du CIBS au 1er janvier 2022, puis à son enrichissement progressif, notamment avec l’intégration de plusieurs taxes au 1er janvier 2023 et, par une ordonnance du 17 décembre 2025, avec le transfert des dispositions relatives à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Une entrée en vigueur du nouveau régime de TVA reportée au 1er janvier 2027

À la suite de la consultation publique menée sur la recodification de la TVA dans le CIBS, le Gouvernement a pris en compte les attentes exprimées par les entreprises et les praticiens du droit.

L’entrée en vigueur du transfert des dispositions relatives à la TVA dans le CIBS est ainsi reportée au 1er janvier 2027, afin de permettre aux acteurs concernés de préparer plus sereinement la transition vers ce nouveau cadre juridique, notamment dans le contexte de la mise en oeuvre de la réforme de la facturation électronique à compter du 1er septembre prochain.

L’ordonnance répond également à une demande importante de simplification : elle regroupe désormais, au sein d’une subdivision unique du livre II du CIBS consacré à la TVA, l’ensemble des dispositions relatives au droit à déduction de la TVA pour améliorer la lisibilité du droit applicable.

L’ordonnance intègre par ailleurs les mesures relatives à la TVA adoptées depuis l’ordonnance du 17 décembre 2025, notamment celles issues de la loi de finances pour 2026. Elle prend ainsi en compte plusieurs évolutions récentes du droit fiscal, comme l’harmonisation à 5,5 % du taux de TVA applicable aux services liés à la gestion des déchets.

L’ordonnance met également à jour les références rendues nécessaires par l’entrée en vigueur de la partie législative du nouveau code des douanes au 1er mai 2026.

Elle poursuit aussi l’harmonisation des catégories fiscales utilisées pour identifier les régimes de contrôle, de recouvrement et de contentieux : les « taxes sur le chiffre d’affaires » deviennent par exemple les « taxes sur les biens et services ».

Une sécurité juridique renforcée pour les opérateurs

L’ordonnance confirme explicitement que la doctrine administrative opposable aux redevables demeure inchangée lors de l’entrée en vigueur du CIBS. Cette garantie, déjà prévue par l’ordonnance du 17 décembre 2025 et précisée dans un rescrit publié le 18 février 2026 au Bulletin officiel des finances publiques – Impôts, est ainsi réaffirmée.

L’ordonnance prend également en compte plusieurs demandes de clarification formulées lors de la consultation publique, notamment afin de rapprocher certaines formulations de la jurisprudence et procède enfin à diverses corrections d’erreurs matérielles identifiées dans l’ordonnance du 17 décembre 2025.

Le travail de recodification se poursuit : dans les prochains mois, le livre du CIBS consacré à la TVA sera progressivement complété par son volet réglementaire.


Décret

La ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire a présenté un décret portant sur la délégation d’actes vétérinaires à des salariés non vétérinaires qualifiés au sein des établissements de soins vétérinaires. Il s’agit d’un décret d’application de la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture (LOSARGA), promulguée en mars 2025.

Dans un contexte de croissance du marché des soins aux animaux et de tensions fortes sur le maillage vétérinaire, optimiser l’organisation du travail dans les établissements de soins vétérinaires, en faisant en sorte que les vétérinaires puissent se recentrer sur les actes médicaux et chirurgicaux où ils ont la plus forte valeur ajoutée, est essentiel. La LOSARGA introduit la possibilité pour les vétérinaires de déléguer à des salariés – les auxiliaires spécialisés vétérinaires (ASV) et les élèves vétérinaires – certains actes de médecine et de chirurgie des animaux.

Ce décret répond à plusieurs objectifs d’intérêt général : la santé publique vétérinaire, la santé animale et le bien-être animal. Pour atteindre ces objectifs, le dispositif prévu par le décret s’articule autour de quatre axes :

  • la délégation d’actes par des vétérinaires à des délégataires certifiés ou des élèves vétérinaires salariés d’un établissement de soins vétérinaires en présence d’au moins un des vétérinaires exerçant dans l’établissement ;
  • la qualification des ASV, en tant que délégataires certifiés, à travers l’obtention d’un certificat complémentaire de compétences, après avoir suivi une formation obligatoire dans un centre habilité ;
  • la tenue par le Conseil national de l'Ordre des vétérinaires (CNOV) de la liste des délégataires certifiés ;
  • l’habilitation des centres de formation par le ministère chargé de l’agriculture, après instruction des dossiers par la commission des actes vétérinaires délégués. Compte tenu des objectifs d’intérêt général poursuivis et du circuit d’habilitation des centres de formation, il est nécessaire de prévoir un délai de prise de décision de six mois et de déroger à la règle générale en prévoyant que le silence de l’administration à l’issue de ces six mois vaut rejet de la demande d’habilitation.

