Guerre en Iran : le Gouvernement annonce des mesures de soutien à l’activité économique

Publié le 21/05/2026 Modifié le 27/05/2026

VIDÉO. Le Premier ministre a présenté, le 21 mai 2026, des mesures de soutien à l’économie, notamment la reconduction des aides carburant, et les perspectives à long terme.

Image d'iluustration
Image d'iluustration - Source : Service photographique de Matignon

Face aux conséquences économiques de la guerre en Iran, le Gouvernement confirme sa stratégie : des mesures ciblées pour protéger les filières les plus touchées, qui bénéficient, par ricochet, à toute l’économie, tout en indiquant changer d’échelle, afin de donner à tous des perspectives de moyen terme.

Accompagné de plusieurs membres du Gouvernement, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a détaillé les mesures prévues pour les prochains mois à l'occasion d’une conférence de presse organisée jeudi 21 mai 2026 à l’Hôtel de Matignon, à Paris.

Les aides déjà enclenchées totalisent 470 millions d’euros, auxquels s’ajoutent 710 millions d’euros d’aides nouvelles.

Aide « grands rouleurs » doublée

L’aide pour les travailleurs dits « grands rouleurs », soit environ 3 millions de Français, est doublée. Elle passe ainsi de 50 à 100 euros, représentant un soutien équivalent à 20 centimes par litre pour la consommation moyenne de carburants de six mois. 


Le guichet pour faire la demande a ouvert le 27 mai, avec versement de l’aide quelques jours après validation du dossier.  

Aides sectorielles élargies

Les soutiens mensuels déjà en place pour les secteurs de la pêche, de l’agriculture, du transport et du BTP sont reconduits jusqu’à la fin du mois d’août.

  • Pour le secteur du BTP, l’aide de 20 centimes par litre pour les petites entreprises de moins de 20 salariés est étendue aux entreprises de moins de 50 salariés.  
  • Le soutien est élargi au transport fluvial et aux pirogues de fret en Guyane.  
  • Dans le transport, le guichet actuel est reconduit, selon des conditions et un périmètre qui seront définis à la suite de concertations avec le secteur.

Les plateformes de VTC sont invitées à faire un geste significatif dans le prix des courses qu’elles fixent à leurs chauffeurs.

De nouveaux secteurs couverts

Les aides sectorielles recouvrent désormais les aides à domicile, qui représentent un volume de plus de 600 000 professionnels. Il est prévu :
  • une revalorisation de 20 centimes par litre de carburant, via le relèvement des indemnités kilométriques par la voie conventionnelle,
  • une aide à la location d’un véhicule électrique d’occasion, avec un loyer cible de 50 euros à 90 euros par mois, sans apport,
  • une réévaluation du guichet pour les transporteurs sanitaires, qui ont aujourd’hui droit à une aide de 70 euros par véhicule.

Un bonus écologique spécifiquement dédié aux chauffeurs de taxi va être mis en place à partir du 1er octobre prochain. Cette aide portera sur l’achat de véhicules électrique, sous conditions. 

Les indemnités kilométriques sont revalorisées pour le remboursement des fonctionnaires de la fonction publique de l'État et de la fonction publique hospitalière contraints d’utiliser leur véhicule personnel.

En plus de l’aide à la pompe, les agriculteurs vont bénéficier d’un soutien à l’achat d’engrais. La ministre chargée de l’Agriculture va proposer une aide qui permettra de compenser une partie du surcout pour les agriculteurs les plus exposés.

Le ministre chargé de l’Économie est, quant à lui, chargé de faire une proposition de soutien pour l’industrie de la chimie, comprenant la production d’engrais.

Libération de la prime carburant

La prime carburant, qui concerne les salariés se rendant au travail en voiture, est simplifiée et relevée. Elle augmente de 300, portant son plafond à 600 euros, exonérée de fiscalité, de charges sociales et sans conditions.

Perspectives de long terme

Sébastien Lecornu a rappelé que la situation actuelle diffère de celle connue pendant la guerre en Ukraine. À ce stade, la France ne fait pas face à des difficultés majeures d’approvisionnement en hydrocarbures. L’enjeu de cette crise est la hausse des prix de l’énergie, alimentée par les tensions sur les marchés et les phénomènes de spéculation.

Le Premier ministre a insisté sur l’importance de « marcher sur nos deux jambes » entre « le court terme et le long terme ». Afin de se libérer de la dépendance de la France aux hydrocarbures, qualifiée de « laisse », le Gouvernement mise sur l’électrification. « L’électricité, c’est notre liberté », a affirmé Sébastien Lecornu.

Dans ce contexte, le Gouvernement exclut une baisse générale des taxes sur les carburants, jugée à la fois coûteuse pour les finances publiques et contraire aux objectifs de transition énergétique. Le Premier ministre a souligné que le prochain budget ne comporterait aucune hausse d’impôts.

Source : Gouvernement

Conférence de presse du Premier ministre sur l'impact de la guerre en Iran et mesures de soutien à l'activité économique.

Transcription

Sébastien LECORNU, Premier ministre, chargé de la Planification écologique

Bonjour à toutes et à tous. 

Merci à la presse de vous être rendus disponibles pour un format, il est vrai, un peu inhabituel, mais on vient de tenir un comité de pilotage suivi de l'impact de cette guerre au Moyen-Orient sur notre économie, nos finances publiques, évidemment, sur la vie des Françaises et des Français. 

Un certain nombre de décisions, évidemment, étaient à prendre. Nous les avons prises. Et nous tenions à vous en rendre compte sur la base aussi de ce que nous savons et de ce que nous ne savons pas sur le géopolitique, puisque la situation est plus que trouble, j'en dirais un mot dans un instant, et vous décliner, revenir aussi avec méthode sur la stratégie du Gouvernement, qui est la nôtre depuis le début, pour traiter évidemment les différents effets de cette guerre, sans oublier le reste des effets de la guerre également en Ukraine. 

Peut-être que le premier élément, pour bien traiter les effets d'une guerre, c'est de ne pas se tromper sur l'analyse de celle-ci. Au fond, nous n'avons jamais pensé, au regard des éléments de notre diplomatie, des éléments de notre renseignement militaire, des nombreux échanges que le président de la République pouvait avoir avec ses différents homologues, n'a jamais considéré que cette guerre pouvait être courte (on a eu la guerre des 12 jours). Et dès le début du conflit, au regard parfois peut-être de l'irrationalité de certains acteurs, des effets finaux recherchés, le fait aussi que la question nucléaire du programme iranien, plus les enjeux de circulation maritime, laissaient entrevoir que, de toutes les évidences, ça pouvait durer. Et c'est parce que ça pouvait durer que, aussi, les négociations telles qu'elles ont été menées depuis maintenant plusieurs semaines auraient pu aussi aboutir. 

Force est de constater que, d'une manière ou d'une autre, cette guerre, sous une forme ou sous une autre, cette guerre va durer. Soit de manière froide, comme on l'a actuellement, on peut le constater, soit malheureusement aussi avec une reprise des conflits et des frappes, ce qui est un scénario évidemment possible. Et au fond, on le voit aussi, le temps devient une arme en tant que telle des belligérants et singulièrement des Gardiens de la Révolution, puisqu'ils le savent, la pression exercée sur Ormuz est une pression sur l'ensemble de l'économie mondiale, y compris d'ailleurs en Asie. Et donc si ce temps devient une arme, il faut également pour nous en tirer des conclusions.

Alors, il est difficile de donner des scénarios auxquels nous pourrions nous raccrocher, sans effrayer personne et sans être trop optimiste. Au fond, le scénario désormais le plus optimiste, ce n'est pas forcément celui que je retiens d'ailleurs, c'est au fond une forme de retour à la normale entre l'été et l'automne. On parle déjà de plusieurs semaines et plusieurs mois potentiels, sachant qu'une fois de plus, la guerre peut prendre différentes formes. Et vous avez des scénarios noirs qui nous feraient plonger dans d'autres gestions de crise, c'est-à-dire : reprise non seulement des conflits, des frappes, destruction des sites de production d'hydrocarbures au Moyen-Orient, voire même non seulement la fermeture d'Ormuz, mais aussi la fermeture de Bab-el-Mandeb. Ça, ce n'est pas non plus le scénario qu'on retient (de toute façon, nul ne le sait), mais entre un scénario très optimiste qui nous emmène à plusieurs semaines, plusieurs mois, et les scénarios les plus noirs et catastrophistes. On voit bien qu'on change de dimension dans la manière de gérer cette guerre. 

Pour autant, une fois que je vous ai dit ça, en faisant une prospective peut-être malheureuse — j'espère être démenti, puisque par définition, si tout allait mieux bientôt, c'est un problème plus facile à gérer que si les choses s’aggravent. Pour autant, au moment où nous nous parlons, nous n'avons pas du tout les mêmes effets à gérer que la guerre en Ukraine. Je l'ai dit à de nombreuses reprises, mais c'est utile de le redire. La guerre en Ukraine nous avait tout de suite placés dans une guerre de... en tout cas dans des effets de difficultés d'accessibilité à l'approvisionnement, notamment du gaz, parce qu'il venait de Russie, et avec, évidemment, une guerre qui, au fond, était assez lisible, assez rapide. Nous-mêmes, nos propres vulnérabilités étaient identifiées, notamment ce qu'on appelle les problèmes de corrosion sur nos centrales nucléaires qui faisaient que le parc nucléaire français était loin d'être à plein régime en 2022-2023. 

Donc on n'est, au moment où nous nous parlons, pas dans une crise des volumes, de pénuries, mais bel et bien une crise de prix, d'inflation à porter. Pour quelles raisons, aussi ? Ce n'est pas toujours intuitif, mais il se trouve qu'assez historiquement, en tout cas depuis maintenant plusieurs moments, l'approvisionnement en hydrocarbures en France est un approvisionnement sur la façade Atlantique : Afrique du Nord, Amérique du Nord, Amérique du Sud, et qui, au fond, ne crée pas, effectivement, d'entrave à la liberté de circulation pour ce qui nous concerne. Évidemment, le sujet, c'est la spéculation. Évidemment, le sujet, ce sont les marchés. Et évidemment, ce sont les répercussions. Pardon de le dire, mais si on se trompe, comme malheureusement, parfois, dans le débat politique français, si on se trompe sur le diagnostic de cette guerre, par définition, on finit par se tromper aussi sur les mesures qu'il faut prendre. 

Deuxième élément de la stratégie du Gouvernement, que j'arbitrais dès le début avec l'ensemble des collègues ici présents : c'est évidemment le soutien à l'activité et au travail. Pour une raison simple : c'est qu'à la différence du covid (pour le coup, le pays était à l'arrêt, il fallait le soutenir par des transferts financiers importants), là, on a une économie qui fonctionne et qui tourne ; ce n’est pas pour autant qu'elle n'est pas impactée. Le ministre va y revenir. Et donc au fond, notre obsession (pour ne pas dire plus d'ailleurs : depuis le début), c'est que le pays doit tourner. 

Et pour certains secteurs, le ministre chargé de la pêche est ici, c'est assez référendaire et binaire : soit il y a un intérêt à prendre la mer pour nos pêcheurs, et à sortir et à pêcher, et ça calcule coûts-avantages, soit ça ne vaut pas le coup de sortir pêcher, par définition, et les bateaux restent à quai. Ce raisonnement-là, c'est facile à expliquer pour la pêche. On a essayé de le déplier sur beaucoup de filières sur lesquelles on va revenir dans un instant. On va les compléter parce qu'au fond, il y a des filières économiques qui tiennent notre croissance, qui tiennent notre activité, qui parfois ont des adhérences avec nos services publics et il faut évidemment qu'elles puissent tenir dans la durée sur cette crise. C'est vrai des filières économiques : l'agriculture, BTP, transporteurs ; le ministère du Transport, la ministre de la Santé, le ministre du Travail sont ici aussi au premier rang, et c'est vrai aussi des particuliers travailleurs parce que par définition, aussi, on connaît l'organisation de notre pays. 

