5 000 maisons « France santé » d’ici à 2027

Publié le 15/09/2025 Modifié le 15/09/2025

Le Premier ministre a annoncé, le 13 septembre 2025 à Mâcon (Saône-et-Loire), vouloir bâtir une offre de soins de proximité à moins de 30 minutes de chaque Français.

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Image d'illustration - Source : Service d'information du Gouvernement
La santé a été au centre du premier déplacement officiel du Premier ministre, Sébastien Lecornu, ce samedi 13 septembre 2025 à Mâcon (Saône-et-Loire).
Au cours de la visite d'un centre de santé, il a assuré vouloir bâtir d’ici à 2027 un réseau de soins de proximité assurant, a minima par bassin de vie, une offre à environ 30 minutes autour de chez soi, à l’image de ce que proposent les maisons France services.
Source : Service d'information du Gouvernement

Accès aux soins : déplacement du Premier ministre à Mâcon en Saône-et-Loire.

Transcription

Sébastien LECORNU

[...] Il y a 20 ou 30 ans, on arrivait facilement à trouver un médecin. Et aujourd'hui, en dépit des efforts importants qui sont faits, je vais y revenir, j'ai le sentiment que c'est de plus en plus dur. 

Et pour cause : d'un côté, on a une pyramide des âges de vos consœurs et de vos confrères qui [inaudible]. On l'a vu arriver, à vrai dire. C'est un autre débat. De l'autre, on a des patients qui eux, sont évidemment de plus en plus âgés et la question de la vieillesse, la question du maintien à domicile des personnes âgées, la question aussi, évidemment, des difficultés sociales, on se l’est dit, et enfin de plus en plus une patientèle qui est de moins en moins homogène entre ceux qui prennent beaucoup soin d'eux, qui peuvent le faire, et ceux qui de moins en moins le font, et cela pose aussi évidemment les questions de prévention. 

Je pense que c'est un sujet qui est absolument clé, et comme je vous le disais de manière très directe, je vais le redire devant les journalistes : on connaît tous la situation politique, on connaît tous la situation budgétaire, il y a plein de sujets qui vont être traités par l'élection présidentielle. Mais je ne vois pas très bien comment on peut expliquer en ce moment aux Françaises et aux Français que la question de l'accès aux soins, ça va attendre 2027. Et donc ça, pour le coup, c'est absolument clé. 

J'ai la faiblesse de penser, je le dis devant des élus qui ont des opinions politiques très différentes, qu'en plus, si on prend ça à bras-le-corps, c'est quelque chose qui peut complètement enjamber les clivages. 

Deuxième chose : on ne part pas de nulle part. Comme beaucoup de choses ont été faites ces dernières années - je le dis parce que parfois chez les politiques, il y a toujours le sentiment, surtout quand ils prennent une fonction, que tout est génial depuis qu'ils sont là et que c'était ni fait, ni à faire pour leurs prédécesseurs. Non, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai parce que ce qu'on appelle de manière plus ou moins barbare la fin du numerus clausus, numerus apertus, en clair, c'est ce mouvement de liberté qui a été fait dans les universités de médecine, c'est quelque chose qu'Édouard PHILIPPE avait engagé sous l'autorité du président de la République et ça va produire ses résultats le moment venu. François BAYROU, il y a encore quelque temps, avec les deux ministres qui sont ici et que je salue et que je remercie de m'accompagner ce matin, a lancé un plan sur les résultats médicaux qui va commencer seulement à se mettre en œuvre. Donc, beaucoup de choses ont été faites. 

Mais on voit bien qu'on a un problème de rythme. On a un problème de rythme et de vitesse entre globalement, ce que ressentent nos concitoyennes et nos concitoyens, et puis la rapidité d'exécution, la mise en œuvre de tout ça.

