L’étude « Françaises, Français, etc. » a été présentée au cours de la conférence des directeurs de la communication des ministères, mardi 17 décembre 2024. Elle donne des clés de compréhension de la société français actuelle afin de nourrir la réflexion des communicants de l’État.
Françaises, Français, etc. Monde réel. Mondes perçus... - Source : Service d'information du Gouvernement
La nouvelle édition de l’étude « Françaises, Français, etc. » intitulée Monde réel, Mondes perçus a été détaillée au cours de la conférence des directeurs de la communication des ministères organisée par le Service d’information du Gouvernement (SIG), mardi 17 décembre 2024.
Cette septième édition, réalisée pour la régie de la presse quotidienne régionale 366 par le cabinet George(S), explore notamment l’atomisation des perceptions du monde qui s’éloignent parfois très fortement des vérités rationnelles dans une sorte de « France ressentie »,.
Source : Gouvernement
Le rapport des Français à l'État au cœur de la nouvelle conférence des DIRCOMs
Le SIG a collaboré avec 366 et George(S) pour co-rédiger le chapitre « Citoyennes, citoyens, etc. », qui offre aux communicants de l’État un éclairage nouveau, ancré dans les territoires, et permet de mieux appréhender le rapport des Français à l’action des pouvoir publics, notamment du point de vue des bais de perception.
Cette collaboration s’inscrit dans la démarche active du SIG de transformer son approche en matière d’écoute et d’analyse de l’opinion publique, doublant son étude du temps présent par des approfondissements de temps long, afin de mieux qualifier les enjeux de notre époque et la variété des ressentis et attentes de nos concitoyens.
Le constat est celui d’un fort différenciel entre la réalité du déploiement de l’action publique et la perception que les Français en ont. « Bien que l’action de l’État entre en résonance avec les préoccupations et aspirations des Français (pouvoir d’achat, sécurité, santé, éducation), ceux-ci appréhendent finalement peu la mise en œuvre effective et concrète des politiques publiques dans leur quotidien », constate ainsi dans l’étude Michaël Nathan, directeur du SIG.
L’étude pointe le rapport paradoxal à l’État entretenu par les Français, qui attendent de lui protection et assistance, mais le perçoivent souvent comme éloigné, au service des élites, et inefficace. Ce paradoxe s’illustre dans la dichotomie entre la perception des situations individuelles et collectives : la satisfaction individuelle est élevée quand la vision collective sur la situation de la France et de l’État reste pessimiste.
L’environnement médiatique surabondant et accéléré par les diffusions via les chaines d’information continue et les réseaux sociaux participe à la fabrication de représentations d’un pays en crise permanente et l’impression d’urgence associée. La perception majoritaire dans ce contexte est que « ça va mal et ça ne va pas s’arranger ».
L’étude rappelle que les Français se montrent de plus en plus réservés vis-à-vis du déploiement et des résultats des politiques publiques, qu’ils jugent souvent déconnectées de leurs préoccupations quotidiennes. Elle souligne les effets pervers de la « dictature de la moyenne » : les indicateurs moyens utilisés dans les statistiques ne rendent pas toujours compte des disparités régionales et sociales. Cela accentue le sentiment d’injustice et la perception d'un État incapable de saisir les réalités locales.
Seuls les élus locaux, tels que les maires, bénéficient encore d'une certaine confiance par leur proximité et leur capacité à répondre aux besoins locaux. L’étude pointe que « pour être crédible, il semble falloir d’abord justifier de son ancrage dans le réel ».
Pour sortir de ce qui peut être perçu comme un « dialogue de sourds » entre les citoyens et des pouvoirs publics et rendre la parole publique plus audible et crédible, l’étude suggère de se rapprocher symboliquement, voire physiquement.
Cela signifie aller au contact, en étant présent dans les médias et réseaux sociaux des publics pour lesquels on agit, notamment, mais aussi nouer une conversation respectueuse où chacun deviendrait plus conscient des enjeux de l’autre. Cela passe aussi par mobiliser et mettre en avant durablement les vrais acteurs de terrain. Dire ce qui est fait, et pourquoi, semble une démarche vertueuse et potentiellement efficace, indique l’étude, en veillant à chercher le bon niveau de granularité.
L’étude appelle enfin les institutions à se rapprocher de leur point d’ancrage, local et centré sur les besoins. Elle souligne aussi que le changement est celui qui est accessible et le rôle crucial de la relation humaine.
Regagner la confiance passe par miser sur la proximité, l’écoute et la transparence, tout en adoptant un langage simple et des engagements mesurables.