Compte rendu du Conseil des ministres du 29 octobre 2025

Publié le 29/10/2025 Modifié le 06/11/2025

Attributions des ministres, polices municipales et gardes champêtres, convention d’extradition avec la Colombie, accord de défense avec la Moldavie, rémunérations de personnels publics, traitements des magistrats de l’ordre judiciaire, nominations.

Source : Présidence de la République

Compte rendu du Conseil des ministres du 29 octobre 2025

Maud BREGEON

Bonjour à toutes et tous, et bienvenue pour ce nouveau compte rendu de conseil des ministres, qui a permis de faire un point sur les débats parlementaires dans le cadre du projet de loi de Finances et du projet de loi de Financement de la sécurité sociale – des débats qui, vous l’avez vu, sont de qualité, sont techniques, sont exigeants, et se passent, dans l’ensemble, plutôt bien.

Deuxièmement, on ne peut pas parler de fiscalité sans parler d’emploi, de croissance et État de droit. Donc, notre position sur les sujets qui sont traités en ce moment qui seront traités dans les jours à venir est connue, j’ai déjà eu l’occasion de l’exprimer : oui à un meilleur partage de l’effort et à un meilleur partage des revenus, mais son à ce qui altère la compétitivité, casse la croissance et la création d’emplois.

Du reste, on entre dans des sujets – et en réalité, on y est déjà – qui vont nécessiter un travail d’impact plus important : impact économique, impact sur le rendement réel des mesures, impact également constitutionnel. Et, vous le savez, autant le Gouvernement bénéficie d’études d’impact, lorsqu’il pose un projet de loi, autant les parlementaires sont en réalité peu outillés pour avoir ces retours et donc le rôle du Gouvernement va être d’apporter cet éclairage, y compris peut-être sur des propositions qui ont d’ailleurs déjà été votées. On a déjà un certain nombre d’outils, et le Gouvernement y reviendra, mais c’est évidemment quelque chose dont nous allons nous saisir.

Dernier point, et cela avait été évoqué ici ou là, mais je suis en mesure aujourd’hui de vous le confirmer : dans les prochains jours, et sur les sujets qu’il décidera, le Premier ministre ira lui-même au Parlement pour participer au débat dans le cadre du projet de loi de Finances. Et je le laisserai préciser exactement le moment de sa présence et les sujets qu'il choisit pour participer à ces débats.

J'en viens à la partie plus formelle du Conseil des ministres, avec un certain nombre de textes présentés ce matin. Donc : les décrets relatifs aux attributions des ministres, je ne vais pas y revenir.

En revanche, un texte très important, présenté par le ministre de l'Intérieur Laurent NUNEZ, à savoir un projet de loi permettant d'étendre les prérogatives des polices municipales et des gardes champêtres. C'est un projet qui est très attendu par les polices municipales, très attendu par les élus locaux et par les maires de notre pays. Un texte – je l'ai dit – important, et qui va permettre d'adapter les pouvoirs des polices municipales aux évolutions de la délinquance et aux réalités de terrain. Concrètement, il donne la possibilité au maire de créer un service de police municipale à compétences judiciaires élargies, sous le contrôle, bien sûr, de l'autorité judiciaire.

Concrètement, quelques délits contre lesquels la police municipale pourra désormais directement lutter. Je vous donne là quelques exemples : la vente à la sauvette, l'occupation illicite de halls d'immeubles, la vente d'alcool aux mineurs et la conduite malgré invalidation de permis, par exemple. Voilà. Et donc ça s'inscrit pleinement dans l'objectif qui est celui du Gouvernement de travailler à garantir à toutes et à tous la sécurité du quotidien auquel ils ont droit.

Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël BARROT, a quant à lui présenté deux textes. Premièrement, un projet de loi autorisant l'approbation de la convention d'extradition entre la France et la Colombie. Et deuxièmement, un projet de loi autorisant l'approbation d'un accord de coopération en matière de défense avec la Moldavie.

Le ministre délégué chargé de l'Industrie, Sébastien MARTIN, a ensuite présenté un projet de loi visant à transposer des dispositions européennes en matière de transition énergétique.

