Compte rendu du Conseil des ministres du 10 décembre 2025

Publié le 11/12/2025 Modifié le 15/12/2025

Actions de groupe nationales et transfrontières, assistants de régulation médicale, nominations.

Source : Présidence de la République

Compte rendu du Conseil des ministres du 10 décembre 2025

Maud BREGEON

Bien. Bonjour à toutes et tous, et bienvenue pour ce nouveau compte-rendu de Conseil des ministres. Un petit point et un petit propos liminaire, si vous me le permettez, sur le vote d'hier et sur les étapes à venir, pour redire (j'ai eu l'occasion déjà de le dire ce matin) que ce n'est pas une victoire du Gouvernement ou d'un parti politique, mais bien une victoire de députés de bonne volonté qui ont su trouver la voie du compromis sans se renier, en dialoguant, en s'écoutant et en faisant un pas les uns vers les autres.

Ce n'est ni un texte dégradé, ni un texte dégradant, contrairement à ce que j'ai pu entendre, mais au contraire, un projet de loi de finances de la sécurité sociale avec des avancées réelles et structurantes. Je pense, par exemple, à la question de la retraite des femmes ou à la hausse des moyens de l'hôpital. 

Concernant le déficit, là encore en rebond à certains récits qui ont pu émerger ces dernières heures, il faut redire ici que le déficit de la sécurité sociale, sur la base du texte qui a été voté hier, est bien de 19,4 milliards d'euros. Il y a davantage d'économies dans ce projet de loi de finances de la sécurité sociale que dans les trois précédents. Et je rappelle à toutes fins utiles que le déficit pour cette année est autour de 23 milliards, et donc, on a bien un déficit inférieur entre 2026 et 2025. 

C'est, donc, une étape importante qui a été franchie, mais une autre est devant nous avec le budget de l'État et des collectivités territoriales. Un budget qui est sûrement plus difficile, plus politique, mais qui concerne des sujets essentiels pour les Français. Je pense à l'éducation, à la défense, à l'énergie, à l'agriculture, à la vie des collectivités. Et ça commence aujourd'hui avec un débat suivi d'un vote sur les moyens des armées et la hausse du budget de 6,7 milliards d'euros pour la défense — un enjeu majeur pour la nation, vous le savez — dans un contexte international particulier. C'est un vote annoncé par le Premier ministre il y a 10 jours, qui permettra et aux uns et aux autres de se positionner alors qu'il faut le rappeler, l'Assemblée nationale n'a pas eu l'occasion de débattre sur la partie relative aux dépenses, puisque la partie relative aux recettes a été rejetée. 

Enfin, la semaine prochaine se tiendra une commission mixte paritaire, un moment où députés et sénateurs vont se retrouver pour essayer de s'accorder. C'est un moment de vérité qui ne sera pas propre à l'Assemblée nationale, comme ce qu'on a pu vivre hier, mais qui dépendra autant de l'Assemblée nationale que du Sénat. Le Premier ministre a eu l'occasion de le redire au cours de ce Conseil des ministres. Notre objectif, l'objectif de doter la France d'un budget d'ici au 31 décembre 2025, c'est possible, c'est ce que nous souhaitons, mais la balle est aujourd'hui dans le camp du Parlement et significativement de la droite sénatoriale qui occupe, comme vous le savez, une grande place dans la commission mixte paritaire. Ça repose donc sur les deux chambres, et je suis convaincue, comme ce fut le cas hier pour les députés, que les sénateurs seront aussi force de compromis. Ils ont une part des clés dans notre capacité à avoir un budget avant Noël. Et le Gouvernement se tiendra bien sûr à disposition des parlementaires, comme depuis le début, pour organiser le compromis, quand bien même le Gouvernement n'est pas présent en Commission mixte paritaire.

J'en viens à la partie plus formelle du Conseil des ministres, avec deux textes présentés ce matin. D'abord, Serge Papin, ministre des PME et du Commerce, a présenté un décret sur les actions de groupe. Cela permet à des consommateurs qui ont subi un même préjudice de faire valoir collectivement leurs droits et d'obtenir réparation. L'objectif de ce décret est de permettre aux justiciables d'avoir plus facilement recours à cette procédure en mettant en place un régime juridique unique, quel que soit le type de contentieux. Ce texte met aussi en place des garde-fous afin de protéger les entreprises d'un risque de judiciarisation excessive. C'est la raison pour laquelle une procédure d'agrément est mise en place pour toute association ou tout organisme pour lancer une action de groupe. 