La voiture occupe une place importante. Je suis moi-même élu d'un département rural et donc il est évident qu'il faut faire attention à ça. On ne va pas changer de stratégie. C'est un choix que nous faisons, qui est de garder un ciblage important sur celles et ceux qui travaillent, celles et ceux qui tiennent l'activité du pays. Et d'ailleurs, celles et ceux qui ne travaillent pas en profitent, parce qu'en tenant l'activité du pays, par définition, on essaie de s'accrocher à notre croissance, on essaie de s'accrocher à la production de richesse, laquelle finance le modèle social et finance les retraites. Donc tout ça se tient, c'est aussi une réalité aussi simple, mais encore faut-il le réexpliquer. 

Ensuite, si on ne change pas de philosophie, on va changer d'échelle. Et vous allez l'entendre dans un instant, soit dans ce que nous mettons sur la table quantitativement, soit aussi parce que nous étions plutôt partis pour annoncer des aides pour le mois de juin, mais ce n'est pas ce que nous allons faire. Je ne peux pas vous dire que sur le terrain géopolitique, les perspectives de voir le conflit durer sont en train de s'installer et vous expliquer qu'on va continuer d'avoir une stratégie mois par mois. C'était bon au début de gestion de crise. Là, désormais, il faut commencer à donner des perspectives à des pans entiers de l'économie, des perspectives aux Françaises et aux Français qui travaillent. Et c'est non seulement une réflexion pour juin, mais aussi pour juillet, pour août et pour certains secteurs jusqu'à l'automne. Je le dis parce que dans les cas les plus difficiles, il faudra continuer à être adaptables, à s'adapter, à être évolutifs, à ne pas être têtus en quelque sorte. Il n'y a pas de baguette magique. 

Enfin, il est clair que ça reste de la gestion de crise et donc, par définition, il faut être mobiles, créatifs, en tout cas, et le plus à l'écoute possible. 

Le troisième élément de la stratégie, je l'assume, même si parfois on me l'a reproché : c'est qu'il faut qu'on marche sur nos deux jambes entre le court terme et le long terme. C'est un peu taquin, je dirais : c'est le moment d'être gaulliste. Je trouve que pour le choc pétrolier de 1974, le gouvernement MESSMER avait eu une réponse de long terme : le parc électronucléaire français.

Autre temps, autre période, il n'y avait pas eu d'aide de court terme. Ce n'est pas ce que nous faisons, ce n'est pas ce que nous allons vous dire. Mais enfin, on voit bien qu'on n'a pas fini de subir. Et donc, à la fois, on va déployer des moyens pour le soutien de court terme, mais on n'a pas d'autre choix que d'accélérer l'électrification du pays. Les hydrocarbures, c'est une laisse. C'est une laisse. C'est une laisse étrangleuse. On ne peut pas dire autre chose. L'électrification, l'électricité, c'est notre liberté. Et ça, on le doit aux grands anciens, on le doit aussi aux décisions qu'on a prises récemment. Heureusement qu'on a signé ce décret sur la programmation pluriannuelle pour l'énergie, parce que c'est ce qui va venir rénover notre parc nucléaire français et donner des perspectives sur les énergies renouvelables. 

Mais ce n'est pas pour faire bien. Ce n'est pas parce que c'est bon pour la planète, même si c'est bon pour la planète. Ce n'est pas parce que c'est bon pour le climat, même si c'est bon pour le climat. Il y a une réalité, c'est qu'on vit désormais dans un modèle dans lequel nous sommes capables de produire beaucoup, beaucoup, beaucoup d'énergie chez nous, de manière souveraine, décarbonée. Et au fond, ce n'est pas forcément cette consommation-là qui est le plus stimulée. Au fond, le plan Messmer, un peu nouvelle version, c'est aussi d'aller sur les différents usages d'électrification. On pourra y revenir, et c'est aussi pour cela — sans esprit polémique, parce que ce n'est pas l'état d'esprit du Gouvernement — c'est pour cela que nous refusons toute baisse générale indiscriminée de la fiscalité sur le carburant. 

Parce que déjà — pardon, j'ai appartenu à un gouvernement qui l'a fait en 2022-2023 — ça coûte très cher pour les finances publiques. On ne peut pas faire semblant de dire qu'il y a un déficit. D'où est-ce qu'il vient ? Il vient de là. Le bouclier énergétique, en grande partie, il avait un impact très très lourd sur la finance publique. On n'en finit pas de le rembourser. Et puis surtout, c'est un contresens. Baisser de la fiscalité sur de l'énergie produite en Algérie, aux États-Unis, au Brésil ou ailleurs, c'est franchement circuler sur l'autoroute à contresens. Là où, d'ailleurs, et les ministres ont reçu le mandat d'y réfléchir, de travailler, de faire des propositions, si une fiscalité devait diminuer dans les temps à venir, y compris les années à venir, ce serait la fiscalité sur les énergies produites en France, électricité en tête. 

Donc, prenons le sujet de la fiscalité par le bon sens, et c'est une ouverture aussi que je fais, évidemment, sur la question de la fiscalité sur l'électricité, dans le respect aussi de nos déficits, nos finances publiques. Enfin, s'il faut raisonner fiscalité par les fiscalités, ne le faisons pas à contresens. 

Le dernier élément de la stratégie, et pour bien connaître aussi un peu la vie du pays, le caractère aussi des Françaises et des Français : c'est la transparence totale sur ce qui se passe. Les marges des distributeurs de carburant. Ça a occupé pas mal la vie médiatique. Les ministres vont y revenir ; transparence, résultat. Les fameuses cagnottes fiscales : vous promettez des milliards. Le ministre AMIEL va vous donner le dernier chiffre dans quelques instants. Vous allez voir qu'on en est bien loin. La transparence sur l'approvisionnement : Il y a eu des moments en se disant : « Mais est-ce qu'on aurait suffisamment de pétrole ? ». Là aussi, on va vous documenter ça avec beaucoup de précision. Quelles sont les approches sur lesquelles on n'est absolument pas inquiets ? Et on n'est objectivement absolument pas inquiets. Quels sont les quelques éléments sur lesquels on peut avoir de l'inquiétude ? Et puis le dernier élément de transparence, c'est évidemment sur l'économie de manière globale. 

Alors, ça fait deux mois qu'on « s'égosille » avec les ministres à dire : attention, cette guerre va avoir un impact sur l'économie. J’étais seul à le dire, et puis visiblement depuis quelques jours, tout le monde découvre qu'il peut y avoir un impact sur l'économie. Et là, pour le coup, en prenant un virage complètement inverse, certains nous parlent de 3 ou 4 % d'inflation, certains nous parlent de récession. Donc là aussi, on va faire ça très sérieusement en vous disant très clairement quels sont les scénarios que nous redoutons et quels sont les scénarios, au fond, que nous repoussons parce que nous considérons que ça ne correspond pas à la situation économique que nous constatons après que les ministres, d'ailleurs, aient eu des échanges importants avec la Commission européenne, le FMI.  Enfin, un travail très important, le G7, un travail très important a été fait en amont et qui est d’autant plus sérieux que certains fausses experts qu'on peut voir ici ou là sont en train de vouloir faire peur inutilement aux gens. 

Dernier point : se dire la vérité sur les finances publiques, avec la part d'incertitude, évidemment, qui est la nôtre au moment où nous nous trouvons. Nous n'abandonnerons personne, je l'ai dit, dans le soutien à l'activité. Tout ça va avoir un coût. On vous donnera les chiffres dans un instant. Il faudra donc évidemment gager tout ça, faire un certain nombre d'économies. Et je le dis aussi peut-être pour donner un peu de perspective, dire aussi comment le Gouvernement travaille à la construction d'un budget pour 2027, d'un projet de loi de financement pour la sécurité sociale pour 2027 : c'est que la position du Gouvernement et que les textes que nous proposerons au Conseil des ministres de mi-octobre seront des textes dans lesquels il n'y aura pas de proposition d'augmentation d'impôts. Et donc je le dis parce que tous les choix aussi que nous faisons en ce moment, y compris en faisant attention à nos finances publiques, en faisant attention à la juste proportion des aides : on aimerait en faire plus pour beaucoup de gens, une dimension aussi humaine et empathique — il ne faut pas nier, je le vois bien chez moi à Vernon dans l'Eure — mais en tout cas, des cadeaux bizarres au mois de mai qui se transforment en augmentation d'impôts à l'automne, ce n'est pas ce que le Gouvernement propose. 

Et donc, je donne aussi cette perspective, y compris au monde économique, puisque certaines annonces peuvent les concerner dans un instant. Pardon d'avoir été long, mais je voulais aussi refaire la mise en perspective de la stratégie du Gouvernement, laquelle peut évoluer à n'importe quel moment, en fonction évidemment de la situation géopolitique. 

Ce n'est pas une crise domestique que l'on gère. C'est une crise mondiale, peut-être encore plus mondiale que la guerre en Ukraine. Et pour cause, les interdépendances sont nombreuses avec le Golfe. Les pays d’Asie souffrent énormément, parce qu'eux ont une dépendance énergétique très forte avec les approvisionnements et les productions dans la région. Et comme tout cela peut durer d'une manière ou d'une autre, sous une forme ou sous une autre, il faut désormais évidemment le traiter avec beaucoup de calme, le calme des vieilles troupes en quelque sorte. Mais enfin, il faut le faire en disant la vérité aux Françaises et aux Français et ne rien leur cacher, y compris d'ailleurs parce qu'une grande échéance démocratique va intervenir l'année prochaine et que par définition, tous ces éléments aussi concernent l'ensemble des acteurs. 

Monsieur le ministre.

Roland LESCURE

Merci, merci Monsieur le Premier ministre. 

Vous l'avez dit, le scénario dans lequel le conflit serait d'extrême courte durée est désormais derrière nous. Nous le savons et nous adaptons nos propositions évidemment à cette situation. Les entreprises françaises le savent aussi : elles regardent l'actualité internationale comme vous et comme nous. Et donc elles sont conscientes et c'est ce qui explique d'ailleurs le retournement du climat des affaires qu'on observe ici ou là dans des enquêtes, y compris une qui est sortie ce matin, qui montre que les industriels vont, eux aussi, adapter évidemment leur scénario à cette situation nouvelle. 

Ce scénario de conflit plus durable, c'est celui qui a été partagé à l'occasion du G7 Finance que j'ai eu le plaisir et l'honneur de présider lundi et mardi. C'est le scénario sous-jacent aux prévisions des institutions internationales. Vous avez vu la Commission européenne, qui prévoit 0,8 % de croissance ce matin pour la France, très proche de la nôtre, et le FMI à 0,7 %. On est évidemment dans des chiffres extrêmement proches les uns des autres. Pour autant, j'entends depuis plusieurs jours des prophètes de malheur se multiplier (y compris chez certains de vos plateaux) pour nous annoncer le pire à la fois en croissance et en inflation : la récession ici, l'hyperinflation là. 

Je veux être très clair : nous ne serons ni des prophètes de malheur ni des marchands de bonheur. Nous, on va s'appuyer sur des faits. Aujourd'hui, il y a des facteurs d'inquiétude, il y a des facteurs de préoccupation, et on les connaît. La croissance, vous le savez, a marqué une pause au premier trimestre de cette année. Une partie de cette pause est liée à des facteurs exceptionnels, la clémence de l'hiver qui fait qu'on a moins consommé d'énergie, les exportations d'Airbus un peu en dessous de la tendance habituelle, la construction un peu en retrait du fait du cycle électoral. La croissance était à l'arrêt. L'inflation, elle est en hausse, indéniablement. On est à 2,2 % d'inflation sur les derniers chiffres, essentiellement liée à une hausse des tarifs de l'énergie. On est bien en dessous de ce qu'on observe partout ailleurs en Europe et dans le monde. La zone euro est à 3 %. L'Espagne, qui a baissé de manière importante à coups de milliards d'euros le prix à la pompe, est à 3,5 % d'inflation. Une fois prises en compte ces mesures, on est aux alentours de 2, un peu au-dessus. 