Et la ministre des Armées et des Anciens combattants, Catherine VAUTRIN, a présenté un décret pour réformer la rémunération des militaires, qui a été un engagement pris par le président de la République et l'ancien ministre des Armées devenu Premier ministre, Sébastien LECORNU. Les engagements pris sont donc des engagements tenus. Et conformément à la loi de programmation militaire, la révision des grilles indiciaires des militaires se poursuit avec celle des officiers, après les militaires du rang, les sous-officiers des armées et les sous-officiers supérieurs. Concrètement, la grille indiciaire unique est remplacée par une nouvelle grille comportant trois échelles de soldes incitant au développement des compétences et à la prise de responsabilités.

Enfin, sur l'ensemble de ces décrets et projets de loi, le garde des Sceaux Gérald DARMANIN, a présenté un décret pour améliorer la carrière des magistrats. Cette réforme poursuit trois objectifs. Premièrement, fluidifier les carrières en supprimant les blocages dans la progression indiciaire. Deuxièmement, favoriser la mobilité et l'ouverture du corps judiciaire. Et troisièmement, renforcer l'attractivité du métier de magistrat, essentiel dans la perspective des 1 500 recrutements supplémentaires prévus d'ici à 2027.

Et j'en termine comme d'habitude avec un point sur la situation internationale, qui a été comme d'habitude réalisé par Jean-Noël BARROT. À Gaza, les opérations militaires israéliennes ont repris hier, suite à des attaques du Hamas et à sa lenteur dans la restitution des dépouilles des otages. Le cessez-le-feu est menacé. Il doit être rétabli au plus vite. Notre priorité est de nous insérer dans le dispositif mis en place par les Américains pour stabiliser l'enclave, le Centre militaire et civil de coordination, le CMCC, afin de peser sur ces orientations. Des officiers sont déjà insérés dans la structure, appuyés par nos diplomates à Tel Aviv et Jérusalem. Une équipe interministérielle plus dense y sera déployée prochainement, et en parallèle, nous discutons avec les Américains du mandat de la future Force internationale de stabilisation et poussons les Palestiniens à former rapidement le comité chargé de gérer Gaza.

Un deuxième point sur l'Ukraine, et je m'arrêterai là. Premièrement, au Conseil européen, qui s'est tenu, vous le savez, le 23 octobre 2025, les États membres se sont engagés à répondre aux besoins financiers de l'Ukraine pour les années 2026 et 2027. Deuxièmement, le 19e paquet de sanctions européennes a été adopté presque simultanément avec les sanctions des États-Unis sur les grandes entreprises pétrolières russes. Et les travaux sur un 20e paquet de sanctions ont déjà débuté en parallèle. Et troisièmement, le sommet de la coalition des volontaires, co-présidé, vous le savez, par le président de la République et le premier ministre britannique vendredi dernier, a permis de coordonner nos efforts pour maintenir la pression sur la Russie, notamment par l'entrave de sa flotte fantôme.

Voilà, je m'arrêterai là et je vous propose qu'on passe, comme à l'habitude, à la partie questions.


Bastien AUGEY

Bonjour. Bastien AUGEY pour TF1 et LCI. Vous avez parlé tout à l'heure des discussions budgétaires. Il y a certaines taxes qui ont été adoptées, y compris contre l'avis du Gouvernement, je pense notamment au doublement de la taxe sur les Gafam. Est-ce que, malgré tout, dans son état actuel, le texte du budget qui est en train de ressortir de l'Assemblée nationale convient au Gouvernement où on atteint les limites de ce que vous, vous pouvez accepter. Bruno RETAILLEAU, le patron des Républicains, a parlé ce matin sur RTL de “folie fiscale”. Est-ce que vous reprendriez ce terme ? Et comment allez-vous faire pour vous assurer que le deal avec les socialistes ne se fasse pas au détriment d'un vote de la part des Républicains dont vous avez besoin ?