La LOSARGA et le décret d’application soumis viennent légaliser et encadrer une évolution des pratiques déjà engagée. La profession d’ASV a en effet évolué dans le temps : aux tâches administratives et d’entretien des locaux confiées initialement se sont ajoutées des tâches plus techniques (contention des animaux, etc.) jusqu’à la réalisation d’actes de médecine et de chirurgie simples. Le décret intègre ainsi une clause d’antériorité permettant aux ASV réalisant des actes vétérinaires délégués d’obtenir le certificat complémentaire de compétences sans suivre la formation obligatoire, en validant leurs compétences en passant un examen théorique organisé par le CNOV.

Communication

Le ministre de l’Intérieur, la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature et la ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire ont présenté une communication sur les feux de forêt et la sécheresse.

  1. Feux de forêts

La France fait face cette année à une situation historique pour les feux de forêt. Depuis le début de la saison, 13 550 feux de végétation ont été recensés. La superficie totale parcourue par les flammes s’élève désormais à près de 116 000 hectares. C’est un niveau sans précédent. A titre de comparaison, en 2022, année qualifiée d’exceptionnelle, le bilan de la saison a comptabilisé un peu plus de 70 000 hectares de forêt et végétation brûlés pour plus de 22 700 feux. Les moyens aériens sont fortement engagés avec 5355 largages effectués par les avions bombardiers d’eau et 6468 largages par les hélicoptères bombardiers d’eau.

Une mobilisation exceptionnelle sur plusieurs feux majeurs

Les moyens nationaux restent pleinement mobilisés face à plusieurs incendies d’ampleur, notamment dans le Var, la Corse, les Landes et la Gironde. Les conditions météorologiques continuent de compliquer les opérations sur plusieurs secteurs, avec des feux toujours actifs et des interventions qui s’inscrivent dans la durée

À Pontevès, dans le Var, la situation demeure défavorable. Depuis le déclenchement de ce feu, le 21 juillet, la superficie parcourue atteint 5 400 hectares. Les évacuations ont concerné et concernent encore 3000 personnes sur tout ou partie des communes de Correns, Châteauvert, Barjols et Brue-Auriac. Les forces de sécurité civile mobilisées sont de 1 100 sapeurs-pompiers appuyés par quatre sections militaires, deux détachements retardant, 120 gendarmes et 60 militaires.

À Corte, en Corse, le feu a parcouru 1 000 hectares. Il n’est pas fixé. La situation est défavorable. Les forces de sécurité civile mobilisées sont de 241 sapeurs-pompiers dont un détachement héliporté et de deux sections militaires.

À Biscarrosse, dans les Landes, la situation demeure défavorable. La superficie parcourue atteint 3 600 hectares. Au plus fort, 36 000 personnes ont dû être évacuées. Une partie des habitants de Biscarrosse ont été autorisés néanmoins à revenir hier dans les zones désormais à l’abri du feu et sécurisées. Les forces de sécurité civile mobilisées sont de 550 sapeurs-pompiers appuyés par 420 gendarmes.

À Saumos / secteur du Cap-Ferret en Gironde, la situation est défavorable. Il s’agit d’un feu d’une ampleur exceptionnelle. Depuis le 22 juillet, le feu a parcouru 42 000 hectares. Les évacuations ont concerné et concernent encore 220 000 personnes dont 50 000 évacuées dans la nuit de samedi à dimanche. Un premier bilan matériel fait état de 277 bâtiments détruits impactés ou brûlés. Ce feu mobilise des moyens terrestres et aériens exceptionnels coordonnés par le SDIS de la Gironde. Au sol, plus de 2 500 sapeurs-pompiers dont 14 colonnes extra-zonales et un groupe suisse sont à l’oeuvre. Ils bénéficient de l’appui de 1 500 militaires, de 1 200 policiers et gendarmes et de 450 bénévoles des associations agrées de sécurité civile. 18 moyens aériens sont engagés. Depuis le 25 juillet, l’A400 M effectue des largages de retardement en appui des opérations au sol.