Je rappelle — vous parliez, Monsieur le Premier ministre — de la guerre en Ukraine. À l'époque, on avait dépensé 80 milliards d'euros. Et l'inflation, après, tout ça était à 5,5 %. Donc on est dans une phase où, évidemment, la croissance ralentit, une phase où l'inflation augmente un peu, un peu au-dessus de 2. 

Mais on n'est évidemment pas dans un scénario tel que nous le présentent les prophètes de malheur qui font florès ces derniers jours. On a surtout, je tiens à insister là-dessus, des facteurs un peu spécifiques à la France qui font qu'on est plus résilients. Donc on a des facteurs d'inquiétude : la hausse de l'inflation, le marché du travail, vous l'avez vu, qui marque un peu le pas en début d'année. On est un peu au-dessus de 8 %. On était pas loin de 7 % il y a maintenant 5 trimestres. Vous savez qu'une partie de cette hausse est liée à des aléas statistiques. Mais quand même, le marché de l'emploi se dégrade un peu. 

Mais : 1) nous avons des stabilisateurs liés au modèle social dont il faut être fier et qui fonctionnent. La hausse de l'inflation, ça veut dire une hausse mécanique du SMIC. Le ministre du Travail a eu l'occasion de l'annoncer. La prime d'activité, qui a été votée dans le budget, elle entre en vigueur dans les jours qui viennent. Le chèque énergie qu'on a élargi... tous ces facteurs qui sont des facteurs inhérents à la France font qu'on a des facteurs de résilience de court terme, notamment du côté de la consommation. Le mix énergétique qui fait qu'on est bien mieux protégé, moins exposé au choc énergétique, c'est un impact sur l'inflation évidemment moins important. C'est surtout, la ministre y reviendra, aucun enjeu d'approvisionnement.

Et puis (c'est sorti ce matin) la France reste le pays le plus attractif d'Europe. On a des investisseurs internationaux qui s'intéressent à la France et qui souhaitent y investir. Toutes ces raisons nous mettent face à une situation dans laquelle on a des facteurs d'inquiétude, vous l'avez dit, Monsieur le Premier ministre, qu'on va suivre de très près, mais aussi des facteurs de résilience qu'on a souvent tendance à oublier et qu'il faut évidemment tous ensemble garder à l'esprit. 

David.

David AMIEL

Merci beaucoup. Bonjour à toutes et à tous. 

Effectivement, ça a été rappelé à l'instant par le Premier ministre et par le ministre chargé de l'Économie et des Finances. On vit désormais dans un monde où les chocs extérieurs, les guerres, en l'occurrence comme celle qui a été déclenchée dans le détroit d'Ormuz, interviennent à intervalles de plus en plus réguliers. On avait eu l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022-2023 dans un contexte économique, énergétique et financier différent de celui d'aujourd'hui. Il y a d'ailleurs un an, nous avions eu une offensive commerciale, internationale aussi, qui avait frappé le monde entier. C'était d'ailleurs à peu près à la même époque, au début de l'année 2025. Et nous avons, depuis la fin du mois de février, cette guerre qui a été déclenchée dans le détroit d'Ormuz. 

Et donc, notre devoir dans cette situation, c'est de permettre à la France d'être préparée à tout : préparée à tout sur le plan militaire, et c'est la raison pour laquelle on a engagé les investissements nécessaires pour la loi de programmation militaire et pour son actualisation ; préparée à tout sur le plan énergétique, et il vient d'y être fait référence ; et préparée à tout sur le plan des finances publiques : pour que, quels que soient les scénarios qui se matérialisent dans les prochains mois — et il a été évoqué par le Premier ministre, les différentes possibilités — que nos finances publiques nous permettent toujours de faire l'essentiel, c'est-à-dire de pouvoir protéger les Français des classes populaires, les Français des classes moyennes, les entreprises les plus vulnérables, et donc notre tissu économique. 

Et c'est la raison pour laquelle, depuis le début de cette guerre, le Gouvernement a édicté un principe cardinal : les aides doivent être ciblées vers les travailleurs et vers les entreprises qui en ont le plus besoin. Elles doivent être temporaires et elles doivent être financées. J'insiste sur ce point parce que, contrairement à ce qui a pu être dit ici ou là, la guerre ne crée aucun surplus pour l'État. 

Quand on regarde ce qui s'est passé depuis le déclenchement de la guerre, on a deux mouvements inverses du point de vue des finances publiques. On a évidemment une augmentation des prix. Et donc, ça crée notamment pour la TVA des augmentations de recettes de TVA. Mais de l'autre, on a une baisse de la consommation de carburant. Et donc, cela fait baisser à la fois la TVA elle-même sur les recettes de carburant et cela fait baisser aussi l'accise, qui est l'autre impôt perçu sur les recettes de carburant et qui, elle, ne dépend que des volumes. Et donc, il ne fait que baisser puisque la hausse des prix n'augmente pas les recettes de l'accise. 

Alors, où est-ce qu'on en est quand on prend tout cela ensemble ? On fait le point, vous le savez, tous les 10 jours depuis le début de cette guerre, parce qu'on ne peut pas laisser prospérer ça et là de fausses idées ou de mauvaises rumeurs. Aujourd'hui, quand on compare entre 1ᵉʳ mars et le 20 mai, c'est-à-dire les dernières remontées dont nous disposons en 2026 par rapport à la même période sur l'année 2025, on a une augmentation de 10 millions d'euros des recettes liées au carburant, 10 millions d'euros. Et cela varie de semaine en semaine, parce que le message essentiel, c'est que l'effet d'augmentation sur les prix est compensé par la baisse des volumes. Et vous savez, on a entendu des propositions parfois qui venaient nous dire : « Il y a une manne cachée, il faut la restituer aux Français ». C'est ça, la réponse à la crise. 

Heureusement qu'on s'est organisé autrement. Parce que si on avait compté dessus pour pouvoir financer les aides d'ores et déjà engagées aux Français, comme beaucoup dans l'opposition nous y appelaient, il n'y aurait pas grand-chose aujourd'hui qu'on pourrait faire pour aider les entreprises et les travailleurs des classes populaires et des classes moyennes puisque d'ores et déjà — et sans préjugé des annonces qui seront faites dans un instant — mais d'ores et déjà, les aides qui ont déjà été apportées s'élèvent à 470 millions d'euros. 

Et depuis le début, le Gouvernement s'est organisé pour pouvoir les financer. Donc vous le voyez, nous avons des recettes de carburant qui se comptent en quelques millions d'euros, là où nous avons un coût de la guerre qui se compte en milliards. Pourquoi en milliards ? Parce qu'il y a évidemment le coût des aides et des soutiens supplémentaires pour, je le disais, les travailleurs des classes populaires et les classes moyennes : c'est l'indemnité aux grands rouleurs. Et les aides pour les entreprises, c'est l'ensemble des aides qui sont apportées aux secteurs les plus exposés. Les ministres auront l'occasion de revenir sur le détail des dispositifs, mais pour fixer les grands chiffres, nous allons aujourd'hui apporter un soutien à hauteur d'un milliard 200 millions d'euros pour les travailleurs et les entreprises qui en ont le plus besoin, 470 millions d'euros d'aides qui ont d'ores et déjà été annoncés, et 710 millions d'euros d'aides nouvelles qui seront à l'instant détaillées par les ministres. 

À tout cela s'ajoutera évidemment le coût de la guerre pour nos finances publiques, l'impact sur l'économie. Roland LESCURE a évoqué l'impact sur la croissance, l'impact sur l'inflation, l'impact aussi sur les taux d'intérêt qui n'est pas propre à la France. J'insiste dessus parce qu'on a une hausse des taux d'intérêt qu'on observe dans l'ensemble du monde. On l'observe d'ailleurs aux États-Unis, on l'observe au Royaume-Uni, on l'observe en Allemagne, on l'observe dans l'ensemble des pays européens. Évidemment, tout cela a un effet sur notre charge de la dette dans un contexte où l'argent public est non seulement rare, mais il est cher. Et c'est la raison pour laquelle nous avons cette approche d'aide ciblée, d'aide financée pour ne pas nous retrouver un jour dépourvus de marge de manœuvre. Parce que, certes, ceux qui aujourd'hui appellent à déverser des milliards et des milliards d'euros, à faire des chèques sans provision pour alimenter telle ou telle campagne électorale, mettraient notre pays en grand danger dans cet environnement aussi incertain. 

On avait eu l'occasion de faire la transparence également sur l'impact macroéconomique au mois d'avril dernier, chiffrant déjà le coût de cette guerre à hauteur de 6 milliards d'euros pour les finances publiques, dans un contexte où, je le rappelle, à l'époque, beaucoup disaient que le Gouvernement exagérait l'impact de la guerre et qu'il y avait cette fameuse cagnotte. 

Selon les différents scénarios, le coût de la guerre sera évidemment supérieur à ces 6 milliards d'euros, puisque — le Premier ministre a eu l'occasion de le dire — on voit l'évolution de la situation dans le détroit d'Ormuz. Et donc, nous continuerons à adopter cette même méthode, faite de transparence à chaque étape avec le Parlement, avec les partenaires sociaux, avec les organisations professionnelles, évidemment avec l'ensemble des Français. Et nous aurons d'ici la fin du mois de juin un nouveau comité autour des finances publiques pour actualiser nos prévisions macroéconomiques, la croissance, l'inflation, évidemment l'impact sur les finances publiques et prendre les mesures qui s’imposeront en matière de dépenses pour conserver ce cap, qui est de permettre à notre pays d'être préparé en tout état de cause. 

Je vous remercie. Je donne la parole à Maud BREGEON.

Maud BREGEON

Merci, Monsieur le Premier ministre. 

Chers collègues, Mesdames et Messieurs, un point sur les approvisionnements avec un message principal qu'il faut retenir : il y a des tensions, elles sont réelles, mais elles sont maîtrisées. 

Les raffineries, vous le savez, ont augmenté leur production. C'est vrai en France, c'est vrai à l'échelle de l'Union européenne, c'est vrai aux États-Unis, notamment sur les produits raffinés sur lesquels il y avait le plus de tension. Je pense au gasoil. Je pense aux carburéacteurs. Et le bon exemple, c'est la raffinerie Total en Normandie, qui a notamment augmenté sa production de carburéacteurs de 10 %. Et donc, ça permet, comme chacun le comprend, de détendre la tension qui reste réelle, mais qui, malgré tout, est moins importante sur les volumes. Cela se voit dans les stations-service. 

Et les Français le constatent tous les jours. Il y a une augmentation durant les longs week-ends sur certaines zones de tension, mais dans l'ensemble, on est à la quasi-normalité. En sortie du week-end dernier, 5 % des stations connaissaient au moins une difficulté sur un carburant. C'est la situation quasi normale. Et j'ajoute que l'ensemble des dérogations sont données aux transporteurs pour que les ravitaillements puissent se faire, y compris les dimanches, y compris les jours fériés, pour pallier à toute difficulté logistique. 

Un point sur les carburéacteurs : on a entendu beaucoup de choses. Il y a eu beaucoup de questionnements qui ont été relayés et on le comprend tout à fait. Là encore, la situation, elle est sous contrôle. Les questionnements sont légitimes. La France importe près de 40 % de sa consommation et les marchés mondiaux sont par nature en déficit, mais les inquiétudes sont mesurées pour les semaines qui arrivent, étant donné les marges d'augmentation dans les raffineries (j'en ai parlé tout à l'heure), et étant donné le fait que des dérogations ont été attribuées, des autorisations ont été attribuées, notamment par la Commission européenne, pour permettre, en France et en Europe, d'utiliser du JET A-1, du carburéacteur utilisé aux États-Unis. 

Ce n'est pas encore le cas, à l'heure où on se parle, parce que le besoin ne se fait pas ressentir. Mais là encore, ce sont des éléments qui permettent de détendre les tensions qu'on pourrait observer ici ou là. 

