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Mode d'emploi - Source : Service d'information du Gouvernement

Personnes âgées : le silencieux fléau de l’isolement social, comment s’en sortir ?

Publié le 23/01/2026 Modifié le 27/01/2026

MODE D'EMPLOI. La perte des liens sociaux aggrave de nombreuses pathologies psychiques et physiques chez les aînés. Le psychiatre Florian Porta Bonete revient sur les mécanismes de cet isolement et les leviers pour l’enrayer.

En résumé

Ce résumé a été généré par une intelligence artificielle, puis ajusté par la rédaction.
  • 750 000 personnes âgées vivent en situation de mort sociale, sans contact significatif avec leur entourage.
  • L'isolement aggrave les pathologies psychiques et physiques, notamment la dépression, le suicide et les démences.
  • La perte des liens sociaux réduit l'espérance de vie.
  • Le maintien des contacts sociaux est essentiel pour un vieillissement sain et ralentir le déclin cognitif.
  • La lutte contre l'isolement nécessite un engagement collectif, notamment à travers des actions citoyennes et des programmes de bénévolat.

750 000 personnes âgées vivent aujourd’hui en situation de mort sociale, c’est-à-dire sans contact significatif avec leur famille, leurs amis, leurs voisins ou les réseaux associatifs, selon les chiffres publiés par les Petits frères des pauvres en septembre 2025.

Cela représente l’équivalent de la population d’une très grande ville française entièrement privée de relations sociales. Une ville entière qui n’a aucune visite, aucun échange, aucun mot partagé avec autrui.

Les personnes de 80 ans et plus, ainsi que les aînés en situation de pauvreté, sont les plus exposés à cet isolement extrême. Plus largement, en 2025, près de 2 millions de personnes âgées sont isolées des cercles familiaux ou amicaux.

Pour Florian Porta Bonete, psychiatre hospitalier et chef de service à l’Hôpital Charles Perrens à Bordeaux, cette perte des liens sociaux aggrave de nombreuses pathologies psychiques et physiques chez les aînés et demande un engagement collectif pour ne pas devenir une fatalité.

Lorsqu’on est seul et isolé, on prend moins soin de sa santé, on consulte moins et on suit moins ses traitements.

Florian Porta Bonete

  • Psychiatre hospitalier et chef de service à l’Hôpital Charles Perrens à Bordeaux
Florian Porta Bonete

Quels sont les effets de l’isolement sur la santé psychique et cognitive des seniors ?

L’isolement et la solitude sont des facteurs de dépression et de suicide. Moins on a d’interactions sociales, plus le risque de passage à l’acte augmente. Il faut savoir que les personnes de plus de 65 ans sont de loin celles qui se suicident le plus avec 37 décès par suicide pour 100 000 hommes, soit un taux près de trois fois supérieur à celui observé dans la population générale. Les neurologues et les gériatres prouvent également que la solitude et l’isolement accélèrent les démences, dont la maladie d’Alzheimer.

Quels impacts observe-t-on sur la santé physique ?

L’isolement augmente le risque d’infarctus, de cancers et d’accidents cardiovasculaires, et réduit significativement l’espérance de vie. Lorsqu’on est seul et isolé, on prend moins soin de sa santé, on consulte moins et on suit moins ses traitements. Il faut considérer l’isolement comme un risque de maladie à part entière, au même titre que le tabac ou l’alcool.

Comment expliquer que la perte des liens sociaux impacte autant la santé générale ?

L’humain est un être social, il a besoin de contacts. Notre cerveau est composé de milliards de neurones présents dès la naissance, mais les réseaux neuronaux, eux, évoluent tout au long de la vie. La meilleure façon de continuer à créer des connexions, donc de ne pas « user » son cerveau, est de l’utiliser. Parler avec quelqu’un, interagir, active les circuits neuronaux et ralentit le déclin cognitif. Maintenir des contacts sociaux est l’un des leviers essentiels du bien vieillir.

Comment récréer du lien social quand on a perdu tout contact avec le monde ?

La lutte contre l’isolement passe par une main tendue de ceux qui ne sont pas isolés. C’est une action citoyenne. Concrètement, cela peut commencer par un simple « comment ça va ? » adressé à un voisin.

Une étude montre qu’une sortie culturelle par mois réduit la détresse psychique des personnes âgées. Il peut suffire, par exemple, d’emmener une personne âgée de sa famille à une sortie. À plus grande échelle, le bénévolat, comme celui proposé par les Petits frères des pauvres, ou le service civique, qui permet à des jeunes d’intervenir en EHPAD, contribue aussi à recréer des liens durables.

Ces relations permettent aux aînés de transmettre et aux plus jeunes de bénéficier de leur sagesse. Elles participent à revaloriser le grand âge, non plus uniquement associé à la perte d’autonomie ou de santé, mais aussi à une richesse de vie.


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