Dans le cadre du mécanisme de protection civile de l’UE (MPCU), la France bénéficie du renfort de deux bombardiers d’eau Black Hawk slovaque et tchèque engagés sur le feu de Saumos, un canadair croate et quatre avions Air Tractor, deux portugais engagés à Biscarrosse, deux suédois. D’autres moyens sont à venir.

Action judiciaire

Depuis le 6 juillet, 162 personnes ont été interpellées dans le cadre d’enquêtes liées aux incendies. À ce stade, 5 condamnations à de la prison ferme ont été prononcées et 15 personnes sont placées en détention provisoire dans l’attente de leur jugement. Les enquêtes se poursuivent afin d’identifier les auteurs des départs de feu.

Message de vigilance

Les conditions météorologiques restent propices aux départs et à la propagation rapide des feux. Les autorités appellent chacun à faire preuve de la plus grande vigilance, à respecter les interdictions en vigueur et à signaler immédiatement tout départ de feu.

Plus que jamais, les sapeurs-pompiers, les forces de l’ordre, les militaires, les élus locaux et les services de l’État sont en première ligne pour protéger, accompagner et préparer l’après.

À moyen terme, une poursuite des investissements

Face à ces situations exceptionnelles qui se multiplient, l’action des gouvernements depuis 10 ans est très forte et le Président de la République a fait de la forêt un enjeu de premier plan : effort de renouvellement sans précédent des forêts confrontées au changement climatique, avec un objectif du milliard d’arbres d’ici 2032, sécurisation de l’opérateur public, loi incendie de 2023 après les feux de 2022, et lutte contre la déforestation portée au niveau européen. Avec les crédits publics, notamment le plan de relance, France 2030 et ceux de la planification écologique, mais avec également l’appui du privé, près de 300 millions d’arbres ont ainsi été plantés depuis 2021.

L’État a lancé le vaste chantier de l’adaptation de la forêt française et accompagne les sylviculteurs dans leurs investissements. Ces travaux devront se poursuivre dans les prochaines semaines et mois à venir.

2. Sécheresse

L’été 2026 se démarque déjà par une sécheresse généralisée sur l’ensemble du territoire métropolitain, particulièrement précoce et intense. Malgré des précipitations dans les normales en hiver et au printemps, le temps particulièrement sec depuis le mois d’avril et les épisodes caniculaires, qui ont accru la consommation d’eau durant plusieurs semaines, conduisent à un état critique de la ressource en eau et à un assèchement de la végétation sur l’essentiel du territoire national. Si la dégradation de la situation ralentit, les prochaines semaines s'annoncent toujours sèches. Les mesures de sobriété et les restrictions d'usage demeurent indispensables pour préserver les usages prioritaires, au premier rang desquels l'alimentation en eau potable.

Point de situation sur la ressource en eau

La sécheresse des sols est généralisée, les assecs (c’est-à-dire l’état d'une rivière ou d'un étang qui se retrouve sans eau) des petits cours d’eau de tête de bassin se multiplient. Au 15 juillet 2026, 60 % des points d’observation des nappes présentaient un niveau inférieur aux normales saisonnières et 10 % des stations de mesure de débits atteignent des niveaux en dessous du niveau minimum depuis 50 ans. A ce stade de la saison, les barrages ont des niveaux significativement plus bas que la normale. Si leurs réserves restent encore importantes ; des arbitrages devront être faits afin de tenir jusqu’à l’automne tout en préservant les usages prioritaires des grands fleuves d’ici là.

Cette situation a des conséquences importantes pour l’eau potable. Au 21 juillet près de 250 000 personnes étaient concernées par des tensions sur l’eau potable, et près de 30 000 personnes sont concernées par une alimentation en eau potable par camion-citerne, bouteilles d’eau, ou par des coupures d’eau prolongées.

La raréfaction de la ressource en eau pendant cette période a des conséquences importantes pour différents secteurs économiques. En premier lieu pour l’agriculture et l’élevage, avec des tensions remontées pour l’accès à l’eau pour l’irrigation des cultures et des situations de tension pour l’abreuvement des animaux d’élevage dans certains territoires. La situation de sécheresse généralisée, ainsi que les canicules, ont par ailleurs eu des effets importants sur les rendements des différentes cultures avec des impacts économiques déjà constatés pour le maraîchage, le maïs et le tournesol, mais également sur la production de fourrage pour l’hiver prochain. L’activité de certaines industries est également dépendante de la ressource en eau.

