Baisse du prix du gazole : ce qui va changer à la pompe
Publié le 07/10/2026 Modifié le 09/10/2026
VIDÉO. Pour faire baisser le prix du gazole à la pompe, l’État va mobiliser une partie des stocks stratégiques de carburant. Cette mesure doit permettre une baisse moyenne de 12 à 18 centimes par litre pendant trois mois. Tous les distributeurs sont concernés.
À retenir
- Le prix du gazole doit baisser de 12 à 18 centimes par litre en moyenne.
- La mesure est prévue pour une durée de trois mois, de novembre à janvier.
- 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques sont mobilisés.
Retrouver la prise de parole du Premier ministre en vidéo
Discours de Sébastien Lecornu le 7 octobre 2026
Transcription
Sébastien Lecornu, Premier ministre, chargé de la Planification écologique
(...) beaucoup de pays européens la connaissent, elle fait naître beaucoup d'inquiétudes. Nous sommes dans une situation difficile, mais nous ne sommes pas pour autant sans réponse, et c'est dans cet esprit que je veux vous parler ce soir.
Ce qui se passe dans les lycées nous touche toutes et tous, élèves, parents, enseignants ou simplement citoyens. Des lycéens manifestent, c'est leur droit, y compris pour contester le Gouvernement. Nous avons le devoir de les écouter. Prendre les jeunes au sérieux, c'est autant soutenir leur engagement que partager avec eux les difficultés, mais aussi les contraintes.
Mais nous avons également vu ces derniers jours des violences, des élèves et des personnels agressés, des policiers et des gendarmes blessés, des établissements incendiés ou dégradés, des milliers d'heures de cours perdues, sans oublier les menaces et les insultes. Les responsables politiques qui utilisent cette colère pour mener leurs batailles électorales prennent une responsabilité grave. On ne peut pas jouer avec la sécurité des jeunes de France.
Je veux donc être clair. Contrairement à ce que certains racontent et répètent, les forces de l'ordre n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens. Leur mission est de protéger les biens, mais surtout les personnes, de faire respecter la loi et de permettre l'accès aux établissements scolaires. Elles doivent agir pour cela de manière proportionnée, dans un contexte souvent très difficile, il faut le reconnaître, et je veux leur redire notre soutien. Mais lorsqu'un jeune est gravement blessé, les enquêtes doivent en établir les circonstances en toute transparence, comme pour toute atteinte aux personnes. Je l'ai rappelé hier à l'Assemblée nationale, le respect de l'État de droit s'impose à chacun.
Mais la colère des jeunes ne vient pas de nulle part. Nul ne peut être indifférent aux angoisses qu'ils expriment. Ces lycéens, on le sait, étaient enfants ou en tout cas entraient dans l'adolescence pendant le Covid. Nous leur avons demandé des efforts considérables. Depuis, ils voient les guerres, le changement climatique, parfois leurs parents ou leurs proches en difficulté. Malgré ces angoisses, nous leur demandons pourtant de choisir leur orientation et de regarder l'avenir avec confiance. Et la responsabilité du Gouvernement et de l'ensemble des formations politiques doit être de rétablir cette confiance, et cela commence évidemment et déjà par les écouter. Les temps de dialogue engagés aujourd'hui se poursuivront à partir de demain dans chaque lycée et jusqu'à la semaine prochaine. La plateforme, ouverte lundi dernier par le ministre de l'Éducation nationale, a déjà recueilli plus de 40 000 contributions. Elle nous permet d'entendre directement celles et ceux qui ne s'expriment pas toujours dans les instances habituelles. Certains ont accueilli l'ouverture de cette plateforme avec moquerie ou dérision. Ils ont eu tort. Les 40 000 premières contributions montrent qu'il y avait une attente, en particulier, on le sait, sur l'organisation du temps scolaire et sur les conditions matérielles dans les lycées. Ces contributions constituent une matière précieuse, elle nous permettra de répondre à ces préoccupations en lien avec les conseils régionaux. Tout sera publié en transparence. Dans les 8 mois qui nous séparent de l'élection présidentielle, le Gouvernement agira donc avec pragmatisme pour répondre aux attentes des lycéens. Nous avons lancé 5 chantiers pour assurer les cours lorsqu'un enseignant est absent, même si beaucoup a été fait ces dernières années, pour améliorer les conditions matérielles dans les bâtiments, notamment face aux fortes chaleurs, pour mieux organiser les temps scolaires, pour rendre Parcoursup plus transparent et intelligible, et pour donner, et c'est peut-être d'ailleurs la principale revendication, un cadre d'expression plus clair et renouvelé aux lycéens dans une démocratie qui évolue, une démocratie vivante.
