Le logement en France

Relance logement

Face à une offre de logements insuffisante et une demande en forte hausse, l’accès au logement devient de plus en plus difficile pour de nombreux Français. Pour répondre à cette crise durable, le plan Relance logement vise à augmenter l’offre et soutenir la construction sur tout le territoire.

Baisse des constructions neuves, pénurie de l’offre locative, explosion de la demande de logements sociaux : la crise du logement touche toutes les catégories de population et l’ensemble du parc immobilier.

Pour y répondre, le Gouvernement agit simultanément sur plusieurs leviers : des crédits supplémentaires pour les bailleurs sociaux, des avantages fiscaux inédits pour inciter les bailleurs privés à investir dans l’immobilier locatif, une simplification du droit de la construction et des règles de l’urbanisme…

Objectif : 2 millions de logements d’ici à 2030.

Le logement, un secteur en crise

En 2020, la pandémie de Covid a mis un coup d’arrêt aux chantiers de construction et de rénovation. L’inflation des prix de l’énergie, des matériaux et des matières premières a freiné la reprise en augmentant le coût de la construction. La rareté du foncier constructible vient aggraver les tensions et les mises en chantier, surtout dans l’habitat collectif, sont en recul.

Cette situation pèse sur l’ensemble des catégories sociales, mais affecte particulièrement les étudiants et les jeunes actifs. Les territoires les plus attractifs - métropoles, villes étudiantes ou zones touristiques - sont les plus concernés. L’interdiction à la location des logements les plus énergivores, si elle a entraîné la rénovation de passoires thermiques, a aussi abouti à une réduction de l’offre, aggravée par l’explosion de la location saisonnière.

En 2024, 384 000 logements sociaux ont été attribués. Les bailleurs peinent à répondre aux demandes : 2,9 millions de dossiers sont en attente.

L’année 2025 a cependant été marquée par un rebond de la production de logements sociaux, avec 117 689 agréments. Cette dynamique est notamment due à la baisse du taux du livret A, qui sert d’index de référence pour le logement social. Mécaniquement, quand le taux du Livret A est bas, le taux auquel empruntent les bailleurs sociaux est moins élevé.

Autre moteur de la relance : l'allègement de 200 millions d'euros de la réduction de loyer de solidarité (RLS) en 2025, reconduit en 2026 par la loi de finances afin de soutenir les capacités d’investissement des bailleurs sociaux.

Logements sociaux : des chiffres clés pour comprendre la situation actuelle

Relance logement, un plan pour sortir de la crise

Annoncé le 23 janvier 2026, le plan « Relance logement » consiste en un ensemble de mesures fiscales, financières et réglementaires destinées à augmenter le nombre de logements disponibles, partout en France. Il s’agit d’une réponse structurelle à la crise, qui agit simultanément sur plusieurs leviers : augmentation de la production de logements, accroissement de l’attractivité de l’investissement locatif et renforcement du soutien au logement social.

Les objectifs prioritaires

  • 400 000 logements construits par an, 2 millions d’ici 2030.
  • Dans le parc privé, construire 50 000 logements locatifs privés dès 2026.
  • Dans le parc social, construire 125 000 nouveaux logements sociaux dès 2026.

Le logement, une préoccupation majeure des Français

Garantir le droit au logement constitue un devoir de solidarité pour l'ensemble de la nation.

Article 1 de la loi du 31 mai 1990, dite loi Besson,

  • qui fait de l’accès à un logement décent un droit pour tous les Français.

Le logement occupe une place centrale dans la vie des citoyens

Principal poste de dépense des Français, le logement occupe une place à part dans la vie des ménages, qui y consacraient, en 2024, 27,8 % de leurs dépenses de consommation, loin devant l’alimentation (15,6 %) et les transports (12,7 %), selon une étude de l’Insee.

Une dépense qui pèse encore plus lourd pour les plus modestes :  les 10% des ménages locataires les plus pauvres consacrent 59,2 % de leur revenu à se loger (avant aides au logement), selon le SDES (Service des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique).

Outre son poids sur le budget, le logement a des impacts sur la santé, la vie familiale, l’intégration sociale. Il conditionne l’accès à l’emploi ou à l’éducation.