Les prochaines semaines s’annoncent toujours sèches, la situation devrait donc se dégrader.

Des mesures adaptées pour préserver les usages prioritaires

Face à cette situation, l’État se mobilise depuis plusieurs années dans le cadre du dispositif national de gestion de la sécheresse, renforcé à la suite de la crise de l'été 2022. Les préfets disposent ainsi d'un cadre harmonisé leur permettant de mettre en œuvre, de manière anticipée et proportionnée, des mesures adaptées à l'évolution de la ressource en eau. La circulaire du 3 juillet 2026 a rappelé les principes et demandé d’accélérer la mise en place des mesures lorsque les prévisions sont défavorables.

Quand la ressource est limitée, des restrictions d’eau sont mises en œuvre en fonction de la situation afin de préserver les usages essentiels, notamment l’eau potable.

Plusieurs seuils sont définis : à partir du niveau d’alerte, des restrictions s’appliquent sur l’arrosage, les piscines, le lavage de véhicule et l’irrigation des cultures. En crise sécheresse, des interdictions totales ou partielles sur l’ensemble de ces usages s’appliquent, ainsi que d’autres usages domestiques ou concernant les espaces publics. Ces mesures ayant pour objectif premier de sécuriser l’approvisionnement en eau aux usages prioritaires d’alimentation en eau potable, aux usages de santé, sécurité civile, salubrité, l’abreuvement des animaux et les besoins des milieux naturels. Au 24 juillet, 91 départements sont concernés par des restrictions, et 8 autres sont en vigilance sécheresse. Au total, 83 % du territoire national est au moins en niveau vigilance.

Pour que ces mesures soient effectives, elles ont besoin d’être comprises et adaptés à la situation du territoire.

Un effort de pédagogie est ainsi engagé par les préfets, afin de mobiliser l’ensemble des acteurs, professionnels comme particuliers.

Dans une période de tension sur la ressource, chaque goutte compte et chacun peut agir : couper l’eau du robinet et vérifier les fuites, optimiser le remplissage des appareils de lavage (machine à laver, lave-vaisselle), réduire les arrosages domestiques et privilégier un arrosage en soirée pour limiter l’évaporation.

Préparer durablement les territoires

L'action de l’État s'inscrit également dans la durée afin de renforcer la résilience des territoires face à la multiplication des épisodes de sécheresse. Le Plan Eau, présenté en mars 2023, mobilise 53 mesures visant notamment à réduire de 10 % les prélèvements d'eau d'ici 2030, grâce à la lutte contre les fuites, à l'accompagnement des industriels les plus consommateurs et au développement de la réutilisation des eaux non conventionnelles.

Trois ans après son lancement, 100 % des 53 mesures sont engagées, 77 % des mesures sont mises en œuvre ou finalisées. Derrière ce bilan chiffré, le plan a permis des avancées concrètes sur la sobriété, la sécurisation de la ressource et la qualité de l'eau, en lien avec tous les acteurs et notamment les filières industrielles et les sites majeurs mais également les collectivités concernées.

En parallèle, les travaux se poursuivent pour améliorer la connaissance de la ressource, renforcer les outils de suivi et de prévision et développer, dans les territoires les plus exposés, des stratégies concertées de partage de l'eau conciliant sobriété, efficience, préservation des milieux et adaptation au changement climatique. La protection durable de la qualité des ressources en eau constitue également une priorité afin de préserver les captages d'eau potable, particulièrement essentiels lors des épisodes de sécheresse.

La sécheresse est un facteur de risque supplémentaire pour les départs et la propagation des feux de végétation et des feux de forêts.

Nomination(s)

Le conseil des ministres a adopté les mesures individuelles suivantes :

Sur proposition du Premier ministre :

  • Mme Gwénaëlle SUC, conseillère référendaire à la Cour des comptes, est nommée conseillère maître à la Cour des comptes (2ème tour) ;
  • M. Wadid BENAABOU, conseiller référendaire à la Cour des comptes, est nommé conseiller maître à la Cour des comptes (3ème tour) ;
  • M. Simon BERTOUX, conseiller référendaire à la Cour des comptes, est nommé conseiller maître à la Cour des comptes (4ème tour) ;
  • M. François BOLARD, administrateur de l’État, est nommé conseiller maître à la Cour des comptes (tour extérieur), à compter du 1er septembre 2026.

