L'éditorial du Directeur

Publié le 30/07/2026 Modifié le 05/08/2026

Réforme de la fonction communication de l’État, essor de l’intelligence artificielle, adaptation à l’évolution des attentes citoyennes : le directeur du SIG livre sa vision des transformations en cours et des défis qui attendent la communication de l’État.

Michaël Nathan

Directeur du SIG

Fin 2025, une instruction du Premier ministre lançait une phase de préfiguration destinée à faire évoluer la stratégie et les moyens de la fonction communication de l’État. Quels enjeux cette démarche soulève-t-elle pour le SIG et, plus largement, pour les communicants de l’État ?

Nous sommes arrivés à un moment où la question n’est plus de savoir comment communiquer plus mais comment être mieux compris. Nous faisons face à une information plus abondante, plus volatile, plus fragmentée, dans laquelle les messages s’usent vite alors que les repères institutionnels sont de plus en plus contestés. Dans ce contexte, l’État doit être capable d’expliquer son action avec davantage de cohérence, de lisibilité et de simplicité. 


La réforme vise à renforcer le caractère stratégique de la communication étatique, à mieux coordonner les acteurs, à professionnaliser davantage la filière pour s’assurer que chaque prise de parole apporte une réelle valeur aux citoyens.


Cette décision prolonge le mouvement de transformation engagé depuis plusieurs années par la communauté des communicants de l’État.

Cette réflexion intervient dans un contexte marqué par l’accélération des usages numériques liés à l’essor de l’intelligence artificielle et une fragmentation toujours plus marquée des espaces d’information. Comment ces évolutions transforment-elles les attentes à l’égard de la communication étatique ?

Ces évolutions changent profondément la manière dont les citoyens accèdent à l’information. Ils s’informent désormais dans des environnements multiples, où se mêlent médias, moteurs de recherche, conversations en ligne et, de plus en plus, outils d’intelligence artificielle générative.


Les citoyens attendent de l’État une information fiable, mais aussi plus proche, c’est-à-dire plus claire, plus accessible et plus adaptée à leurs usages. Ils veulent comprendre ce qui change concrètement pour eux et identifier facilement l’émetteur. Ils sont à la recherche de repères.


L’État ne peut plus seulement produire une information exacte et attendre qu’elle soit reçue. Il doit la contextualiser, la rendre visible dans les espaces où les Français s’informent, adapter ses formats aux publics concernés, et veiller à ce qu’elle reste malgré tout reconnaissable comme source publique fiable, y compris lorsqu’elle est relayée ou reformulée par des tiers.


L’intelligence artificielle occupe une place croissante dans ce paysage. Elle représente une opportunité réelle : mieux analyser les attentes, personnaliser les contenus, optimiser le ciblage pour toucher les bonnes audiences, améliorer l’accessibilité des messages. Mais elle introduit aussi des risques nouveaux, notamment la perte de maîtrise sur la manière dont l'information relative à l’action de l’État est synthétisée, recommandée et éventuellement altérée. Le SIG travaille à intégrer ces outils de façon rigoureuse, en restant exemplaire sur la transparence et la fiabilité des contenus qu'il produit.

Les actions menées en 2025 couvrent des domaines très divers, de l’accompagnement des communicants à l’analyse de l’opinion, en passant par l’innovation éditoriale et l’évaluation. Quelle vision commune a guidé l’ensemble de ces travaux ?

Ce que je retiens de 2025, c’est l’accélération d’un changement de posture. Nous avons continué à produire et accompagner des dispositifs interministériels de communication, sur la Grande cause nationale « Parlons santé mentale ! », la Grande cause du quinquennat « Toutes et Tous Égaux », France 2030 ou encore la marque France. Mais l’essentiel tient surtout à la manière dont nous les construisons désormais : en partant davantage des publics cibles, de leurs usages et de leurs réalités.


Dans cette dynamique, le fil conducteur de l’année, c’est la professionnalisation des communicants de l’État. Cette évolution repose sur trois exigences : renforcer les compétences, avec davantage de formation, d’outils communs et de partage de méthodes ; améliorer la lisibilité de l’action de l’État, en passant d’une communication principalement pensée en termes de diffusion à une communication plus contextualisée, territorialisée et utile ; enfin, mieux évaluer, en systématisant l’analyse de l’impact de nos prises de parole.


Concrètement, cela s’est traduit par une animation renforcée de nos réseaux, notamment locaux via les préfectures et les réseaux métiers. Cela passe aussi par des partenariats plus structurants, de nouvelles narrations, de nouveaux formats éditoriaux, l’exploration de canaux de diffusion complémentaires, ainsi que des outils d’analyse et d’évaluation renouvelés et plus robustes. Tous ces chantiers répondent à une même ambition : mieux comprendre avant de communiquer, puis mieux mesurer ce que la communication produit pour rechercher sans cesse une forme de justesse.


C'est cette cohérence que nous avons voulu donner au rapport d’activité : montrer comment le SIG se transforme, et avec lui la filière communication de l’État, pour accompagner une parole étatique plus proche, parce que plus incarnée, plus claire et plus utile aux citoyens.

Les transformations engagées cette année encore et la phase de préfiguration lancée par le Premier ministre s’inscrivent dans une même ambition : préparer la communication étatique de demain. Quelle est votre vision pour 2026 et les années à venir ?

Pour 2026, l’enjeu sera d’inscrire les avancées engagées dans une méthode durable. La phase de préfiguration doit nous permettre de clarifier la gouvernance, de mieux coordonner les acteurs et d’établir des priorités partagées. J’appelle de mes vœux une véritable réforme structurelle.  Je crois à une communication de l’État stratégique, ciblée et exigeante dans ses choix, capable d’identifier le bon moment pour prendre la parole, les sujets qui le nécessitent, les publics à atteindre et les formats les plus adaptés.

L’horizon que je vise, c’est celui d’une communication étatique qui contribue activement à reconstruire la confiance entre l'État et les citoyens : une communication plus juste donc plus efficace, au service de la lisibilité et de la rémanence dans l’esprit de l’action publique. Cela suppose de faire de la qualité de la relation que nous construisons avec le citoyen via l’information le critère premier de nos choix.

Revue de presse