 

Maud BREGEON

Alors, sur la première question, notre position, elle a toujours été au fond assez simple et assez lisible. Il y a une copie de départ qui est mise à la délibération du Parlement.

Et amendement par amendement, le Parlement se prononce. Il s'est prononcé sur certains sujets contre l'avis du Gouvernement. Et donc ses positions et ses votes ne nous conviennent pas. Mais nous respectons le vote qui a été celui des parlementaires. Ensuite, je voudrais rappeler à chacun, et vous le savez, qu'on n'en est, en réalité, qu'au tout début du processus parlementaire. Et donc la copie qui est actuellement en débat à l'Assemblée nationale et les votes qui ont déjà eu lieu ne sont pas la copie finale. Il y aura une première lecture à l'Assemblée, il y aura ensuite une première lecture au Sénat, une commission mixte paritaire dont je ne sais pas vous dire aujourd'hui si elle sera conclusive ou pas la mise au vote de ces éventuelles conclusions ou une seconde lecture, encore une fois, dans chacune des deux chambres. Et ça vaut d'ailleurs tant pour ce que je peux entendre du côté des Républicains que du côté des socialistes. Il y a encore du temps et donc les débats doivent continuer dans la sérénité et dans cet esprit qui, je crois, fait honneur au Parlement en ce moment, qui est un esprit de dialogue, de construction et de travail. Sur la deuxième question des propos de l'ancien ministre de l'Intérieur. Nous, on sera évidemment très attentifs aux propositions du Sénat et de la droite sénatoriale, qui fera son travail. Il y a un certain nombre de mesures dans la copie initiale du Gouvernement. Je pense au sur-IS, donc le sur-impôt sur les sociétés qui touche 440 grandes entreprises, ou à la contribution exceptionnelle pour les plus hauts revenus qui constitue effectivement un effort fiscal important. Effort fiscal qui était déjà demandé dans la copie de Michel BARNIER et de son Gouvernement auquel j'ai eu l'honneur d'appartenir. Et Gouvernement auquel Bruno RETAILLEAU appartenait aussi. Donc, je crois qu'on doit pouvoir arriver à converger.

 

Christelle MÉRAL

Bonjour, Christelle MÉRAL. Je crois que vous aviez encore quelque chose à dire. Un point sur la fameuse taxe Zucman dont ni le camp présidentiel ni le Premier ministre ne veut taxe Zucman Light ou pas. Alors qu'est-ce qui pourrait remplacer alors justement cette taxe sur les plus hauts patrimoines et qui pourrait apporter le rendement que réclame le PS ?

 

Maud BREGEON

Ça, les débats le diront, et je vous renvoie vers les travaux qui se tiendront à l'Assemblée nationale et à Amélie DE MONTCHALIN. Encore une fois, je ne peux pas dire autre chose que oui, avancer sur une meilleure répartition de l'effort en matière de revenus, en matière de revenus issus du patrimoine, mais non à tout ce qui vient altérer la croissance, casser l'emploi, et freiner l'attractivité française et la vie de nos entreprises. Et ce n'est pas une position qu'on tient par principe, par dogmatisme ou par volonté de bloquer le débat, notamment avec les socialistes. C'est une position qu'on tient simplement pour le pays parce qu'on est profondément convaincus qu'aller vers une taxe Zucman, par exemple, serait profondément mauvais pour la vie économique, pour l'emploi, et donc, à la fin, pour les Français.

 

Christelle MÉRAL

Et alors, quand est-ce qu'on en saura plus, justement, sur ces…

 

Maud BREGEON

Dans les prochains jours, puisque vous avez vu, comme moi, l'évolution du débat parlementaire. Et donc est-ce que ce sera vendredi, est-ce que ce sera lundi ? Moi, je ne peux pas faire des projections sur la vitesse d'avancement des travaux parlementaires.

 

Christelle MÉRAL

On est quand même très loin de ce fameux compromis, puisqu'on voit bien que le PS, il réclame 15 milliards au départ. Alors même s'il ne sera pas 15 milliards, là, en l'état, pour l'instant, les propositions qui avaient été faites, la taxe sur les holdings familiales, elle rapportait 1 milliard, 1,5 milliard selon les différentes projections. Donc là, on est quand même très très loin.

