Déplacement de Sébastien Lecornu en Gironde

Publié le 17/08/2026 Modifié le 17/08/2026

SCRIPT. Discours du Premier ministre en Gironde, le 17 août 2026, sur la reconstruction et l’adaptation des territoires après les incendies.

(...) du collectif d'habitants du Porge, mais aussi passer un petit peu de temps, on y reviendra, avec les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires. Je remercie le président du département de m'avoir permis de le faire hors protocole, si j'ose dire, mais pour aussi avoir un moment sans filtre. Et puis, dans le cœur de l'été, avec les ministres et la préfète de région, je remercie avec l'ensemble de ces équipes. On a souhaité avoir un moment qui peut ressembler à une grand-messe. Je n'aime pas trop ça, mais je veux qu'on arrive à la bâtir comme une vraie réunion de travail, dans laquelle on est capable, très très vite, de redonner des perspectives. Et pour redonner des perspectives, on voit bien qu'il y a pas mal de travail.

Il y a pas mal d'annonces qui sont attendues. On en fera tout à l'heure pour la presse. Là, je suis dans mon propos liminaire. On va vraiment s'assurer que ça corresponde bien, évidemment, à vos attentes.

Peut-être plusieurs choses : la première, et je le dis (je l'ai dit de nombreuses reprises, mais je le redis) et le ministre de l'Intérieur, Laurent, qui est à côté de moi, y reviendra sans doute : nous n'avons strictement rien à cacher sur le déroulé des opérations de protection incendie de ces dernières semaines. Ça vaut pour les Landes, ça vaut pour la Gironde.

Je fais une parenthèse. Je remercie les acteurs des Landes, préfets, parlementaires, élus locaux, d'avoir accepté de faire le déplacement. Je m'étais interrogé, pour être transparent, à aller dans les Landes cet après-midi, mais jusqu'à il y a encore quelques heures, vous le savez, il y avait une incertitude importante sur la suite des opérations de lutte contre le feu, et je me suis dit que je ne voulais surtout pas perturber ce qui se passait. Donc, merci d'avoir accepté de venir en Gironde. Mais ce que je dis là vaut, pour évidemment la Gironde et les Landes, vaut aussi peut-être pour d'autres territoires qui ont été confrontés à ça, parfois quelques maisons, parfois des communes beaucoup plus petites.

Mais on sait très bien qu'on a un enjeu en Corse, on a un enjeu dans le Var, et donc au fond, ce qu'on fait là, ce matin, a un mérite essentiel : ça permet de se dire la vérité, de revenir évidemment, si vous avez des questions à poser, sur ce qui a pu se passer ces dernières semaines, et j'ai pris cet engagement auprès du maire du Porge, mais je le dis aussi pour les collègues maires qui sont assis à côté de lui.

J'ai demandé à la préfète, j'ai demandé au contrôleur général qui commande et qui dirige le service départemental d'incendie de secours, de tenir toutes les réunions qui vont bien avec la population, pour réexpliquer ce qui s'est passé, minute par minute, heure par heure, la nature et la qualité des moyens qui ont été engagés, pourquoi tel ou tel choix tactique a été fait, parce que ce n'est pas des choix qui ont été décidés depuis Paris. Pour être honnête, la plupart des choix des premières heures n'ont pas été décidés non plus depuis Bordeaux. On est véritablement dans une approche tactique très très déconcentrée de la prise de décision, et il y a de la colère, il y a de l'émotion – ça, c'est bien naturel, les gens ont tout perdu, plus que ça – mais je veux quand même qu'on remette un tout petit peu de vérité et de rationalité dans ce qui s'est passé, ça permettra à tout le monde de se faire une opinion qui repose sur des faits, objectiver, parce que d'un côté, on ne peut pas dire qu'on a confiance dans nos pompiers, et en même temps donner à voir, parfois, quelques dérives un peu complotistes, dans lesquelles, au fond, l'essentiel n'aurait pas été fait.

Je pense qu'il faut qu'on se dise la vérité, parce que, je le redis, en tout cas pour le Gouvernement, nous n'avons rien à cacher, et pour cause. Ensuite, l'enjeu, évidemment, est tout de suite de redonner des perspectives, évidemment, dans les communes évacuées, avec des sinistrés, dans une approche sociale — je remercie les collectivités qui se sont déjà mobilisées sur les questions de relogement — mais enfin, on va avoir un enjeu d'assurance. Il y a un éléphant qui est dans la pièce qui perturbe tout le monde, c'est évidemment la rentrée scolaire, parce que ça va sonner comme le début d'un retour à la normale, qui ne sera pas un retour à la normale pour les personnes concernées.

