Compte rendu du Conseil des ministres du 02 décembre 2025
Publié le 02/12/2025 Modifié le 15/12/2025
Crédit à la consommation, accord entre la France et l’Agence spatiale européenne, ambition spatiale de la France, conseil de jeunes au sein de certains établissements publics culturels, nominations.
Compte rendu du Conseil des ministres du 02 décembre 2025
Maud BREGEON
Bonjour à toutes et tous, et bienvenue à ce nouveau compte rendu de conseil des ministres.
Un point, pour commencer, sur le budget. Vous le savez, les huit jours à venir seront décisifs, et cet après-midi, à l'Assemblée nationale, débutera la seconde lecture du budget de la sécurité sociale, avec un vote final sur le texte définitif prévu le mardi 9 décembre 2025. Les conséquences de ce vote, et donc, de notre capacité commune à trouver un compromis, sont connues. Je tenais à vous les rappeler ce matin, et j'ai eu l'occasion de le dire, il n'y a pas de plan B. Il n'y a pas de plan B parce que sur le budget de la sécurité sociale, aucune loi spéciale, c'est-à-dire aucun sparadrap pour pallier quelques semaines à l'absence de texte, n'est possible. Quant aux ordonnances, elles ne pourraient se faire que sur la base du texte initial du Gouvernement, ce qui, vous le savez, n'est pas acceptable par les oppositions. Les conséquences budgétaires d'un rejet du texte sont factuelles. Là encore, j'ai eu l'occasion de les préciser il y a quelques jours. Le déficit de la sécurité sociale avoisinerait les 30 milliards d'euros l'année prochaine, soit un doublement en 2 ans. Le projet de loi du Gouvernement le ramenait, vous le savez, initialement à 17 milliards d'euros. Et pour rappel, ce déficit de la sécurité sociale, qui s'élèverait donc en l'absence de projet de loi de finances de la Sécurité sociale à 30 milliards l'année prochaine, était de 15 milliards d'euros en 2024, puis de 23 milliards d'euros en 2025, soit une hausse déjà brutale de 8 milliards, conséquence directe de l'absence de budget de la sécurité sociale en début d'année. 2025. Voilà pour la vérité des chiffres.
Pour autant, je le redis, nous pouvons y arriver. Nous sommes optimistes et déterminés. Les discussions avancent et continueront tout au long de cette semaine. Le compromis n'est possible que si chacun fait un pas. Et je veux le rappeler ici : les groupes qui soutiennent le Gouvernement l'ont fait, ils ont largement démontré leur capacité à débattre ouvertement, à accepter des compromis parfois douloureux – je pense bien sûr à la suspension de la réforme des retraites – et à adopter des positions politiques qui ne leur sont pas toujours favorables, mais tout cela au nom de l'intérêt général.
Nous entrons donc – vous l'avez compris – dans un moment de grande clarification. Et celui-ci ne repose pas uniquement sur les groupes parlementaires qui soutiennent le Gouvernement ou sur le Parti socialise. Il repose sur les 577 députés qui siègent à l'Assemblée nationale. Pour que les compromis et les acquis obtenus par les groupes parlementaires, la suspension de la réforme des retraites, mais également tous les autres, entrent dans la vie des Françaises et des Français au 1er janvier 2026, le projet de loi de finances de la Sécurité sociale devra être voté, sans quoi aucune des mesures acquises durant ces débats n'entrera en vigueur.
Et comme a eu l'occasion de le dire le Premier ministre, l'Assemblée nationale n'est pas un théâtre et le budget n'est pas un décor. Voter le projet de loi de finances de la Sécurité sociale n'a donc rien à voir – j'insiste – rien à voir avec un quelconque soutien au Gouvernement. Ce texte ne sera ni macroniste, ni socialiste, ni de droite. Il traduira simplement, ou en tout cas, il doit simplement traduire l'équilibre nécessaire à la stabilité du pays.