Un point, enfin, sur les prix. Là encore, vous l'avez vu — et les Français le constatent tous les jours — on a d'abord une légère baisse sur le gasoil qui se stabilise depuis plusieurs jours à une moyenne qui se situe autour de 2,15 euros, 2,16 euros le litre, alors que cette moyenne avait atteint 2,40 euros le litre au moment du pic début avril. C'est notamment dû au fait qu'on a augmenté nos capacités de raffinage. On observe, en revanche, une légère augmentation sur l'essence, qui s'explique, là encore, par une priorisation de la production dans les raffineries et par le fait que la saison estivale ait commencé aux États-Unis, et que donc leur propre consommation ait largement augmenté. On suit ça évidemment avec la plus grande vigilance. 

Et je le redis, les tensions que l'on peut connaître aujourd'hui sont sous contrôle. 

Je vais laisser la parole à Serge PAPIN pour un point sur les marges, et notamment les marges des distributeurs, sujet qui, là encore, a fait beaucoup parler.

Serge PAPIN

Merci. Monsieur le Premier ministre, mes chers collègues, Mesdames, Messieurs. 

S'agissant des marges brutes sur le carburant, comme nous l'avions annoncé, nous publions désormais chaque semaine l'évolution de la marge brute de transport distribution, donc sur le site prix-carburant.gouv.fr, qui est très consulté, toujours. Pour l'heure, nos études montrent qu'au global, malgré des variations selon le type de réseau de distribution, que ce soit les majors, GMS ou indépendants, le niveau de marge brute depuis le 1er mars est inférieur à celui observé avant crise sur une période de référence qui va du 1er janvier au 28 février. On a constaté une marge brute de 28,1 centimes sur le gazole du 1er janvier au 28 février et 27 centimes à partir du 1er mars au 17 mai. Et de 29 centimes sur l’essence, 29,6 précisément, du 1er janvier au 28 février et 1er mars, du 1er mars au 17 mai, 27,5 centimes, ce qui prouve bien, Monsieur le Premier ministre, que notre méthode de transparence et de suivi et de surveillance a donc bien fonctionné de ce point de vue-là. 

S'agissant des coûts des matériaux maintenant, qui est un sujet aussi, on va mettre en place un dispositif de surveillance avec trois volets. D'abord, le médiateur des entreprises qui réunit d'ores et déjà tous les acteurs de la filière tous les 15 jours. On met en place une adresse mail unique sur la DGCCRF permettant de signaler les anomalies dans la formation des prix. Ces signalements pourront donner lieu à une enquête si l'abus est caractérisé, ça avait été le cas en 2022. Et Bercy engage des travaux pour analyser la décomposition des coûts des matériaux afin de mieux comprendre le marché et les évolutions de prix répercutées sur les matières premières en fonction des critères de composition dans ces matériaux. S'agissant maintenant des négociations commerciales. On a réuni l'ensemble des parties prenantes, agriculteurs, fournisseurs, distributeurs, la semaine dernière, avec ma collègue Annie GENEVARD, afin d'échanger sur les hausses de certains coûts, GNR, engrais, logistique. 

Pour l'heure, nous n'appelons pas à rouvrir les négociations commerciales, mais à ce qu'un dialogue constructif puisse s'établir entre la filière pour procéder aux ajustements nécessaires pour prendre en considération la hausse de certains coûts. Il y a d'ailleurs dans les contrats ce qu'on appelle des clauses de revoyure qui suffisent actuellement, et on fera le point formel avant la fin juin, on a déjà pris date, et on s'assure évidemment que personne ne profite de la crise. 

Voilà, Monsieur le Premier ministre.

Sébastien LECORNU

Merci à toi. Peut-être le ministre des Transports.

Philippe TABAROT

Pas de problème. 

Chers collègues, Monsieur le Premier ministre, chers collègues, Mesdames et Messieurs. 

S'agissant du secteur des transports, et notamment du transport routier, je voudrais tout d'abord rappeler, comme vous le savez, que c'est un secteur particulièrement important et à marge très faible. Et je vous annonce aujourd'hui, en accord, bien sûr, avec le Premier ministre et les membres du Gouvernement, la reconduction du dispositif d'aide forfaitaire pour 3 mois supplémentaires. Je rappelle que ce guichet est désormais ouvert depuis le 12 mai. Je rappelle également que nous sommes à date à 2 000 demandes d'aide déposées, des aides qui seront versées tout au début du mois de juin, et puis que nous travaillons avec les organisations du secteur sur des ajustements pour simplifier encore l'accès pour le mois de mai. Par ailleurs, nous avons décidé de mettre en place le même mécanisme d'aide pour un autre secteur, le secteur du transport fluvial, avec une aide forfaitaire également en fonction du type de barge. 

Concernant la question des taxis : Monsieur le Premier ministre, vous m'aviez confié une mission de consultation le 21 avril dernier. J'ai annoncé la semaine dernière une première mesure supplémentaire demandée par les organisations du secteur pour soulager leur trésorerie. Je pense au remboursement anticipé dès ce mois de juin de la TICPE qui était une attente. À plus long terme, et bien sûr dans l'idée de réduire la vulnérabilité du secteur aux hausses du prix des carburants, notamment pour réduire la dépendance aux énergies fossiles et donc augmenter le nombre de taxis électriques en circulation, nous allons mettre en place, et cela pour la première fois, un bonus écologique spécifiquement dédié aux chauffeurs de taxi, adapté à leurs besoins spécifiques et notamment en matière de taille de véhicule. À partir du 1er octobre prochain et pour une durée d'au moins 3 mois, ils pourront bénéficier d'une aide à l'achat allant jusqu'à 5 500 euros pour un véhicule électrique s'il est assemblé au sein de l'espace économique européen et dont la batterie, bien sûr, serait fabriquée dans un de ces pays. Le prix d'achat des véhicules éligibles pourra aller désormais jusqu'à 65 000 euros. L'objectif est notamment, vous l'imaginez, d'équiper les chauffeurs de taxi en zone rurale, pour lequel le parc de véhicules électriques n'est que de 4 %, et où il y a une véritable attente des représentants de la profession. Enfin, et je le dis de manière assez insistante, j'invite les plateformes de VTC à faire un geste, et je dirais un geste significatif, pour une meilleure prise en compte de la hausse actuelle des prix du carburant dans le prix des courses qu'elles fixent à leurs chauffeurs. 

Voilà, Mesdames et Messieurs, les mesures que je vous propose sur le secteur des transports. Et je passe la parole à Monsieur Roland LESCURE. Je vais repasser la parole à Maud BREGEON avec plaisir.

Maud BREGEON

Merci beaucoup, chers collègues. 

Vous l'avez compris, on est rentré dans le détail de tout ce que nous avons fait et tout ce que nous allons continuer à faire en matière d'aide sectorielle, avec une logique qui, au fond, Monsieur le Premier ministre, reste inchangée, être aux côtés des activités, des secteurs d'activité les plus exposés, et donc, derrière eux, les Français qui travaillent. 

J'embraye donc avec la question cruciale des pêcheurs et des agriculteurs. Je salue Madame la ministre de la Pêche, et j'excuse Madame la ministre de l'Agriculture, qui est en ce moment même à l'Assemblée nationale pour le projet de loi d'urgence agricole. Vous dire d'abord que pour un pêcheur, le carburant, ça représente jusqu'à 40 % des coûts d'exploitation d'un navire. 

Et donc, quand le prix du gazole pêche double, comme ça a été le cas, certaines sorties en mer ne sont tout simplement plus soutenables sur le plan économique. Le Premier ministre en a parlé tout à l'heure. Et lorsque les navires restent à quai, c'est des équipages qui perdent leurs revenus, et c'est toute une économie littorale qui est touchée. C'est en ça où on explique bien que quand on aide les secteurs d'activité, on n'aide pas l'économie de façon gazeuse, on aide derrière extrêmement concrètement des Français qui touchent leurs salaires et qui peuvent aller travailler. Et donc, c'est pour ça que nous avons choisi pour les pêcheurs de reconduire le soutien déjà mis en place, soutien de 30 centimes à 35 centimes par litre de gazole, qui sera donc reconduit. Je dis 30 centimes à 35 centimes, puisque c'est en fonction du cadre défini par la Commission européenne, et ce, pour une durée de 3 mois. C'est un dispositif qui a largement fait ses preuves ces dernières semaines, puisque, là encore, c'est un secteur qui a pu continuer à fonctionner normalement. 

J'en viens ensuite aux agriculteurs. La situation, on le sait, est tout aussi sensible, et la ministre de l'Agriculture est évidemment en lien direct et étroit avec l'ensemble de cette profession. Le carburant, donc le GNR, est indispensable pour les tracteurs, les moissonneuses, l'irrigation, le transport, les récoltes, et à cela s'ajoute, on en parlera tout à l'heure, l'augmentation du prix des engrais et de l'alimentation animale. Là encore, on reste dans cette même logique, le soutien de 15 centimes par litre de GNR pour les agriculteurs sera pérennisé pour les 3 prochains mois. C'est, là encore, un dispositif qui est nécessaire, qui est demandé par la filière, et donc pêcheurs comme agriculteurs, on restera, naturellement, pour les 3 mois à venir, mais je pense pouvoir le dire, autant qu'il le faudra, à leur côté. 

Et je vais céder la parole à Serge PAPIN.

Serge PAPIN

Merci. Merci, Maud. Alors, moi, je vais vous parler maintenant des aides au secteur du BTP. Premier point, nous reconduisons les aides GNR-BTP, donc pour 3 mois, Monsieur le Premier ministre. 3 mois supplémentaires, et le montant reste toujours fixé à 20 centimes par litre du GNR, donc c'est une aide directe, lisible, efficace. Deuxième point, et là, c'était une grosse attente des acteurs du BTP, et je pense particulièrement aux travaux publics, on élargit le dispositif aux entreprises de moins de 50 salariés. Jusqu'à maintenant, c'était 20 salariés. Et là, on ouvre à 50 salariés. Cette extension, donc, sera valable pour la consommation à partir du mois de juin et pour 3 mois. Et donc, pour l'aide GNR du mois de mai, elle sera disponible par le même guichet opérationnel le 8 juin sur le site de la DGFIP. Ça concerne 30 000 entreprises. C'est quand même pas rien. Voilà. Et donc, je passe la parole à Monsieur LESCURE.

Roland LESCURE

Merci. 

Deux secteurs, évidemment, extrêmement importants pour l'industrie française, les engrais et la chimie. Les engrais, d'abord, ça a été dit par la ministre de l'Énergie, c'est un enjeu crucial pour nos agriculteurs. D'abord, vous savez que les prix des engrais ont augmenté, vous savez aussi qu'ils avaient été prévoyants, et donc que les stocks d'engrais étaient importants. Mais maintenant que la fertilisation est lancée, il va falloir reconstituer des stocks. Et donc nous souhaitons les aider sur les achats d'engrais. La ministre est absente au banc. Elle a été très présente, notamment à la Commission européenne, pour obtenir de l'Europe une aide qui va permettre d'alléger la facture, si je puis dire, d'achats d'engrais par les agriculteurs. Elle aura l'occasion d'échanger évidemment avec les filières pour en présenter le détail et de s'assurer que le dispositif est bien affiné. 

Ce que je peux vous dire, c'est qu'on a insisté aussi pour que quand vous achetez des engrais faits en France, faits en Europe, vous êtes un peu plus aidés que quand vous les achetez au bout du monde. Il faut, j'allais dire, profiter de cette crise pour renforcer l'industrialisation française. Et c'est ce qu'on fait notamment dans les engrais avec un appui à court terme. Et on va le faire aussi pour la chimie. On va utiliser ce qu'on appelle la compensation carbone, c'est très technique, peu importe, qui va permettre de les aider à passer les surcoûts de court terme qui sont évidemment très présents dans la chimie, du fait de la plasturgie, et dans l'industrie des engrais, du fait de la hausse du prix de l'ammoniaque notamment. 