Les premières décisions du Gouvernement seront présentées à la fin du mois d'octobre, et bien sûr, il y a la question des moyens. Le budget pour l'année prochaine, 2027, porte les crédits de l'Éducation nationale à 64 milliards d'euros, avec une nouvelle hausse de 1,2 milliard d'euros par rapport à l'année dernière. C'est un des rares ministères d'ailleurs qui voit ses crédits augmenter, et cette augmentation devra permettre de financer les priorités des lycéens, pas que. Et le budget de l'Éducation nationale sera d'ailleurs discuté à l'Assemblée nationale le 12 novembre prochain. Cela nous laisse donc un mois pour traduire les contributions et les propositions des lycéens en amendements sur lesquels les députés et les sénateurs devront s'entendre. Les débats auront lieu, chacun prendra ses responsabilités, le Gouvernement en tête.
Je le dis aussi, dans le passé, il y a eu trop de promesses qui n'ont pas été tenues, tout simplement parce qu'elles n'étaient pas tenables. Ce que je souhaite, ce sont des réponses concrètes, rapides et donc financées. Un Gouvernement qui n'a aucune échéance électorale peut s'y engager avec sincérité.
Mes chers compatriotes, ces inquiétudes sur l'avenir, nous les retrouvons aussi dans les familles qui subissent la hausse du prix de l'énergie, la guerre au Moyen-Orient, comme d'ailleurs celle en Ukraine, sont entrées dans notre quotidien. Quand on habite loin de son travail, sans transports collectifs à proximité, faire le plein pour partir le lendemain pèse lourd dans le budget mensuel. Pour un artisan ou un transporteur, cela peut même mettre en cause l'équilibre de l'activité.
Nous avons, vous le savez, renforcé l'aide aux grands rouleurs et les soutiens aux professions les plus exposées : les agriculteurs, le secteur du bâtiment, les pêcheurs, les aides à domicile, les infirmiers libéraux. Le chèque énergie sera versé dès janvier, non plus au printemps, pour les ménages les plus modestes. Alors, je comprends dans le débat public la demande d'aides générales ou d'une baisse massive des taxes, mais il faut le rappeler, au cours de la précédente crise énergétique, à partir de la fin de l'année 2021, plus de 70 milliards d'euros ont été dépensés à l'époque en boucliers et en aides. Tout cela a fortement pesé sur les comptes publics de la Nation et nous remboursons encore la dette contractée pour le financer et à des taux d'intérêt bien supérieurs malheureusement qu'à l'époque. Nous ne pouvons pas rouvrir les mêmes dépenses à chaque crise, surtout désormais avec des taux d'intérêt plus élevés. Il faut le dire clairement, ce serait soulager une facture aujourd'hui en en préparant une autre encore plus lourde pour demain.
Il faut donc utiliser tous les moyens dont nous disposons. Le président de la République agit sur le terrain diplomatique depuis plusieurs semaines avec nos partenaires, notamment les pays producteurs, je cite l'Irak, l'Arabie saoudite ou le Nigeria entre autres, pour sécuriser les approvisionnements et, par-delà même, au-delà, rechercher l'apaisement dans les régions concernées. Vendredi dernier, il a réuni en urgence le G7 et celui-ci a décidé de mobiliser des stocks stratégiques de manière coordonnée. Dans ce cadre, nous mettrons donc 10 millions de barils de gazole issus de nos stocks à la disposition des distributeurs en France. Je signerai prochainement le décret permettant cette opération prévue pour durer trois mois. Cela a été notifié ce matin à l'Agence internationale de l'énergie. Les générations précédentes ont constitué ces réserves pour faire face aux pénuries. Nous allons les utiliser de manière nouvelle pour agir sur les prix. Le gazole concerné a été acheté avant la flambée des cours, il sera mis à disposition au prix de revient de ces stocks, ce qui permet mécaniquement de baisser les prix à la pompe dans un ordre de grandeur évalué entre 12 centimes et 18 centimes par litre de gazole. Je réunirai à Matignon l'ensemble des distributeurs pour y travailler dans les tout prochains jours. Cette baisse bénéficiera à toutes celles et ceux qui achètent du gazole et s'ajoutera évidemment aux aides existantes.
