La France agit pour sécuriser ses approvisionnements en minerais et métaux critiques, indispensables aux transitions énergétique et numérique

Publié le 17/03/2025 Modifié le 17/03/2025

L’essor des énergies renouvelables et du numérique accentue la dépendance de nos technologies à une quantité et une variété croissante de métaux. L’extraction et la transformation de ces métaux sont largement concentrées dans quelques régions du monde, ce qui accentue les risques liés aux tensions géopolitiques.

Nickel
Nickel - Source : Adobe Stock

Une stratégie française résolue et coordonnée

À la suite de la remise du rapport Varin le 10 janvier 2022, la France s’est dotée d’une stratégie nationale de sécurisation des approvisionnements en métaux critiques.
Celle-ci repose sur quatre piliers :
  • la nomination d’un délégué interministériel à la sécurisation de l’approvisionnement en métaux stratégiques (DIAMMS) coordonnant les actions des administrations dans la mise en œuvre des décisions prises, en y associant étroitement les industriels. Benjamin Gallezot a été nommé à ce poste le 15 décembre 2022,
  • le déploiement d’une diplomatie des ressources minérales destinée à mettre en place des partenariats stratégiques permettant de sécuriser les investissements futurs du fonds métaux critiques et à développer une action multilatérale promouvant une extraction soutenable et éthique,
  • la création de l’Observatoire français des ressources minérales pour les filières industrielles (OFREMI), chargé de faire une veille stratégique, économique et technique des chaînes mondiales d’approvisionnement et des besoins actuels et futurs du secteur industriel afin de produire des analyses de risques nécessaires à toute décision d’investissements,
  • le soutien aux projets industriels sur l'ensemble de la chaîne de valeur (de l'extraction au recyclage) en France et à l'étranger; à cet effet plusieurs dispositifs ont été mis en place : l'appel à projet métaux critiques porté par France 2030, le crédit d'impôt industrie verte, la garantie des projets stratégiques et la mise en place d'un fonds d'investissements dans les métaux critiques (opéré par Infravia) de 2 milliards d’euros abondé à 500M€ par l’Etat. Ces outils ont permis de soutenir de nombreux projets dans plusieurs filières strategiques.

Une diplomatie des métaux critiques en action

La diplomatie des ressources minérales est coordonnée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, en lien avec les ministères chargés de l’Économie et de la Transition écologique, ainsi que des acteurs spécialisés comme le Bureau de recherches géologiques minières (BRGM) et la Délégation interministérielle pour les approvisionnements en minerais et métaux stratégiques (DIAMMS).
Depuis son élaboration en avril 2022, le déploiement de la diplomatie des ressources minérales a conduit à la signature de 15 partenariats stratégiques [1] qui œuvrent à la diversification et à la sécurisation des approvisionnements en minerais et métaux critiques de la France. Ces partenariats s’articulent autour de quatre axes : 1/ la coopération institutionnelle sur la connaissance et la valorisation des ressources du sous-sol ; 2/ le développement de projets communs sur la chaîne de valeur des minerais critiques ; 3/ la promotion de standards ESG durables et 4/ le renforcement des synergies dans la recherche et développement (R&D) et la formation.
La diplomatie des ressources minérales porte déjà ses fruits avec des projets majeurs comme Caremag, première usine européenne de séparation des terres rares issues de minerais ou de recyclage, issue d’un partenariat franco-japonais, dont la première pierre a été posée le 17 mars 2025. Autre succès emblématique : le projet Centenario d’Eramet en Argentine, qui mise sur la technologie innovante d’extraction directe du lithium (DLE) pour produire du carbonate de lithium de grade batterie.
Outre les actions entreprises auprès des pays partenaires, la France met en valeur son expertise au sein des grands salons miniers. Ces dernières années, la DIAMMS a pu représenter la France au Future Minerals Forum (FMF) à Riyad (Arabie saoudite), à Mining Indaba au Cap (Afrique du Sud), au Prospectors and Developers Association Convention (PDAC) à Toronto (Canada) et à l’International Mining and Resources Conference (IMARC) à Sydney (Australie). De nombreuses entreprises françaises participent également à ces grands événements professionnels, notamment au travers de stands France coordonnés par Business France, qui permettent de mettre en valeur l’expertise française dans le secteur extractif et sur l’ensemble de la chaîne de valeur des minerais critiques.
[1] Arabie saoudite, Australie, Brésil, Canada (niveau fédéral ainsi qu’avec deux provinces : Québec et Saskatchewan), Japon, Kazakhstan, Maroc, Nigéria, Norvège, RDC, Serbie, Vietnam, Zambie

La France s’investit également au sein des instances européennes et multilatérales de sécurisation des approvisionnements

La France participe aux discussions au sein du Mineral Security Partnership et est membre du groupe sur les minerais critiques de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). La diplomatie des ressources minérales promeut également les positions et priorités françaises au niveau européen (législation européenne sur les matières premières critiques) pour assurer une action européenne coordonnée.

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