Incendie à Limoges : point presse du Premier ministre
Publié le 23/10/2026 Modifié le 26/10/2026
VIDÉO. Le Premier ministre s’est exprimé le 23 octobre 2026 depuis Limoges, dont l’hôtel de ville a été incendié le 17 octobre 2026.
Le Premier ministre, chargé de la Planification écologique, Sébastien Lecornu, est allé à Limoges (Haute-Vienne), vendredi 23 octobre 2026. Moins d’une semaine après l’incendie criminel de l’hôtel de ville en marge des violences du 17 octobre 2026, il a fait plusieurs annonces concernant la sécurisation de la ville, la réparation de l'hôtel de ville et la continuité des services publics.
Il était accompagné du ministre Ministère des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Serge Papin, de la ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel, et de la ministre de la Culture, Catherine Pégard.
Limoges, point presse du Premier ministre, le 23 octobre 2026.
Transcription
Sébastien LECORNU
Bien, Mesdames, Messieurs les journalistes, avec le maire de Limoges, les ministres, Madame la procureure générale, Madame la procureure de la République, le préfet, je vous propose de répondre directement à vos questions, puisque j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer tout à l'heure à la mairie et donc je préfère approfondir les points qui vous tiennent à cœur. Je vais peut-être commencer par la presse quotidienne régionale ici, par respect puisque vous nous accueillez.
Journaliste
Bonsoir.
Sébastien LECORNU
Bonsoir.
Journaliste
Il a fallu plus de 20 minutes aux forces de l'ordre pour intervenir à la mairie de Limoges lorsque l'incendie a été provoqué. Est-ce qu'on peut dire que l'État est responsable de l'incendie de la mairie de Limoges, comme on a pu l'entendre dans la bouche de Guillaume GUÉRIN, le maire ?
Sébastien LECORNU
On a eu une bonne réunion de travail avec le maire, qui permet évidemment aussi de revenir sur le premier engagement que j'ai pris vis-à-vis de lui. D'ailleurs, je l'ai signé dans ce courrier des dimanches, c'est la transparence sur ce qui s'est passé. Cette transparence, évidemment, elle incombe à l'État, au Gouvernement. Puis désormais, on est dans le cadre d'une enquête judiciaire et on voit bien que les faits sont des faits qui sont particulièrement graves, et d'ailleurs plus on avance dans cette enquête de flagrance, mais Madame la procureure de la République s'est déjà exprimée, plus on voit bien que tout ça est encore plus grave qu'il n'y paraissait, plus grave qu'il n'y paraissait, par le degré de planification, par la volonté de passage à l'acte, et même d'ailleurs par les différents chefs d'inculpation, en tout cas de motifs de poursuite que la justice a retenus. Donc ça, c'est la première des choses.
La deuxième des choses, moi, je crois encore à la responsabilité individuelle. Si on peut faire transparence sur comment les opérations de sécurisation se sont tenues samedi dernier, on ne devra pas oublier que celles et ceux qui sont responsables de l'incendie de l'Hôtel de Ville de Limoges, ce sont celles et ceux qui ont mis le feu. Après, je sais qu'on vit désormais dans une société dans laquelle il peut y avoir des excuses sociales faciles, une repentance collective facile à considérer que l'État, c'est tout le monde. Après, il y a le Gouvernement, il y a le préfet et les forces de police. Enfin, la réalité, c'est que celles et ceux qui ont mis le feu sont les principaux responsables. Après, c'est normal qu'un maire engagé pour sa commune, avec en plus de l'émotion, parce que ce n'est pas que de la politique tout ça, ce n'est pas que de l'action publique, il y a aussi une dimension particulièrement humaine, ait envie de comprendre ce qui s'est passé, parce que tout simplement, il a besoin aussi d'expliquer à sa population. J'ai été maire, je suis toujours premier adjoint de ma commune, et ça, pour le coup, dans les discussions entre l'autorité judiciaire et le maire, la réunion de travail qu'on a eue ensemble ce soir, il est clair qu'on commence à mettre aussi des choses plus concrètes, plus tangibles sur la manière dont ça s'est passé. Et vous le verrez, je crois, au temps prochain, que tout ça, évidemment, a été complètement délibéré, planifié, organisé avec un degré de menace élevé. Et donc maintenant, ce qui nous appartient, évidemment, c'est d'en faire le retour d'expérience nécessaire.