Troisième commentaire : j'ai voulu venir ici parce que je connais André ACCARY, président du conseil départemental de Saône-et-Loire depuis 2015. On était élus tous les deux en même temps. On a quitté nos mairies tous les deux en même temps,  pour devenir présidents de conseils départementaux. Et j'ai vu André faire grandir ce projet. Je l'ai vu chercher le consensus local entre les formations politiques. Cela peut être une leçon, pour nous tous, à l'échelle nationale, parce que souvent, ce qui est possible à l'échelle locale pour le président de région et l'ensemble des élus qui sont ici, c'est souvent plus simple localement que nationalement, donc ça veut dire aussi que ça peut être une méthode pour la suite, je n'en dis pas plus. La construction d'un consensus aussi, en tout cas essayer [inaudible] les approches (je vous ai entendus : opposer médecine libérale, médecine salariée, etc., n'a absolument aucun sens). 

Les Françaises et les Français, ce qu'ils veulent surtout, c'est un médecin. Ils ne se posent pas la question, d'ailleurs, quand ils poussent la porte d'un cabinet médical : « Mais au fait, vous êtes salarié, vous êtes médecin libéral ? » 

Je pense que là, il faut qu'on fasse attention à ne pas trop se parler à nous-mêmes, et en même temps, respecter profondément l'ensemble des approches, telles qu'elles existent, il y a de la place pour tout le monde. 

Et pour cela, je vais recevoir la semaine prochaine avec des ministres (et je vais le faire au ministère de la Santé parce que c'est leur maison), l'Ordre des médecins, l'ensemble des associations qui représentent les professions, parce que je sens qu'on est en train d'installer un moment de défiance dans la communauté médicale, au moment où on doit dire merci à l'intégralité de la communauté médicale – et pas seulement les médecins d'ailleurs : c'est vrai aussi des assistants médicaux, des infirmiers, aides-soignants, sage-femmes. Donc là, on a toute une communauté qui a plutôt besoin de soutien et de remerciements, parce que les applaudissements pendant le covid le soir paraissent un peu lointains pour tout un chacun, et je pense qu'il faut repartir aussi de cette gratitude. 

Je parlais d'André ACCARY parce qu'en fait, il faut bien aussi comprendre que l'essentiel de ce qui a été fait ici a été fait au fond plutôt contre l'État. On peut le dire maintenant. Pendant des années, le président du département a créé un réseau de maisons de santé. Ce réseau était illégal. Tout simplement parce que le département n'avait pas le droit de le faire. Bon, ça dit tout de notre pays et beaucoup de choses qui a toujours existé depuis 1945. Enfin, c'est quand même quelque chose qui est un tout petit peu à côté, un tout petit peu à part. Mais au fond, on n'arrive pas à faire confiance aux collectivités locales. Et donc, on est encore dans une logique où l'État s'en occupe, les collectivités locales prennent des initiatives. Il y a beaucoup trop de cuisiniers dans la cuisine. Et on ne sait pas très bien, globalement, comment cela fonctionne. 

Il y a quelques années, en sortie du Grand Débat national, j'avais organisé dans des conditions que vous connaissez, pendant la crise des gilets jaunes et suite à la crise des gilets jaunes, on avait senti un sentiment d'abandon du milieu rural, qui était absolument épouvantable. Si je suis honnête, pas qu'en milieu rural, mais dans un certain nombre de quartiers des politiques de la ville, dans lesquels il peut y avoir, au fond, une déshumanisation de beaucoup de rapports entre l'administration et  nos concitoyennes et nos concitoyens. 

On avait imaginé quelque chose d'assez innovant, qui était France services, en disant : « Eh bien voilà : on va recréer du guichet de proximité, puis on va fonctionner différemment, on ne va pas demander aux Françaises et aux Français de s'adapter au guichet, on va faire en sorte que ce soit les guichets, les caisses, allocations familiales, assurances maladies, les collectivités locales, les entreprises aussi comme La Poste, etc., de se mettre à disposition avec un maillage territorial ».

C'était une première rupture importante, qui était de repartir de la proximité, et de laisser beaucoup de liberté au territoire pour s'organiser. Alors, pour l'avoir fait avec Jacqueline GOURAULT et d'autres (on nous avait dit que ça ne fonctionnera jamais, que c'est cosmétique, c'est du marketing, c'est un effet d'annonce : en général, quand on essaie de faire des choses bien, on n'est jamais en reste d'encouragement pour le faire) : on a réussi. Et aujourd'hui, vous avez un réseau France services. Il est inégal sur le territoire. C'est aussi quelque chose qu'il va falloir accepter. Dans certains endroits, ça fonctionne tout le temps avec beaucoup d'offres. Dans d'autres endroits, c'est parfois imparfait. Mais ça, il va falloir aussi que notre logiciel change un peu là-dessus.