Je vous remercie. Je voulais prendre ces quelques minutes pour faire un point sur ce sujet qui va rythmer les jours à venir. Je passe ensuite à un autre sujet avec une polémique qui a fleuri ces derniers jours et ces dernières heures dans le débat public et dans le débat médiatique, pour rappeler simplement, et le président de la République a eu l'occasion de le faire en début de Conseil des ministres, qu'il n'y a pas de label d'État et encore moins de ministère de la Vérité. Le président de la République n'a jamais affirmé cela et n'a jamais tenu ces propos. Il y a des initiatives prises par la presse, porté notamment dans les États généraux de l'information et évoqué récemment par la présidente du groupe de presse ÉBRA au cours d'un échange public avec le président de la République qui s'est tenu dans les Vosges et que chacun peut visionner. La réponse du président de la République a été claire. Et il l'a redit ce matin au Conseil des ministres. Ces initiatives prises encore une fois par des groupes de presse ne sont pas absurdes, mais n'ont en aucun cas, en aucun cas vocation à être portées par le Gouvernement. Donc non, le Gouvernement ne va pas créer tel ou tel label destiné à la presse. Il n'a jamais été dit l'inverse. Il n'y a pas de ministère de la Vérité, et je vous confirme, étant porte-parole du Gouvernement de Sébastien LECORNU, il n'est pas prévu la création d'un ministère de la Vérité dans les jours à venir.
J'en viens désormais à la partie plus formelle du Conseil des ministres, et qui a d'abord été consacrée au sujet de protection des emprunteurs et d'encadrement du crédit à la consommation. Vous vous en souvenez sûrement. C'est là encore, d'ailleurs, un sujet qui avait fait polémique il y a quelques semaines de ça. Notre objectif est clair. Il faut réduire les situations de surendettement. Et là, un chiffre quand même : en 2024, près de 135 000 dossiers de surendettement ont été déposés à la Banque de France. Une augmentation de 11 % par rapport à 2023. Et c'est donc un vrai sujet. Nous avons le devoir de mieux protéger les Français face à ces situations qui les mettent en grande difficulté. Une action a donc été conduite à l'échelle européenne avec une directive votée en octobre 2023. Celle-ci a été transposée par ordonnance le 23 septembre 2025 et son entrée en application est prévue pour novembre 2026. Et c'est dans ce cadre que deux textes ont été présentés par Roland LESCURE.
Alors, qu'est-ce qui va changer à compter de novembre 2026 ? D'abord, le texte étend les règles de protection du consommateur à des types de crédits qui ne sont pas aujourd'hui suffisamment encadrés. Je pense aux mini-crédits, c'est-à-dire inférieurs à 200 euros, aux crédits gratuits, aux crédits d'une durée inférieure à trois mois et aux autorisations de découvert inférieures à un mois. Ensuite, le texte renforce les règles qui s'appliquent au crédit à la consommation dit classique, notamment en matière de publicité ou d'information, là encore avec un objectif clair, mieux protéger les Français face aux situations de surendettement. Il y a quelques semaines, et j'insiste là-dessus, il y a eu beaucoup de fausses informations sur le sujet des découverts bancaires qui ont circulé ici ou là. J'avais eu l'occasion déjà d'y répondre à l'occasion de différentes interventions chez vous ou chez certains de vos confrères : non, les petits découverts bancaires ne seront pas interdits. Aujourd'hui, les découverts ne sont pas accordés de manière automatique. Et vous le savez bien, lorsque vous allez ouvrir un compte à la banque, la question du découvert est posée. Il y a des conditions qui sont potentiellement mises en place. Mais tout ça n'a absolument rien d'automatique. Les banques font déjà une analyse de solvabilité pour toutes les demandes de découvert supérieures à 1 mois et à 200 euros. Ce qui changera à partir de novembre 2026, c'est que cette vérification sera étendue aux découverts inférieurs à 1 mois ou à 200 euros. Et je précise qu'un client n'aura pas à demander une autorisation à chaque fois. Sa banque la lui accordera une fois pour toutes. Voilà pour la question des découverts et de la protection des Français.
J'en passe maintenant à un décret présenté par la ministre de la Culture, Rachida DATI, décret visant à créer des Conseils des jeunes au sein de 15 grands établissements publics culturels. Ces conseils permettront à des jeunes de 13 à 17 ans de s'engager dans la vie culturelle et dans la gouvernance. Ils pourront proposer des solutions innovantes de programmation, de communication ou de médiation. Et l'objectif est de lever les barrières qui peuvent éloigner les jeunes de la culture. C'est un sujet qui, vous le savez, tient à cœur à Rachida DATI. L'ambition de la ministre de la Culture, c'est d'ailleurs d'inciter un maximum d'établissements à déployer cette initiative, au-delà des 15 grands établissements publics culturels mentionnés dans ce décret.