Ensuite, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a présenté un décret qui concerne le métier d'assistant de régulation médicale. Ces professionnels jouent un rôle essentiel. Ce sont eux qui décrochent lorsque l'on appelle les urgences, qui assurent une écoute le jour et la nuit, tous les jours de l'année, 24 heures sur 24. Sous la responsabilité d'un médecin, ils analysent les appels et activent le dispositif pertinent dans les délais les plus courts possibles. C'est un sujet que la ministre de la Santé connaît bien, puisqu'elle a porté une loi, la loi dite « RIST » en mai 2023, qui prévoit l'obligation d'être titulaire d'un diplôme pour exercer cette profession. L'obligation entrera en vigueur le 1ᵉʳ janvier prochain, et le décret précise les modalités de reconnaissance des qualifications professionnelles de ses assistants de régulation médicale. Concrètement, un préfet de région sera désigné par la ministre de la Santé pour traiter les demandes pour l'ensemble du territoire national. 

Enfin, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a évoqué les sujets internationaux avec, comme chaque semaine, un point d'attention particulier porté à l'Ukraine. Vous redire que le président de la République s'est déplacé à Londres lundi 8 décembre 2025 pour réaffirmer au président ZELENSKY le soutien de l'Europe, aux côtés du chancelier MERZ et du Premier ministre STARMER pour les prochaines étapes. La réunion de la coalition des volontaires, demain, permettra d'avancer sur les garanties de sécurité à offrir à l'Ukraine et la contribution importante des Américains. Et enfin, la discussion sur le soutien financier que nous pouvons apporter à l'Ukraine se poursuit en prévision du Conseil européen des 18 et 19 décembre prochains, où nous entendons parvenir à un accord sur le recours aux avoirs russes immobilisés. 

Avant de conclure, un point sur le Mercosur, puisque là encore, nous avons échangé sur ce sujet ô combien important pour les semaines à venir et pour les agriculteurs. Il faut redire ce que le président de la République a signifié à ce Conseil des ministres, à savoir que le Mercosur n'est pas un bon accord en l'état. Nous attendons toujours des réponses concrètes et efficaces sur les trois demandes françaises, à savoir la clause de sauvegarde, les mesures miroirs et le renforcement des contrôles. Par ailleurs, le président de la République a tenu à souligner une chose qui me semble déterminante : aujourd'hui, des produits non conformes à nos règles sanitaires arrivent sur le sol européen en provenance du Mercosur. Je pense notamment au poulet ou au bœuf. Le président de la République a tenu à dire extrêmement clairement qu'aucune forme de tolérance ou de complaisance vis-à-vis de cela n'aurait lieu, qu'il en allait de la sécurité alimentaire et de la sécurité sanitaire des Français. Cela légitime par ailleurs notre demande de contrôle renforcé, puisqu'aujourd'hui, il est incompréhensible pour nos compatriotes d'entendre que des produits alimentaires, encore une fois (poulet, bœuf) puissent arriver sur notre territoire par manque de contrôle, avec des règles sanitaires différentes des règles sanitaires de ce qui est produit sur notre sol. 

Je vous remercie et je vous propose qu'on passe aux questions.

 

Journaliste

Bonjour, Madame la Ministre. Vous avez parlé d'une réunion de la coalition des volontaires demain. Est-ce une réunion qui aura lieu ici, à Paris, physiquement ? Ou est-ce que c'est une réunion en visio ? Et qui sera présidée par le président de la République ? Je pense qu'on n'avait pas cette question.

 

Maud BREGEON

Je vous ai donné les informations que j'avais. Je vous renvoie à l'Élysée pour le reste des détails.

 

Matthieu DESMOULINS

Bonjour Madame la Ministre, Matthieu DESMOULINS pour TF1-LCI. Vous avez évoqué la prochaine haie, à savoir l'adoption d'un budget souhaité par le Premier ministre d'ici le 31 décembre. Il y a, s'il n'y a pas de budget, la possibilité d'une loi spéciale, mais cela demande des délais incompressibles. Est-ce que la semaine prochaine, une loi spéciale sera présentée par sécurité et quand sera-t-elle examinée ?

