Narcotrafic : une consommation en hausse, un trafic toujours plus visible

Publié le 17/02/2026 Modifié le 17/02/2026

La consommation de drogues demeure massive en France, portée notamment par le cannabis et une forte progression de la cocaïne. Face à cette réalité, les infractions liées à l’usage et au trafic poursuivent leur hausse. L’État entend intensifier la prévention et renforcer la réponse pénale pour endiguer un phénomène banalisé.

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Police - Source : Adobe Stock

La consommation de stupéfiants en France reste à un niveau élevé et durable, tandis que les infractions liées à leur usage et à leur trafic continuent d’augmenter. Les derniers chiffres de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) et du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) dessinent le portrait d’un phénomène massif.

L’objectif du Gouvernement, avec la loi contre le narcotrafic, adoptée en 2025, est de renforcer la lutte, par divers moyens : prévention auprès du public (associations, acteurs de la santé publique), sanction des trafiquants et des usagers (police, justice).

Le cannabis, drogue illicite la plus consommée

Le cannabis demeure de très loin la drogue illicite la plus consommée en France. En 2023, 21 millions de personnes âgées de 11 à 75 ans l’ont expérimenté, dont 5 millions au cours de l’année et 1,4 million de manière régulière. Près de 900 000 usagers en consomment quotidiennement.

Les autres substances illicites restent moins répandues mais concernent néanmoins des millions de personnes. La cocaïne a été expérimentée par 3,7 millions de Français, avec 1,1 million d’usagers dans l’année. Près d’un adulte sur dix (9,4%) a consommé au moins une fois de la cocaïne au cours de sa vie contre 5,6% en 2017, soit la plus forte hausse en nombre de points (+ 3,8) mesurée parmi toutes les substances illicites dans la période récente.

L’ecstasy/MDMA compte 3,2 millions d’expérimentateurs. Les usages d’héroïne restent marginaux en population générale, mais concentrés dans des publics à forte vulnérabilité. Chez les jeunes, la dynamique est contrastée. À 17 ans, près de 30 % ont déjà expérimenté le cannabis, une proportion en baisse par rapport aux années 2010, mais qui reste élevée. L’usage régulier recule, sans disparaître, et s’accompagne d’une diversification des produits testés au cours de l’adolescence.

Des infractions en hausse continue

Les infractions liées aux stupéfiants poursuivent leur progression. En 2025, 307 200 personnes ont été mises en cause pour usage de stupéfiants, soit une hausse de 6 % en un an. Le trafic n’est pas en reste, avec 56 600 mis en cause, en augmentation de 8 % sur la même période.

Ces hausses s’inscrivent dans une tendance longue. Depuis 2020, année de mise en place de l’amende forfaitaire délictuelle (AFD) pour usage de stupéfiants, le nombre de personnes mises en cause pour usage augmente en moyenne de 14 % par an. En 2025, sept mis en cause sur dix pour usage ont fait l’objet d’une AFD, confirmant l’ancrage de cet outil dans la réponse pénale.

Une répression ciblée sur les jeunes adultes

Les données policières montrent une forte concentration des infractions chez les jeunes. Les 18-29 ans représentent 63 % des mis en cause pour usage de stupéfiants et 56 % pour trafic, alors qu’ils ne constituent que 14 % de la population. 

À l’inverse, la part des mineurs parmi les mis en cause pour usage diminue, notamment parce que l’amende forfaitaire délictuelle ne s’applique pas aux moins de 18 ans.

L’amplification du nombre de personnes mises en cause démontre un engagement fort de l’État pour agir contre le narcotrafic et la criminalité organisée.


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