Jean-Noël BARROT a ensuite présenté, quant à lui, un projet de loi pour autoriser un accord de 2023 entre la France et l'Agence spatiale européenne. Cette agence, dont le siège se situe à Paris, joue un rôle majeur pour nous protéger contre les nouvelles menaces. L'accord en question définit le cadre qui s'applique à cette organisation internationale, statut des membres, immunité, soutien fourni par la France. Voilà les sujets concrets régis par cet accord. La capacité de notre pays à attirer des organisations internationales est évidemment et doit rester une priorité. Et à cette occasion, Philippe BAPTISTE, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace, a fait ce matin une communication sur les ambitions spatiales de la France.
La France consacrera plus de 16 milliards d'euros au spatial d'ici à 2030. C'est une somme colossale, présentée par le président de la République, vous le savez, le 13 novembre 2025 à Toulouse. La nouvelle stratégie nationale spatiale s'articule autour de 5 piliers stratégiques que le ministre a rappelé ce matin. Premièrement, l'accès indépendant à l'espace grâce à Ariane 6. Deuxièmement, la compétitivité et la compétence de la filière industrielle. Troisièmement, les capacités critiques de sécurité et de défense pour les opérations de lancement, la surveillance de l'espace, la résilience des infrastructures spatiales et l'action dans l'espace. Quatrièmement, la science et l'exploration comme source de connaissances, d'inspiration au service des Européens. Et cinquièmement, la coopération européenne et internationale, essentielle pour mener et participer à tous les programmes de grande ampleur. En plus du budget spatial de défense inscrit, vous le savez, dans la loi de programmation militaire, la France consacrera donc plus de 16 milliards d'euros au spatial d'ici à 2030.
Et je termine avec le point international, comme chaque semaine présenté par le ministre des Affaires étrangères et de l'Europe, Jean-Noël BARROT. Un point essentiellement sur l'Ukraine, dont la situation intérieure a été marquée par la démission, samedi dernier, du bras droit du président ZELENSKY, à la suite d'allégations de corruption. C'est une preuve que la démocratie en Ukraine est une réalité, malgré ce qu'en disent les critiques, et notamment le Kremlin. C'est dans ce contexte que le président ZELENSKY est venu hier à Paris après la réunion de la coalition des volontaires présidée mercredi dernier par le président de la République, en présence pour la première fois du secrétaire d'État Marco RUBIO. Le président de la République a réaffirmé au président ZELENSKY son soutien. Les échanges entre le président de la République Emmanuel MACRON, le président ZELENSKY, plusieurs dirigeants européens, les institutions européennes et l'OTAN ont permis de coordonner nos positions. Et à l'issue, le Président s'est entretenu avec le président TRUMP. Il a rappelé que nous continuerons à avancer sur ce qui relève de nous, la finalisation des garanties de sécurité et la part que prendront évidemment les Américains.
Je vous remercie. J'ai terminé ce point international et donc ce compte-rendu du Conseil des ministres. Et je vous invite éventuellement à poser vos questions, si vous en avez.
Journaliste
Bonjour, Madame BREGEON. Ce matin, la présidente du groupe écologiste, Cyrielle Chatelain a indiqué ses conditions concernant le budget de la Sécurité sociale. Donc elle propose une hausse de recettes dans PLFSS de 10 milliards pour financer l'hôpital des soins de ville, et a proposé plusieurs sources de financement, donc la hausse de la CSG sur le capital et également la possibilité de revoir certaines exonérations patronales. Est-ce que ces hypothèses semblent intéressantes ou plausibles pour les ministres qui vont retravailler sur ces questions budgétaires dès cet après-midi ?
