Grand chantier : Renforcer nos logiques d'évaluation
Publié le 30/07/2026 Modifié le 05/08/2026
En 2025, le SIG a fait de la mesure un levier de transformation de la communication de l’État.
L’enjeu n’est plus d’évaluer les actions une fois déployées, mais d’intégrer une logique de suivi, d’analyse et d’optimisation à chaque étape, afin de mieux comprendre et anticiper leurs effets, d’ajuster les choix stratégiques et de renforcer la responsabilité de la communication étatique.
Regard international, mesures d’opinion, outils d’accompagnement stratégique : ces dispositifs traduisent une même ambition, faire de l’évaluation un réflexe d’amélioration continue et d’aide à la décision.
Dans un espace public saturé, où l’attention se fragmente et où l’État est rarement le seul à s’exprimer sur les sujets dont il se saisit, la mesure devient une condition de reconnaissance et de pilotage de la communication étatique.
L’enjeu n’est pas seulement de savoir si un dispositif a été vu, mais de comprendre ce qu’il produit : permet-il de réattribuer l’action publique à l’État, d’en faire comprendre le sens et d’en favoriser la mémorisation ? Cette exigence suppose d’évaluer à plusieurs niveaux : la valeur ajoutée globale des investissements de communication, leur contribution aux politiques publiques, la performance de chaque dispositif et le rôle des leviers qui le composent.
Dans un contexte de réflexion sur la refondation de l’action publique, mieux mesurer, c’est aussi mieux faire reconnaître la fonction communication comme un métier stratégique, capable d’objectiver ses effets et d’améliorer en continu ses pratiques.
Mieux évaluer pour mieux communiquer : les recommandations de l’OCDE
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a réalisé, en partenariat avec le SIG, une analyse des pratiques d’évaluation de la communication publique française au regard des standards internationaux.
Ce diagnostic met en avant une culture de l’évaluation déjà bien installée dans le secteur public en France, tout en soulignant la nécessité de consolider les outils de suivi et de mesure des actions de communication pour mieux identifier leurs effets sur les citoyens et sur la confiance. Il propose pour cela un cadre commun fondé sur la logique MEL (Mesure, Évaluation, Apprentissage), à intégrer dès la conception des dispositifs. Celui-ci s’accompagne d’une matrice opérationnelle d’indicateurs, utilisable par les directions et services de communication des ministères, des opérateurs et services déconcentrés tout au long d’un projet, de sa construction à son pilotage, jusqu’à la restitution des résultats aux tutelles.
« Parce qu'elle touche au lien de confiance entre les citoyens et leurs institutions, la communication publique doit être évaluée avec la même exigence que toute autre politique publique. »
Carlotta Alfonsi, Analyste de politique à la direction de la gouvernance publique de l'OCDE
L’OPG : situer la parole de l’État dans l’espace médiatique et social
Lancé en septembre 2025 auprès de la sphère interministérielle lors de la 3e édition de la journée d’accueil et d’intégration des nouveaux communicants, « l'Observatoire des priorités gouvernementales » (OPG) met à disposition des communicants de l'État des tableaux de bord leur permettant de mieux situer les prises de parole de leur autorité dans l'espace médiatique et social.
En analysant les médias, les réseaux sociaux et les recherches Google, tout en donnant de la visibilité sur les actions conduites par les différents acteurs de la sphère étatique, l'outil permet d’identifier les sujets qui ont trait au périmètre des « missions essentielles » de l’État qui franchissent un seuil d'attention, les acteurs qui les portent et la part de voix occupée par la parole de l'État.
L’OPG met ainsi à la disposition des équipes de communication des données jusqu'alors réservées aux activités de veille, afin d’éclairer et diversifier leurs stratégies éditoriales, territoriales, partenariales et de relation presse.
Mesurer la lisibilité de l’action publique auprès des Français
Depuis 2023, le SIG conduit, avec l’institut Toluna-Harris Interactive, un baromètre semestriel destiné à mesurer la lisibilité de l’action de l’État auprès des Français.
L’enjeu est de distinguer la perception de l’action publique des jugements portés sur le Gouvernement, afin de suivre dans le temps ce que les citoyens comprennent, retiennent et associent aux « missions essentielles de l’État ». La dernière vague affine cette approche en évaluant la manière dont ces missions sont perçues et le potentiel d’une sélection de politiques publiques pouvant les illustrer dans le quotidien des Français.
Cette analyse s’appuie notamment sur des critères comme la notoriété, l’utilité perçue, le sentiment d’être soi-même ou son entourage concerné ainsi la visibilité des résultats. Une étude qualitative annuelle complète ce dispositif pour documenter plus finement les attentes, les perceptions, et les ressorts de l’attention.