Puis après, il y a aussi un volet de réparation, d'aider. C'est le début du mandat municipal. Ce n'est pas parce que l'État n'est pas responsable, l'État n'a pas mis le feu à la mairie de Limoges, ce n'est pas pour autant que l'État doit abandonner le conseil municipal de Limoges, le maire de Limoges et la population de Limoges. C'est le sens de ce que les ministres ont fait avec les adjoints au maire cet après-midi, ce qu'on a refait ensemble ce soir, après un certain nombre d'engagements. Si le contribuable municipal, les habitants de Limoges, doivent consacrer de l'argent pour reconstruire la mairie, il est certain que c'est d'autres projets qui ne vont pas sortir de terre.
Premier engagement, premier, c'est que le contribuable local, communal, ne mettra pas 1 euro dans la reconstruction de cet Hôtel de Ville, tout simplement parce que l'État sera là, parce que, même le ministre de la Culture, on va classer l'ensemble de la mairie en monument historique, parce qu'on va appeler aussi la responsabilité civile de celles et ceux qui ont brûlé, parce qu'il n'y a pas que l'argent du contribuable non plus, je crois que c'est utile de le rappeler, parce que le contribuable municipal est aussi contribuable national. Donc je pense que l'argent public, à un moment donné, mérite aussi d'être préservé et protégé, et le système assurantiel. Mais comprenez le message. Le message, c'est qu'on est en début de mandat municipal, on ne peut pas dire au maire qu'il va renoncer à des engagements de campagne électorale pour lesquels il a été élu parce que des gens ont mis le feu à sa mairie. C'est ça, le message. C'est un message de solidarité.
Après, ce n'est pas que de l'argent. On a un texte de loi qui va bientôt être discuté à l'Assemblée nationale sur le logement, dans lequel j'avais dû malheureusement introduire des dispositions spécifiques sur les incendies en Gironde. On va créer un article qui va être consacré à la mairie de Limoges, qui va permettre de reconstruire à l'identique, qui va permettre d'accélérer évidemment l'ensemble des procédures.
Mais enfin, tout ça, c'est important, mais ça ne règle pas non plus la question de la continuité des services publics municipaux et des personnes demain ici qui devaient se marier depuis l'Hôtel de Ville. Donc en fait, on va aussi élaborer un plan de continuité : des services publics communaux, parce que l'état civil, parce que l'urbanisme, enfin l'administration locale. C'est normal, quand il y a quelque chose de très grave pour l'administration locale, que l'État vienne au secours. C'est vrai du bâtimentaire, c'est vrai de la fonction publique territoriale qui a fait un travail remarquable. Et puis il y a forcément des dépenses exceptionnelles, et donc on va imaginer une petite dotation exceptionnelle, je dis petite, elle correspondra aux besoins, mais qui permet surtout aux services publics communaux de fonctionner. Il faut bien que le maire et les adjoints au maire répondent à la question qui leur est posée cette semaine : quand est-ce qu'on va pouvoir se faire marier et où ? Donc ça, pour moi, évidemment, c'est un point important.
Puis après, il y a d'autres projets qui ont été évoqués avec le maire pour être plus complet, y compris devant la presse nationale, parce qu'il y a un enjeu de sécurisation. Il y a des engagements de campagne qui ont été pris, je crois, sur la vidéoprotection, dont on voit bien ici que la police nationale s'en sert. L'État va accompagner sur le terrain financier. Et puis on en a profité, parce que je ne voulais pas non plus que cette visite ne soit marquée que par le drame de l'incendie de l'Hôtel de Ville ; Guillaume en a profité évidemment pour me parler de la 6ᵉ année de spécialisation de l'école vétérinaire, parce qu'on a aussi une crise agricole en ce moment, je le rappelle, et qu'on a une part du monde de l'élevage ici dans le Limousin qui attend aussi des réponses. Et donc pour le coup, on va avancer, la ministre de l'Agriculture le validera la semaine prochaine. Il y a des enjeux sur ce qu'on appelle le 3ᵉ épisode de l'ANRU, qui est la rénovation urbaine des QPV, sur lequel un quartier va être accompagné par l'État.