Et donc moi, ce que je vais demander aux ministres et au Gouvernement, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026 et du projet de loi de finances pour la sécurité sociale pour 2026, c'est de faire un réseau France santé, dans lequel on se dit une chose simple : c'est que d'ici à 2027, on doit avoir une offre de soins de proximité par bassin de vie a minima. Et donc globalement, quelque chose autour de 30 minutes de chez vous. Là aussi, en fonction d'une situation locale, ça devra être adapté, parce qu'à Reims, par définition, la situation n'est pas la même qu'à Vernon, au hasard. Donc ça, c'est une priorité absolue pour moi. Je veux qu'elle soit inscrite dans les documents économiques et financiers qu'on va proposer à l'Assemblée nationale et au Sénat pour l'année prochaine. 

Soit parce qu'on va venir soutenir ce qui existe déjà, parce que ce qui existe déjà a sûrement besoin soit d'être protégé, fidélisé, etc. [inaudible] et développé parce que, vous me l'avez tous dit, on a quand même malheureusement un problème qui continue de s'accélérer et sur lequel il va falloir évidemment apporter des réponses. Et puis surtout, vous avez beaucoup d'endroits, outre-mer compris, des territoires pour lesquels j'ai un attachement particulier, dans lesquels il va falloir prendre des mesures d'adaptation encore plus fortes.

C'est une approche que je crois pragmatique, qui va donc ouvrir un certain nombre de discussions avec les associations d'élus. Il va falloir aussi qu'avec nos agences régionales de santé, la caisse primaire d'assurance maladie, on travaille un peu différemment. Parce que ça veut dire aussi que cet égalitarisme et ces rigidités, elles viennent tuer dans l'œuf parfois beaucoup de démarches locales. Et je ne dis pas ça pour critiquer nos fonctionnaires, parce qu'ils font un travail absolument remarquable, mais le pouvoir politique a besoin de le porter. 

Et donc c'est un des sujets (sans évidemment court-circuiter les ministres, les directeurs généraux de d'agences régionales de santé (ARS), les préfets), c'est un sujet que je vais prendre vraiment à mon niveau parce que je considère que c'est une grande priorité nationale, et qu'on ne peut pas parler d'intelligence artificielle, de quantique, ou d'investir autant sur notre défense (c'est un sujet que je soutiens évidemment) en expliquant aux gens qu'au fond que demain, ça sera pire qu'hier. 

Et là, il y a des marqueurs : on est la France, un grand pays, on met beaucoup d'argent public dans tout ça, donc la question de l'efficacité, la question de l'organisation de l'offre de soins, c'est évidemment quelque chose d'important. Et après, il y a des sujets plus techniques, peut-être moins grand public. Les ministres en ont parlé avec les médecins qui sont ici, je le dis pour la presse. Mais évidemment, il s'agit de la manière dont on organise la coordination entre offre de soins et médico-social, la question évidemment du handicap, la question de l'autonomie des personnes âgées, la question de l'aide sociale à l'enfance, la PMI. Beaucoup de choses ont été dites et je vous en remercie. De manière globale, il y a le lien avec l'hôpital, parce que je le dis (au passage), y compris pour toutes celles et ceux qui s'interrogent sur pourquoi aussi il y a des problèmes de finances publiques : il y a aussi des problèmes de finances publiques parce qu'on a décidé de remettre beaucoup d'argent dans l'hôpital. C'est vrai pour la rémunération (c'est le Ségur de la santé, c'est le Ségur médico-social) et je le dis devant le maire de Mâcon, c'est vrai aussi parce qu'on a remis beaucoup d'argent dans les infrastructures hospitalières (un hôpital ici à Mâcon est neuf, il faut bien le reconnaître). Et je le dis en tout cas : il y a eu beaucoup d'investissements, et Catherine VAUTRIN y a veillé, et je le dis devant la maire de Montceau-les-Mines, des investissements sont à venir pour un hôpital nouveau à Montceau-les-Mines. 

