Interview de Dominique Lévy-Saragossi et d'Édouard Lecerf
Publié le 30/07/2026 Modifié le 03/08/2026
En 2025, le SIG a déployé avec la régie 366 un dispositif inédit pour interroger la communication de l’État à partir des réalités vécues dans les territoires. « La France en grand angle » associe écoute des Français, analyse territorialisée, restitutions aux préfectures et mise en récit afin de transformer les enseignements de l’étude en outils d’aide à la décision et à l’action pour les acteurs publics. Les co-fondateurs du cabinet Georges reviennent sur l’apport des sciences humaines et sur le rôle des formats dans la compréhension et l’appropriation des enjeux locaux.
Dominique Lévy-Saragossi
Co-fondatrice du cabinet George(s)
Édouard Lecerf
Co-fondateur du cabinet George(s)
Georges accompagne depuis plusieurs années 366 dans ses travaux d’étude, notamment au service de la compréhension des Français. Quel rôle jouent les études, et plus largement les sciences humaines, au service de la communication ?
Dans toutes les missions que nous menons, les études et les sciences humaines sont à la fois un point d’ancrage dans le réel - ce que les gens vivent, pensent, ressentent - et un support intellectuel utile à l’interprétation et à la mise en perspective. De notre point de vue, toute communication, quelles que soient les formes qu'elle prend, doit s'appuyer sur cette double expertise pour comprendre ce qui se joue vraiment, expliquer avec justesse, mobiliser les bons leviers.
Avec “La France en grand angle”, le SIG, 366 et le cabinet Georges ont imaginé un dispositif global, associant enquête, analyse, mise en récit et restitution, qui a fait la synthèse entre granularité locale et tendances nationales. Qu’apporte cette territorialisation des enseignements dans la manière de penser et d’adapter la communication étatique ?
Le dispositif mis en œuvre pour « La France en Grand Angle » répondait directement à la volonté d'aller au plus près du vécu des citoyens dans leur rapport à l'État pour communiquer au plus juste. C’est ce qui nous a conduit à multiplier les entretiens dans toute la France et à interroger des échantillons importants dans chaque région pour disposer de la granularité nécessaire à une analyse fine. Les éléments que nous avons ainsi pu exploiter ont permis à la fois de comprendre les dynamiques nationales à l’œuvre et les spécificités de chaque type de population et de territoire.
Votre intervention a porté à la fois sur l’analyse, l’écriture éditorialisée du mook et des scripts vidéo et les restitutions territoriales. Que permet cette diversité de formats dans l’appropriation des enseignements ?
Dès le départ, nous avons imaginé avec 366 et le SIG un dispositif dont la multiplicité des déclinaisons permettrait de toucher des publics très différents. Cette volonté a guidé l'ensemble du projet, de sa conception méthodologique jusqu'à son expression finale. À chaque étape, nous avions à l'esprit que ce travail ne trouverait vraiment son utilité que s'il parvenait à parler à tous, du citoyen au préfet de région.
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