Bref, je remettrai tout ça par écrit pour ne pas être trop long, je le suis déjà, mais je vais faire un courrier qui va engager l'État, qui va permettre au maire aussi de se dire qu'il peut continuer aussi ses feuilles de route locales, ses engagements municipaux par ailleurs, parce que pour le coup, la solidarité nationale vient évidemment à ses côtés. Enfin après, ce soir, on a parlé aussi d'autre chose, notamment la sécurisation de demain, parce qu'évidemment, demain est de nouveau un enjeu important de sécurité et d'ordre public. Et c'était aussi évidemment le sens de cette visite ici à l'hôtel de police, avec une rencontre particulièrement émouvante, je veux bien le dire, avec les policiers et les gendarmes qui ont été sur le terrain le week-end dernier. Peut-être que si tu veux dire un mot, on est chez toi.
Guillaume GUÉRIN
Remercier le Premier ministre de sa venue rapide à Limoges depuis le drame de l'incendie, remercier les ministres qui l'ont accompagné, la ministre Gatel, la ministre Pégard, et Monsieur le ministre du Commerce, ministre Papin, remercier Monsieur le préfet pour l'organisation de cette rencontre ce soir. Vous voyez, il est tard. L'idée était aussi d'aller remercier les pompiers à l'Hôtel de Ville qui ont sauvé ce qu'ils ont pu sauver, remercier les forces de police municipales qui ont tout fait, parfois jusqu'au péril de leur vie, pour protéger cet édifice, et saluer bien sûr nos forces de sécurité intérieure présentes ici au commissariat qui ont fait un travail formidable. Vous savez, ce qui m'a profondément choqué ce soir, c'est qu'il règne dans l'esprit de certains policiers nationaux un sentiment de culpabilité d'avoir laissé brûler la mairie. Je n'en veux à aucun policier national ni à aucun membre des forces de sécurité intérieure. Ce n'est pas de leur fait.
En revanche, je m'adresse à la presse et en particulier à la presse quotidienne régionale, minimiser l'ampleur et la violence de l'attaque qui a eu lieu à l'encontre de l'Hôtel de Ville samedi relève de l'absurdité intellectuelle. Et je m'en tiendrai là en termes de qualification. Ce qui s'est passé est extrêmement grave. Je vous invite prochainement à consulter un certain nombre d'images qui seront un jour rendues disponibles pour voir l'entraînement, la violence, l'organisation qu'il y avait derrière tout ça. On n'est pas face à des petits casseurs de base. C'est beaucoup plus grave que ça, ce qui s'est passé. Donc je remercie Sébastien LECORNU de sa visite. Je remercie également, je ne sais pas si elles sont là, Madame la procureure générale et Madame la procureure pour l'engagement qui est le leur dans cette affaire. Je ne ferai aucun commentaire, bien évidemment, sur la procédure qui est en cours. En tout cas, je tiens à saluer le travail des enquêteurs et, Mesdames, le travail de vos équipes, qui est un travail remarquable.
Sur les engagements pris par le Premier ministre et les ministres qui l'ont accompagné, sans grande surprise, et je l'en remercie, il a répondu favorablement à la prise en charge des travaux qui vont devoir s'imposer sur la rénovation de l'Hôtel de Ville. Je détaillerai demain ou en début de semaine avec un point presse le détail de tout cela, mais l'idée est de classer le monument aux monuments historiques pour pouvoir être éligible à un certain nombre de dispositifs, un certain nombre de financements d'État, mais le contribuable limougeaud n'aura pas à financer la reconstruction de son Hôtel de Ville conformément à l'engagement que j'avais pris devant eux dès lundi matin.
Et puis un certain nombre de dossiers, de dossiers de sécurité sur lesquels nous avons renforcé, grâce à l'action du Premier ministre, les moyens de forces de sécurité intérieure sur la ville pour demain, mais aussi, Monsieur le directeur départemental de la police nationale, je l'espère définitivement pour les week-ends à venir, parce que malheureusement il n'y aura pas que demain, on peut légitimement s'en inquiéter, et donc les moyens alloués à Limoges seront à la hauteur des attentes de la population, avec une pensée particulière, bien sûr, pour nos commerçants, et puis un certain nombre de dossiers du territoire qui sont importants pour moi.