 

Maud BREGEON

C'est pour ça qu'il y a encore du travail et en fait un réel contraste entre le temps médiatique qui voudrait qu'on apporte des réponses tout de suite et que je sois aujourd'hui en mesure de vous dire comment tout ça se termine dans quelques semaines et puis le temps parlementaire qui est plus long, plus exigeant et donc, il y a encore du travail et c'est bien normal.

 

Martin BAUMER

Bonjour Madame la ministre. Martin BAUMER, France Info TV. Vous parliez du temps parlementaire. Justement, il est assez lent, en ce moment, ce temps, ces discussions. En tout cas, ils prennent le temps. A priori, il n'y aura pas de vote le 4 novembre pour la première partie du PLF. Est-ce que vous allez, vous, au Gouvernement, pousser les députés pour qu'ils accélèrent un peu le débat parlementaire, justement, et pour qu'il y ait un budget qui soit voté dans les temps, pour que la France ait un budget dans les temps ?

 

Maud BREGEON

Le droit d'amendement est constitutionnel. Et donc je serais bien mal placée, étant membre de l'exécutive, pour demander aux Parlementaires de retirer des amendements. C'est leur choix. Certains groupes ont déjà annoncé qu'ils allaient le faire. Mais ce n'est pas à nous de leur donner ce type d'injonction. Voilà. Du reste, 40 jours sont prévus dans la loi pour l'étude du projet de loi de finances. Et donc nous, pendant ce délai, nous serons évidemment à disposition de l'Assemblée nationale.

 

Léopold AUDEBERT

Bonjour. Léopold AUDEBERT pour BFM TV. Pour revenir sur les propos liminaires à propos du débat en cours à l'Assemblée nationale, quels ont été les mots du président de la République sur ce point pendant le Conseil des ministres ? Et est-ce que vous pouvez nous éclairer sur la réunion qui a eu lieu juste après, à laquelle vous avez peut-être participé, avec la présence du Premier ministre et différents ministres qui étaient présents ?

 

Maud BREGEON

C'était une réunion de travail et je n'ai pas plus de commentaires à faire dessus. Et quant à votre première question, le président de la République n'a pas réagi aux propos introductifs du Premier ministre.

 

Léopold AUDEBERT

(inaudible) le Premier ministre s'est exprimé sur la partie Assemblée nationale ?

 

Maud BREGEON

Complètement.

 

Léopold AUDEBERT

Vous n'avez rien à nous dire sur la présence de tous ces ministres ?

 

Maud BREGEON

C'était une réunion de travail, tout simplement.

 

Léopold AUDEBERT

D'accord.

 

Hugo BABAY

Oui, bonjour. Hugo BABAY, BFM Business. J'ai une question sur la taxe GAFAM dont on parlait juste avant, sur les services numériques, qui a été doublée hier contre l'avis du Gouvernement, qui a appelé à de la prudence. Comment le Gouvernement et le Président anticipent les possibles répercussions de l'administration de Donald TRUMP ?

 

Maud BREGEON

Notre rôle, c'était d'alerter la représentation nationale sur un choix qui, effectivement, a été fait hier avec une position simple. Nous ne sommes pas contre sur le principe, mais on estime que ce type de mesures doivent être prises. Et c'est l'action du président de la République depuis plusieurs années maintenant à l'échelle de l'Union européenne, parce que c'est à cette échelle-là qu'elle permet, d'une part, d'être pertinente, et d'autre part, de protéger notamment un certain nombre de filières françaises d'éventuelles mesures de rétorsion. Voilà.

 

Hugo BABAY

Est-ce qu'on peut imaginer des discussions avec le président Donald TRUMP suite à ces votes ?

 

Maud BREGEON

Ça, je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus. Notre rôle, encore une fois, ça a été d'éclairer le choix du Parlement. Et du reste, comme je l'ai dit tout à l'heure, le débat budgétaire va se poursuivre. Nous n'en sommes qu'à la première étape. Et donc, on aura l'occasion, le Sénat, par exemple, aura l'occasion de rediscuter cette mesure et puis ensuite, encore de nouveau l'Assemblée nationale. Donc, voilà. Il y a du temps.

