IA : une nouvelle impulsion pour la stratégie nationale

Publié le 06/02/2025 Modifié le 12/02/2025

La France lance une troisième étape dans sa stratégie nationale pour l’intelligence artificielle (IA). Elle prévoit notamment de renforcer de l’attractivité du territoire et de l’écosystème d’excellence français ou encore de mettre la puissance de l’IA au service des politiques publiques et de l’efficacité administrative.

Un homme fait face à 3 écrans d'ordinateur.
Un homme fait face à 3 écrans d'ordinateur. - Source : Adobe Stock
La France poursuit et renforce sa stratégie nationale pour faire de l’intelligence artificielle (IA) un levier de compétitivité et d'indépendance au service du bien commun.
Dans la lignée des initiatives ambitieuses entreprises depuis 2017, le Gouvernement lance une troisième étape de cette stratégie à l’issue d’un comité interministériel de l’IA, le 6 février 2025.
Ces annonces s’articulent avec celles du Sommet pour l'action sur l’IA, qui a réuni experts et décideurs du monde entier les 10 et 11 février 2025 à Paris, et la boussole de compétitivité annoncée par la Commission européenne fin janvier 2025.

109 milliards d'euros investis en France

Le président de la République a annoncé, à la veille du Sommet, le 9 février 2025, que 109 milliards d’euros allaient être investis en France par des entreprises privées dans l’IA au cours des prochaines années.  
Ce montant recouvre notamment un centre de données sur un campus IA financé par les Émirats arabes unis.
La présidente de la Commission européenne a, par ailleurs, lancé, le 11 février, l'initiative « InvestAI » pour mobiliser 200 milliards d'euros d'investissements dans l'IA. 
Ce partenariat public-privé unique, qui s'apparente à un CERN pour l'IA, inclura un nouveau fonds européen de 20 milliards d'euros pour des giga-usines d'IA. 

Des infrastructures adaptées à l’IA

La France bénéficie de plusieurs atouts qui rendent son territoire attractif pour l’implantation d’infrastructures dédiées à l’IA :
  • une énergie décarbonée, abondante et stable,
  • un territoire hyperconnecté à l’Europe et au monde,
  • un foncier directement adapté aux projets de centres de données.
35 sites « prêts à l’emploi » ont été identifiés pour des projets de centres de données en France métropolitaine. Leur carte sera présentée à l'occasion du Sommet pour l’action sur l’IA.
Avec le plan d’investissement France 2030, l’État continue à renforcer les infrastructures de calcul, via les supercalculateurs publics, et les maillons critiques de la chaîne de valeur de l’IA.

Un écosystème exceptionnel pour former et attirer les talents

L’investissement dans la formation est un élément fondamental de la stratégie nationale pour l’IA.
Dans le cadre de France 2030, le volet formation à l’intelligence artificielle porte l’ambition de soutenir le développement de l’IA en France par une main d’œuvre experte et nombreuse.
Financé à hauteur de 360 millions d’euros, le programme « IA Clusters » vise à constituer un « MIT » à la française.
Neuf pôles de formation et d’excellence en IA sont créés, avec l’objectif pour 2030 :
  • d’atteindre 100 000 personnes formées,
  • de pouvoir placer au minimum un établissement d’excellence dans les meilleurs rangs internationaux.
Les projets de formation soutenus par le dispositif « Compétences et métiers d’avenir » doivent permettre de généraliser la formation à l’IA sur l’ensemble du territoire, à tous les niveaux de diplôme, quel que soit le cursus.
Avec de nombreux dispositifs d’attractivité comme le Passeport talent ou encore le « French Tech Visa », la France fournit un environnement accueillant pour les talents internationaux.
Le financement de nouvelles chaires IA d’excellence permettra de poursuivre une véritable politique d’attractivité, de renforcer le réseau universitaire, des écoles et des formations tout en rapatriant les talents français.
Une cellule « Choose France for Research » sera lancée afin d’accompagner les chercheurs talentueux souhaitant s’implanter en France.
France 2030 poursuit son soutien à des projets d’envergure permettant le développement de technologies à fort impact et leur adoption pour faire émerger des pionniers français de l’IA. La recherche sur l’IA en santé est notamment primordiale pour la France.

L’IA au service des politiques publiques

Tous les ministères mettent en place des feuilles de routes dédiées permettant de catalyser l’effet transformatif de l’IA, avec une attention plus forte dans certains départements ministériels comme la Santé, l’Éducation, la Justice ou les Armées.
L’État veut favoriser l’accès à la commande publique pour les acteurs innovants de l’IA notamment en rehaussant le seuil permettant de recourir à un appel d’offres simplifié dans le cadre des marchés publics (« achat public innovant »).
L’État entend généraliser le recours à l’IA pour améliorer la qualité et l’efficience de l’action publique. Les actions interministérielles de déploiement de l’IA dans le secteur public seront coordonnées par le ministère de l’Action publique, de la Fonction publique et de la Simplification.
Un plan de déploiement d’outils d’IA générative va permettre aux agents publics de bénéficier d’assistants IA compétitifs et sécurisés.
Il est prévu d’équiper les enseignants, magistrats et forces de l'ordre avec des outils capables de leur faire gagner du temps et de l’efficacité dans leurs tâches administratives quotidiennes.

Les moyens de s’emparer et maîtriser l’IA

La diffusion de l’IA dans l’économie représente un enjeu majeur pour le maintien de notre compétitivité économique. Son déploiement rapide doit se faire de façon maîtrisée, sans créer une nouvelle fracture numérique.
Cela passe par se donner les moyens de bâtir une IA de confiance, avec des standards élevés de fiabilité et de sûreté, et porteuse des valeurs de la France.
La France vient, pour cela, de se doter du premier institut européen pour l’évaluation et la sécurité de l’IA (INESIA).
Les annonces visent également à aider tous les Français à mieux comprendre et s’approprier l’IA.
L’objectif est de sensibiliser deux millions de Français - collégiens, lycéens, étudiants, salariés en entreprise, personnes en reprise d’emploi, grand public - d’ici à la fin de l’année 2027, en s’appuyant notamment sur les Conseillers numériques et les « Cafés IA », lieux de débats démocratiques et de partage de ressources pédagogiques.

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