Maud BREGEON
Alors plusieurs choses. D'abord, c'est une bonne chose que les groupes parlementaires entrent dans la discussion, dans la négociation, parce que, je le redis, le vote du projet de loi de finances de la Sécurité sociale ne repose pas uniquement sur les groupes qui soutiennent le Gouvernement et sur le Parti socialiste, il repose aussi notamment sur le groupe écologiste à l'Assemblée nationale. Quant aux propositions de fond, je vais laisser le débat se tenir, mais rappelez quand même une ligne directrice qu'on porte depuis le départ et qui est assez simple à comprendre, les hausses de dépenses ne peuvent pas être perpétuellement compensées par des hausses d'impôts. On ne peut pas continuellement augmenter les taxes et les impôts, notamment lorsqu'elles touchent les entreprises, pour compenser en face des hausses de dépenses. Il est nécessaire de proposer des économies.
Journaliste
Je vous remercie.
Journaliste
Bonjour. [inaudible] France Info. Je voudrais revenir sur ce que vous avez qualifié comme étant la polémique autour du ministère de la Vérité et la labellisation de certains médias. Le président des Républicains, Bruno RETAILLEAU, signe ce matin une pétition dans laquelle, il dit : « oui à la liberté, non à la labellisation. » Le Rassemblement national accuse Emmanuel MACRON de dérives autoritaires, de mesures liberticides. Qu'est-ce que vous leur répondez ? Et qu'est-ce que vous répondez, par exemple, à Bruno RETAILLEAU, avec lequel vous avez partagé, si je ne m'abuse, un siège au Gouvernement, et encore de cela quelques semaines ?
Maud BREGEON
Alors, l'honnêteté me pousse à vous dire que je n'ai pas encore lu cette pétition. Mais si c'est une pétition qui s'oppose à la labellisation de l'information par l'État, alors c'est une pétition contre quelque chose qui n'existe pas, puisqu'il n'est en aucun cas et il ne sera jamais question d'une labellisation d'État. Si en revanche, c'est une pétition qui promeut la liberté de la presse et la liberté d'expression, alors je pense que dans ce cas-là, on peut tous la signer, puisque nous sommes tous d'accord.
Mickaël DOS SANTOS
Mickaël DOS SANTOS pour CNews. Deux petites questions. La première, est-ce qu'aujourd'hui, on peut encore installer des crèches de Noël, appeler un marché de Noël, un marché de Noël ? Ou est-ce qu'il faut s'adapter et supprimer le terme Noël ? Et puis, question secondaire, le compte X de l'Élysée, a relayé hier une vidéo qui cible clairement un média, en particulier, CNews. Est-ce que c'est le rôle du compte X de l'Élysée de publier cette vidéo ? Et est-ce qu'aujourd'hui, vous pouvez nous certifier que non, il n'y aura pas de label sur les médias ? Merci.
Maud BREGEON
Alors, je vais commencer par la seconde question, vous redire qu'il n'a jamais été question de création de label d'État, qu'il ne sera jamais question de création de label d'État. Je vais, pardonnez-moi, vous reprendre pour vous dire exactement quels ont été les mots du président de la République. Le Gouvernement ne va pas créer tel ou tel label destiné à la presse. Ce n'est pas et ce ne sera jamais son rôle de le faire. Voilà. Il a toujours, je pense, été très clair là-dessus. Quant à la question sur les crèches de Noël, est-ce qu'on peut encore appeler des crèches de Noël des crèches de Noël et des vacances de Noël des vacances de Noël ? Je crois qu'au nom de la liberté de l'expression, la réponse est évidemment « oui ».
Mickaël DOS SANTOS
Pour rebondir sur cette question du label, on a bien compris qu'il ne s'agissait pas d'un label d'État ou d'un ministère de la Vérité. En revanche, à Arras, notamment, le Président a prôné la création d'un label par des professionnels. Est-ce que les instances de régulation qui existent déjà, l'ARCOM, les commissions paritaires, la commission d'attribution de la carte de presse, ne sont pas suffisantes aux yeux du Gouvernement ?
Maud BREGEON
Ce n'est pas à nous de mener ce débat. Le président de la République, dans la séquence qui a été largement commentée ces derniers jours, répond à une question de la présidente du groupe ÉBRA qui l'interpelle sur ce sujet-là, sujet qui, je le redis, a déjà été porté lors des états généraux de l'information. Mais il n'appartient pas au Gouvernement, à l'État, à la porte-parole du gouvernement, au Premier ministre, de se prononcer sur l'organisation de la presse, parce qu'encore une fois, nous sommes fondamentalement, je le redis, nous sommes fondamentalement attachés à la liberté de la presse, et je suis, pour ma part, personnellement extrêmement sensible, et donc, voilà, il n'y a pas de sujet, et ce n'est pas au Gouvernement de se prononcer là-dessus. Le président de la République répondait à une question qui lui a été posée, il l'a redit ce matin : « la démarche, si elle doit être portée par des médias et par les médias eux-mêmes, n'est pas absurde, mais ce n'est pas le rôle du Gouvernement que de créer des labels.