 

Journaliste

Bonjour, l’une des principales compétences des préfets aujourd'hui est… réside en tout cas dans la capacité de restreindre certaines libertés d'accès à un territoire, notamment quand il y a un point de deal ou un développement de narcotrafic. Est-ce que Laurent NUNEZ, au vu des nouvelles lois qui ont été proposées sur les pouvoirs des polices municipales, s'est exprimé sur la coordination, ou en tout cas, les travaux qui seront menés entre les polices municipales et les préfets pour restreindre l'accès à certains lieux, dans certaines villes notamment ?

 

Maud BREGEON

Non, ça n'a pas été évoqué, donc je vous renvoie vers le cabinet du ministre de l'Intérieur.

 

Journaliste

Merci.

 

Maud BREGEON

Très bien. Si nous en avons terminé, je vous remercie et puis, je vous dis à la semaine prochaine.

 



 

 

 

Les éléments essentiels abordés par la porte-parole du Gouvernement au cours de ce compte rendu du conseil des ministres :
  • Bilan des débats parlementaires : les débats sur le projet de loi de Finances et le projet de loi de Financement de la sécurité sociale sont jugés de qualité, techniques et exigeants, se déroulant globalement bien.
  • Position du Gouvernement sur la fiscalité, l’emploi et la croissance
Le Gouvernement soutient un meilleur partage de l’effort et des revenus, mais rejette toute mesure qui nuirait à la compétitivité, à la croissance ou à la création d’emplois.
Un travail d’impact renforcé (économique, constitutionnel, rendement des mesures) sera mené pour éclairer les parlementaires, souvent moins outillés que le Gouvernement sur ces aspects.

  • Annonce de la participation du Premier ministre aux débats parlementaires : le Premier ministre interviendra prochainement au Parlement dans le cadre du projet de loi de Finances, sur des sujets qu’il choisira.

  • Textes présentés au Conseil des ministres :

    Projet de loi sur les prérogatives des polices municipales et gardes champêtres
    : extension des pouvoirs pour agir contre certains délits (vente à la sauvette, occupation illicite de halls, vente d’alcool aux mineurs, conduite malgré invalidation de permis). Objectif : adapter les moyens de sécurité aux réalités locales et garantir la sécurité quotidienne.

    Deux projets de loi en matière internationale : approbation de la convention d’extradition entre la France et la Colombie et approbation d’un accord de coopération en matière de défense avec la Moldavie.

    Décret sur la rémunération des militaires
    : réforme des grilles indiciaires pour les officiers, après celle des militaires du rang et sous-officiers. Objectif : inciter au développement des compétences et à la prise de responsabilités.

    Décret sur la carrière des magistrats
    : fluidification des carrières, suppression des blocages indiciaires. Favorisation de la mobilité et de l’attractivité du métier, dans le cadre de 1 500 recrutements prévus d’ici 2027.

    Point sur la situation internationale
    Gaza : reprise des opérations militaires israéliennes, menace sur le cessez-le-feu. La France s’insère dans le dispositif américain (CMCC) pour stabiliser l’enclave et pousse à la formation rapide d’un comité palestinien de gestion de Gaza.
    Ukraine : engagement des États membres de l’UE à financer l’Ukraine pour 2026-2027. Adoption du 19e paquet de sanctions européennes contre la Russie, travaux en cours pour un 20e paquet. Coordination internationale pour maintenir la pression sur la Russie, notamment via sa flotte fantôme.

Décret

Le Premier ministre a présenté les décrets définissant les attributions des membres du Gouvernement.

Ces décrets définissent les compétences de chaque ministre et précisent les administrations placées sous leur autorité. La sobriété a guidé la rédaction de ces textes. La collaboration étroite entre les ministres doit être naturelle, c’est à cette fin que les mentions relatives aux « associations » de ministres ont disparu.