On va aussi s'assurer qu'on fasse tous les efforts disponibles à Bruxelles pour s'assurer qu'un certain nombre de mesures qui étaient en place et qui allaient se traduire directement par des coûts importants pour la chimie et les engrais soient repoussées. Ça fait partie des représentations que Sébastien MARTIN fera évidemment à Bruxelles. Donc on est à la fois dans le moyen terme, s'assurer que l'Europe puisse continuer à accompagner ces secteurs. On va continuer à décarboner l'industrie des engrais, on va continuer à décarboner l'industrie de la chimie, mais à court terme, évidemment, à la fois du côté de la demande des agriculteurs et du côté de l'offre à la production, on va aider ces secteurs essentiels. S

téphanie.

Sébastien LECORNU

Madame la ministre de la Santé pour un nouveau secteur accompagné, attendu par beaucoup de personnes.

Stéphanie RIST

Merci, Monsieur le Président. 

Je vais vous parler de plus de 600 000 professionnels dans notre pays, que sont les aides à domicile. Ces aides à domicile sont majoritairement des femmes. Elles travaillent à temps partiel, subi le plus souvent, avec un salaire moyen à 700 euros par mois. La dépense de carburant, habituellement, est de 20 % de leur revenu. Avec l'augmentation du prix du carburant, c'est une charge considérable pour ces professionnels qui sont des professionnels indispensables et qui permettent aux personnes les plus vulnérables de pouvoir être prises en charge chez elles. En plus de l'aide aux grands rouleurs qui est mise en place, nous allons leur proposer deux dispositifs. 

Le premier, c'est une revalorisation pérenne des indemnités kilométriques pour ces aides à domicile qui représentent environ 20 centimes par litre d'essence. Concrètement, pour une aide à domicile qui ferait 10 000 km par an, et c'est très fréquent dans nos campagnes, cela représente un gain annuel d'à peu près 200 euros par an. Pour les plus modestes, en fait, ça double l'aide gros rouleurs. Dans toutes nos familles, nous les connaissons, ces professionnels qui s'occupent de nos parents, de nos enfants, qui sont fragiles, et c'est pourquoi nous créons une deuxième disposition, un deuxième dispositif qui est une création d'un programme de leasing automobile social qui sera dédié aux aides à domicile. 

L'idée est d'accéder pour ces professionnels aux voitures électriques. Pour être très concrète, pour un coût mensuel entre 50 euros pour l'équivalent d'une voiture type ZOE à 100 euros par mois, l'équivalent d'une Peugeot 208, d'une Fiat 500, par exemple, et sans apports. Ces aides à domicile pourront accéder à la voiture électrique, et notre objectif, c'est de créer une flotte de 30 000 véhicules. 

Au-delà de ces aides, que je viens de vous décrire, nous procéderons aussi à une hausse des rémunérations minimales. Enfin, je voudrais conclure et mentionner les transporteurs sanitaires. Donc, on sait que c'est des acteurs indispensables à l'accès aux soins, et notamment dans les territoires ruraux. Ils ont aujourd'hui droit aux aides grands rouleurs de 70 euros par véhicule, et nous procéderons à une réévaluation du guichet dans les semaines qui viennent.

David AMIEL

Merci beaucoup. 

En ce qui concerne les agents publics, bien évidemment, les travailleurs du service public, les agents publics sont éligibles aux dispositifs en faveur des grands rouleurs comme l'ensemble des travailleurs qui respectent les conditions à la fois de distance et de niveau de revenu. Donc ça concerne tous les agents publics qui utilisent leur voiture pour aller travailler et qui sont en dessous des seuils de revenus précisés. Ce portail, pour les grands rouleurs, vous le savez, ouvrira le 27 mai. J'en profite d'ailleurs pour remercier les agents de la direction générale des finances publiques qui ont établi cette plateforme avec une vitesse record par rapport à ce qu'on avait connu, notamment en 2022, et surtout avec un niveau de cybersécurité renforcé, parce qu'il était crucial dans la période de pouvoir nous assurer que les données personnelles des Français qui seront amenés à solliciter cette aide, qui mettront à la fois leur niveau de revenu, leur numéro fiscal, leur carte grise, évidemment que tout ça soit au plus haut niveau de sécurité dans un contexte où, on le voit, les cybermenaces, on a vu toute la mobilisation qui a été d'ailleurs déployée ces dernières semaines autour de la NSIM [ph], enfin, à quel point tout cela est devenu une préoccupation éminente pour le Gouvernement, et c'est la raison pour laquelle cette date du 27 mai a été retenue. 

Mais au-delà de cela, il y a aussi tous les travailleurs du service public qui utilisent leur véhicule personnel dans le cadre même de leur service, pas seulement pour se rendre sur leur lieu de travail. Je pense aux enseignants remplaçants, je pense aux AESH, aux accompagnants, et en réalité, surtout aux accompagnatrices d'élèves en situation de handicap qui peuvent être amenées à intervenir dans plusieurs établissements, je pense aux agents hospitaliers qui sont amenés à se déplacer dans le cadre de leur mission. Bref, je pense à l'ensemble de ces agents publics dont les fonctions supposent des déplacements réguliers sur le terrain pour des tournées, pour des contrôles, pour des aides, pour des inspections qu'elles réalisent avec leurs véhicules personnels. Et donc nous allons augmenter les frais de déplacement à ce titre entre le 1ᵉʳ juin et le 31 décembre avec une majoration qui représentera l'équivalent d'environ 20 centimes par litre de carburant. La mise en œuvre sera simple. Il n'y aura pas de dossier supplémentaire à déposer. Les agents publics n'auront qu'à continuer à déclarer dans les circuits habituels avec des nouveaux montants qui seront appliqués automatiquement aux déplacements éligibles, réalisés à compter du 1ᵉʳ juin 2026. Je donne maintenant la parole à Serge PAPIN.

Serge PAPIN

Merci. Alors, dans la même veine, il s'agit là de la prime carburant. On a souhaité donner la liberté aux entreprises de soutenir leurs salariés, et c'est pourquoi nous renforçons la prime carburant et nous la simplifions. Concrètement, donc, le plafond va passer de 300 euros à 600 euros. Les critères d'attribution seront supprimés. Par exemple, il n'est plus question de contraintes sur le cumul avec les autres primes ou de contraintes sur le lieu de résidence ni de fournir des justificatifs. Nous faisons confiance aux entreprises volontaires pour savoir qui parmi leurs salariés a besoin de ce coup de pouce. Cette prime reste défiscalisée et désocialisée pour les salariés. Donc c'est une prime de liberté et de soutien aux salariés grands rouleurs, donc, pour venir au travail. Et je passe la parole de nouveau à Maud.

Maud BREGEON

Merci, et je poursuis sur ma part sur l'évolution de l'aide grands rouleurs. Vous le savez, il y a un mois, le Premier ministre a annoncé la mise en place d'une aide pour les Français qui travaillent, qui sont dans une situation particulièrement modeste et qui roulent beaucoup. C'est des milliers de Français qui n'ont d'autre choix que de prendre leur voiture chaque jour. Ça concernait, vous vous en rappelez, 3 millions de Français. Le choix que nous faisons aujourd'hui, c'est de prolonger cette aide de 3 mois. Et cela, donc, représente un doublement de l'aide. Cette aide passera de 50 à 100 euros. C'est une aide qui continuera à cibler 3 millions de Français et qui représente un soutien en moyenne de 20 centimes par litre. Le public, si je puis dire, ciblé, reste donc inchangé : celles et ceux qui exercent une activité professionnelle qui gagne jusqu'à 1 500 € net par mois pour une personne seule, donc dit en langage très techno, des déciles 1 à 5, et qui effectuent un trajet quotidien domicile-travail supérieur à 30 km. C'est donc la même population que les 3 millions de personnes qui étaient déjà bénéficiaires de cette aide. Et cette aide étant prolongée de 3 mois, elle passera donc de 50 à 100 euros. Le guichet ouvrira le 27 mai prochain, donc dans quelques jours, et les versements interviendront dans la foulée quelques jours plus tard. 

Voilà. 

Et Monsieur le Premier ministre, je vous passe la parole.

Sébastien LECORNU

Merci infiniment. 

Pardon pour l'exercice qui est un peu fastidieux. Enfin, c'est dense. Nous souhaitions que ce soit sérieux. Par ailleurs, à titre personnel, je souhaitais aussi que les ministres puissent parler parce que c'est un travail d'équipe. Je pense que vous comprenez bien ce que je vous disais en propos introductif. À la fois, on change d'échelle parce qu'on commence à donner des perspectives aussi pour des raisons de vie normale du pays. Les Français se posent des questions aussi pour leurs vacances. On ne change pas de stratégie sur le soutien à l'activité, le soutien aux travailleuses et aux travailleurs. On va répondre évidemment à vos questions dans un instant. J'imagine aussi des questions sur le coût de tout cela. Cela va sans dire, on ne l'a pas mentionné, mais on va faire la transparence de tout cela. 

Et surtout, on cherche à donner des perspectives, en marchant toujours sur nos deux jambes. Et je crois que ce qui a été annoncé par la ministre de la Santé est pour moi très central pour les aides à domicile. Solution d'urgence de court terme. On n'abandonne personne. Et en même temps, c'est un public travailleur remarquable, admirable, aux quatre coins du pays, souvent en milieu urbain ou rural, mais avec évidemment le facteur voiture en milieu rural qui intensifie la pression sur ces métiers qui sont importants. Bon, il est évident que si on a une stratégie d'électrification, si on a des quotas de réservation de voitures électriques, c'est pour ces métiers qu'il faut l'avoir et il faut le faire vite. Et ça, pour le coup, ce sont aussi des annonces qui sont à l'aune et en tout cas à la mesure du temps qui est devant nous, c'est-à-dire les prochaines semaines et les prochains mois. 

Dernier point aussi dans la philosophie, ça a été dit par Serge PAPIN, notamment sur la prime carburant : il faut que ça aille vite. Donc on passe aussi par des tuyauteries qui existent déjà, mais surtout, on fait confiance et on libéralise. Et la prime carburant, c'est un outil que les patrons connaissent bien, que les organisations patronales connaissent bien, que les organisations salariales connaissent bien, que les DRH des entreprises connaissent bien, quelle que soit la taille des entreprises. Et au fond, en enlevant et en faisant sauter tous les critères, toutes les rigidités, défiscalisation, désocialisation, ça permet aussi pour les entreprises qui le peuvent, qui le souhaitent, d'avoir un outil à leur main, à différencier en fonction aussi évidemment des travailleurs et des travailleuses et qui peut en plus s'étaler soit sur la paie du mois de juin, soit sur la paie du mois de juillet, soit sur la paie du mois d'août, soit sur la paie du mois de septembre. 

En tout cas, quelque chose qui soit le plus libre possible, parce qu'on comprend bien et on considère bien aussi que faire confiance et ne pas mettre trop de contraintes dans l'ensemble de ces aides est quelque chose de clé, pareil pour l’indemnité grand rouleur. Nous sommes avec les collègues à votre disposition pour répondre à vos questions.

Loïc BESSON

Bonjour, monsieur le Premier ministre. Loïc BESSON, BFMTV. On a bien compris le message. La crise va durer, que ce soit la situation géopolitique. Vous dites, on n'oubliera personne. Et vous parlez aux travailleurs. Que répondez-vous, du coup, à ceux qui ne travaillent pas, soit parce qu'ils sont en recherche d'emploi ou parce qu'ils sont à la retraite et qu'ils ne sont pas concernés par ces mesures et qui disent : « Et nous, notre pouvoir d'achat aussi, il est en baisse ? »

Sébastien LECORNU

Oui, je l'entends très clairement, y compris, je vous l'ai dit tout à l'heure, chez moi à Vernon. Au regard de nos difficultés, je pense qu'il faut qu'on fasse bien la gestion de crise en deux temps. Tant que nous sommes sur une crise d'importation, d'inflation importée sur les prix, avec des scénarios qui peuvent être très divers, l'urgence, c'est que l'activité économique tienne. Et c'est un message aussi de solidarité que je fais passer. Il y a des crises dans le passé dans lesquelles on a géré les choses de manière indifférenciée. Et pour cause, le Covid. Derrière, on a eu beaucoup de gens qui ont dit que cette gestion de crise s'est quand même fait beaucoup au détriment de ceux qui travaillaient, des gens plus jeunes. 