Mickaël DOS SANTOS
Il n'en demeure pas moins qu'il se prononce lui-même sur l'organisation de la presse.
Maud BREGEON
Il dit que dans le cas où des groupes de presse et des médias souhaiteraient s'organiser, c'est leur rôle de le faire. Il dit d'ailleurs dans cette vidéo, que j'invite chacun à regarder en entier, que si l'État venait à mettre les mains là-dedans, alors ça s'apparenterait à une dictature. Bon, donc, je pense que les choses sont claires. La France n'est pas une dictature. Il n'y aura pas de label d'État, ni de ministère de la Vérité. Tout simplement, le président de la République, comme le Gouvernement, est extrêmement respectueux de la liberté de la presse. Et je veux dissiper tout doute qu'il pourrait y avoir sur ce sujet.
Mickaël DOS SANTOS
Et ce qui a fait beaucoup réagir, c'est peut-être le rôle qui serait attribué à Reporters sans Frontières dans ce potentiel nouveau label. Or, on sait qu'il y a eu, par exemple, la semaine dernière, une étude qui a été rapidement contredite par l'ARCOM sur la pluralité des médias pointant CNews. Est-ce que c'est un acteur qui, aux yeux du Gouvernement, aux yeux de l'exécutif, est bien placé pour occuper cette fonction ?
Maud BREGEON
C'est pas à nous de le dire, encore une fois. Le Gouvernement, l'exécutif, n'a pas à influencer dans l'organisation des médias et dans l'organisation de la presse. C'est votre rôle.
Journaliste
Bonjour, [inaudible] pour France Télévisions. Sur le vote du projet de loi de finances de la Sécurité sociale, espéré par le Gouvernement, vous avez parlé de plan B. Est-ce qu'il y a un plan de secours ?
Maud BREGEON
Je dis qu'il n'y avait pas de plan B.
Journaliste
Pas de plan B. Exactement. Excusez-moi. Pas de plan B. Alors est-ce qu'il y a un plan de secours ? On évoque le 49.3. Pardon. Est-ce qu'il y a un plan de secours ? Pas de plan B, mais est-ce qu'il y a autre chose ?
Maud BREGEON
Non, parce que, alors nous irons au vote sur l'ensemble du texte. Le vote est aujourd'hui prévu, vous le savez, donc le mardi 9 décembre. Et c'est à ce moment-là que les parlementaires se prononceront. Sur le plan technique, d'ailleurs, si le projet de loi a été rejeté, nous ne pourrions pas arriver derrière avec un 49.3. Et donc c'est bien aux Parlementaires qu'il appartiendra de prendre leur responsabilité, de se positionner. Et je le redis, ça repose sur les 577 députés qui forment l'Assemblée nationale. Avec... je ne suis pas dupe, certains groupes, et je pense notamment à la France insoumise, qui ont adopté depuis le début une attitude politicienne, tactique, extrêmement cynique, consistant à faire échouer de façon permanente tous les compromis qui semblaient se dessiner entre les groupes parlementaires qui, aujourd'hui, souhaitent doter la France d'un projet de loi de la Sécurité sociale, voilà.
Bien, écoutez, si j'ai répondu à toutes vos questions, je vous remercie et je vous souhaite une bonne fin de journée et une bonne semaine.
Les éléments essentiels abordés par la porte-parole du Gouvernement au cours de ce compte rendu du conseil des ministres :
Seconde lecture du budget de la sécurité sociale
- Début cet après-midi à l’Assemblée nationale.
- Vote final prévu le 9 décembre 2025.
- Aucun plan B possible : l'absence de loi entraînerait un déficit de 30 milliards d’euros en 2026 (contre 17 milliards prévus par le projet de loi).
- Appel à un compromis entre tous les députés pour éviter un rejet du texte.