Tout cela, évidemment, c'est un effort important, on le voit bien. Qu'est-ce qu'on attend de l'hôpital ? Qu'est-ce qu'on attend de notre médecine libérale ? Parce qu'elle est libérale, il faut la laisser libre. Et donc, il faut avoir une carte de France qui soit vivante. Et comment, en revanche, on vient nous, à côté, justement, proposer une offre de soins qui soit très pragmatique, simple, loin des grands discours, et dans laquelle on est capable de dire aux Françaises et aux Français qu'on le fera. Et je pense que ces 5 000 maisons, globalement, ce réseau, on est capable de les construire d'ici à 2027.

En tout cas, merci de m'avoir accueilli et d'avoir pris du temps, ça me fait du bien de sortir de Paris pour être complètement transparent avec vous, et de revenir aussi au-delà de nos sujets politico-budgétaires du moment, sur des choses essentielles qui produisent quelque chose de notre pacte social et du rapport que l'on doit avoir entre êtres humains. 

Merci à toutes et à tous. Merci beaucoup.

Si on prend [la question de l'accès aux soins] à bras-le-corps, c'est quelque chose qui peut complètement enjamber les clivages. Les Françaises et les Français, ce qu'ils veulent surtout, c'est un médecin.

Sébastien Lecornu

  • Premier ministre
Sébastien Lecornu
Ce réseau serait construit en densifiant celui des maisons « France santé », des structures pluri-professionnelles introduites dans le code de la santé publique en 2007. Le Premier ministre a indiqué viser 5 000 maisons en 2027, alors qu’elles étaient au nombre de 2 501 au 31 décembre 2023, selon les données du ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles.
Cette « priorité absolue » pour le Premier ministre devra être inscrite dans les projets de budgets de l’État et de la sécurité sociale pour 2026.
Source : Service d'information du Gouvernement

Accès aux soins : le Premier ministre visite un centre de santé à Mâcon en Saône-et-Loire.

Transcription


Pascale ROLLIN

(...) Je suis Pascale ROLLIN, je suis la directrice médicale. Notre activité principale, au niveau des centres de santé, c'est de pouvoir contribuer à l'accès aux soins sur le territoire, en collaboration et en coopération avec tous les acteurs et bien sûr, nos confrères libéraux. Je pense que ça c'est vraiment important. M. le Président Akkari [Ph] l'a bien introduit, mais ça, je pense que c'est vraiment important. Donc notre activité, elle est simple. Si on reprend l'historique du centre de santé, initialement, en 2018, quand il a été créé, on était plutôt sur de l'accès aux soins primaires, et l'objectif, c'était vraiment l'activité de médecine générale. Ensuite, très rapidement, dans le cadre de l'évolution aussi de l'offre de soins et des besoins de territoire, nos missions se sont développées, autant au niveau du contenu, mais aussi de la composition des équipes. Donc : des médecins généralistes en 2018, très rapidement, une équipe très pluridisciplinaire, avec des infirmiers en éducation thérapeutique, l'accueil d'étudiants en médecine générale dès 2019.

Sébastien LECORNU

Quelles étaient les spécialités les plus critiques ?

Pascale ROLLIN

C'était la médecine générale à l'époque. Donc vraiment, la création du centre de santé, c'était le premier étage.

Sébastien LECORNU

Et quelles étaient les plus critiques parmi les spécialités ?

Pascale ROLLIN

Alors la spécialité, ça a été essentiellement tout ce qui était la dermatologie, qui était vraiment une spécialité très compliquée et pour les autres spécialités, c'est très territoire-dépendant, avec aussi un lien très important à l'offre de soins qui peut être proposée avec les centres hospitaliers. Parce qu'on a un lien fort aussi avec l'hôpital, les spécialités. L'hôpital, c'est vraiment un axe fort de travail, donc les spécialités qu'on a développées, qu'on a recrutées au sein du centre de santé, c'était aussi en lien avec des opportunités (ça, il faut aussi se le dire), mais aussi avec des réflexions collégiales avec les centres hospitaliers pour pouvoir proposer en ambulatoire des consultations avancées, ce qu'on appelle « avancées ». Donc, cette phase 2 de recrutement de spécialité, on l'a plutôt travaillée en 2020, avec un résultat de 2020-2021 par rapport à la crise sanitaire. Et parallèlement à cette deuxième phase de déploiement, on a vraiment travaillé aussi sur le développement de l'exercice coordonné avec les nouveaux métiers. Donc, on a recruté nos premiers assistants médicaux en 2022. La première assistante médicale a intégré le centre de santé en 2022.