On tire aussi des conclusions de ce qui s'est passé. Et je l'ai dit tout à l'heure, pour que le système redistributif, pour que la solidarité fonctionne dans le pays, y compris notre sécurité sociale, il faut qu'on garde quand même une assiette d'activité économique suffisamment importante pour avoir un système de redistribution. C'est une urgence. Ensuite, et on n'est pas là pour documenter tous les scénarios, on aura bien l'occasion de revenir devant vous, si nous devions basculer dans une autre intensité de crise, soit sur les prix, voire, pire, sur une crise de volume, le ministre du Travail et des Solidarités est ici, Jean-Pierre FARANDOU, d'autres collègues sont ici, il est évident que d'autres mesures seraient à prendre. 

Mais une fois de plus, il faut les phaser et il faut évidemment qu'elles correspondent à la situation géopolitique. Après, je ne vais pas déconnecter, c'est très dur. Mais je vais vous dire, c'est aussi parce que c'est très dur qu'on a souhaité aussi accélérer sur l'électrification, parce qu'on n'a pas fini d'avoir cette dépendance. On la paie cash en ce moment. Ça fait des années qu'on le sait. On a déjà fait des choses, mais de toute évidence, pas suffisamment vite et pas à l'échelle. Et ça veut dire aussi qu'en revanche, des annonces seront encore à venir sur le plan d'électrification, le mal à la racine, parce qu'il est clair que les populations de concitoyens et de concitoyennes les plus fragiles, c'est-à-dire ceux qui sont les plus vulnérables, vont devoir aussi passer en quelque sorte en priorité sur le plan d'électrification. Il faut qu'on arrive à marcher évidemment sur ces deux jambes. 

Puis, la dernière raison qui ne nous empêche pas de ne rien faire, je pense que la longueur de la conférence de presse le témoigne, on fait très attention aussi évidemment aux finances publiques, parce que les mesures générales, on les a prises déjà dans le passé. C'est ce qui fait aussi qu'aujourd'hui, il y a un déficit public important. Et comme il ne s'agit pas d'augmenter la pression fiscale et de casser le moteur de croissance qui est le nôtre, il nous faut évidemment avancer prudemment. Mais une fois de plus, nous mesurons, je mesure la grande fatigue, la pression que cela exerce sur nos concitoyennes et nos concitoyens, mais nous faisons évidemment du mieux que nous pouvons pour gérer cela aussi dans la défense de l'intérêt général et ne pas non plus repousser la contrainte sur les générations futures.

Martin BAUMER

Bonjour Monsieur le Premier ministre. Martin BAUMER pour France Télévisions. On comprend à travers vos propos que vous refusez toujours les aides généralisées. On comprend que ces aides généralisées, il n'y en aura pas, notamment avec des baisses qui pourraient être des baisses de prix à la pompe. On comprend aussi à travers vos propos que c'est un choix qui est plutôt un choix subi, autrement dit parce que les caisses de l'État sont vides ou seraient vides. Pourtant, vous parlez de cette prime carburant qui passerait de 300 euros à 600 euros qui pourrait concerner une grande majorité de salariés, n'est-ce pas de fait le retour d'une aide généralisée ? Et surtout, n'êtes-vous pas en train de faire peser l'effort sur des entreprises qui n'auraient pas forcément les moyens de cet effort ? Merci.

Sébastien LECORNU

Merci beaucoup.

 Il faut qu'on soit précis, parce qu'aide généralisée, ça veut dire quoi ? Est-ce que la prime carburant que nous annonçons est une aide généralisée ? La réponse est oui. Elle est universelle. Mieux que ça, désocialiser, défiscaliser les critères levés et pas de catégorie d'entreprise dans laquelle on dirait : « vous, vous avez le droit ou vous n'avez pas le droit ». C'est une aide générale. 

Si votre question plus précise, c'est une baisse de la fiscalité à l'aveugle générale massive sur le carburant, j'ai appartenu à un Gouvernement qui l'a déjà fait. C'est parfois la spécialité de la classe politique française de faire deux fois la même connerie. Ce ne serait pas la première fois dans notre histoire que ça arrive. Mais enfin, nous continuons de tirer ce fardeau en matière de déficit. Pardon, je ne veux pas polémiquer, mais bien souvent, en plus, l'effet à la pompe ne reste pas toujours si évident que ça, puisque au milieu de la chaîne de partage de la valeur, certains en profitent pour récupérer une baisse de la fiscalité. C'est ce qui s'est passé très clairement sur la baisse de la TVA en Pologne, dans laquelle, entre le moment où l'annonce s'est faite et le moment où ça s'est vu à la pompe, il ne s'est pas vu grand-chose. Et c'est bien pour ça que le gouvernement polonais, dans son temps, a dû revenir à l'aveugle. 

Donc, j'ai envie de vous dire : « On a plutôt une longueur d'avance sur ce sujet, parce qu'on l'a déjà fait ». Je le dis de plus en plus, je suis solidaire du Gouvernement auquel j'ai appartenu, qu'il l'a fait. Voilà. Je pense que maintenant, on est dans un moment de vérité, ça va durer. Et je vais vous dire quelque chose, sans créer d'incidents diplomatiques : les pays qui nous entourent, qui ont procédé à des mesures générales de baisse de fiscalité, si ça dure, elles vont avoir un sacré dilemme sur l'endurance de ce genre de mesures. 

Donc nous, il faut qu'on joue sur notre atout. Une fois de plus, on a un peu le droit d'être gaulliste et de penser aussi à l'intérêt général et de faire un aller-retour entre le temps court et le temps long. On a de l'électricité et on va bientôt en avoir de plus en plus à foison [ph]. C'est la stratégie qu'on a retenue. Produire, produire, produire. Soit par les ENR, dont aussi notre hydroélectricité parce qu'on est un pays de barrages, soit évidemment pour notre nucléaire. On va arrêter quand même de baser notre stratégie de consommation sur un truc qu'on ne produit pas, qui, en plus, parfois, est produit dans des pays dans lesquels il y a quand même des sujets politiques et géopolitiques de toutes les évidences, alors que nous-mêmes, on a un atout historique que nos voisins européens n'ont pas, du reste. Donc là, il y a un moment de vérité. Soit on est myope et on continue la fuite en avant, soit on investit sur l'avenir. Je vous le redis, ce Gouvernement, il n'a pas d'agenda politique, au sens électoral du terme. 

Ça rend, au fond, assez libre. Ça ne veut pas dire qu'il faut faire des choses impopulaires pour qu'elles soient impopulaires, ça ne veut pas dire qu'il faut être sourd, ça ne veut pas dire que... Ce n'est pas ça que je dis. Jusqu'à un moment donné, il y a quand même une prime aussi à la vérité. Cette dépendance aux hydrocarbures est une laisse étrangleuse. Et c'est un enjeu de souveraineté. Ce qui, pendant longtemps, a été un enjeu de climat devient un enjeu de souveraineté. Ce n'est pas la peine de mettre autant d'argent dans notre défense pour qu'on ait notre propre autonomie stratégique. Ce n'est pas la peine d'avoir notre propre dissuasion nucléaire qu'on est capable de mettre en œuvre de A à Z si on est à ce point dépendants des hydrocarbures. Et je veux vous dire, au travers de la crise aussi, mais c'est un bon sujet pour le débat électoral de l'année prochaine. Est-ce qu'on veut encore être un grand pays ou pas et peser dans le monde ? Il n'y aura pas de grands pays qui seront dépendants d'hydrocarbures qui viennent de loin et certaines grandes puissances asiatiques sont en train de s'en rendre compte en ce moment. 

Et vous le verrez, dans la compétition mondiale, l'électrification à marche forcée va se faire. Est-ce qu'on commence trop tard ? Non. On a déjà commencé, heureusement. Est-ce qu'il faut accélérer ? On le fait déjà. Est-ce qu'on a encore une année pour accélérer davantage ? J'en suis absolument persuadé. Et je le disais, moi, j'étais séguiniste, donc c'est une fibre sociale. Et en plus, il faut démarrer par les plus fragiles. Et je pense que c'est ça qu'il faut qu'on réussisse dans les temps qui viendront. Les personnes, les concitoyennes et les concitoyens, les plus fragiles, les plus exposés, qui ont le plus de difficultés, doivent être les premières désormais à bénéficier de ça. 

Et je termine mon dernier point. N'attendons pas de constater que des filières de production de voitures électriques qui sont actuellement produites en France partent à l'étranger, au moment où, au contraire, il faut les fixer sur le territoire durablement. Et donc, par définition, il faut que ces voitures trouvent aussi un marché et un aboutissement. Je pense vraiment qu'il faut qu'on soit capable de raisonner, court terme, long terme. C'est le seul moyen de défendre l'intérêt général, mais aussi de protéger les Françaises et les Français.

Anne RENAUT

Bonjour, Monsieur le Premier ministre. Anne RENAUT, de l'AFP. Vous avez déjà prévu 6 milliards de gel sur le budget 2026. Et vous pensez donc les revoir. Qu'est-ce que ça signifie ? Parce que cette guerre, vous l'avez dit tout de suite, a un coût. Le FMI trouve que le redressement ne va pas assez vite, du pays. Donc, qu'est-ce que vous pensez faire dans ce domaine ? Où vont aller les économies et de quel montant ? Et d'autre part, vous incitez les Français à prendre davantage leurs voitures, donc consommer davantage de pétrole à ce stade, majoritairement, est-ce que vous songez à des mesures de sobriété ou de télétravail pour moins consommer de carburant ?

Sébastien LECORNU

Merci beaucoup. Je ne pense pas qu'on incite les Français à rouler plus. Or, je vais être très direct, j'assume depuis le début, et les ministres le savent, on ne va pas faire la leçon aux Français et leur expliquer comment il faut vivre. Voilà, je ne peux pas être plus direct. Et d'ailleurs, le volume du carburant, globalement, diminue, parce que, tout simplement, les gens s'organisent. Et la perspective que le Gouvernement ou la classe politique aille faire des plans de sobriété en expliquant comment il faudrait rouler, etc., à titre personnel, ça m'insupporte. Et je le dis, il faut arrêter d'emmerder les Français parce que, comme disait Georges POMPIDOU, parce qu'au fond, il faut bien que des mesures ne sont pas revenues au début en disant : « on va baisser la vitesse sur l'autoroute ». 

Mais les gens le font de même s'ils veulent le faire. Des gens sont venus me voir en disant : « il faut interdire les courses de côte ou les rassemblements sportifs automobiles parce que ça envoie un signal qui n'est pas un signal de sobriété ». Mais si les gens se serrent la ceinture tout le mois et que c'est leur plaisir d'aller voir une course de côte ou d'y participer, pourquoi le Gouvernement les en empêcherait ? C'est aussi un rapport au pays. Je crois à la responsabilité individuelle aussi. Je crois donc à la liberté. Et je pense que c'est bien de ne pas emmerder les Français aussi dans un moment comme celui-ci. Il faut qu'on soit là à leur portée, il faut les aider. Mais je pense qu'il faut faire attention à ça. Deux, je présiderai moi-même un comité d'alerte des finances publiques avec les ministres au mois de juin. Le sujet des similars prend une tournure un peu médiatique. C'est assez compliqué parce qu'il y a des sujets de non recettes éventuelles, il y a des sujets de dépenses vraiment imprévues. D'ailleurs, pardon, mais l'activité de nos forces, je le redis, l'activité des forces armées au Moyen-Orient produit un surcoût qui est très important, que nous assumons complètement, mais qui était par définition pas possible de connaître ou de savoir au moment où nous avons voté le budget. 

Par ailleurs, on a évidemment les mesures que nous venons d'annoncer, mais je vais laisser la parole au ministre, peut-être, pour qu'il puisse en dire un mot. Et je ne partage peut-être pas complètement votre retour sur le FMI. Et donc, je vais laisser le ministre de l'Économie et des Finances, qui a travaillé patiemment avec l'ensemble des équipes, pour peut-être vous dire exactement ce qu'il en est en grande transparence. Messieurs les ministres.