 

Maud BREGEON

Notre objectif, c'est ce que j'ai eu l'occasion de dire dans mon propos liminaire, n'a pas changé, avoir un budget d'ici au 31 décembre. Et donc, nous mettrons toute notre attention et, encore une fois, tous les moyens que nous avons pour faciliter le compromis lors de la Commission mixte paritaire, qui sera évidemment décisive. Le Gouvernement, vous le savez, ne siège pas en Commission mixte paritaire, mais nous serons évidemment à disposition des parlementaires pour organiser et faciliter ce compromis. La réussite de cette Commission mixte paritaire, sa capacité à déboucher sur un accord qui permette ensuite, et c'est important, aux conclusions de cette CMP, si elle a été conclusive, d'être votée, ne repose pas que sur les députés, contrairement à ce qui s'est passé hier. Aujourd'hui, vous avez une forme de décalage horaire entre l'Assemblée nationale et le Sénat. Je reprends là l'expression du Premier Ministre. Il va falloir arriver à faire converger ces deux textes. Et en ça, les sénateurs auront un rôle évidemment clé. Et nous avons confiance dans le président du Sénat, dans les présidents des différents groupes qui composent le Sénat pour être, encore une fois, force de compromis. Et c'est vraiment notre objectif.

 

Matthieu DESMOULINS

Et sur la loi spéciale ? Un filet de sécurité, une possibilité qu'elle soit présentée tout de même la semaine prochaine pour tenir les délais en cas d'échec de la CMP ?

 

Maud BREGEON

En tout état de cause, si cette Commission mixte paritaire n'était pas conclusive, ce que nous ne souhaitons pas, évidemment, les débats prendraient plus de temps que prévu et se poursuivraient donc en janvier et se poserait alors légitimement la question de la loi spéciale, mais qui n'est pas, pardonnez-moi, un projet de budget en tant que tel. Il va falloir probablement le réexpliquer un peu. La loi spéciale, pour utiliser une expression que j'ai déjà utilisée, je crois, dans des précédents comptes rendus de Conseil des ministres, c'est un sparadrap. C'est un sparadrap qui vous permet d'attendre quelques semaines, on l'a connu l'année dernière, mais qui n'apporte pas de réponse concrète aux attentes des Français, à la question du déficit, et qui ne vous permet pas de tenir, si je puis dire, une année entière. La loi spéciale, en fait, vous donne juste le droit de gagner un peu de temps et de poursuivre les échanges.

 

Paul BARCELONNE

Bonjour, Paul BARCELONNE, France Info. Sur le vote d'hier du projet de loi de la Sécurité sociale, est-ce que, malgré tout, vous poussez un ouf de soulagement en disant que la forme de logique de compromis est en train de se dessiner dans le pays ? Est-ce que le Président a eu des mots, par exemple, comme ceux-là ce matin au Conseil des ministres ?

 

Maud BREGEON

Le président de la République a félicité le Premier ministre et le Gouvernement pour l'implication de ces dernières semaines. Il a mentionné que, bien sûr, c'était un moment important, un moment qui montre notre capacité à faire preuve de compromis et qui met la France sur la voie de la stabilité.

 

Cyril ADRIAENS

Cyril ADRIAENS-ALLEMAND pour France Télévisions. Bonjour. On a entendu le ministre de l'Économie parler de 4,5 milliards d'euros d'efforts supplémentaires à trouver. Est-ce que vous avez des pistes aujourd'hui ? Quelles sont les priorités du Gouvernement pour aller chercher cet argent ?

 

Maud BREGEON

Alors, je vous remercie de me poser la question, parce que ça va être pour moi l'occasion de faire un point sur, effectivement, les chiffres qui ont pu circuler. Donc, je le redis, le déficit de la Sécurité sociale est de 19,4 milliards d'euros, tel que le texte a été voté hier. Il y a davantage d'économies, je l'ai dit, que dans les 3 dernières années et ce déficit de 19,4 milliards d'euros est pour partie porté par des transferts, mais des transferts entre l'État et la Sécurité Sociale, mais des transferts qui sont dus à la Sécurité Sociale à hauteur de 4,5 milliards d'euros. Pourquoi ? Parce que vous avez 2,5 milliards d'euros qui correspondent à ce que l'État doit à la Sécurité Sociale au titre des exonérations de charges sur les heures supplémentaires. Vous avez ensuite 2 milliards d'euros qui sont dus à ce que l'État doit à la Sécurité Sociale au titre des allègements généraux. Et on s'appuie d'ailleurs sur le rapport FERRACCI-GUEDJ qui explicitait le fait que, depuis des années, l'État sous-compense la Sécurité Sociale, et donc il n'y a pas de loup, l'État rend tout simplement à la Sécurité sociale ce qui lui est dû. Ensuite, est-ce que ça implique qu'on va devoir faire des efforts dans le projet de loi de finances ? La réponse est oui, mais la réponse était déjà oui, indépendamment, encore une fois, de ce transfert qui est un transfert légitime, qui n'est pas une façon de contourner le problème du déficit de la Sécurité Sociale. C'est un transfert qui est légitime. Et par ailleurs, l'objectif d'un déficit inférieur à 5 % pour l'année prochaine est maintenu. Moins de 5 % de déficit l'année prochaine, ça reste bien l'objectif du Gouvernement.

