Paris accueille le sommet pour l’action sur l’IA

Publié le 10/02/2025 Modifié le 04/06/2025

Le sommet mondial pour l’action sur l’intelligence artificielle (IA) a réuni experts et décideurs du monde entier les 10 et 11 février 2025 au Grand Palais, à Paris. De nombreux événements se sont déroulés en parallèle de cet événement.

Un visage informatique illustrant l'intelligence artificielle.
Un visage informatique illustrant l'intelligence artificielle. - Source : Adobe Stock

Média généré par une IA et vérifié par un agent.

Le sommet pour l’action sur l’IA

Depuis le 6 février 2025, Paris est la capitale mondiale de l’intelligence artificielle (IA). Après des journées scientifiques, un week-end culturel, un comité interministériel sur l’IA et de nombreux autres évènements, le Sommet pour l’action sur l’IA a réuni experts et décideurs du monde entier les 10 et 11 février au Grand Palais, à Paris.
Près de 1 500 participants ont participé à ces deux journées consacrées à cette technologie disruptive, aux ramifications sociétales nombreuses. Au programme des tables rondes, notamment :
  • mettre en place une gouvernance de l’IA efficiente et réellement inclusive,
  • faire grandir des écosystèmes d’IA compétitifs et soutenables dans le monde entier,
  • orienter l’IA vers l’intérêt général : vers un écosystème d’IA résilient et ouvert.
Le président de la République a annoncé, le 9 février 2025, que 109 milliards d’euros allaient être investis en France par des entreprises privées dans l’IA au cours des prochaines années.
Ce montant recouvre notamment un centre de données sur un campus IA financé par les Émirats arabes unis.
La présidente de la Commission européenne a, par ailleurs, lancé, le 11 février, l'initiative « InvestAI » pour mobiliser 200 milliards d'euros d'investissements dans l'IA.
Ce partenariat public-privé unique, qui s'apparente à un CERN pour l'IA, inclura un nouveau fonds européen de 20 milliards d'euros pour des giga-usines d'IA. 
Les acteurs venus de plus de cent pays pour le Sommet ont annoncé, le 11 février, plus d’une centaine d’actions et engagements concrets en faveur d’une IA de confiance accessible à tous, autour de trois axes : 
  • donner à chacun les moyens de s’approprier la révolution de l’IA, 
  • favoriser le développement d’une IA durable
  • renforcer le système international de gouvernance de l’IA pour le rendre plus efficace et inclusif.

La stratégie nationale pour l’IA

Depuis 2017, le Gouvernement a lancé une réflexion autour du développement de l’intelligence artificielle.
Celle-ci prend la forme d’une stratégie nationale, qui a jeté les bases d’une structuration de long terme de l’écosystème d’IA, à tous les stades du développement technologique.
  • La première phase, de 2018 à 2022, a visé à renforcer les capacités de recherche. 
  • La deuxième, de 2022 à 2025, vise à diffuser l'IA dans l'économie.
  • Soutenue par le plan France 2030, la troisième étape, lancée en février 2025, s’articule autour de quatre priorités :
  1. Renforcer les infrastructures de calcul et les maillons critiques de la chaîne de valeur de l’IA,
  2. Former et attirer les talents de l’IA,
  3. Accélérer les usages de l’IA,
  4. Se donner les moyens de bâtir une IA de confiance.

L’IA au service de la transition écologique

Le Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche rappelle que l’IA joue un rôle clé dans les avancées scientifiques majeures, notamment celles qui favorisent la transition écologique : modélisation climatique, gestion des écosystèmes et des ressources ou encore optimisation de la consommation énergétique.
Si l'IA est source de solutions et de bénéfices, son empreinte environnementale croissante doit également être prise en compte.
Le Ministère a réalisé avec l’Afnor un référentiel général pour l’IA frugale.
On appelle « IA frugale » une IA qui utilise moins de ressources (matières premières, eau, électricité…) sur l’ensemble de son cycle de vie.
Ce référentiel fournit aux organismes qui souhaitent développer une solution d’IA une méthodologie d’évaluation de l’impact environnemental et de bonnes pratiques à adopter.

L’IA au service de l’éducation

Élisabeth Borne, ministre d’État, ministre de l'Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a présenté, vendredi 7 février 2025, des mesures ambitieuses en matière d’intelligence artificielle pour l’éducation.
  • Une charte pour encadrer l’utilisation de l’IA en éducation, tant dans le champ pédagogique qu’administratif, sera publiée au printemps.
  • Un appel à projets, financé à hauteur de 20 millions d’euros par France 2030, sera lancé pendant l’été 2025 pour développer une IA indépendante, ouverte et évolutive à destination des enseignants, qui sera disponible dès l’année scolaire 2026-2027.
  • Dès la rentrée 2025, les élèves du second degré bénéficieront d’un parcours de formation dédié à l’intelligence artificielle. Obligatoire pour les élèves de 4e et de 2de des voies générales, technologiques et professionnelles, il évaluera les connaissances et les compétences en IA de l’élève, puis lui proposera un programme personnalisé de formation.
  • Un assistant conversationnel destiné aux agents gestionnaires, et reposant sur une IA générative, sera généralisé à l’ensemble des académies, après une phase d’expérimentation dans l’académie de Lyon.

L’IA et l’avenir du travail

Explorer les impacts de l’intelligence artificielle sur la compétitivité, l’emploi, les compétences et les politiques publiques. C’est l’objet de la conférence internationale sur l’avenir du travail, organisée le 10 février 2025 par le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles.
Au programme de cet événement rassemblant des représentants du monde du travail, des experts et des décideurs : des sessions dédiées aux enjeux cruciaux de l’IA, notamment la productivité et le capital humain, les conditions de travail et la qualité de l’emploi, ainsi que les défis du recrutement et de l'encadrement algorithmique.

Le week-end culturel de l’IA

Le Week-end culturel de l’IA, les 8 et 9 février 2025, a dressé un vaste panorama des utilisations créatives et culturelles de l’IA, mais aussi des interrogations qu’elle suscite.
Organisé par le ministère de la Culture avec le soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, il a abordé de nombreuses thématiques, comme l’émergence de nouvelles formes artistiques, le droit d’auteur et la traçabilité, la véracité de l’information et l’IA générative, ou encore le traitement accéléré des données en matière du patrimoine bâti ou de collections des musées.

L’IA dans la Justice

Le ministère de la Justice a engagé des travaux exploratoires sur l’utilisation de l’IA en vue de moderniser le service public de la Justice tout en veillant à encadrer et sécuriser ses usages.
Le Ministère a envisagé quatre cas d’usage prioritaires où l’IA pourrait apporter une réelle valeur ajoutée :
  • retranscription d’entretiens,
  • aide à la recherche (jurisprudence, textes juridiques…),
  • interprétariat et traduction,
  • résumé de dossiers.

L’IA dans la Défense

Depuis 2024, le ministère des Armées fait de l’intelligence artificielle une priorité.
Acteur incontournable du champ de bataille, l’IA représente également un défi de souveraineté majeur dans ce domaine.

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