La part de propriétaires occupants leur résidence principale, stable depuis plus de 10 ans, est de 57 % en France. Leur logement constitue un placement financier : depuis 2000, en France métropolitaine, les prix immobiliers des logements anciens ont été multipliés par 2,6. Un chiffre qui masque une grande hétérogénéité, les prix immobiliers augmentant avec la densité de population.

17 % le sont dans le parc social, selon l’Insee. Au 1er janvier 2025, la France comptait 5,4 millions de logements locatifs sociaux. La croissance du parc (635 800 logements en 10 ans) ne parvient pas à faire face à l’explosion de la demande. Entre 2015 et 2026, le nombre de demandes actives est passé de 1,88 million à 2,94 millions, soit une hausse de 56 %.
Selon l’Union sociale pour l’habitat (USH), 81 % des logements du parc social sont détenus par les organismes HLM, soit un parc de 4, 8 millions de logements qui abritent environ 10,4 millions de personnes, représentant 15 % des ménages en France.

Les impacts du mal-logement

35 % des Français déclarent avoir souffert du froid dans leur logement durant l’hiver 2024-2025. 12,7 % des résidences principales sont considérées comme des passoires énergétiques : cela représente 3,9 millions de logements, dont 1,1 million dans le parc locatif privé et 2,5 millions occupés par leurs propriétaires, selon le SDES.

En 2023, 10,1 % des ménages sont en situation de précarité énergétique et consacrent plus de 8 % de leur revenu aux dépenses d’énergie de leur logement, selon l’Observatoire National de la Précarité Énergétique (ONPE). Sans surprise, ce sont essentiellement les ménages les plus modestes.

Ils sont dangereux pour la santé de leurs occupants : risque de saturnisme lié à la présence de peintures au plomb dégradées, de maladies respiratoires en raison de moisissures dues à l’humidité et au manque d’aération, de maladies infectieuses favorisées par des équipements sanitaires insuffisants, de troubles psychiques liés à l’exiguïté, la suroccupation ou l’absence d’ouverture sur l’extérieur, d’accidents domestiques provoqués par la présence d’installations électriques défaillantes, ou l’instabilité de planchers, plafonds, escaliers… Selon l’OMS, en Europe, chaque année, 130 000 décès sont associés à des conditions de logements inadéquates.

Le logement est un déterminant majeur de santé publique et de cohésion sociale. Les politiques publiques visent à la fois à combattre le mal-logement, en luttant contre l’habitat indigne ou le sans-abrisme, et à améliorer, pour tous, l’accès à un habitat confortable et abordable.

Les élus en première ligne

Si c’est bien l’État qui fixe et pilote la politique du logement, sa mise en œuvre dans les territoires s’appuie largement sur les collectivités territoriales. Les communes et les intercommunalités agissent sur les conditions de production de logements, en délivrant les permis de construire, en élaborant un programme local de l’habitat, en se dotant d’un plan local d’urbanisme, communal ou intercommunal.

Le projet de loi Logement, dont les grandes lignes ont été tracées par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, le 23 avril 2026, prévoit de renforcer le pouvoir des maires. Les maires auront la responsabilité d’attribuer l’intégralité des logements sociaux dans leur commune (hors part de 30 % réservée à l’État par l’intermédiaire du préfet). Une « petite révolution » qui permet une gestion locale et une meilleure adaptation aux besoins des territoires.
Cette décentralisation s’accompagne d’outils : MaPrimeRénov’, jusqu’à présent pilotée par l’État, sera gérée par les intercommunalités. « Urgence Relance Logement », activables par les préfets à la demande des maires, permettra également d’accélérer massivement les procédures pour construire les projets retenus.

La loi de finances pour 2026 a créé une nouvelle taxe sur la vacance des locaux d’habitation qui, à partir de 1er janvier 2027, remplace deux dispositifs existants : la taxe annuelle sur les logements vacants (TLV), perçue au profit de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) et applicable de plein droit dans les zones tendues, et la taxe d'habitation sur les logements vacants (THLV), facultative, instituée par certaines communes hors de ces zones.

Les communes peuvent aussi encadrer l’offre de meublés touristiques pour privilégier le logement de la population locale. 

Enfin, les collectivités locales peuvent également accompagner les ménages dans la rénovation énergétique de leurs logements et les aider à sortir durablement de la précarité énergétique.

Publié le 20/05/2026 Modifié le 28/05/2026