Le pacte du Gouvernement pour lutter contre les déserts médicaux

Publié le 25/04/2025 Modifié le 02/05/2025

François Bayrou s’est exprimé, vendredi 25 avril 2025, dans le Cantal, sur la problématique des déserts médicaux. Le Premier ministre a annoncé un pacte contre le phénomène grandissant en France.

François Bayrou
François Bayrou - Source : Matignon
En 2024, six millions de Français n’avaient pas de médecin traitant et 87 % du territoire était classé en désert médical. Déplorant le parcours d’obstacle qu’est pour des millions de Français l’accès aux soins malgré les efforts déjà entrepris, François Bayrou a annoncé un plan de solutions concrètes, vendredi 25 avril 2025, dans le Cantal.

Taux de patients sans médecin traitant en France

Visuel - Source : Source : SNIIIRAM - FNPS (février 2025)

Visuel

Visuel - Source : SNIIIRAM - FNPS (février 2025)

Cartographier les déserts médicaux

Les agences régionales de santé, en lien étroit avec les préfets et les élus locaux, seront chargées d’ici la fin du mois de mai d'identifier des « zones rouges » à l’échelle de l’intercommunalité, au sein desquelles l’accès aux soins est particulièrement dégradé et qui feront l’objet d’une action particulièrement intense et prioritaire de la part des pouvoirs publics pour apporter au plus vite un accès aux soins à la population.
Ce Pacte, qui constitue l’un des quatre chantiers prioritaires annoncés par le Premier ministre dans sa lettre aux parlementaires, repose sur quatre axes complémentaires.

Former plus, au plus près des territoires

L’accès aux études de santé sera élargi et disponible désormais dans chaque département à compter de la rentrée 2026, par la généralisation des antennes de formation, des campus connectés ou d’autres solutions construites par les acteurs de terrain.
À compter de la rentrée 2026, plus de 3 700 internes de 4e année de médecine générale exerceront sur l’ensemble du territoire, avec des fortes incitations à découvrir l’exercice médical en zone sous-dense.
Afin de mieux faire connaître l’intérêt de l’exercice médical dans les territoires, 100 % des étudiants de médecine réaliseront désormais au moins un stage en dehors des CHU et un en zone sous-dense durant leur cursus.
Source : Service d'information du Gouvernement

Lutte contre les déserts médicaux : conférence de presse du Premier ministre

Création d’un principe de solidarité territoriale pour l’ensemble de la communauté médicale

Chaque médecin devra désormais consacrer jusqu'à 2 jours par mois à des consultations dans les zones « rouges », c’est à dire celles les plus en difficulté. La mobilisation des médecins dans ces consultations avancées se fera par la concertation au plus près du terrain et en fonction des besoins, dans une logique pragmatique mais dans une logique d’exigence de résultats.

Moderniser et simplifier les organisations entre les professionnels

Notre enjeu est de réduire le temps consacré par les médecins aux formalités administratives afin de leur permettre de se concentrer au maximum sur la réponse aux besoins de leurs patients. Pour cela, les certificats médicaux ne reposant sur aucun fondement juridique ou médical seront supprimés. Les activités médicales secondaires, telles que la médecine esthétique pratiquée par des médecins généralistes par exemple, seront encadrées et plafonnées.
Enfin, de nouvelles coopérations professionnelles seront déployées, afin de permettre à d’autres professionnels de santé de prendre en charge de nouveaux actes tandis que le rôle des infirmiers de pratique avancée dans notre système de santé sera conforté.

Des mesures ambitieuses

 La conjugaison de toutes ces mesures représente un potentiel de 50 millions de consultations supplémentaires par an au bénéfice les zones sous-dotées.    

Créer des conditions d’accueil attractives en appui des initiatives des élus locaux

Il s’agira de mettre en valeur les efforts des élus locaux et de créer, avec eux, des conditions d’accueil toujours plus attractives pour les professionnels de santé et les étudiants (développement des internats ruraux, logement des étudiants en santé, crèche, etc).
Une grande partie des mesures du pacte fera l’objet de textes réglementaires ainsi que de textes législatifs à soumettre au Parlement au cours de l’année 2025. L’examen de plusieurs projets et propositions de loi est à cet égard déjà programmé dans les prochaines semaines.

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