Le secrétariat général pour l’investissement soutient l’émergence d’une 3e voie pour l’IA, au sommet « Africa Forward »
Publié le 13/05/2026 Modifié le 19/05/2026
Trois mois après le sommet de l’IA en Inde, le Secrétariat général pour l’investissement réaffirme, dans le cadre de du plan France 2030, sa volonté de construire un troisième bloc pour l’intelligence artificielle. Dans un contexte de rivalités stratégiques croissantes sur le continent, le Sommet Africa Forward des 11 et 12 mai au Kenya, a entériné une conviction : la France et l'Afrique priorisent les lignes démocratiques d’une coopération pour une IA inclusive et résiliente.
Les interventions du président de la République au Sommet « Africa Forward » ont mis en lumière une certitude : l’Afrique n’appelle pas à une aide unilatérale, mais à des investissements mutuellement bénéfiques qui valorisent son potentiel, notamment en IA.
Cette perspective s’incarne pleinement dans le partenariat entre l’Agence française de développement et le Secrétariat général pour l’investissement autour des Défis Convergence IA. Leur collaboration inédite, veut concrétiser cette vision africaine, française et européenne d'une innovation qui se distingue par sa capacité à générer une prospérité souveraine et équitable, pour tous et toutes.
Ainsi, pour concrétiser cette ambition, la France étend son opération des Défis Convergence IA de France 2030 en Afrique pour renforcer l'écosystème IA franco-africain. Cette opération consiste à déployer des « académies de terrain », où s’expérimentent la construction d’IA plus éthiques et plus décentralisées.
A travers les Défis convergence IA, France 2030 prépare le terrain des co-investissements entre la France et les pays du continent africain
Dans ce cadre, le Secrétariat général pour l’investissement, en lien avec l’Agence française pour le développement, annonce la tenue des défis suivants :
1. Un hackathon organisé conjointement avec la Data Labelling Association du Kenya, l’Université de Yale, sous l’égide du Professeur Antonio Cassili de l’Institut Polytechnique de Paris.
L’objectif de cet hackathon est de corriger l'asymétrie de la chaîne de production des modèles d’IA où la donnée et la valeur sont captées par une poignée d’acteurs :
- en créant la 1ère cartographie mondiale de tous les travailleurs impliqués dans la création de modèles les plus utilisés.
- en expérimentant une façon d’estampiller la contribution d’une tâche dans la création d’un modèle pour y associer une rémunération plus juste et une reconnaissance de ce travail.
- en proposant de nouveaux modèles de gouvernance collaboratifs et décentralisés de production d’IA, fondés sur des principes de transparence, de partage de la valeur et d’inclusion, adaptées aux besoins locaux.
2. Un hackathon organisé par Embedded France autour des TinyML
En Afrique, de nombreuses zones souffrent d’un accès limité ou intermittent à internet et à l’électricité. Le TinyML permet de déployer des solutions d’IA directement sur des microcontrôleurs ou des appareils edge (capteurs, téléphones bas de gamme, drones, etc.), sans dépendre d’une connexion permanente à un cloud ou à des data centers. Cela ouvre la porte à des applications locales robustes, même dans des environnements ruraux ou isolés.
L’objectif du défi est de promouvoir l’apprentissage des concepts liés au TinyML (modèles, optimisation, déploiement, mesures énergétiques) :
- En enrichissant le glossaire de l’IA embarquée, déjà disponible en langue française, d’une version anglophone
- En concevant des quiz et ateliers dédiés à l’optimisation frugale, pour former les étudiants aux enjeux concrets de l’IA embarquée. Ces ateliers,qui seront conçus en collaboration avec des professeurs, inclueront des datasets TinyML et des données synthétiques (audio, vision, capteurs de bruit et vibrations, etc.).
L'Afrique fait face à un « fossé de la mort » entre ses talents et la création de valeur, aggravé par une dépendance aux modèles d'IA étrangers qui excluent 88 % des langues locales et ignorent les réalités du continent.
- 3. Lancement d’un pilote de coopération franco-africaine sur l’IA avec la French tech Nairobi, Qhala et un pourvoyeur de modèles français.