 

Journaliste

Quand Roland LESCURE parle d'efforts supplémentaires, il parle de quoi exactement ?

 

Maud BREGEON

On va devoir, de toute évidence, puisque vous le savez, le déficit est à 5,4 % cette année pour 2025. Notre objectif est d'être en dessous des 5 %, et donc on va nécessairement devoir, les uns et les autres, trouver des compromis qui permettent de réduire ce déficit, et donc de faire des efforts. Il ne faut pas mentir aux Français. Mais ce n'est pas la conséquence, encore une fois, de ce transfert de 4,5 milliards d'euros qui vient simplement compenser la question des allègements généraux et des heures supplémentaires.

 

 

Journaliste

Question sur un autre sujet. La semaine prochaine, le président de la République se rendra à Marseille. Avant sa venue, on a eu plusieurs opérations de police ces dernières heures pour démanteler tout un tas de points de deal. Est-ce que la volonté, c'est de faire place nette avant le déplacement du Président et avant l'arrivée du Président à Marseille la semaine prochaine ?

 

Maud BREGEON

Non, c'est des opérations qui ont lieu depuis au moins deux ans maintenant et qui ont été initiées, vous le savez, par Gérald DARMANIN. Elles ont eu lieu dans un grand nombre de villes et Bruno RETAILLEAU, puis Laurent NUNEZ ont repris à leur compte ces initiatives et ces opérations qui, encore une fois, s'inscrivent dans notre volonté de mener un combat acharné contre les points de deal, contre les trafiquants de drogue. Donc, il n'y a pas de volonté de faire le ménage. Il y a simplement la continuité dans l'exercice d'opérations qui sont constantes, salutaires et efficaces depuis que Gérald DARMANIN, ministre de l'Intérieur de l'époque, les a lancées. Je vous remercie, sauf autre question. Eh bien, merci à tous. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine.

Les éléments essentiels abordés par la porte-parole du Gouvernement au cours de ce compte rendu du conseil des ministres :

Bilan du vote sur le projet de loi de finances de la sécurité sociale

  • Victoire collective des députés ayant trouvé un compromis, sans reniement ni dégradation du texte.
  • Avancées structurantes : retraite des femmes, hausse des moyens pour l’hôpital.
  • Déficit de la sécurité sociale ramené à 19,4 milliards d’euros (contre 23 milliards en 2025).

Prochaines étapes budgétaires

  • Débat et vote sur le budget de la Défense (+6,7 milliards d’euros) dès aujourd’hui.
  • Commission mixte paritaire la semaine prochaine pour un accord entre députés et sénateurs.
  • Objectif : adoption du budget avant le 31 décembre 2025, avec un appel au compromis, notamment à la droite sénatoriale.

Textes présentés en Conseil des ministres

  • Décret sur les actions de groupe (Serge Papin) : simplification et sécurisation des recours collectifs pour les consommateurs, avec garde-fous pour les entreprises.
  • Décret sur les assistants de régulation médicale (Stéphanie Rist) : reconnaissance des qualifications, diplôme obligatoire dès le 1ᵉʳ janvier 2026, centralisation des demandes par un préfet de région.

Points internationaux

  • Soutien réaffirmé à l’Ukraine : réunion de la coalition des volontaires, garanties de sécurité, utilisation des avoirs russes immobilisés (Conseil européen des 18-19 décembre 2025).
  • Position ferme sur l’accord Mercosur : rejet en l’état, exigence de clauses de sauvegarde, mesures miroirs et contrôles sanitaires renforcés, tolérance zéro pour les produits non conformes.
  • Insistance sur la sécurité alimentaire et sanitaire des Français, légitimant les demandes de contrôle renforcé sur les importations du Mercosur.

Décrets

Le ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat a présenté un décret portant procédure d’agrément des associations et entités pour la conduite d’actions de groupe nationales et transfrontières et précisant leurs obligations en matière de publicité de leurs financements.

Cette procédure d’agrément a été prévue par l’article 16 de la loi n° 2025-391 du 30 avril 2025 portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, de transport, de santé et de circulation des personnes (dite loi DDADUE) qui porte réforme du régime juridique de l’action de groupe en France et transpose la directive (UE) 2020/1828 du 25 novembre 2020 relative aux actions représentatives visant à protéger les intérêts collectifs des consommateurs. Cet article institue une harmonisation du régime juridique de l’action de groupe, rompant avec la logique de dispositifs sectoriels qui prévalait jusqu’alors. Les principales caractéristiques du nouveau régime de l’action de groupe, dont l’objet vise tant la cessation de pratiques illicites que la réparation de préjudices qui en résultent, voire les deux, consistent en une extension de la qualité pour agir, un contrôle des situations de conflit d’intérêt, la création d’une sanction civile pour faute dolosive et la désignation de tribunaux spécialisés pour connaître de ce type de recours.