Toute la question, évidemment, est la reconstruction : une part du ballon est dans le camp de l'État et des communes, donc la puissance publique, le ministre du Logement est là, on va y revenir, on a des annonces à vous faire dans quelques instants. Une part est aussi dans le camp des assureurs, qui sont assez attendus, j'ai bien tout compris, donc on va aussi regarder comment on peut avoir une méthodologie dans laquelle on ne se renvoie pas le ballon les uns et les autres, parce que ça, pour le coup, ce serait insupportable pour nos compatriotes que de voir que la mairie renvoie à la préfecture, que la préfecture renvoie aux assureurs, ça c'est typiquement ce qu'il ne faut pas faire.

Et si j'ai voulu justement ce format, c'est aussi pour qu'on ait le décloisonnement le plus efficace et que tout le monde entende la même chose ce matin dans notre capacité à redémarrer.

Puis, ensuite, d'autres sujets qui vont être traités : solidarité territoriale – il y a un énorme besoin de relance, de sauvetage, là aussi je remercie les collectivités compétentes qui ont déjà commencé à faire des choses et à mettre des outils sur la table – saison touristique (pas seulement touristique : l'ensemble du tissu économique qui n'a rien à voir avec le tourisme, a quand même été impacté, évidemment, par ce qui s'est passé). Là aussi, les ministres, Serge est ici, on a évidemment des annonces et des propositions à vous faire dans quelques instants, mais je veux qu'après, dans le huis clos, on puisse bien s'assurer que tout ça traduit bien une réalité locale. Enfin, solidarité territoriale : redémarrage aussi pour les collectivités locales ont été très sollicitées, y compris sur le volet financier. Donc là évidemment, il faut aussi qu'on rentre en ligne de compte, Françoise est ici.

Après, d'autres sujets vont être traités, ce qui a un enjeu évidemment sur la manière dont on peut/on doit reconstruire. Je pense que c'est une conversation qu'il nous faut avoir aussi avec beaucoup de méthodes, parce que d'un côté, il faut aller très, très vite : il ne faut pas que la bureaucratie empêche nos compatriotes d'avoir un retour à la normale, d'être capables de reconstruire quelque chose. Je ne sais pas si c'est identique, parce que le mot visiblement n'est pas le bienvenu pour les populations, les Françaises et les Français que j'ai vus ce matin, mais en tout cas, quelque chose d'équivalent.

Enfin, en même temps, personne ne comprendrait qu'on reconstruise quelque chose qui soit dangereux. Et c'est là où il va falloir trouver un point d'équilibre entre rapidité, être très très clair et franc et transparent dans la manière dont il faut s'y prendre, et en même temps, pas non plus mettre du danger pour les années qui viennent. Donc ça, c'est aussi une conversation que je souhaite avoir ce matin.

D'autres sujets évidemment sont à traiter. II y a beaucoup de représentants des filières forêt-sylviculture. Je vous remercie, parce que ça fait partie aussi du patrimoine identitaire évidemment des deux départements, Gironde et Landes. Là aussi, il y a un enjeu de soutien économique, un enjeu sur la fiscalité, il y a un enjeu sur le devenir de ces stockages de bois, de nettoyage. Un arbre, ça prend 30 ou 40 ans, comment on se met à l'échelle de ça ? Donc ça aussi : temps court, temps long, on consacrera du temps, puis d'autres risques qui peuvent venir parce que la forêt, disons Mathieu LEFÈVRE, la forêt faisait son œuvre aussi sur la prévention des inondations. Donc là, on a aussi peut-être d'autres risques à venir pour l'hiver, sur lesquels il faut tout de suite, évidemment [coupure].

Il y a les zones qui ont été évacuées/sinistrées, il y a les zones arrières (le maire de Bordeaux) qui n'ont pas été sinistrées fort heureusement, mais qui aussi connaissent un impact. Et là aussi, je pense qu'il faut qu'on soit capables d'imaginer les choses, mais on va prendre le temps d'en parler pour avoir aussi un vrai plan de relance pour l'ensemble de cette façade qui est importante pour la vie du pays.

Dernier mot : la politique civile. Trois pompiers ont perdu la vie dans les conditions que vous connaissez. Ça ajoute à d'autres morts au feu dans le cadre de cette saison, ça ajoute aussi à tous les morts au feu des années précédentes. Et je le dis parce qu'au fond, ce midi-là, il nous faut traiter des sujets matériels. Ils n'ont rien de subalterne. Quand on a perdu sa maison, on a perdu ses souvenirs, on a perdu des parcours de famille, c'est son identité, c'est épouvantable. Enfin, je veux aussi quand même qu'on reprenne un tout petit peu de temps pour se dire que rien ne ramènera les sapeurs-pompiers volontaires à leurs familles et à leurs parents. Et ça, pour le coup, c'est quand même la chose qui nous a… Parmi toutes les choses bouleversantes de ces dernières semaines, c'est celle qui est la plus difficile. Dans mes fonctions précédentes, comme ministre des Armées, j'ai dû présider plusieurs obsèques. C'est quelque chose dont on ne sort jamais indemne. Voilà. Je voulais vous le dire.

Merci à la presse. On va pouvoir rentrer dans le vif de la réunion.


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