Interview de Roxane Conrad
Publié le 30/07/2026 Modifié le 31/07/2026
Dans le cadre de la réalisation de Médiascopie 2024, hors-série conçu en partenariat avec le média L’ADN, le SIG a souhaité croiser son expertise de l’analyse des dynamiques médiatiques avec le regard prospectif porté par la rédaction sur les grandes évolutions sociétales.
À travers cet entretien, Roxane Conrad revient sur les enseignements de cette collaboration, la méthodologie mise en œuvre et les apports de cette démarche pour mieux comprendre la circulation et l’installation des sujets dans le débat public.
Roxane Conrad
Responsable développement commercial & partenariats à L'ADN
Le SIG vous a proposé d’analyser l’année médiatique 2024 au prisme des tendances sociétales identifiées par votre média. Comment avez-vous abordé cet exercice de décryptage ?
Quand le SIG nous a présenté le projet, nous avons immédiatement cherché à comprendre dans quelle mesure notre méthodologie et notre ligne éditoriale allaient pouvoir singulariser l'exercice.
Notre point de départ : les unités de bruit médiatique fournies par le SIG, que nous avons croisées avec notre propre veille des tendances. L'équipe éditoriale a ensuite construit une grille de lecture à partir de signaux faibles repérés tout au long de l'année, pour donner du relief aux données brutes. Plutôt que de simplement recenser ce qui a fait l'actualité, nous avons essayé de comprendre pourquoi certains sujets avaient pris, et dans quel contexte sociétal ils s'inscrivaient.
Ce hors-série est né d’un partenariat éditorial entre le SIG et votre média. Comment ce croisement entre l’expertise du SIG sur le traitement médiatique de l’action publique et votre regard sur les tendances sociétales a-t-il enrichi le projet ?
La force de cette collaboration inédite tient à la complémentarité des deux parties. Le SIG disposait d'une connaissance très fine du paysage médiatique et de données quantitatives précieuses. Nous apportions un regard éditorial et journalistique sur les grandes mutations et les récits de fond. La collaboration s'est organisée autour de comités éditoriaux réguliers, où nous avancions ensemble sur les angles. Cette discipline de dialogue permanent a permis l'émergence d'un format exigeant et riche, loin des rapports classiques.
Que peut apprendre Médiascopie aux acteurs étatiques sur la manière dont un sujet émerge, circule et s’installe dans le débat public ? Et vous, personnellement, qu’en retirez-vous en tant que média ?
Médiascopie fait la démonstration de la complexité et de la diversité des trajectoires possibles, de l'émergence d'un signal faible à sa mutation en « sujet » du débat public. Ces parcours, des réseaux sociaux aux chaînes d'info, de la PQR à la PQN, du Parlement à la société civile… laissent imaginer pour les acteurs étatiques diverses stratégies de captation des signaux faibles, par multiplication des postes d'observation.
Pour nous, qui avons l'habitude de traiter de sujets émergents en avance de phase, l'exercice de rétrospective, appuyé de données brutes, était inédit. Il nous a permis de tester nos grilles de lecture et nos méthodes sous un nouveau jour et nous en sommes ressortis avec de nouvelles idées méthodologiques.
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Grand chantier : Renouveler nos cadres de compréhension