L’objectif principal de cette réforme est de simplifier l’accès des justiciables à l’action de groupe afin de permettre la réparation des préjudices subis.

S’agissant de la qualité pour agir, le nouveau régime prévoit désormais que sont habilités à introduire une action de groupe le ministère public ainsi que, pour obtenir la réparation des préjudices, les associations à but non lucratif ayant obtenu un agrément délivré par l’autorité administrative compétente. Par exception, la qualité pour agir est également octroyée à certaines entités selon la nature de l’action engagée ou la qualité du requérant (Article 16, I, C de la loi n°2025-391 du 30 avril 2025). L’article 16 de la loi définit les critères à satisfaire pour l’obtention d’un agrément permettant d’intenter une action de groupe devant une juridiction nationale mais également devant une juridiction européenne sur la base du principe de reconnaissance mutuelle.

Le décret désigne la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) comme autorité compétente pour la délivrance des agréments. La mise en place d’un guichet unique répond à l’objectif de simplification et de lisibilité du dispositif pour les parties prenantes d’une part et d’efficacité du traitement des demandes d’autre part.

Il définit les modalités de dépôt, d’instruction, de délivrance, de renouvellement, de retrait et de publicité des agréments et encadre les obligations de transparence financière des entités qui intentent une action de groupe notamment en cas de financement par des tiers, afin de prévenir tout conflit d’intérêt.

L’entrée en vigueur du présent décret, au 1er janvier 2026, permettra la mise en œuvre effective du nouveau régime d’action de groupe.

La ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées a présenté un décret, pris sur le fondement de l’article 14 de la loi n°2023-379 du 19 mai 2023, portant amélioration de l’accès aux soins par la confiance aux professionnels de santé.

Ce décret en Conseil d’État précise les modalités de reconnaissance des titres de formation d’assistant de régulation médicale délivrés par un État membre de l’Union européenne, de l’espace économique européen ou par la Suisse.

À cette fin, il prévoit qu’un arrêté de la ministre chargée de la santé désignera le préfet de région compétent pour connaître, pour l’ensemble du territoire national, de la reconnaissance des qualifications professionnelles des assistants de régulation médicale. Il précise la procédure d’examen des demandes présentées au titre du libre établissement (activité permanente dans un cadre stable et continu en France) et de la libre prestation de service (activité temporaire et occasionnelle en France) et fixe la composition de la commission qui sera chargée d’examiner ces demandes.

Cette mesure s’inscrit dans la continuité de la mise en œuvre des obligations résultant de la directive 2005/36/CE, visant à faciliter le libre établissement et la libre circulation des travailleurs au sein de l’Union européenne, tout en garantissant l’effectivité de la sécurité et de la qualité des soins.

Nomination(s)

Le conseil des ministres a adopté les mesures individuelles suivantes :

Sur proposition du ministre de l’Intérieur : ont été adoptées diverses mesures d’ordre individuel concernant des officiers généraux de la gendarmerie nationale.

Sur proposition du ministre de l’Intérieur et de la ministre des Outre-mer :

  • M. Mikaël QUIMBERT, administrateur de l’État, est nommé préfet, administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises, à compter du 1er janvier 2026.

Sur proposition de la ministre des Armées et des Anciens combattants : ont été adoptées diverses mesures d’ordre individuel concernant des officiers généraux de l’armée de Terre, de la Marine nationale, de l’armée de l’Air et de l’Espace, du Service de santé des armées, de la Direction générale de l’armement, du Service du commissariat des armées et du Service d’infrastructure de la défense.

Sur proposition du ministre du Travail et des Solidarités et de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées :

  • Mme Sophie BARON, administratrice de l’État, est nommée secrétaire générale des ministères chargés des affaires sociales par intérim.

Sur proposition de la ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire et de la ministre des Outre-mer :

  • M. Guillaume VUILLETET est nommé délégué interministériel à la souveraineté agricole des outre-mer, à compter du 15 décembre 2025.

Sur proposition du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères :

  • Mme Clara CHAPPAZ est nommée ambassadrice pour le numérique et l’intelligence artificielle.

Sur proposition de la ministre des Outre-mer :

  • Mme Anne-Gaëlle BAUDOUIN, administratrice de l’État, est nommée directrice générale des outre-mer, à compter du 15 décembre 2025.

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