Roland LESCURE

Non, mais rapidement sur le FMI, effectivement, je bouillais de vous répondre, merci Monsieur le Premier ministre, de me donner la parole. Le FMI dit 3 choses aujourd'hui. Il dit : « on révise à la baisse la croissance, 0,16, le disait tout à l'heure, 0,7, 0,8, 0,9 », c'est aujourd'hui l'ordre de grandeur des prévisions des grandes organisations internationales et des économistes privés. Il dit une deuxième chose, c'est que la stratégie d'aide ciblée, temporaire, et qui se concentre sur les plus vulnérables, c'est exactement ce qu'il faut faire. Je parlais avec un ancien ministre de l'Économie et des Finances récemment. Ce n'est pas tous les jours que le FMI donne des satisfecit à la France sur la manière de dédier l'économie de manière efficace. Et le troisième point qu'ils disent sur les finances publiques, c'est qu'on peut arriver en dessous de 3 % avec des prévisions de croissance très proches des nôtres, à condition de faire un certain nombre d'efforts. Et ça, ça fait partie des défis auxquels on sait qu'on est exposés, que le FMI nous rappelle. C'est-à-dire que c'est un rappel bienvenu et on y travaille.

David AMIEL

Non, simplement pour compléter ce qui vient d'être dit par le ministre de l'Économie et des Finances concernant la situation des finances publiques. Effectivement, le Fonds monétaire international, mais comme de très nombreux observateurs, remarque que la meilleure manière de tenir nos finances publiques dans la période, c'est d'abord d'avoir des aides ciblées, ça a été beaucoup évoqué, et des aides financées. Et donc, oui, ça veut dire que, par définition, à chaque fois qu'il y a des aides qui sont enclenchées, il y a des dépenses qui doivent être stoppées, reprogrammées, repriorisées. C'est le travail qui est en cours, qui mobilise l'ensemble des ministères. On aura l'occasion, à l'occasion du comité d'alerte que le Premier ministre présidera à la fin du mois de juin, de continuer à déployer cela. Les premières salves de dépenses seront stoppées très prochainement. Et c'est très important, parce que nous sommes dans un contexte de guerre déclenchée à nouveau dans le détroit d’Ormuz, dans Moscou, ce qui, par nature, n'était pas prévu au moment de la construction budgétaire, n'était pas présent dans les débats parlementaires et pour cause. Et si on veut être capable d'aider les Français qui en ont besoin, les entreprises qui en ont besoin, sans, parce que ce serait évidemment la facilité de laisser exploser la dette publique, le Premier ministre l'a rappelé, il y a une élection présidentielle l'année prochaine. Sans doute, ensuite, un nouveau Parlement. Ce serait facile pour le Gouvernement de mettre la poussière sous le tabi et de laisser la facture à nos successeurs. Et quand on dit facture, ça veut dire dette et impôts. Ce serait facile, mais ce serait contraire à notre devoir. Et donc, c'est la raison pour laquelle, particulièrement dans un monde où, je le dis, on a des chocs internationaux qui arrivent désormais à intervalles très réguliers, et moi, je ne sais pas vous dire ce qui arrivera dans le monde en 2027, ce qui pourrait arriver en 2028. Et donc, il faut qu'en tout état de cause, la France puisse toujours être capable d'apporter les réponses qui sont nécessaires, et c'est la raison pour laquelle ces aides doivent être non seulement ciblées, mais elles doivent être financées.

Sébastien LECORNU

C'est la raison aussi pour laquelle il fallait un budget. Parce que si nous étions en loi spéciale, on aurait un déficit qui dériverait encore plus, on n'aurait pas de pilotage et tout ce qu'on vient de vous raconter cet après-midi n'aurait pas été possible. Je le dis aussi pour l'avenir. Je vous en prie.

Alison TASSIN

Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, Alison TASSIN pour Le Parisien aujourd'hui en France. Pour compléter la question de ma consoeur, vous avez évoqué un coût de la guerre qui sera supérieur aux 6 milliards annoncés. Est-ce que vous avez déjà un ordre de grandeur, 8 milliards, 10 milliards ? Et est-ce qu'au-delà des annonces que vous ferez certainement en juin, est-ce que vous avez déjà des pistes ? Vous aviez annoncé certaines annonces qui pourraient avoir lieu mi-mai. On y est. Est-ce que vous pouvez déjà nous donner quelques billes là-dessus ? Et est-ce que les parlementaires seront associés à ces économies que vous allez annoncer plus tard ? Merci.

David AMIEL

D'abord, c'est le propre même, précisément, des comités d'alerte que de pouvoir associer, très largement associer les parlementaires qui sont représentés, parlementaires de tous les groupes politiques, de l'Assemblée nationale comme du Sénat, et les organisations syndicales, les organisations professionnelles, les représentants des élus locaux font aussi partie de ces comités d'alerte des finances publiques. Et depuis le début, on procède avec la plus grande transparence. D'ailleurs, au dernier comité d'alerte, pour établir nos prévisions de croissance et d'inflation, on a sollicité les institutions indépendantes, en l'occurrence le Haut Conseil aux Finances publiques. Rien ne nous y obligeait dans la loi, mais il était très important, précisément, pour pouvoir être totalement transparent, que la prévision économique que l'on transmettait à cette occasion aux parlementaires, aux élus locaux, aux forces, syndicales et professionnelles puissent avoir été, en quelque sorte, contre-expertisées par des experts indépendants. Ça a été le cas par le Haut Conseil des finances publiques, qui, d'ailleurs, a lui-même été ensuite auditionné à l'Assemblée nationale pour que toutes les données soient sur la table. Donc, bien sûr, à chaque étape, on fait la plus grande transparence, et c'est la raison pour laquelle, au vu de l'évolution du conflit, le Premier ministre a évoqué du comité d'alerte qu'il présidera lui-même d'ici la fin du mois de juin. Ce sera bien sûr en présence des parlementaires qui y sont représentés.

Sébastien LECORNU

J'ajouterai un point : il ne faut pas non plus confondre vitesse et précipitation. 

On peut être très rigoureux dans la gestion de l'argent public sans faire n'importe quoi. Déjà, le budget a été voté très tard. Je n'y reviens pas. Fin février, publié au journal officiel, on est fin mai. Certes, tous les facteurs qu'on indique sont en train de perturber la copie. La réalité, c'est que contrairement à ce que beaucoup de personnes ont bien voulu raconter et tous ces essais qu'ils ont relayés, le PLF de cette année est un PLF qui fait déjà beaucoup d'économies. Si on est honnête, beaucoup d'économies sur l'État, moins sur la sphère sociale, moins sur les collectivités locales. Ça, c'est l'ensemble des agrégats. Je ne veux pas non plus qu'on fasse du rabot à l'aveugle. On ne gouverne pas non plus le pays par un rabot à l'aveugle. Ou alors, il n'y a pas besoin de ministre, il n'y a pas besoin de Parlement, pas besoin de s'en parler pendant des heures. On fait ça à l'aveugle. 

Donc, c'est aussi pour ça que je veux un tout petit peu de temps, parce que figurez-vous qu'on va essayer d'être cohérents, c'est mieux quand même, c'est que les décisions qu'on va prendre entre maintenant et mi-juin, de nouvelles économies pour 2026 doivent évidemment être en cohérence avec la copie qu'on va mettre sur la table pour 2027. On ne peut pas avoir de stop and go. Vous ne pouvez pas dire, je ne sais pas moi : je ralentis tel ou tel type d'investissement pour, je ne sais pas, moi, les commissariats en 26, puis expliquer : tiens, on va faire un budget dans lequel on va augmenter pour les commissariats l'année prochaine. Enfin, dans la vraie vie, ça ne se passe pas comme ça. Et donc aussi, ce qu'on va essayer de faire, parce que je pense que c'est notre devoir, comme ça a été dit, c'est de présenter aussi une trajectoire non seulement de finances publiques, de déficit, etc., mais aussi qui montre bien quelles sont les politiques publiques du pays, les services publics, les investissements pour l'avenir, qu'est-ce qu'on va protéger le mieux que l'on peut jusqu'à la fin potentielle de nos fonctions, sachant que nous sommes évidemment toujours à la merci d'une motion de censure au Parlement, mais en tout cas de dire jusqu'à la fin du quinquennat du président de la République comment la trajectoire se bâtit pour qu'on ait aussi quelque chose d'intelligent. 

Voilà. Et je pense que ça, c'est important, parce que beaucoup d'acteurs aussi attendent de la visibilité. Donc, on ne va pas non plus confondre vitesse et précipitation. Après, à la question : Est-ce que tout ce qu'on annonce par définition sera gagé ? La réponse est oui. On l'a dit depuis le début, on ne fera pas n'importe quoi.

Matthieu DESMOULINS

Monsieur le Premier ministre, bonjour. Matthieu DESMOULINS pour TF1-LCI. Pour être très précis, vous avez chiffré les annonces à venir pour le trimestre qui s'ouvre à environ 700 millions d'euros. Soyons très précis. Comment est-ce que ces 700 millions d'euros seront financés, puisque vous n'avez que la rigueur budgétaire à la bouche ? Et puis, vous avez, pour donner de la visibilité aux acteurs économiques, promis ces aides sur le trimestre qui vient, pas seulement sur un mois. Mais vous savez comme nous que la volatilité des prix est très forte et que l'incertitude est très forte. Si le prix venait encore à augmenter, est-ce qu'on a atteint le plafond de ce qui est dépensable ou est-ce qu'on peut encore aller plus loin ? Merci beaucoup.

Sébastien LECORNU

Sur le premier aspect de la question, je pense y avoir largement répondu. Et d'ailleurs, il serait bien qu'on se pose à chaque fois la question lorsqu'il y a des dépenses nouvelles. Je vois bien, il y a un tropisme médiatique et politique à s'intéresser à comment on finance ces 700 millions d'euros. Je pense que si ces 20 dernières années, on s'était à chaque fois passionné de comment les annonces étaient financées, on ne serait sans doute pas là. Ça, c'est un commentaire plus politique. Peut-être laisser le ministre de l'Économie et des Finances quand même remettre les mots précis sur ce que vous appelez « volatilité des prix », parce que je vois bien que s'installe un débat, ou en tout cas un mauvais débat sur l'inflation, et j'aimerais quand même qu'on y revienne sur qu'est-ce que nous constatons exactement en matière d'inflation et qu'est-ce que nous ne constatons pas ? On l'a dit tout à l'heure, mais je pense que c'est très, très important parce que les Françaises et les Français qui nous écoutent, ça, pour le coup, c'est leur vie quotidienne, c'est leur pouvoir d'achat et je pense qu'il faut qu'on soit très direct sur ce qui nous inquiète et aussi assez direct sur, à ce stade, ce qui nous inquiète moins.

Roland LESCURE

Non, mais le Premier ministre a été très clair sur les 3 scénarios auxquels on pouvait faire face. Il y a, je dirais, jusqu'à il y a un mois, un scénario dans lequel le conflit était de quelques jours, quelques semaines, le prix du pétrole qui redescendait à 70 dollars, 80 dollars, et du coup, le prix de l'essence qui retrouvait les prix qu'il avait avant la guerre. Ça, c'est terminé. Ce scénario n'interviendra pas. On se place aujourd'hui dans un scénario dans lequel, jusqu'à la fin de l'été, on va se retrouver au minimum avec des prix du pétrole aux alentours de là où ils sont aujourd'hui, entre 100 dollars et 110 dollars le baril, donc des prix de l'essence qui sont sans doute très proches de ce qu'ils sont aujourd'hui. Ça va changer semaine après semaine. On va s'assurer qu'il n'y a pas d'excès sur les marges, mais globalement, des niveaux de prix semblables à ceux qui sont aujourd'hui. C'est la raison pour laquelle on a calibré les aides dans cette perspective-là. Avec une inflation qui est aujourd'hui à 2,2 %, qui conduira peut-être, du coup, à augmenter un peu, du fait des faits sur d'autres secteurs que sur le secteur de l'énergie, mais sur une inflation qui reste relativement contenue. Je le rappelle, aujourd'hui, c'est 3,5 en Espagne, c'était 5,5 au moment de la crise en Ukraine. On n'est pas du tout sur les mêmes chiffres. Si on entre dans un troisième scénario, le Premier ministre a été très clair également, où, là, c'est plutôt les volumes qui commencent à nous inquiéter, on changera de monde et on se reverra. Mais aujourd'hui, on est dans une logique où l'inflation en France, elle monte, on s'y attendait, elle reste contenue par rapport à d'autres pays. On a des facteurs de résilience macro qui font qu'on se concentre sur les plus vulnérables. Pour le reste, on reste dans un scénario, il n'est pas fantastique, on ralentit, on fait face à des vents de face, mais dans lequel, quand même, face à des prophètes de malheur qui ont tendance à se multiplier, je le répète, on a une économie française qui tient, et en grande partie parce qu'on a un modèle qui nous permet de tenir, et en partie parce que je pense qu'on annonce aujourd'hui l'essentiel pour les plus vulnérables.