Les cours mondiaux continueront d'évoluer, vous le savez, vous le voyez, mais nous pouvons ainsi amortir une partie du choc. Les volumes seront évidemment encadrés pour préserver notre sécurité d'approvisionnement, cela va sans dire, et les opérateurs auront jusqu'à un an pour reconstituer ces stocks. Cette mesure nous donne un répit, du temps pour réduire une dépendance qui nous expose, crise après crise, à des décisions prises ailleurs.
C'est d'ailleurs pour ne pas subir les crises décidées à l'autre bout du monde, qui sont durables, on le sait, que nous avons lancé le plan d'électrification. Je ne rentre pas dans le détail ce soir, mais les premiers résultats sont bons, encourageants. Les ministres y reviendront. Mais dans ce cadre et par cohérence, je veux vous dire que le Gouvernement se fixe un objectif concret et ferme : le prix de l'électricité ne doit pas augmenter cet hiver. Nous prendrons donc les décisions nécessaires pour le tenir. J'y reviendrai prochainement et je demande par ailleurs à EDF de mobiliser au maximum ses capacités de production dans le respect des exigences de sûreté. Les investissements que nos prédécesseurs ont réalisés doivent protéger les Français aujourd'hui, ceux que nous avons décidés nous-mêmes devront rendre le même service à nos enfants.
Mais parmi celles et ceux qui subissent le plus durement l'accumulation de ces crises, je voudrais avoir un mot particulier pour nos agriculteurs. Pour beaucoup d'entre nous, la canicule appartient déjà à l'été passé. Pour eux, malheureusement, ces conséquences sont encore devant : des récoltes perdues, du fourrage à trouver, des troupeaux en danger, des trésoreries qui ne permettent plus du tout de faire face. Des milliers d'exploitations sont en péril. C'est inédit. Un plan d'urgence a donc été engagé. Demain, au Sommet de l'élevage qui a lieu à Cournon, la ministre de l'Agriculture le complétera avec de nouvelles mesures que nous avons discutées récemment ici à Matignon avec l'ensemble des organisations syndicales. Et nous travaillons en plus et en parallèle à un plan de relance qui sera proposé au Parlement et je souhaite d'ailleurs y associer l'ensemble des forces politiques de la nation. Les décrets d'application de la loi d'urgence agricole seront pris aussi rapidement, je tiens à être rassurant sur ce point. Mais je le dis avec gravité ce soir, l'agriculture française ne pourra pas attendre l'élection présidentielle. Il faut permettre aux exploitations françaises de tenir et de préparer la suite. Notre agriculture est un atout essentiel pour nous nourrir, faire vivre nos territoires, mais plus que tout aussi pour notre souveraineté.
Mes chers compatriotes, cette volonté de protéger le pays nous oblige aussi à regarder en face notre situation financière. Je manquerais à mon devoir en ne vous en parlant pas ce soir. Depuis un an, la stabilité politique a permis d'engager une stabilisation budgétaire. Je remercie d'ailleurs les formations politiques qui ont contribué sans renoncer à leurs convictions. Elles ont fait passer clairement l'intérêt général avant le bénéfice cynique et immédiat d'une crise politique. Cela a compté pour le pays. Mais les bouleversements internationaux ont depuis ralenti notre croissance. Moins de croissance, c'est moins de recettes pour financer les services publics. Et malgré les mesures de redressement déjà prises, le déficit est prévu cette année à 5,4 %. Les taux d'intérêt, vous le savez, se tendent. Cela alourdit la charge de la dette et rend encore plus difficiles les projets des entreprises et des ménages potentiellement. À cela s'ajoute aussi une réalité démographique, notre pays vieillit. Et donc les besoins en matière de santé, de retraite, d'accompagnement augmentent mécaniquement. L'avenir de notre protection sociale pour l'année prochaine doit être assuré maintenant, en dépit des débats pour l'avenir.