Conséquences d’un rejet du budget
- Le déficit de la sécurité sociale passerait de 15 milliards en 2024 à 30 milliards en 2026.
- Les mesures acquises (comme la suspension de la réforme des retraites) n’entreraient pas en vigueur sans vote du texte.
Démenti sur un « ministère de la Vérité »
- Le Gouvernement nie toute intention de créer un label d’État ou un ministère de la Vérité.
- Réponse claire du président de la République et de la porte-parole du Gouvernement.
Protection des emprunteurs et encadrement du crédit à la consommation
- Objectif : réduire le surendettement (135 000 dossiers en 2024, +11 % par rapport à 2023).
- Extension des règles de protection à certains crédits (mini-crédits, crédits gratuits, etc.) à partir de novembre 2026.
- Renforcement des règles sur le crédit classique (publicité, information).
- Pas d’interdiction des petits découverts bancaires, mais extension des vérifications de solvabilité.
Création de Conseils des jeunes dans 15 grands établissements culturels
Objectif : impliquer les 13-17 ans dans la vie culturelle et lever les barrières d’accès à la culture.
Accord entre la France et l’Agence spatiale européenne
- Ratification d’un accord de 2023 sur le statut et les immunités de l’Agence.
- La France consacrera plus de 16 milliards d’euros au spatial d’ici à 2030, avec 5 piliers stratégiques (accès indépendant à l’espace, compétitivité industrielle, sécurité, science, coopération internationale).
Point international sur l’Ukraine
- Démission d’un proche de V.Zelensky pour corruption, preuve de la vitalité démocratique ukrainienne.
- Visite de V.Zelensky à Paris pour coordonner le soutien européen et international.
- Discussions avec D.Trump sur les garanties de sécurité et le rôle des États-Unis.
Projets de loi
Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, a présenté un projet de loi ratifiant l’ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025 relative au crédit à la consommation et une ordonnance relative au crédit à la consommation.
Le projet de loi ratifie l’ordonnance du 3 septembre 2025 transposant la directive européenne relative au crédit à la consommation.
L’ordonnance rectificative vise à l’adoption de dispositions législatives corrigeant l’ordonnance du 3 septembre 2025 relative au crédit à la consommation.
Les corrections prévues dans l’ordonnance rectificative ne portent pas sur le régime juridique des autorisations de découvert.
Les corrections apportées visent à transposer fidèlement la directive et à corriger des erreurs matérielles de la transposition :
- en premier lieu, la directive interdit aux grandes entreprises en ligne d’avoir recours à l’affacturage lorsqu’elles accordent des différés de paiement. Cela n’avait pas été explicitement repris dans l’ordonnance du 3 septembre – l’ordonnance rectificative corrige cet aspect,
- l’ordonnance du 3 septembre 2025 contient des erreurs légistiques, notamment de renvoi au code du travail et au code monétaire et financier. L’ordonnance rectificative corrige ces erreurs matérielles aux articles 2 à 4,
- Enfin, l’ordonnance rectificative prévoit comme l’impose la directive une procédure d’enregistrement spécifique pour les prêteurs à titre accessoire qui proposent des crédits à la consommation en parallèle de leur activité principale.
Il est rappelé que la transposition de la directive européenne ne remet pas en cause la possibilité d’accorder des autorisations de découvert, que les banques n’ont jamais octroyées de manière automatique. Pour les découverts accordés avant le 20 novembre 2026, rien ne changera. Le nouveau cadre juridique applicable à compter de novembre 2026 étend l’obligation de procéder à une analyse de solvabilité lors de l’autorisation initiale, quel que soit le montant du découvert autorisé et le délai de remboursement. L’application du régime du crédit à la consommation aux découverts et aux dépassements entraîne une protection accrue pour les consommateurs. Cela se traduira par une meilleure information et un accompagnement renforcé en cas de difficultés financières.
Depuis 1975, l’Agence spatiale européenne (ESA) joue un rôle essentiel dans l’aventure spatiale européenne.
Grâce à elle, de grands programmes ont été développés ainsi que des applications concrètes, comme dans le domaine des télécoms, de la navigation ou de l’observation de la terre. Leur impact est tout autant stratégique pour l’Europe que quotidien pour les Européens.
