Vos questions sur le tri des biodéchets et le compost

Publié le 22/04/2025 Modifié le 03/06/2025

À l’occasion de la Journée internationale de la Terre, le 22 avril, retour sur un geste écologique obligatoire : le tri des biodéchets, qui peuvent être valorisés en solution de compostage. Comment fonctionne le compostage ? Comment trier correctement ? Toutes nos réponses à vos principales questions.

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Image d'illustration - Source : Adobe Stock
Depuis le 1er janvier 2024, le tri des biodéchets doit se faire à la source pour tous en France. Parmi les solutions envisageables, ces biodéchets peuvent être valorisés en solution de compostage de proximité, ou triés dans une collecte séparée (collecte à domicile ou apport volontaire en borne dédiée dans l’espace public) pour être valorisés en énergie ou fertilisant. 

Qu’est-ce qu’un biodéchet ?

Les biodéchets représentent un tiers des déchets non triés des Français.
Ils comprennent :
  • les déchets non dangereux biodégradables de jardin ou de parc, dits « déchets verts » : tontes de pelouse et fauchage, feuilles mortes, tailles d’arbustes, haies et brindilles ou encore déchets ligneux issus de l’élagage et de l’abattage d’arbres et de haies.
  • les déchets alimentaires ou de cuisine provenant des ménages, des bureaux, des restaurants, du commerce de gros, des cantines, des traiteurs ou des magasins de vente au détail : restes de repas ou de préparation de repas ou produits périmés non consommés.
  • les déchets comparables provenant des usines de transformation de denrées alimentaires.

Que dit la loi sur les biodéchets ?

Le tri à la source des biodéchets, c’est-à-dire notamment le fait de trier séparément des autres flux de déchets les déchets de table et de cuisine, constitue une mesure phare de l’économie circulaire.
Elle présente en effet de multiples bénéfices comme une meilleure gestion des déchets (limitation des déchets mis en décharge), une baisse des émissions de gaz à effet de serre, et une opportunité de produire du biogaz ou du compost à partir de ressources locales.
C'est pourquoi, depuis le 1er janvier 2024, les biodéchets ne doivent plus être jetés avec les ordures ménagères, conformément au droit européen et à la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire, dite loi anti-gaspillage.
Les collectivités et les professionnels doivent respectivement proposer à leurs administrés ou s’équiper de solutions de tri à la source des biodéchets : un bac à compost personnel ou partagé (pour un quartier ou un voisinage), ou une poubelle de tri pour les biodéchets ou une borne de quartier, qui seront collectés séparément par la collectivité (le cas échéant par un prestataire).
Pour les biodéchets comme pour les autres déchets, chacun est soumis aux règles de tri et modalités de collectes de la collectivité dont il dépend.
Le ministère chargé de la Transition écologique a publié un avis au Bulletin officiel qui fournit aux collectivités des indications sur l’obligation de tri à la source des biodéchets.

Que veut dire « composter » ? Comment fonctionne le compostage ?

Le compostage est un processus biologique de transformation et d’assainissement des matières organiques.
Concrètement, des matières comme des épluchures de légumes, coquilles d’œufs, feuilles mortes, marc de café, etc., sont décomposées par des micro-organismes (bactéries, champignons ) et des macro-organismes (vers de terre, insectes).
L’activité microbienne génère aussi de la chaleur naturelle qui accélère la transformation et permet l’hygiénisation des matières compostées.
Petit à petit, grâce à l’ajout de matière brune (broyat de bois, carton brun, etc.), les biodéchets se transforment en une matière brune et fine : le compost, qui peut être utilisé pour enrichir le sol.
Il existe des installations industrielles de compostage, permettant de produire et de mettre sur le marché des matières fertilisantes, mais il est également possible de composter ses biodéchets à domicile, ou de manière partagée.

Pourquoi composter à domicile ?

Dans le cas où la solution la plus appropriée pour votre lieu d’habitation identifiée par votre collectivité est le compostage à domicile ou de manière partagée, composter est recommandé et constitue une façon efficace et naturelle de réduire son impact environnemental.
Cela permet de :
  • réduire le volume de sa poubelle d’ordures ménagères, et donc diminuer le volume de collecte et de traitement des déchets,
  • selon les solutions de traitement des ordures ménagères appliquées localement : éviter la mise en décharge des biodéchets, à l’origine d’émissions de gaz à effet de serre, ou éviter l’incinération inutile de déchets organiques principalement composés d’eau.

