Interview de Justine Ryst
Publié le 30/07/2026 Modifié le 03/08/2026
Justine Ryst explique pourquoi la plateforme a choisi de soutenir « Têtes plongeantes », documentaire consacré à la santé mentale dans le cadre de la Grande cause nationale 2025. Elle revient sur la force du format documentaire pour ouvrir le dialogue autour de la santé mentale, créer de l’identification et toucher le public « jeunes », en s'appuyant sur les codes des créateurs, la puissance des communautés en ligne et une stratégie de diffusion élargie, des médias prescripteurs aux salles de cinéma.
Justine Ryst
Directrice générale de YouTube France
Qu’est-ce qui a le plus retenu votre attention lorsque vous avez découvert le projet pour la première fois ?
Ce qui a le plus retenu notre attention, c'est la pertinence du propos. La santé mentale est un enjeu majeur pour YouTube. Ce documentaire ouvre le dialogue avec beaucoup de justesse : en donnant la parole aussi bien aux jeunes qu'aux sportifs de haut niveau, il montre que ce sujet nous concerne tous. C’est un projet essentiel, qui prouve que la parole est une solution, tout en s'appuyant parfaitement sur la grammaire des contenus que nos audiences consomment. Le soutenir était une évidence.
En tant qu’acteur majeur de la création de contenus, qu’apporte selon vous le format documentaire par rapport à des formats de communication plus classiques ou publicitaires ?
L'authenticité. Sur YouTube, le documentaire est l'un des formats les plus plébiscités. Nos audiences sont en demande de temps long, de clés de lecture et de décryptage. Ce qui fait le succès de Têtes plongeantes, c’est son ton naturel et accessible. En misant sur des témoignages auxquels on s'identifie immédiatement, y compris ceux des champions de 2018, ce documentaire crée un format miroir et c'est cette proximité avec l'audience qui capte l'attention et fait passer le message avec beaucoup plus d'impact.
YouTube dispose d’une expertise reconnue en matière d’influence et de mobilisation des communautés. L’État s’appuie également de plus en plus sur l’engagement de tiers et la communication intermédiée. En quoi le documentaire « Têtes plongeantes » vous semble-t-il illustrer cette démarche et quels en sont les principaux atouts ?
Le documentaire incarne parfaitement cette dynamique. D'abord, en passant par le prisme du football et des figures de 2018, le projet s'appuie sur une communauté fédératrice et massive. Ensuite, sa stratégie de distribution est particulièrement efficace : s’associer à des médias prescripteurs comme Booska-P, L’Équipe ou So Foot permet de démultiplier l'audience, car chaque entité active sa propre communauté. C’est la mécanique du "featuring" que nos créateurs YouTube maîtrisent depuis longtemps, appliquée ici de manière très intelligente à la communication publique pour maximiser la visibilité du projet. Enfin, à ce maillage digital s'ajoute un ancrage physique fort : le projet a également bénéficié d'une diffusion en salle grâce au YouTube Ciné-Club par mk2, à Paris et dans toutes les grandes villes de France. Ce format a non seulement offert à l'œuvre les meilleures conditions de visionnage possibles, mais il a surtout permis de prolonger l'engagement de l'audience en fédérant les communautés directement dans les salles de cinéma.
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