Le Premier ministre n'a pas parlé de l'OSP, mais on a aussi parlé de l'OSP vers Paris qui sera pérennisée, et les fonds qui iront avec seront sanctuarisés par l'État. On a parlé du train également, une vigilance accrue sur le délai de livraison des rames oxygène. On n'avancera pas malheureusement le calendrier de travaux, mais le Premier ministre s'est engagé à être ferme sur le calendrier de livraison de ces rames oxygène. Puis un certain nombre de dossiers très locaux. Vous savez que, comme le président Rousset, je suis très attaché à la constitution d'une école vétérinaire sur le territoire de Limoges. On n'est pas encore en mesure d'avoir une école de plein exercice et je soutiens toujours le président Rousset dans cette démarche d'avoir une école de plein exercice, mais je considère que, vous savez, il ne faut pas toujours courir deux lièvres à la fois. On a la possibilité d'avoir une 6ᵉ année de spécialisation en stagiarisation avec une soixantaine d'étudiants vétérinaires en 6ᵉ année sur une année de spé sur les gros animaux. Et donc, Monsieur le Premier ministre, merci de l'engagement que vous prenez de la valider dès la rentrée prochaine à l'université de Limoges. C'est un bon début de première pierre pour la suite des opérations.
L'éligibilité du secteur Carnot-Marsault à l'ANRU, vous connaissez tous, en tout cas la presse quotidienne régionale connaît le secteur Carnot-Marsault. L'idée est de le faire rentrer dans le dispositif ANRU pour bénéficier de fonds d'État pour justement pouvoir porter une politique d'aménagement sur ce secteur-là, c'est quelque chose qui me tient à cœur depuis longtemps. Voilà, et puis 2-3 autres sujets, mais qui n'intéressent pas la presse nationale, donc je referai un point presse plus exhaustif demain ou lundi pour vous tenir au courant.
En tout cas, voilà, j'ai été, vous l'avez compris, très triste samedi soir pour les Limougeauds et les Limougeaudes qui ont perdu leur maison. Je tiens à adresser un message à tous ces nervis de l'ultra-gauche, et je les cite nommément, qui considèrent qu'ils ont brûlé chez Guérin et la maison de la droite. Non, ils ont brûlé la maison de tous les Limougeauds et de toutes les Limougeaudes, à commencer par celle des plus fragiles d'entre nous. C'est ça, la réalité. Les plus impactés par la perte de l'Hôtel de Ville seront les plus fragiles d'entre nous. Donc il y a là quelque chose de totalement immoral et d'inacceptable et surtout d'incompréhensible à mes yeux. Et donc, passée la tristesse, je suis rentré dans un sentiment de colère froide. Vous me connaissez, pour ceux qui sont ici, je suis assez linéaire dans mes émotions. En revanche, je considérais normal que l'État soit présent à nos côtés et soit présent non pas simplement pour venir faire de la compassion, mais pour annoncer un certain nombre de choses très concrètes pour le territoire et pas que sur le dossier de l'Hôtel de Ville. Et Monsieur le Premier ministre, cher Sébastien, je te remercie d'être venu et je remercie l'ensemble des ministres qui se sont déplacés à tes côtés ce soir. Merci beaucoup.
Journaliste
Monsieur le Premier ministre, une dernière question, s'il vous plaît, pour France 3 Limousin. À quelle hauteur l'État, si vous pouvez répondre à cette question, financera la reconstruction de l'Hôtel de Ville ?
Sébastien LECORNU
Du montant des travaux. Là, on a eu aussi un échange avec l'architecte des Bâtiments de France tout à l'heure, un homme remarquable d'ailleurs, qui a déjà pris les premières mesures conservatoires, parce qu'il faut bien mesurer que la protection, évidemment, de l'édifice est clé. Les débris, le plâtre, l'humidité, en plus, la saison, évidemment, va jouer. Donc après, il y a un chiffrage de travaux qui doit être fait, mais la ministre Pégard y reviendra avec le maire. Le vrai message, de toute façon, c'est que le contribuable municipal ne sera pas sollicité. L'État le fera, mais en se retournant aussi, évidemment, contre celles et ceux qui sont responsables de cet incendie, parce que l'État, c'est tout le monde. Voilà. Autre question ?
Journaliste
Monsieur le Premier ministre, à la veille de cette nouvelle journée de mobilisation, dans quel état d'esprit vous êtes ce soir ? Est-ce que vous craignez de nouveaux affrontements, de nouveaux débordements ? Je pense à Paris, mais je pense aussi à Orléans. Une contre-manifestation est prévue face au congrès RN. Et est-ce qu'une cellule de crise va être mise en place comme la semaine dernière ?
