Dans la peau d'une pilote de chasse : le portrait du Colonel Michel

Publié le 30/04/2026 Modifié le 11/05/2026

VIDEO. À bord d'un avion de combat, aux commandes d'une salle d'instruction ou derrière un pupitre de conseillère défense et sécurité : la colonelle Michel nous plonge au plus près de son quotidien.

24 heures à l'école des pilotes
24 heures à l'école des pilotes - Source : Service d'information du Gouvernement

Une carrière hors du commun

Pilote de chasse, instructrice, conseillère défense et sécurité... Le parcours de la colonelle Michel incarne à lui seul la capacité des femmes à s'imposer dans les spécialités les plus exigeantes et les plus symboliques de nos armées. Dans un milieu où les femmes ont longtemps été minoritaires, elle a tracé une voie d'excellence, ouvrant la route à de nombreuses jeunes militaires.

Un message qui dépasse le cadre militaire

Avec 72 % des Français qui estiment que le pouvoir est principalement détenu par les hommes, et quatre jeunes femmes sur cinq qui jugent difficile d'être une femme dans la société actuelle, ce portrait prend une résonance particulière. À travers ce portrait, l'objectif est de montrer que les métiers les plus exigeants de la Défense sont accessibles à toutes et à tous.

Le portrait de la colonelle Michel en vidéo

Source : Service d'information du Gouvernement

Portrait de la colonelle Michel

Transcription

La colonelle s'exprime face caméra, avec des images la montrant en action.

Il m'est arrivé de vivre des missions extrêmement compliquées, avec des ouvertures du feu pour pouvoir protéger des troupes au sol.

Voix off de pilotage : Train verrouillé sur le vert.

La pilote, en mission de pilotage : C'est très beau, on a connu pire comme bureau.

La pilote, en poste à terre : On décolle, circuit long.

La tour de contrôle : Mission 171, c'est approuvé. Remontez la piste.

La colonelle : Je suis le colonel Anne-Laure Michel. Je suis officier au sein de l'armée de l'Air et de l'Espace, et pilote de chasse de métier. Nous sommes sur la base aérienne de Salon-de-Provence, qui est le berceau de tous les élèves-officiers aviateurs, que j'ai rejoint il y a 28 ans. Je suis fixée à Paris mais je reviens tous les mois voler ici, en tant qu'instructrice en vol , donc on vole avec de jeunes pilotes élèves.

Lieutenant Alizée, élève de la colonelle, devant un auditoire : La question du jour portait sur les couleurs terrain bleu et blanc. La couleur terrain bleu : on a un plafond supérieur ou égal...

(Face caméra) : J'ai toujours voulu piloter : depuis que je suis très jeune, depuis que j'ai neuf ans, je dirais. La vraie vocation qui m’anime aujourd'hui, c'est d'être pilote de chasse.

La colonelle : Un jeune pilote commence sur un avion très basique, un avion presque d'aéro-club, et je suis là pour faire que les jeunes pilotes , qui commencent leur formation, soient bien formés pour être les pilotes de combat de demain.

La colonelle en préparation de vol avec Alizée : Tout est prêt ?

Alizée : Tout est bon.

La colonelle : On a eu le plan de vol six sur Mike Yankee. On va pouvoir commencer à briefer.

Alizée : Au niveau de la météo , on aura du vent d'ouest, donc 20 nœuds. On est strictement inférieur au wind hasard charlie, donc on peut décoller, et effectuer notre mission et atterrir.

La colonelle : C'est une vraie particularité pour le décollage et surtout pour atterrissage. Et tu vas voir, sur cet avion, c'est très sensible.

La colonelle explique, face caméra : Aujourd'hui, c'est une mission avec des circuits atterrissage, et puis on va faire un vol de navigation aussi, aux alentours de Salon-de-Provence.

Retour sur la préparation de vol.

Alizée : Les deux morceaux de scotch, ici et ici, sont bien en place. Là, j'ai regardé une fois, deux fois et trois fois.

La colonelle explique, face caméra : Le propre de la mission ,quand on est pilote de chasse, c'est qu'on sait qu'on est amené à partir en opération.Protéger l'espace aérien national : ça m'est déjà arrivé de décoller par temps exécrable de nuit et en très peu de temps aller intercepter un avion de ligne, dont on ne sait pas ce qu'il se passe à l'intérieur. En l’occurrence, il avait une panne de radio, mais on a été obligé de vérifier que ce n'était pas un 11 septembre 2001 qui se reproduisait. Et il y a des missions que l'on fait aussi sur des théâtres d'opération extérieurs, en Afrique, en Afghanistan. Il m'est arrivé de vivre des missions extrêmement compliquées, aller même jusqu'à des ouvertures du feu pour pouvoir protéger des troupes au sol.

Une question en voix off : Qu'est-ce qu'on ressent, en plein ait ?