La dernière vague confirme que la communication peut contribuer à installer plus durablement certains dispositifs dans l’esprit des Français, mais aussi que ces effets doivent être entretenus dans le temps.
Le déploiement des maisons de santé progresse sur l’ensemble des leviers mesurés en 2025, dans un contexte marqué par la création de la nouvelle identité « France Santé ». Début 2026, leur notoriété atteint 78% (+1/mai 2025) tandis que la notoriété qualifiée devient majoritaire (50%, +3). Le sentiment d’être concernés par cette politique publique s’améliore nettement (62%, +7), notamment à titre personnel (38%, +6). Leur utilité est très largement reconnue (93%, +1), avec une part croissante de Français les jugeant « très utiles » (62%, +6). Les effets de ce dispositif sont également mieux perçus : un quart des Français affirment en constater les résultats (26%, +6) tandis que la part de ceux qui y voient encore une promesse recule (18 %, -4).
Portée par un appel à projets destiné à en assurer la promotion, la mise en place de 50 % de produits de qualité et durables, dont au moins 20 % de bio, dans la restauration collective gagne également en visibilité. Sa notoriété progresse de 6 points entre novembre 2024 et mai 2025.
Entre mai 2025 et février 2026, les mesures de lutte contre les violences sexistes et sexuelles et les violences intrafamiliales, pilier de la Grande cause du quinquennat depuis 2019, gagnent en notoriété qualifiée : si 81% déclarent les connaître (+1), une majorité « voit précisément de quoi il s’agit » (54%, +5). Plus d’un tiers des Français se déclarent à présent concernés (35%, +6). Leur utilité demeure très largement reconnue (91%, -1), avec une adhésion qui gagne en intensité (57% les qualifiant de « très utiles », +4).
À l’inverse, six mois après la fin de la Grande cause nationale « 30 minutes Bouge », la promotion de l’activité physique et sportive montre la difficulté à maintenir la présence à l’esprit, sans communication dans la durée. Alors que l’ensemble des indicateurs de communication avaient progressé en 2024, sous l’effet d’une communication intensifiée, ils reculent en mai 2025 : moins de Français se déclarent concernés (58%, -5) et l’utilité perçue diminue (85%, -4). Ce résultat rappelle l’importance d’une communication pluriannuelle pour ancrer durablement les sujets et faire évoluer les représentations comme les comportements.
Audience.gouv, un outil de visualisation et de pilotage de l’écosystème numérique de l’État
Le patrimoine numérique de l’État compte plusieurs milliers de sites, sans qu’il ait longtemps été possible d’en disposer d’une lecture consolidée.
Avec audience.communication.gouv.fr, le SIG a développé un outil destiné à rendre cet écosystème visible et pilotable pour chaque ministère, conformément à la circulaire du Premier ministre du 7 juillet 2023. La plateforme propose une cartographie dynamique de plus de 3 000 sites de l’État, enrichie de données de fréquentation et d’indicateurs de qualité, notamment en matière d’accessibilité et de performance. Un mode administrateur, expérimenté avec quatre ministères pilotes, permet aux référents de suivre leur périmètre et d’y associer leurs réseaux. Construit de manière incrémentale par l’équipe chargée de la conception des produits numériques au SIG, l’outil intègre également des fonctionnalités d’IA pour automatiser certaines analyses et faciliter la gouvernance des écosystèmes numériques ministériels.
C’est un outil très précieux et un excellent support pour faire de la pédagogie auprès des décideurs.
- Responsable de design des ministères de la Transition écologique, de l'Aménagement du Territoire, des Transports, de la Ville et du Logement
Un calculateur d’impact carbone au service de l’éco-communication
En 2025, après la diffusion de la charte d’« éco-communication » de l’État, référentiel destiné à réduire l’impact environnemental de ses communications, réalisé en partenariat avec l’ADEME et le ministère de la Transition écologique, le SIG a complété cette démarche avec un outil de calcul de l’empreinte carbone des campagnes de communication de l’État. L’objectif est de passer d’un cadre de principes à un outil d’aide à la décision, permettant d’intégrer la sobriété dès la conception des dispositifs, tout en conservant une exigence de performance.
Destiné aux équipes en charge de l’élaboration, de la production et de la diffusion des campagnes et contenus, ce calculateur permet de mesurer l’impact des leviers mobilisés, en achat média comme en organique, de comparer plusieurs scénarios en amont et de piloter une trajectoire de réduction activation après activation. En donnant aux communicants des repères partagés et une méthode commune, il contribue à inscrire l’éco-communication dans les pratiques quotidiennes. Son déploiement à grande échelle est prévu en 2026.