Sébastien LECORNU
Elle est déjà mise en place. Elle a d'ailleurs été réunie par mon directeur de cabinet aujourd'hui. Mon état d'esprit, vous le savez, je fais preuve de sang-froid en toutes circonstances. C'est comme ça aussi qu'on doit gérer les affaires de l'État, d'autant plus que je pense que les circonstances l'exigent. Non, ce que je peux dire aux Françaises et aux Français, en cette veille de ce nouveau samedi, c'est que, un, déjà, le retour d'expérience a été fait et que le dispositif de demain n'est pas le même dispositif que la semaine dernière. D'ailleurs, c'est particulièrement vrai aussi à Limoges, pas que par la quantité des forces, mais par la manière dont le renseignement a travaillé, la manière aussi dont les forces vont être utilisées. Je n'en dirai pas plus, le ministre de l'Intérieur l'a fait aujourd’hui.
La deuxième des choses, effectivement, à Orléans, il y a un événement particulier qui mobilise beaucoup les services de l'État, le préfet, beaucoup de forces pour permettre à la démocratie de fonctionner : un parti politique qui organise son congrès, ce n'est pas mon parti, c'est le moins qu'on puisse dire, et une opposition qui organise une manifestation. Ça dit quelque chose aussi des semaines et des mois qui vont venir. Et donc notre capacité à garantir l'ordre public, elle incombe évidemment à l'État, mais enfin elle concerne aussi l'ensemble de la classe politique. C'est d'ailleurs pour ça que je les ai réunis cette semaine à Matignon.
D'ailleurs, quels que soient les propos après qui ont pu être tenus dans la rue, je note quand même que la sécurité de la campagne présidentielle, la capacité à sécuriser les mouvements sociaux, donc les manifestations, le droit syndical, on est un grand pays, donc par définition, c'est quelque chose qui appartient au Gouvernement, mais qui se partage aussi avec les organisations politiques et syndicats.
La troisième des choses, moi, je ne veux pas mentir aux Françaises et aux Français, pour avoir fait quand même des points précis avec les services de renseignement, le niveau de menace reste encore élevé demain, de plusieurs natures : la première, l'ultra-gauche, maintenant, et l'extrême gauche radicale. Je sens une forme de complaisance parfois, un peu comme le maire de Limoges, on le répète, mais on a l'impression qu'on n'est pas toujours cru. Ce qui s'est passé ici, la semaine dernière, n'a rien à voir avec un mouvement social ou un mouvement lycéen. D'ailleurs, je le redis aussi à la classe politique, si on commence à assimiler les manifestants et les gens qui ne sont pas d'accord avec le Gouvernement, et c'est bien naturel, c'est une démocratie une fois de plus, et pas n'importe laquelle, la nôtre, bon, avec celles et ceux qui pillent et qui cassent, si on mélange tout, on ne va pas y arriver. La menace reste élevée demain pour l'ultragauche. La vigilance aussi est de mise avec la délinquance parce qu'elle profite de ces troubles et notamment de ce que peuvent faire les black blocs et les casseurs pour recréer plus de confusion et en profiter pour voler.
Ceci étant dit, les préfets sont mobilisés, les services de police et de gendarmerie le sont aussi pour maintenir l'ordre et surtout assurer la sécurité des Français qui manifestent, mais aussi des commerçants. Serge PAPIN est là. Je veux dire aussi aux commerçants de France, là, qu'ils n'ont pas passé un bon samedi le week-end dernier, c'est le moins qu'on puisse dire. Donc non seulement on essaie d'être là pour les accompagner économiquement, mais enfin beaucoup d'instructions ont aussi été données pour que les centres-villes aussi soient protégés et préservés. On doit pouvoir concilier la liberté de manifester avec la protection des centres-villes. C'est aussi quelque chose qu'on a pu dire cette semaine aux différents organisateurs. Oui ?
Journaliste
Question peut-être sur Parcoursup, Monsieur le Premier ministre. Le président de la République, à l'issue d'une rencontre de 2h30 avec les lycéens, a indiqué qu'il allait faire une profonde refonte. Concrètement, vous annoncez quoi ce soir sur Parcoursup ? Vous allez renoncer à Parcoursup ?