Dans un effort de clarté sur les responsabilités de chacun, les décrets d’attribution précisent des choix de périmètres ministériels efficaces.

Les décrets d’attribution des ministres délégués, qui ne relèvent pas du conseil des ministres, seront publiés rapidement. Ils seront plus sobres encore.

Projets de loi

Le ministre de l’Intérieur a présenté un projet de loi relatif à l’extension des prérogatives, des moyens, de l’organisation et du contrôle des polices municipales et des gardes champêtres.

Les policiers municipaux et les gardes champêtres sont une composante désormais essentielle de la police de la tranquillité, de la salubrité et de la sécurité publiques. A l’échelon local, sous l’autorité du maire, ils concourent aux actions de prévention de la délinquance, en coordination avec les forces de sécurité intérieure.

Toutefois, le cadre législatif de leur action n’a que peu évolué depuis 1999, au risque de s’éloigner des nouvelles attentes des citoyens, de la réalité de l’évolution de leurs missions et de leurs compétences.

Dans la continuité du Beauvau des polices municipales qui a permis la concertation de tous les acteurs concernés, ce projet de loi vise à renforcer la place et le rôle des policiers municipaux et des gardes champêtres dans l’édifice de la sécurité globale en France, en tenant compte des spécificités ultra-marines.

Prenant acte de l’évolution des attributions et des acteurs au sein du continuum de sécurité, il engage une modernisation d’ensemble autour de six axes :

  1. réaffirmer le cadre d’action des policiers municipaux et des gardes champêtres, sous l’autorité des maires, en complémentarité avec les forces de sécurité de l’Etat et les agents de sécurité dans les transports ;
  2. étendre leurs prérogatives, notamment en instaurant la possibilité, pour les maires qui le souhaitent, de créer un service de police municipale à compétence judiciaire élargie, sous le contrôle de l’autorité judiciaire et après une formation spécialisée, mais aussi en alignant les compétences des gardes champêtres (dépistages, mise en fourrière) et en facilitant la restitution d’animaux errants et la constatation d’infraction d’urbanisme ;
  3. fournir de nouveaux moyens d’action comme les drones et les dispositifs de lecture automatisée de plaques d’immatriculation, et pérenniser les caméras piétons pour les gardes champêtres, tout en permettant des financements par les conseils régionaux ;
  4. assurer leur formation professionnelle en la rapprochant du droit commun et en élargissant les possibilités de recrutement du Centre national de la fonction publique territoriale ;
  5. faciliter les mutualisations d’agents entre collectivités, de manière pérenne ou pour des événements exceptionnels ;
  6. renforcer le contrôle et la déontologie.

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a présenté un projet de loi autorisant l’approbation de la convention d’extradition entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Colombie.

Signée à Paris le 11 novembre 2024, la convention d’extradition énonce l’engagement de principe des parties de se livrer réciproquement les personnes qui, se trouvant sur le territoire de l’une d’elles, sont poursuivies pour une infraction pénale ou recherchées aux fins d’exécuter une peine privative de liberté, prononcée par les autorités judiciaires de l’autre partie à la suite d’une infraction pénale, tout en garantissant le respect des droits fondamentaux.

L’objectif est d’établir une coopération plus efficace entre nos deux États en vue de lutter contre la criminalité organisée transfrontalière et les infractions économiques et financières. Ce texte vient compléter notre tissu conventionnel avec ce pays dans le domaine judiciaire.

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a présenté un projet de loi autorisant l’approbation de l’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Moldova relatif à la coopération dans le domaine de la défense.

Cet accord, signé à Paris le 7 mars 2024 par le ministre des Armées de la République française et le ministre de la défense de la République de Moldova, instaure entre nos deux pays une coopération structurée de long terme dans le domaine de la défense. Cet accord s’inscrit dans le cadre de la stratégie française de renforcement de notre soutien aux pays confrontés à l’intensification de la menace russe.

Cet accord fixe un cadre juridique clair à notre coopération de long terme dans des domaines tels que l’armement et l’équipement des forces armées, la formation, l’analyse des menaces et la participation aux opérations internationales de maintien de la paix.