Qhala Limited, la French Tech Nairobi et un partenaire français signent un accord dans le cadre du Sommet « Africa Forward ». Ce programme hybride intégrera une partie bootcamp et post bootcamp, visant à créer un pipeline de « Research-to-Venture » pour le développement de solutions d’IA souveraines en Afrique.
- L’objectif du défi est de transformer des prototypes en entreprises viables en s'appuyant sur des modèles open-weight, adaptés aux environnements à ressources limitées
- Le cadre Minimum Viable Intelligence (MVI) sera utilisé, afin de garantir que les solutions intègrent les langues et contextes locaux dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’agriculture.
- Dans le cadre de ce partenariat, Qhala Limited assurera la coordination technique et la French Tech Nairobi facilitera la mobilisation de l'écosystème et les débouchés commerciaux.
Vous souhaitez proposer des défis ? C’est possible à l’adresse suivante :
Les projets IA À impact pour le continent africain
- Les « Pionniers de l’IA »
La troisième phase du dispositif « Pionniers de l'IA », soutenu par France 2030, s'ouvre en partenariat stratégique avec Current AI, dont la thèse d'investissement cible l'impact sociétal et l'accessibilité aux pays en développement. Ce transfert potentiel accélère le déploiement de solutions IA souveraines et inclusives en Afrique, aligné sur les priorités du Sommet Africa Forward.
2. Des lauréats France 2030 prêts à s’engager pour la coopération franco-africaine
Un recensement régulier des projets lauréats France 2030, dont les IA sont spécialisées dans l'optimisation de cas d’usage d’intérêt pour l’Afrique, permettra de bâtir des partenariats structurants, notamment dans le domaine des infrastructures, de l’industrie, de l’énergie ou de l’agriculture, mais aussi dans l’éducation. L’ALT EDIC, lauréat France 2030, propose le déploiement de modèles d’IA pour l’éducation en créant des espaces d’apprentissage pour améliorer des modèles sur des données spécifiques pour l’enseignement des langues africaines locales. L’ALT EDIC pourrait par exemple s’assurer que le corpus d'entraînement dédié aux langues africaines reflète la diversité culturelle du continent et protège les droits des usagers contre l'hégémonie des modèles propriétaires étrangers., mais aussi que le récit du continent africain soit valorisé à hauteur de sa puissance et de sa richesse.
3. Les IA Clusters, piliers de l'écosystème de recherche et d'innovation français en IA, un modèle qui s’exporte
Nos IA Clusters, soutenus par France 2030 à hauteur de près de 360 M€, incarnent une réponse dynamique à la gouvernance mondiale de l'intelligence artificielle en favorisant les transferts technologiques et les partenariats internationaux, notamment avec l'Afrique.
Dans le cadre du Sommet Africa Forward, le réseau des 9 IA Clusters français, en lien avec l’INRIA, renforce son engagement avec plusieurs partenaires pour contribuer au développement d’IA Clusters africains. Pour concrétiser cet engagement, plusieurs coopérations sont déjà en cours, dans le cadre de la construction d’un réseau de clusters Afrique-France « Africa Forward », qui s’appuiera sur d’importantes coopérations entre universités africaines et acteurs français. Au Bénin, au Ghana, au Maroc, en Egypte, au Kenya, en Afrique du Sud, une lettre d’intention d’établissement progressif de clusters est signée et laisse entrevoir d’importants échanges structurés à l’avenir, avec le soutien des autorités françaises, et dans certains cas, des pays partenaires. :
- Signature d'un accord de coopération du Cluster MIAI Grenoble UGA-Université de Yaoundé et inauguration officielle du GAYA Lab à l’Université de Yaoundé (Cameroun) : l'IA au service des grands enjeux de la santé mondiale, « One Health », vision intégrée et unificatrice dans une perspective d’accessibilité, d’équité et de durabilité des programmes de santé.
- Signature d’une lettre d'intention entre l’Institut DataIA Paris-Saclay et le laboratoire RAIL de l’Université KNUST auGhana.
- Promotion du BrevetAI de l’Institut DataIA Paris-Saclay comme outil d'acculturation de masse à l'IA, transposable dans les universités partenaires. Il permet de s’acculturer, via une plateforme en ligne aux fondements et grands enjeux de l’intelligence artificielle.
- Montage d’une chaire entre CentraleSupéléc et l’Université de Nairobi.
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