Sébastien LECORNU
Alors, on a eu beaucoup de réunions cette semaine sur le sujet. Bon, moi, je n'ai pas voulu faire d'annonce jusqu'à présent parce que, déjà, je me méfie des effets d'annonce un peu cyniques et je veux que ce qu'on propose et ce qu'on va mettre sur la table soit un plan qui soit particulièrement concret, et sans tabou. Sur les vacances scolaires, un certain nombre de concertations continuent de se faire.
Est-ce qu'on va bouger sur Parcoursup ? La réponse est oui. Oui, le président de la République l'a dit aux lycéens qu'il a rencontrés cet après-midi. Ça fait plusieurs jours qu'on y travaille avec les ministres. Des choses doivent être faites. Je pense qu'il y a beaucoup de contributions et de remarques qui sont faites sur la transparence, sur l'humanisation, parlons du mot, de la plateforme. Et moi, je l'ai dit, y compris d'ailleurs à des responsables politiques qui m'ont saisi de ce sujet encore cette semaine, à gauche notamment, ou même à droite, LR ou PS, y compris d'ailleurs les formations politiques qui soutiennent le Gouvernement. Tous veulent bouger et moi, je l'ai entendu. Le problème, c'est que celles et ceux en général qui veulent bouger nous disent rarement quoi faire. Ceux qui veulent abolir Parcoursup, en général, on n'est pas saturés par les propositions de par quoi le remplacer. C'est pour ça qu'un travail est fait et Philippe BAPTISTE le fait avec beaucoup de courage.
Mais la question ne sera pas que Parcoursup. Moi, je souhaite qu'on aille plus loin. Et donc, en début de semaine prochaine, on va pouvoir détailler un plan de réponse qui doit embarquer la question du nombre de professeurs, du nombre d'élèves par classe au lycée, la question des bâtiments. Alors, pour les conseils régionaux, ça, c'est leur responsabilité pour les lycées. Je suis conseiller départemental, je l'ai fait pour mes collèges dans l'Eure. Mais il y a aussi les bâtiments des universités, l'État. Bon, donc je ne fais pas d'annonce plus que ça ce soir, mais enfin je donne déjà des têtes de chapitre qui sont quand même assez précises.
Et moi, je l'ai dit à de nombreuses reprises cette semaine, le préalable de tout, c'est le retour à l'ordre. Mais j'ai toujours dit qu'il fallait aussi une réponse politique au mouvement lycéen. Et je distingue le mouvement lycéen de celles et ceux qui cassent. Il n'y a aucun lien entre l'incendie de la mairie de Limoges et Parcoursup. En tout cas, ceux qui y voient un lien sont soit des menteurs, soit des personnes qui n'ont vraiment pas compris ce qui se passait ou qui ne veulent pas comprendre. Mais après, ma responsabilité, c'est ça : l'ordre, avec toutes les difficultés qui vont avec. On ne claque pas comme ça pour dire : on rétablit l'ordre. Les policiers et les gendarmes, c'est difficile. On revient aussi aux questions que vous m'avez posées précédemment, il y a un instant. Mais de l'autre, évidemment, il faut une réponse politique. Moi, j'ai vu des lycéens chez moi à Vernon discrètement, sans caméra, sans appareil photo, comme je le fais…
Journaliste
[inaudible].
Sébastien LECORNU
Oui, mais comme je le fais d'habitude. Je ne change pas depuis un an ma manière de fonctionner. Mais moi, il y a des candidats à la présidentielle, ils font des propositions, ils font des promesses plus ou moins réalistes. Moi, je suis Premier ministre, donc par définition, ce que je dois mettre sur la table, ça doit être concret, juridiquement voler, enfin fonctionner, et accessoirement être financé. Ça tombe bien, il y a le budget en cours, donc ça sera aussi un moyen pour les formations politiques au Parlement de s'emparer aussi de cette question. Voilà, donc je pense qu'on peut à la fois répondre à des attentes légitimes de la population et en même temps être très fermes sur le retour à l'ordre public, sans être justement dans une notion d'excuses et de porosité entre l'un et l'autre.
Intervenante non identifiée
Merci beaucoup.
Sébastien LECORNU
Merci infiniment. Merci beaucoup. Merci bien.
Journaliste
Merci beaucoup.
Journaliste
Bonne soirée. Merci.
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