Sur proposition du ministre de l’Intérieur :

  • Mme Isabelle EPAILLARD, administratrice de l’État, est nommée préfète de l’Aisne, à compter du 31 août 2026 ;
  • M. Guillaume QUENET, administrateur de l’État, est nommé préfet délégué pour l’égalité des chances auprès du préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, préfet de la zone de défense et de sécurité Sud, préfet des Bouches-du-Rhône, à compter du 31 août 2026 ;
  • M. Xavier PELLETIER, administrateur de l’État, est nommé préfet d’Eure-et-Loir, à compter du 31 août 2026 ;
  • M. Paul-Hugo VERDIN est nommé préfet, secrétaire général de la zone de défense et de sécurité de Paris, à compter du 7 septembre 2026 ;
  • M. Christophe MARX, administrateur de l’État, est nommé préfet délégué chargé d'une mission territoriale temporaire, à compter du 31 août 2026.

Sur proposition de la ministre des Armées et des Anciens combattants :

  • M. le général de division aérienne du corps des officiers de l’air Sébastien VALLETTE est nommé directeur général adjoint des relations internationales et de la stratégie et est élevé aux rang et appellation de général de corps aérien, à compter du 1er septembre 2026.

En outre, a été adoptée une mesure d’ordre individuel concernant un officier général du service de santé des armées.

Sur proposition du ministre du Travail et des Solidarités et de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées :

  • M. Paul BAZIN, inspecteur des finances de 1ère classe, est nommé directeur de la Caisse nationale d’assurance vieillesse, à compter du 28 août 2026.

Sur proposition de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature :

  • Mme Agnès DOITRAND-LAPLACE est nommée directrice de la communication au secrétariat général du ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature par intérim, à compter du 17 août 2026.

Sur la proposition de la ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire :

  • M. Luc MAURER, ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, est nommé directeur général de l’enseignement et de la recherche par intérim.

Sur proposition du ministre de l’Éducation nationale et du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace :

  • Mme Nathalie MONS, professeure des universités, est nommée rectrice de la région académique de Corse, rectrice de l’académie de Corse, à compter du 3 août 2026 ;
  • Mme Cécile LALOUX, inspectrice d’académie, inspectrice pédagogique régionale, est nommée rectrice de la région académique de la Martinique, rectrice de l’académie de la Martinique, à compter du 3 août 2026 ;
  • Mme Natacha CHICOT, maîtresse des requêtes au Conseil d’État, est nommée rectrice de la région académique Normandie, rectrice de l’académie de Normandie, à compter du 3 août 2026 ;
  • M. Emmanuel ROUX, professeur des universités, est nommé recteur de l’académie de Nice, à compter du 3 août 2026 ;
  • Mme Michelle BUBENICEK, professeure des universités de classe exceptionnelle, est nommée rectrice déléguée pour l'enseignement supérieur, la recherche et l’innovation de la région académique Nouvelle-Aquitaine, à compter du 3 août 2026 ;
  • Mme Clarisse BERTHEZÈNE, professeure des universités, est nommée rectrice déléguée pour l’enseignement supérieur, la recherche et l'innovation de la région académique Hauts-de-France, à compter du 3 août 2026 ;
  • Mme Nathalie ALBERT-MORETTI, professeure des universités, est nommée rectrice de la région académique Bretagne, rectrice de l’académie de Rennes, à compter du 3 août 2026 ;
  • M. Pierre MOYA, inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche, est nommé recteur de la région académique Bourgogne-Franche-Comté, recteur de l’académie de Besançon, à compter du 3 août 2026 ;
  • M. Benoît BONAIMÉ, ingénieur des ponts, des eaux et des forêts, est nommé recteur de l’académie d'Amiens, à compter du 3 août 2026 ;
  • M. Nicolas CASTOLDI est nommé recteur de l’académie de Poitiers, à compter du 3 août 2026.
Sur proposition du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères : 
Il est mis fin aux fonctions d’ambassadrice pour le numérique et l’intelligence artificielle exercées par Mme Clara CHAPPAZ.




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