Sébastien LECORNU

Ce sont des gens qui ont quel profil, en termes de formation ?

Pascale ROLLIN

Profil plutôt sanitaire à l'époque. Notre première assistante médicale était infirmière de formation. Et après, de 2022 jusqu'à nos jours, on a développé énormément cette compétence qui est vraiment... Et là, il faudra que mes confrères témoignent de cette compétence très experte et nécessaire aujourd'hui dans leur pratique de médecine générale, mais pas seulement : aussi dans leurs spécialités. Donc aujourd'hui, on a une quinzaine d'assistantes médicales avec des profils mixtes qui ont initialement soit du paramédical avec des profils initiaux de métier aide-soignant, auxiliaire-puéricultrice, ou des secrétaires médicales qui ont monté en compétences.  Toutes ont été formées d'abord avec une qualification professionnelle, avec des contenus de formation et des durées plus ou moins longues en fonction de leurs compétences.

Sébastien LECORNU

Et de ce que vous leur proposiez ?

Pascale ROLLIN

Et de ce qu'on leur proposait. Mais en sachant qu'aujourd'hui, le métier d'assistante médicale a un cadre bien précis aujourd'hui qui... pas qui interroge, mais en tout cas qui nécessite de pouvoir réfléchir ensemble sur ce qu'on peut leur déléguer aujourd'hui parce qu'ils travaillent vraiment de façon très « main dans la main » avec les médecins, en présence des médecins sur certaines compétences, aussi en lien avec la consultation médicale, et en lien aussi avec des gestes techniques avec les spécialistes et à vraie  mission : un pilier pour le patient, pour coordonner sa prise de soins, dans le cadre par exemple d'une prise de rendez-vous auprès d'un spécialiste, de s'assurer que les examens ont été bien faits avant la consultation.

Sébastien LECORNU

Ce sont des gens que vous arrivez à fidéliser, ensuite ?

Pascale ROLLIN

Ah oui, oui, tout à fait, avec beaucoup de valeur.

Sébastien LECORNU

Donc cette fois c'est : aucune formule, beaucoup de valeur. Pour le dépistage aussi ?

Pascale ROLLIN

Sur le dépistage, bien sûr. Mais on est vraiment en construction. Sur ces nouveaux métiers, même si notre première assistante médicale est arrivée en fin 2022, on est vraiment en construction. Parce que c'est aussi une autre façon d'exercer pour les médecins. On a tous une formation (je veux dire, une formation universitaire) et on est beaucoup en équipe à l'hôpital, on devient vraiment pluridisciplinaire.

Sébastien LECORNU

Vous étiez médecin généraliste ?

Pascale ROLLIN

Oui, j'étais médecin généraliste, j'exerçais avec une prise de décision qui nous appartient : le diagnostic. Alors qu'à l'hôpital, on avait l'habitude de la pluridisciplinarité. Je pense qu'en médecine ambulatoire, on avait moins cette « construction ».

Catherine VAUTRIN

Et vous parliez tout à l'heure de consultations avancées.

Pascale ROLLIN

Oui.

Catherine VAUTRIN

Avez-vous des professionnels de CH ou de CHU qui viennent ici ?

Pascale ROLLIN

Tout à fait. Nous n'avons pas de CHU en Saône-et-Loire. Donc, nous, on a des conventions-cadres avec les deux GHT : GHT Nord, GHT Sud. Donc Mâcon pour le Sud et Chalon-sur-Saône pour le Nord.

Sébastien LECORNU

Pouvez-vous nous dire ce qu’est un GHT, parce que…

Pascale ROLLIN

Un groupement hospitalier de territoire.

Sébastien LECORNU

Nous, on sait tous mais...