Décrets

La ministre des Armées et des Anciens combattants a présenté un décret modifiant l’annexe 2 du décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l’État, des personnels des collectivités territoriales et des personnels des établissements publics d’hospitalisation.

Conformément à l’article 7 de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030, la révision des grilles indiciaires des militaires se poursuit avec celle des officiers, après les militaires du rang, les sous-officiers des armées (fin 2023) et les sous-officiers supérieurs (fin 2024).

Cette mesure concerne 23 statuts différents, dont ceux des officiers des trois armées, des commissaires des armées, des praticiens du service de santé des armées, des ingénieurs militaires d’infrastructure, des ingénieurs des essences, ou encore des ingénieurs des études et techniques de l’armement.

Concernant l’ensemble des officiers, du grade de sous-lieutenant à officier général, la réforme constitue un rattrapage de rémunération, mis en évidence dans le rapport du Haut Comité d’évaluation de la condition militaire (HCECM) de juillet 2023.

La réforme prendra effet le 15 décembre 2025, répondant ainsi à l’engagement du président de la République pris le 13 juillet dernier.

La réforme remplace la grille indiciaire unique actuelle par une nouvelle grille comportant trois échelles de solde incitant au développement des compétences et à la prise de responsabilités.

Le garde des Sceaux, ministre de la Justice a présenté un décret modifiant la référence du traitement des magistrats de l’ordre judiciaire.

Pris pour l'application de l'article 3 de la loi organique n° 2023-1058 du 20 novembre 2023 relative à l'ouverture, à la modernisation et à la responsabilité du corps judiciaire, ce décret vise à mettre un terme au recours aux groupes d’indices hors échelle lettre dans l’échelonnement indiciaire applicable aux magistrats de l’ordre judiciaire et à certains emplois de l’École nationale de la magistrature, à modifier le classement hiérarchique des magistrats exprimé en trois grades et à procéder aux mesures de coordination nécessaires.

Ces dispositions permettent un allongement des grilles indiciaires des nouveaux premier et deuxième grades et de créer une grille permettant aux magistrats du troisième grade de bénéficier d’une rémunération indiciaire en cohérence avec les autres corps de la haute fonction publique. Les traitements des magistrats sont ainsi déterminés par référence aux indices chiffrés prévus, depuis la réforme de la haute fonction publique de 2022, par l’annexe 3 du décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l'État, des personnels des collectivités territoriales et des personnels des établissements publics d'hospitalisation et applicables au corps des administrateurs de l’État et aux emplois supérieurs de l’État.

Un décret en conseil d’État et un décret simple viendront compléter des dispositions relatives à l’échelonnement indiciaire des magistrats de l’ordre judiciaire et modifiant l’échelonnement indiciaire applicable à certains emplois de l’École nationale de la magistrature.

Nomination(s)

Le conseil des ministres a adopté les mesures individuelles suivantes :

Sur proposition du Premier ministre :

  • il est mis fin, à sa demande, aux fonctions de conseiller maître en service extraordinaire à la Cour des comptes exercées par M. Christian MASSET.

Sur proposition du ministre de l’Intérieur :

  • Mme Karine DELAMARCHE, administratrice de l’État, est nommée préfète, directrice de cabinet du préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, à compter du 3 novembre 2025 ;
  • il est mis fin, à sa demande, aux fonctions de préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, préfet de la zone de défense et de sécurité Sud, préfet des Bouches-du-Rhône et préfet de police des Bouches-du-Rhône exercées par M. Georges-François LECLERC ;
  • il est mis fin, à sa demande, aux fonctions de préfet de Maine-et-Loire exercées par M. Philippe CHOPIN.

Sur proposition de la ministre des Armées et des Anciens combattants :

Ont été adoptées diverses mesures d’ordre individuel concernant des officiers généraux de la marine nationale.

Sur proposition de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, du ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique et du ministre des Transports :

  • M. Jean CASTEX est nommé président-directeur général de la société nationale SNCF, à compter du 3 novembre 2025.

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