Aujourd’hui, plus encore qu’il y a 50 ans, l’espace est pour l’Europe un lieu d’exploration, de recherche tout autant qu’un lieu de souveraineté et de puissance. C’est pourquoi la France est heureuse et fière d’héberger le siège de l’Agence à Paris et de lui apporter un soutien constant.
Le projet de loi présenté lors du conseil des ministres par le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères autorise l’approbation de l’accord entre le Gouvernement de la République française et l’Agence spatiale européenne signé à Paris le 22 mars 2023. Cet accord définit les modalités régissant la mise en place et l’exploitation des sites et activités de l’Agence en France.
En assurant le meilleur fonctionnement de l’Agence sur l’ensemble du territoire français, métropolitain et des outre-mer, cet accord renforce concrètement le soutien sans faille que la France apporte à l’Agence et illustre son attachement au renforcement de la souveraineté spatiale de l’Europe.
Décret
Afin de préparer le public de demain des grandes institutions culturelles et patrimoniales, la ministre de la Culture a présenté un décret instituant, au sein de quinze grands établissements publics, des « conseils des jeunes ».
Ces conseils permettront à des jeunes de 13 à 17 ans de s’engager dans la vie culturelle en participant à la gouvernance de ces établissements.
Ils pourront ainsi proposer des solutions innovantes de programmation, de communication ou de médiation. Ils seront consultés sur tous les éléments de programmation, de muséographie ou d’expographie.
La mise en place des « conseils des jeunes » invite nos grandes institutions à adopter une politique des publics plus horizontale et plus participative, à innover dans leur présentation des collections et des expositions ainsi qu’à cibler davantage le public jeune dans leurs projets de communication et de médiation.
L’objectif attendu est de lever les barrières culturelles qui peuvent éloigner les jeunes d’une culture patrimoniale, avec le souhait que la mise en place des conseils des jeunes aille au-delà des quinze établissements présents dans le décret.
Ces quinze établissements sont le musée du Louvre, le musée d’Orsay, le Centre des monuments nationaux, le Château de Versailles, le Château de Fontainebleau, la Grande Halle de La Villette, l’Opéra de Paris, la Philharmonie, le Théâtre de la Colline, le Théâtre de l’Odéon, le Théâtre national de Strasbourg, le musée du Quai Branly-Jacques Chirac, le Comédie française, le Théâtre de Chaillot et le MUCEM.
Communication
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace présente une communication relative à la politique spatiale française, dans un contexte international spatial bouleversé par la massification des investissements américains et chinois, l’émergence de technologies de rupture transformant les marchés et les applications et la conflictualisation de l’espace.
La France consacrera plus de 16 milliards d’euros au spatial civil et dual d’ici à 2030
Présentée par le Président de la République le 13 novembre à Toulouse, la nouvelle stratégie nationale spatiale renouvelle l’ambition spatiale française. Elle s’articule autour de cinq piliers stratégiques :
- l’accès indépendant à l’espace, grâce à Ariane 6, le Centre spatial guyanais et la préparation des futurs lanceurs ;
- la compétitivité et les compétences de la filière industrielle - fondamentales pour la souveraineté, de l’amont à l’aval, des équipementiers, startups et acteurs établis ;
- les capacités critiques de sécurité et de défense, pour les opérations dans l’espace, la surveillance de l’espace, la résilience des infrastructures spatiales et l’action dans l’espace, en cohérence avec la stratégie spatiale de défense publiée en 2019 ;
- la science et l’exploration, comme sources de connaissance, de vérité et d’inspiration, au service des citoyens européens et pour anticiper le changement climatique ;
- la coopération européenne et internationale, essentielle pour mener et participer à tous les programmes de grande ampleur, nécessitant notamment des investissements colossaux.
En plus du budget spatial de défense inscrit dans la loi de la programmation militaire, la France consacrera plus de 16 milliards d’euros au spatial d’ici 2030 pour permettre cette ambition, via le Centre national d'études spatiales (CNES), acteur central de la politique spatiale française, dans le cadre de l’Union européenne ou pour des programmes de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de l’Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques (EUMETSAT). Cela inclut par exemple les programmes stratégiques nationaux français ou de l’Union européenne comme Galileo ou IRIS², des programmes majeurs de l’ESA comme Ariane 6, le suivi météorologique depuis l’espace ou de programmes scientifiques internationaux de grande envergure comme les missions martiennes en coopération avec la NASA.