Le budget que nous proposons porte donc un effort de redressement précis de 54 milliards d'euros. Pour l'activité, l'emploi et le pouvoir d'achat, nous avons fait le choix de la stabilité fiscale. Cela suppose donc que l'État montre l'exemple. Il s'impose par-delà même l'objectif le plus strict et le plus exigeant depuis de nombreuses années, en général une ambition en début de quinquennat avec une majorité. Si nous le faisons, c'est parce que prendre ces décisions aujourd'hui, en répartissant l'effort équitablement, permettra d'éviter des décisions beaucoup plus brutales demain. Adopter un budget après la présidentielle prolongerait l'incertitude jusqu'à l'automne prochain, bloquerait des investissements et fragiliserait considérablement le pays, cela le rendrait vulnérable. Je suis donc convaincu que le Parlement permettra à la France d'avoir un budget. L'opposition a le droit de contester. Le texte peut être évidemment discuté, amendé, modifié ligne à ligne s'il le faut. Mais c'est la responsabilité du Parlement, sa première des responsabilités, que de donner un budget au pays. J'en appelle donc au patriotisme de chacun pour que les échanges engagés aboutissent aux compromis nécessaires. Notre engagement est de ramener le déficit public à 5 % en 2027. Je le dis avec gravité, pas davantage. La cible initiale est de 4,8 % et nous l'avons portée à 5 % pour les besoins de notre défense nationale. Les moyens d'atteindre cet objectif seront discutés et c'est naturel, mais nous devons redresser le déficit. Les Français, nos partenaires, mais aussi celles et ceux qui nous prêtent sur les marchés doivent savoir que cet engagement sera tenu.
Mes chers compatriotes, dans quelques mois, l'élection présidentielle vous permettra de choisir une direction pour le pays. Le Gouvernement en préparera le bon déroulement dans la sécurité, la neutralité de l'État, mais aussi évidemment le respect de chacun. Le Gouvernement saura et devra être entièrement et uniquement consacré à sa mission avec le plus grand des sérieux. La France tient grâce au travail de millions de femmes et d'hommes, qui font leur part, souvent sans bruit. Ne doutons pas de nous-mêmes. Nous avons des ressources dont nous n'avons pas suffisamment conscience : notre jeunesse, nos entreprises petites comme grandes, nos capacités de production d'électricité, je le disais, notre agriculture, notre diplomatie, notre armée, nos forces vives.
Appuyons-nous sur elles pour sortir de nos difficultés et j'appelle clairement à l'unité. Le Gouvernement s'y emploiera avec le seul souci de servir le pays, pour le seul intérêt général.
Je vous remercie.
Pourquoi le prix du gazole va-t-il baisser ?
La France dispose de stocks stratégiques de produits pétroliers destinés à protéger le pays en cas de crise ou de rupture d’approvisionnement. Une partie de ces réserves va être remise sur le marché afin de réduire le coût d’approvisionnement des distributeurs et, à terme, le prix payé par les automobilistes.
Le principe repose sur la différence entre la valeur comptable du gazole stocké et son prix actuel sur le marché. Dans les stocks stratégiques, le gazole est valorisé autour de 0,28 euro par litre, contre environ 1,10 euro par litre sur le marché, hors distribution, accise et TVA.
En cédant une partie du gazole stocké à sa valeur comptable, le coût moyen d’approvisionnement des distributeurs diminue. Cette baisse doit ensuite être intégralement répercutée sur les prix à la pompe.
De combien le prix du gazole va-t-il baisser ?
La baisse attendue est comprise entre 12 et 18 centimes par litre en moyenne pendant trois mois. Il s’agit d’une moyenne nationale : la baisse constatée pourra donc varier d’une station-service à l’autre.
Tous les distributeurs sont concernés par le dispositif. Les principaux distributeurs, qui représentent environ 60 % du marché, se sont engagés à répercuter intégralement la diminution de leur coût d’approvisionnement.
Quand la baisse sera-t-elle visible à la pompe ?
Le dispositif est prévu pour couvrir trois mois, de novembre à janvier. Sa mise en œuvre nécessite au préalable d’organiser juridiquement et opérationnellement la cession des stocks stratégiques.
L’objectif est de soutenir le pouvoir d’achat des automobilistes pendant la période hivernale, notamment les Français qui utilisent quotidiennement leur véhicule pour travailler : salariés effectuant de longs trajets, artisans ou habitants des territoires ruraux et périurbains.
Comment l’État va-t-il vérifier que la baisse arrive jusqu’à la pompe ?
L’État mettra en place un suivi renforcé afin de vérifier que la baisse du coût du gazole bénéficie bien aux consommateurs. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) suivra notamment les prix d’achat et les marges pratiquées par les opérateurs.
Les résultats de ce suivi ont vocation à être rendus publics chaque semaine. Si un acteur ne répercute pas la baisse, des mesures pourront être prises pour garantir son application, notamment une répartition des stocks au prorata des parts de marché ou un plafonnement des marges par décret.
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