Endométriose : un test salivaire pour améliorer les conditions du diagnostic

Publié le 26/03/2025 Modifié le 31/03/2025

Le 28 mars est la journée mondiale de lutte contre l'endométriose, une maladie gynécologique chronique qui toucherait près d’une femme sur dix en France. Le Gouvernement lance dans cent hôpitaux l’expérimentation du test salivaire Endotest, désormais pris en charge, de manière dérogatoire, par l’Assurance maladie.

Une médecin parle à une femme.
Une médecin parle à une femme. - Source : Adobe Stock
Le Gouvernement renforce son engagement dans la lutte contre l’endométriose avec le lancement d’une expérimentation majeure du test salivaire Endotest, désormais pris en charge, de manière dérogatoire, par l’Assurance maladie dans le cadre d'un forfait innovation.
Ce test novateur, développé par la société française Ziwig, marque une avancée déterminante dans le diagnostic précoce de cette maladie gynécologique chronique qui toucherait près d’une femme sur dix en France.
Ce test est placé en troisième ligne, c’est-à-dire après un examen clinique et une imagerie, lorsque ces derniers produisent des résultats discordants, et avant des dépistages plus invasifs.
Le test, dont la prise en charge forfaitaire s’élève à 839 euros par personne (incluant l’acte médical et les frais d’hospitalisation), s’adresse aux femmes de plus de 18 ans présentant des symptômes évocateurs d’endométriose et dont ni l’examen clinique ni l’imagerie n’ont permis d’objectiver le diagnostic. Les patientes peuvent aller dans l’un des établissements participants pour en bénéficier.
25 000 patientes pourront en bénéficier, dont 2 500 dans le cadre de l’étude clinique et 22 500 autres en dehors de l’étude, pour une durée de trois ans à compter du lancement.
Le test est financé à date dans 80 hôpitaux à travers le territoire, et sera proposé dans 20 centres supplémentaires courant avril 2025, a indiqué le ministère chargé de la Santé et de l'Accès aux soins ce vendredi 28 mars. 

Prévention et formation

Le Gouvernement souhaite généraliser la sensibilisation à l’endométriose en milieu scolaire. Chaque jeune fille sera sensibilisée au moins une fois durant sa scolarité dans le cadre de l’éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité. Par ailleurs, la prévention de l’endométriose deviendra un axe clé des projets portés par les communautés professionnelles territoriales de santé. Enfin, pour améliorer la prise en charge des formes complexes, le Gouvernement souhaite mener des travaux pour labelliser des centres chirurgicaux experts.
Le point sur les avancées sur le site du ministère en charge de la Santé

Une avancée technologique

Reposant sur des technologies de séquençage de nouvelle génération et mobilisant l’intelligence artificielle, Endotest permet d’identifier les biomarqueurs de l’endométriose à partir d’un échantillon de salive. Non invasif, ce test offre en une dizaine de jours une réponse permettant dans les cas d’incertitude diagnostique d’éviter aux patientes de subir une cœlioscopie, un examen invasif douloureux et parfois inutile.
La Haute Autorité de santé (HAS) a reconnu l’intérêt de ce dispositif et a donné un avis favorable à sa prise en charge dans le cadre du forfait innovation de l’Assurance maladie, qui permet de recueillir, au cours d’un essai clinique, les données manquantes en vue d’une évaluation par la HAS pour une prise en charge pérenne de droit commun.

Répondre à l’errance diagnostique

En France, il faut en moyenne 7 ans pour poser un diagnostic d’endométriose.
Cette errance entraîne d'importantes conséquences sur la qualité de vie, la santé reproductive et la vie professionnelle des femmes concernées.
Avec l'Endotest, l’objectif est de réduire ce délai, d’éviter les examens invasifs, et de permettre une prise en charge plus rapide et adaptée.

La Stratégie nationale contre l’endométriose

L’amélioration de la précocité du diagnostic est un enjeu de la Stratégie nationale contre l’endométriose, annoncée par le président de la République en janvier 2022 et portée par le ministère de la Santé et de la Prévention.
Elle contient trois axes prioritaires :
  • le renforcement de la recherche, avec comme mesure phare le programme et équipement prioritaire de recherche (PEPR) « Santé des femmes, Santé des couples », qui comporte un axe endométriose et un axe infertilité,
  • l’amélioration de l’offre de soins, notamment avec la mise en œuvre de filières dédiées à la prise en charge de l’endométriose dans chaque région,
  • l’accroissement de la connaissance sur l’endométriose parmi les professionnels de santé et la société avec la mise en œuvre de mesures de formation et d’information.
Au total, cette stratégie interministérielle s’organise en 27 objectifs, 58 mesures et 123 actions. La force de cette stratégie relève de son caractère interministériel afin d’actionner l’ensemble des leviers nécessaires pour améliorer le quotidien des femmes dans leur vie professionnelle, scolaire, affective, sexuelle...

Un enjeu de santé publique majeur

L’endométriose toucherait 1,5 à 2,5 millions de femmes en âge de procréer en France. Elle est l’une des principales causes d’infertilité et peut provoquer des douleurs invalidantes et une altération marquée de la qualité de vie.
Les principaux symptômes sont notamment : des douleurs importantes pendant les règles, des douleurs profondes pendant les rapports sexuels, des troubles urinaires et des douleurs pendant les selles.
Sa complexité, la diversité des symptômes et l’absence de lien direct entre l’étendue des lésions et l’intensité des douleurs rendent le diagnostic difficile. D’où l’importance de sensibiliser les femmes, leurs proches et les professionnels de santé, dès les premiers symptômes.

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