Serge PAPIN

Monsieur le Premier ministre, si vous me permettez. Juste sur ce point pour l'alimentation, qui est quand même un sujet important, pour l'instant, il n'y a pas d'inflation sur l'alimentation. Si des choses, comme j'ai dit tout à l'heure, devaient s'avérer avec des clauses de revoyure, je referai le point au mois de juin, mais il n'y a pas de perspective, puisque ça concerne la logistique, ça concerne les emballages, et donc, a priori, ce ne sont pas des choses qui vont générer de l'inflation, comme on a pu connaître en 2022. Donc cet aspect-là de la consommation, il tient plutôt bien. Moi, les échos que j'ai de la consommation, de la grande consommation, sont plutôt satisfaisants pour l'instant à date.

Julien NÉNY

Monsieur le Premier ministre, bonjour. Julien NÉNY pour France Inter. Vous l'avez dit d'entrée de jeu, la crise va durer. Pourtant, vous constaterez comme nous que sur le terrain, depuis plusieurs semaines, plusieurs mois, on ne constate pas de manifestation, de mouvement de colère de la part de l'opinion. Alors, la première question est très simple : Comment vous expliquez cet état de l'opinion, j'allais dire, en ce moment, malgré la crise des carburants qui touche de plein fouet les Français, en particulier, les plus fragiles ? Et puis, la question qui va avec, est-ce que vous craignez que dans les prochaines semaines, l'opinion finisse par se radicaliser et qu'on entre dans une période qu'on pourrait comparer à ce qu'on a connu il y a 7 ans avec les Gilets jaunes ?

Sébastien LECORNU

Il peut y avoir autant de réponses qu'il y a d'analystes et d’avis. Je vais vous parler de ce que je ressens, moi, non seulement dans mon département de l'Eure, mais aussi parce que catégorie populaire au milieu rural, ayant besoin de la voiture, globalement, ça ressemble à ma famille. C'est de là où je viens. Déjà, moi, je fais partie de ceux qui… J'avais d'ailleurs déjà dit à d'autres périodes, les Français, c'est un grand peuple politique. Les gens sont très intelligents, ils ont plein de bon sens. Il y a une guerre, les gens voient bien le facteur extérieur de tout cela, angoissant de tout cela. Là, on parle du carburant. Je vous rappelle qu'en peu de temps, on a dû, malheureusement, enterrer plusieurs de nos soldats. Bon, tout ça est grave quand même. Donc, il faudrait plus… Les Françaises et les Français, ils voient bien tout ça. Ils le comprennent. Ce n'est pas un problème domestique, c'est bien un problème de géopolitique. Ça fait 3-4 ans que sur tous les plateaux de télévision, sur France Inter, on traite de plus en plus la géopolitique. On essaie d'expliquer ce qui se passe en Ukraine, au Venezuela, ce qui peut se passer entre la Chine... 

Au bout d'un moment, quand je dis que la géopolitique est rentrée dans le réservoir des Français, c'est une réalité. Moi-même, comme ministre des Armées, j'avais écrit un livre qui s'appelait « Vers la guerre ? », dans lequel j'évoquais ces sujets, eh bien, on y est. On y est déjà depuis un bout de temps, mais on y est vraiment. 

La deuxième des choses, de bonne foi, je pense que le… Enfin, j'espère, on fait tout ce qu'on peut. Je pense qu'en revanche, il faut être complètement transparent et toujours dire la vérité. C'est pour ça que je n'ai pas beaucoup aimé les trucs sur les cagnottes, etc. Enfin, je veux dire, si l'État a vraiment ramassé beaucoup de fiscalité, vous pensez bien qu'on en enregistrerait encore plus ? On n’est pas là pour exploiter… Bon. Donc en fait, il ne faut rien cacher, il faut dire la vérité, il faut être transparent en tout. Des marges pour les réseaux distributeurs, ça a monté, je veux dire, transparence, on met la pression, transparence. Il y aurait une cagnotte fiscale, transparence. Sans doute d'ailleurs, faudra-t-il qu'on structure tout ça pour l'avenir sur d'autres sujets. Non, pour le budget, à l'avenir, je pense qu'expliquer comment ça fonctionne, c'est quoi les vrais... Enfin, je pense que là, maintenant, il va falloir que nous aussi, on mouille davantage la chemise et les politiques pour aussi expliquer comment vraiment... Après, les Français se feront leur opinion, mais je pense qu'il faut effectivement être complètement transparent. Je pense que ça aide beaucoup, là où, beaucoup parfois de responsables politiques, justement, jouent de cette ambiguïté, de cette opacité, parce que ça leur permet de vendre leurs idées ou leurs programmes électoraux. 

Puis, le troisième point, c'est ce que je disais tout à l'heure. Il ne faut pas les emmerder, les Français. Voilà. C'est très grave ce qui se passe, ça peut durer. On n'est pas là pour leur faire la leçon. On n'est pas là pour leur expliquer comment ils doivent vivre. Et c'est un grand peuple. On en a vu d'autres, des moments difficiles. Et donc, je pense que c'est l'alchimie de tout ça, en tout cas, qui a créé quelque chose qui peut faire en sorte qu'il n'y ait pas d'énervement social. Après, une fois que j’ai dit ça, moi, je vous le dis, je le vois d'où il vient. Il y a beaucoup de fatigue. Tout ça fatigue. Parce qu'en fait, les gens… Enfin dans la vie, on a envie d'espérer. C'est sympa quand il n'y a pas la guerre en Ukraine… Il y a la guerre au Moyen-Orient, enfin… Et puis, ce n'est pas comme si les risques terroristes avaient complètement disparu. Ce n'est pas comme si on n'avait pas... Je vais y revenir la semaine prochaine et le jour suivant. Ce n'est pas comme si on avait un enjeu narcotrafic qui continuait quand même de nous gangrener, même si on fait beaucoup de choses. On voit bien que l'adversaire est au milieu de nous, il est là. C'est sûr que ce n'est pas facile. Plus la crise politique, dont on a mouillé le maillot pour faire en sorte qu’elle soit plutôt derrière nous et remettre du calme dans la vie au Parlement, de vraiment faire travailler l'Assemblée nationale pour faire en sorte que des textes puissent sortir. J'essaie de faire ça avec les collègues ministres. Mais oui, je mesure à quel point, évidemment, tout ça est très fatigant. Je le mesure sincèrement, du fond du cœur même.

Sonia GOBRY

Monsieur le Premier ministre, bonjour. Sonia GOBRY pour RMC. Le ministre Serge PAPIN l'a dit, le Gouvernement n'appelle pas pour l'heure à rouvrir les négociations commerciales entre distributeurs et industriels. Mais est-ce qu'il faut préparer les Français à une hausse des prix alimentaires ? D'autant plus que Michel-Édouard LECLERC dénonce, je cite « les faiseurs d'inflation » et vous l'aviez aussi évoqué, il vise notamment les fournisseurs d'emballages. Est-ce qu'il y a des profiteurs de crise ?

Serge PAPIN

Oui, j'ai écouté ce qu'a dit Michel-Édouard qui, d'un côté, d'ailleurs, parle d'une hypothétique inflation, quand de l'autre côté il dit : « il faut serrer les boulons, il ne faut surtout pas bouger, ne pas ouvrir les négo » et il encourage même toute la filière à négocier pied à pied le prix des emballages et tout pour que les prix ne bougent pas. Donc je ne sais pas comment il peut raccorder ou faire ce grand écart entre de l'inflation qui va venir et voilà… et du coup, d'être dans son métier de discounter. Donc moi, j'ai consulté avec ma collègue Annie GENEVARD. Pour l'instant, et jusqu'au moins à l'été, les demandes qui pourraient être faites sont de l'ordre de moins de 1 %. Voilà, à partir du 1er juillet. Compte tenu des ingrédients dont vous avez parlé, les emballages, la logistique, voilà. Donc ça, c’est dans la composition du prix, ça pourrait jouer de cet ordre-là. Vous voyez qu'on est loin des 4 % ou 5 %. Je ne sais pas où il les a pris, Michel-Édouard, pour l'instant. Moi, je vous parle de fait. Aujourd'hui, l'inflation dans les produits alimentaires, il n'y en a pas. Et après, d'ailleurs, la plupart des fournisseurs, je vais vous dire, ils ne souhaitent pas augmenter les prix, parce qu'ils voient bien que ça peut peser aussi sur leur propre croissance. Donc, il y a aussi des nuances à avoir dans tout ça, de l'équilibre à trouver. Et les choses, on verra comment elles se vivent. On fera un point très formel à la fin juin.

Sébastien LECORNU

Dernière question.

Nathalie SEGAUNES

Bonjour Monsieur le Premier ministre. Nathalie SEGAUNES pour Le Monde. Le SMIC va augmenter le 1er juin. Le patronat réclame des allègements de charges pour un montant de 2 milliards d'euros, Bercy n'en veut pas. Dans quel sens avez-vous ou allez-vous arbitrer ?

Sébastien LECORNU

Monsieur le ministre des Comptes publics, Monsieur le ministre du Travail.

David AMIEL

Merci. Effectivement, je pense que c'est très important de préciser les choses dans ce débat parce que, là aussi, il y a un peu de confusion. L'enveloppe budgétaire qui a été tranchée par le budget concernant les allégements généraux ne baissera pas. Les 74 milliards d'euros qui étaient prévus dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale au titre des allégements généraux ne baisseront pas. Se pose ensuite la question de savoir comment on aide notre économie, nos entreprises, dans cette situation qui est à la fois imprévue et qui, pour beaucoup de secteurs, ça a été rappelé par mes collègues à l'instant, est évidemment très difficile. On a effectivement des organisations professionnelles qui demandent une augmentation de l'enveloppe des allégements généraux à hauteur, vous l'avez rappelé vous-même, de 2 milliards d'euros. Si on faisait ça, je comprends les raisons qui poussent à le demander, mais ça toucherait à la fois des entreprises qui vont mal et des entreprises qui vont bien. Des entreprises qui augmentent leurs salaires et d'autres qui ne le font pas, des entreprises qui sont en première ligne de la crise liée au détroit d'Ormuz et d'autres qui sont beaucoup moins affectées. Vous l'avez compris, les aides dont nous avons besoin aujourd'hui, elles sont ciblées et financées, et on aura l'occasion très rapidement de pouvoir préciser la manière dont le Gouvernement entend répondre aux organisations professionnelles en matière d'allègements généraux.

Sébastien LECORNU

Bien. Pardon, nous avons été longs. 

Merci infiniment, en tout cas. Bonne soirée à toutes et à tous. 

Merci beaucoup.


Avez-vous trouvé les informations que vous cherchiez ?

Votre avis nous intéresse

Nous vous recommandons de ne pas inclure de données à caractère personnel dans les champs suivants. Tous les champs sont obligatoires.

Merci pour votre réponse !

L'équipe de info.gouv.fr vous remercie pour votre réponse qui participera à l'amélioration du site !

À lire aussi