Municipales : comprendre le mode de scrutin
Publié le 29/07/2025 Modifié le 12/02/2026
Les prochaines élections municipales marquent un changement majeur : le scrutin de liste paritaire devient la règle dans toutes les communes. L’objectif est de favoriser la parité et renforcer la cohésion des conseils municipaux.
À quoi servent les élections municipales ?
Les élections municipales permettent aux citoyens d’élire les conseillers municipaux qui désignent ensuite le maire et ses adjoints. Ce scrutin a lieu tous les six ans, dans l’ensemble des communes françaises, en métropole comme en Outre-mer.
Les prochaines élections municipales sont prévues les 15 et 22 mars 2026. Elles constituent un moment essentiel de la vie démocratique locale.
Combien y a-t-il de conseillers municipaux ?
Le nombre de conseillers municipaux dépend de la taille de la commune.
Cela va de 7 pour les villes de moins de 100 habitants à 69 pour celles de 300 000 habitants et plus.
Villes les plus peuplées de France, Paris, Lyon et Marseille ont des règles spécifiques et plus de conseillers.
Comment se déroulent les élections municipales ?
La loi du 21 mai 2025 a harmonisé le mode de scrutin entre les petites et les grandes villes.
Avant la réforme, les petites communes élisaient leurs conseillers au scrutin majoritaire plurinominal, avec panachage possible.
Avec la réforme, les conseillers municipaux sont désormais élus au suffrage universel direct avec un scrutin de liste paritaire proportionnel à deux tours.
Des régimes particuliers à Paris, Lyon et Marseille
Divisées en arrondissements ou secteurs, les villes de Paris, Lyon et Marseille ont des règles particulières pour désigner les élus de la mairie d’arrondissement ou de secteur et ceux de la mairie centrale.
Il y aura deux scrutins distincts et simultanés à Paris et Marseille, trois à Lyon.
Que signifie « suffrage universel direct avec un scrutin de liste paritaire proportionnel » ?
Tous les citoyens majeurs inscrits sur les listes électorales peuvent voter pour élire leurs représentants.
Un mode de scrutin direct signifie que les citoyens votent sans intermédiaire.
A contrario, c’est un scrutin universel indirect qui permet d’élire les sénateurs. Ce ne sont pas tous les citoyens qui votent, mais un collège électoral d’environ 160 000 « grands électeurs ».
Les électeurs choisissent une liste complète de candidats présentée par un groupe ou un parti.
« Complète » signifie que chaque liste doit comporter au moins autant de candidats que de sièges à pourvoir au conseil municipal, et au plus deux candidats supplémentaires.
Dans les faits, la loi prévoit des dérogations pour les communes de moins de 1 000 habitants pour faciliter la constitution des listes. Ces dernières peuvent comporter jusqu’à deux candidats de moins que le nombre de conseillers municipaux requis.
La pratique du panachage, qui consistait à ajouter ou supprimer des noms ou modifier l’ordre des candidatures lors du vote, est désormais interdite. Toute inscription sur le bulletin le rend nul. Une exception est faite pour les communes de moins de 1 000 habitants : un décret autorise les bulletins manuscrits.
Les listes doivent respecter la parité, ce qui signifie être composées d’autant de femmes que d’hommes, avec une alternance stricte entre les genres.
Dans les communes de moins de 1 000 habitants, les conseils municipaux actuellement en fonction ne comptent que 37,6 % de femmes.
Les sièges à pourvoir sont répartis entre les listes de candidats en fonction du nombre de voix obtenues par chacune, avec une prime donnée à la liste arrivée en tête.
Ce système est pensé pour donner une gouvernance stable à la commune tout en maintenant une représentation démocratique des listes concurrentes.
Concrètement, au premier tour, les électeurs votent pour la liste de leur choix.
Si une liste obtient la majorité absolue, elle reçoit un nombre de sièges égal à la moitié des sièges à pourvoir. C’est ce qu’on appelle la prime majoritaire.
Les listes ayant obtenu moins de 5 % des suffrages exprimés sont éliminées.
Les autres sièges sont répartis entre les listes restantes à la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne, en fonction du nombre de suffrages qu’elles ont obtenus.
Si aucune liste n’obtient la majorité absolue, un second tour est organisé.
Seules peuvent se présenter les listes ayant obtenu au premier tour au moins 10 % des suffrages exprimés.
Les listes peuvent être modifiées ou fusionnées entre elles. Il n'est pas possible de candidater au second tour sans avoir été candidat au premier tour.
La répartition des sièges se fait ensuite selon le même principe qu’au premier tour : attribution de la moitié des sièges à la liste arrivant en tête et répartition entre les autres listes des sièges restants à la proportionnelle à la plus forte moyenne.
Si une liste obtient la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour des élections municipales, il n’y a pas de second tour.
Si aucune liste n’obtient la majorité absolue, un second tour est organisé.
En 2026, le premier tour des élections municipales est prévu le dimanche 15 mars et le second, le dimanche 22 mars.
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