Quels composteurs ?

Il existe plusieurs options, à choisir en fonction de ses besoins et de son lieu de vie :
  • le composteur en bac, installé dehors, directement en contact avec le sol. Il permet d’obtenir un compost mûr en quatre à six mois, selon l’Ademe,
  • le composteur rotatif, qui est un bac fermé, doit être tourné chaque fois qu’on y dépose un déchet. Il permet d’obtenir un compost frais en six semaines, qu’on peut laisser maturer en tas trois à cinq mois.
  • le composteur de proximité ou partagé, en pied d’immeuble ou dans les espaces verts collectifs.
D’autres solutions de compostage existent dans le commerce, pouvant toutefois présenter des limitations ou inconvénients. Il est conseillé de se rapprocher de sa collectivité ayant la compétence collecte pour connaître les modalités de compostage les plus appropriées à son lieu d’habitation.

Comment composter à domicile ?

Le compostage domestique consiste à mettre ses déchets de cuisine (épluchures de fruits et légumes, coquilles d’œuf...), ses restes de repas (trognons, os, couenne…) ou de jardin dans un composteur.
Il est recommandé de les couper en petits morceaux pour faciliter le processus de transformation.
Il est indispensable d’ajouter du structurant, de la matière brune, pour permettre le bon déroulé du processus de compostage. Cette matière permet notamment de réguler le niveau d’humidité.

Que mettre dans son compost ?

D’un territoire à l’autre, d’une structure à l’autre, les consignes peuvent être différentes.
Épluchures de fruits et légumes, marc de café, sachets de thé, coquilles d’œufs, fleurs fanées, feuilles mortes… Tout ce qui est d’origine animale ou végétale finit par se composter dans la nature. Dans un composteur, tout est question de choix et de dosage.
Contrairement aux idées reçues, toutes les épluchures d’agrumes peuvent être compostées, mais en quantité modérée.
Le plastique « biodégradable », en revanche, ne doit pas être mis dans un composteur domestique. Pour les autres solutions de tri à la source des biodéchets, il est indispensable de suivre les recommandations données par votre collectivité.

Le compost attire-t-il des nuisibles ?

S’il est mal géré, le compost peut attirer certains nuisibles déjà présents dans l’environnement, comme les rats.
Pour éviter leur installation, il faut effectuer des brassages réguliers du compost pour l’aérer, opter pour un modèle de composteur renforcé et solide, et, si besoin, installer une grille métallique au fond du composteur pour empêcher l’accès par le sol.
Pour éviter d’éventuels moucherons, il faut bien équilibrer les apports et recouvrir systématiquement les derniers déchets alimentaires par des matières « brunes et sèches », comme des feuilles mortes ou encore du carton non imprimé.

Le compost sent-il mauvais ?

Contrairement aux idées reçues, le compostage domestique ne génère pas d’odeurs s’il est bien géré.
Les mauvaises odeurs sont généralement dues à un excès de déchets humides ou à un manque d’aération. Il faut alors brasser le compost régulièrement et ajouter des matières sèches, comme des feuilles, du carton…

Qui vit dans le compost ?

De nombreux petits êtres vivants peuvent vivre dans le compost : vers, insectes (comme des cloportes ou des larves), limaces, mille-pattes et autres décomposeurs, champignons, bactéries et micro-organismes…
Tous participent à la transformation des déchets organiques.

Comment utiliser le compost ?

Le compost mûr peut être utilisé pour améliorer la qualité du sol dans les jardins, les jardinières ou au pied des plantes, ou encore en paillage, pour nourrir et protéger les pelouses ou les cultures.
En règle générale, le compost ne doit pas être enfoui en profondeur mais plutôt épandu à la surface du sol.
Il vaut mieux le conserver légèrement humide jusqu’à l’utilisation.
L’application fréquente de petites doses est plus efficace qu’un apport massif.
Les meilleures périodes pour l’utiliser sont le printemps et l’automne.


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