Pascale ROLLIN

Nous avons aussi une convention-cadre aussi avec l'établissement public de santé mentale qui couvre toute la pédopsychiatrie sur le département, et au niveau de la psychiatrie adulte, là, on est sur un raisonnement encore de groupement hospitalier territoire. Donc ces conventions-cadres avec les établissements nous permettent de réfléchir sur des consultations avancées. Ce sont les médecins de l'hôpital qui vont venir faire des consultations avancées chez nous, mais on a aussi des confrères qu'on recrute au sein du centre de santé et qu'on met à disposition à l'hôpital. (Voici Fawaz KHIDHER qui est dermatologue et travaille deux jours par semaine à l'hôpital de Mâcon).

Sébastien LECORNU

Cela fait longtemps que vous faites ça ? C'était à l'origine du projet ou bien est-ce récent ?

Pascale ROLLIN

Alors ça, ça a été mis en place 2021-2022. On avait eu une première expérience avec le centre hospitalier de Mâcon, où on avait recruté un assistant partagé. Donc là, on s'adapte pour la crise sanitaire, parce que la crise sanitaire, ça nous a beaucoup impacté sur le terrain. Voilà : on a eu un moment pendant une année où on a... On a assuré la continuité, on a assuré nos missions, et nos projets ont quand même été mis un peu en suspens parce qu'on avait d'autres priorités,  comme tout le monde, évidemment. Donc, on avait eu un premier assistant partagé avec l'hôpital de Mâcon avant la crise sanitaire et on a vraiment, après, développé ce partenariat après la crise sanitaire.

Yannick NEUDER

Et vous seriez favorable à ces postes d'assistants de territoire qui seraient mixtes ville-hôpital ?

Pascale ROLLIN

Ah oui, oui, oui, vraiment.

Yannick NEUDER

Parce que c'est quelque chose qui permettrait de…

Pascale ROLLIN

Au niveau de l'hôpital, effectivement, il y a ces consultations avancées. On a travaillé sur un projet : comme je vous disais, on accueille des étudiants. Donc, on a monté des terrains de stages mixtes pour nos étudiants ville-hôpital. Ça, c'est une première.Et là, on a été vraiment suivi par l'ARS, par notre département de médecine générale. Par exemple, là, à Autun, à partir du mois de novembre, on a créé un terrain de stage mixte sur... c'est un peu technique, mais sur la formation des internes en médecine générale. Ils peuvent faire ce qu'on appelle un stage…

Yannick NEUDER

[inaudible] plutôt, dès la quatrième année, vous avez…

Pascale ROLLIN

Alors ça, on le fait aussi. Tout à fait.

Yannick NEUDER

Plus vite ils sont dans l'hôpital, plus vite ils s'installent.

Pascale ROLLIN

Oui, tout à fait. Donc là, on a un terrain de stage mixte via l'hôpital, par exemple, pour un interne en médecine générale. Pour 2021-2022 aussi, dans notre phase 2 de déploiement, on a recruté les nouveaux métiers qui sont les infirmiers en pratique avancée. Donc nos premiers IPA sont arrivés en mai 2022. Et aujourd'hui, sur nos sept centres de santé, on a six centres de santé pour lesquels on accueille un infirmier en pratique avancée. Donc là, je pense que ce sera aussi intéressant qu'on ait des [inaudible] parce que vraiment, c'est une nouvelle compétence, et il faut aussi apprendre à savoir quels sont leurs champs d'intervention, avec les derniers décrets qui leur ouvrent aussi de multiples compétences. Donc dans ce cadre-là, on essaie de faire vivre ces collectifs. On a créé des groupes de travail parce qu'on a aussi besoin de pouvoir se structurer sur les compétences.

Sébastien LECORNU

D'accord. On bascule sans presse, comme ça on a un échange libre ? Et on demande à nos amis journalistes de revenir à la fin ? Ça vous va ?»

Intervenant non identifié

Le dernier projet qui va ouvrir, je conclurai avec ça, c'est à partir de septembre l'année prochaine.

Début septembre, le Gouvernement avait annoncé le déploiement d’un nouveau dispositif, permettant à des médecins volontaires d’assurer jusqu’à deux jours de consultations par mois, dans 151 territoires prioritaires pour lutter contre les déserts médicaux.

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