La conférence ministérielle de l’Agence spatiale européenne du 26 et 27 novembre
Les 26 et 27 novembre 2025, les ministres chargés de l’espace des États membres de l’ESA se sont réunis à Brême pour décider du financement des prochains programmes de l’agence, dans tous les domaines : accès à l’espace, observation de la terre, télécommunications, navigation, sciences de l’univers, sécurité de l’espace, etc. Les budgets octroyés à l’Agence ont été considérablement augmentés (plus de 22 milliards d’euros contre 17 milliards d’euros en 2022), démontrant la centralité du spatial pour les États européens, via notamment ses dimensions stratégique, économique, industrielle, technologique et scientifique. La contribution française de près de 3,7 milliards d’euros (soit une hausse de plus de 450 millions d’euros) a été établie en cohérence avec les priorités de la stratégie nationale spatiale : le soutien à Ariane 6 pour garantir un accès européen à l’espace, la préparation des futures technologies critiques – y compris dans la perspective du prochain cadre financier pluriannuel de l’Union européenne, et le renouvellement de l’ambition scientifique des États européens. À cette occasion, il a également été annoncé qu’un français ferait partie des trois premiers astronautes européens appelés à se rendre vers la lune.
Les efforts français doivent s’accompagner de transformations majeures du spatial européen
Cette conférence a néanmoins mis en lumière les limites du fonctionnement actuel de la gouvernance spatiale européenne, alors que les investissements européens restent largement en deçà des budgets américains et chinois. La juxtaposition d’intérêts nationaux et industriels et l’absence d’une vision pleinement partagée freinent la construction d’une politique spatiale européenne intégrée, compétitive et lisible. La France continue de défendre que l’Union européenne devrait davantage affirmer une ambition politique pour le spatial, qui pourrait s’appuyer sur l’expertise technique et programmatique reconnue de l’ESA. Elle soutient à cet effet le doublement a minima du budget européen consacré au spatial dans le Cadre Financier Pluriannuel 2027-2034. La mise en place d’une véritable préférence européenne pour toutes les capacités spatiales institutionnelles apparaît en outre comme un levier fondamental pour rétablir la compétitivité de l’écosystème industriel européen et renforcer la souveraineté collective. Les acteurs émergents doivent pouvoir se développer à l’échelle européenne : ils ont un rôle fondamental à jouer, pour innover, prendre des risques et s’insérer sur les marchés internationaux.
Le Sommet spatial international à venir est appelé à constituer une étape importante de cette transformation.
Nomination(s)
Le conseil des ministres a adopté les mesures individuelles suivantes :
Sur proposition du ministre de l’Intérieur :
- M. Eric FERRI, inspecteur de l’administration de 1ère classe, est nommé inspecteur général de l’administration, à compter du 1er janvier 2026 ;
- M. Salvator ERBA, inspecteur de l’administration de 1ère classe, est nommé inspecteur général de l’administration, à compter du 1er janvier 2026 ;
- il est mis fin, à sa demande, aux fonctions de préfet de la Vendée exercées par M. Gérard GAVORY ;
- M. Éric FREYSSELINARD, administrateur de l’État, est nommé préfet de la Vendée ;
- M. François PESNEAU, administrateur de l’État, est nommé préfet de Maine-et-Loire ;
- M. Maurice BARATE, administrateur de l’État, est nommé préfet de la Haute-Vienne ;
- M. François-Xavier LAUCH, administrateur de l’État, est nommé préfet du Pas-de-Calais ;
- Mme Chantal MAUCHET, administratrice de l’État, est nommée préfète de l’Hérault ;
- M. Louis-Xavier THIRODE, administrateur de l’État, est nommé préfet de l’Ain.
Sur proposition de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées :
- Mme Christelle BOUCHER-DUBOS est nommée directrice générale de l’agence régionale de santé de Corse, à compter du 15 décembre 2025 ;
- M. Bertrand PARENT est nommé directeur général de l’agence régionale de santé de la Guyane, à compter du 15 décembre 2025 ;
- M. Jean-Jacques COIPLET, administrateur de l’État, est nommé directeur général de l’agence régionale de santé de La Réunion, à compter du 15 décembre 2025.
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