Alizée : Ce qu'on ressent, c'est beaucoup de concentration, c'est extrêmement exigeant. On va en attendre autant d'une femme que d'un homme. On ne va absolument pas regarder le sexe de la personne. On va simplement regarder ses performances et son travail. On est capable de tout, tant qu'on s'en donne les moyens.

La colonelle : Il n'y a pas de différence physiologique : un homme ou une femme pilote un avion de la même manière. Et puis, les qualités qui sont demandées à un homme et à une femme sont hyper-objectives. Ça, c'est un message que j'essaie de faire passer aux jeunes filles.

Voix off : Mistral 171, visibility 3,700 m with shower rain.

Adjudant-cheffe Élodie : J'occupe la fonction de chef de quart dans la tour de contrôle. Le chef de quart chapeaute l'activité opérationnelle en coordination avec le directeur des vols. Il fait en sorte que tout matche de façon à ce que le maximum de missions puissent être réalisées. Ça implique des responsabilités importantes puisqu'on s'assure de la sécurité aérienne. On parle de vies humaines.

Une voix off : Le sol de Choucas.

Adjudant-cheffe Élodie : Choucas, j'écoute.

La voix off : Le sol de Choucas, pour quitter les 90 mètres, remonter le taxiway nord, jusqu'au parking kilo.

Adjudant-cheffe Élodie : Choucas, c'est approuvé, rappel dégagé.

La voix off : Et le rappel est dégagé.


Adjudant-cheffe Élodie : Quand je me suis engagée dans l'Armée, je ne savais pas si j'allais y rester. Ça fait 18 ans que je suis dans l'armée, maintenant. Il n'y a vraiment aucune différence entre les hommes et les femmes. Que ce soit au niveau du salaire, que ce soit au niveau des possibilités de missions, des prises de poste, de l'évolution.La seule différence qu'il y a, c'est le vestiaire.

Une voix off : Mistral 2026, copy taxi apron via strip 8...

Adjudant-cheffe Élodie : L'avion de la colonelle Michel a dû se poser plus tôt que prévu à cause de la dégradation des conditions météorologiques qui est arrivée plus tôt que prévu.

La colonelle, sortant d'avion : On peur sortir. Hop ! C'était bien qu'au briefing on parle de ce qui pouvait se passer d'imprévu. On avait bien identifié la météo comme étant un problème possible. Elle a été encore pire qu'imaginé. Donc, c’est là qu'on voit tout l'intérêt de bien se préparer.

La colonelle, parlant d'Alizée : Elle s'en est très bien sortie parce qu'un jeune pilote pourrait vite paniquer, ce qui n'a pas été son cas.

La colonelle, montrant un avion : C'est ça, l'Alpha Jet de la Patrouille de France. C'est cet avion-là.

La colonelle, s'adressant à une jeune militaire : Vous êtes combien de commissionnés ?

La jeune militaire : Alors, les commissionnés, maintenant, on est trois.

La colonelle : Et tu as combien d'heures de planeur ?

La jeune militaire : En planeur, 1 500 heures.

La colonelle, s'adressant à Alizée et à la jeune militaire : Vous avez déjà volé ensemble ?

Elles répondent : Oui !

La jeune militaire : Je l'avais relâchée. J'ai eu le plaisir de la relâcher au moins deux fois.

La colonelle : Demain, ce sont des deuxième année ?

Une voix off : Si la météo le permet. Mais je pense que oui.

La colonelle : Oui, c'est le vent parce que pour le coup, pour le planeur, c'est....

La jeune militaire : Demain, ça devrait aller.

La colonelle : Ça devrait aller. Bon vol !

Alizée : Merci !

Sergent-chef Aude : Je suis instructeur planeur à l'escadron de Salon, l'escadron d'instruction vol à voile Sainte-Victoire, depuis deux ans maintenant. Pour donner les bases du pilotage, le plus simple c'est de commencer sur planeur. C'est un aéronef qui n'a pas de moteur. Pour l'apprentissage, ça simplifie les choses.

Une voix off : Il faut le bras long !
Sergent-chef Aude, en bricolant : Oui !

Une voix off : Il est tracté en l'air, c'est ça ?

Sergent-chef Aude : Oui, c'est ça. Il est tracté jusqu'à un certain seuil. Quand l'avion bat des ailes.

Une jeune militaire, à une autre militaire : C'est beaucoup plus contraignant de voler ici sur Salon, que partout où tu as pu voler à Saintes, Romorantin ou Saint-Auban. Parce qu'en fait, il y a plein d'espaces aériens. Ça te parle, la zone planeur, ou pas ? La Romo 330 ?

Réponse de la jeune militaire : Pas tout.

Réponse : Pas tout ? Alors, ça va être très simple. On va te faire un petit schéma. Tu sais, quand tu es au décollage en 34 et qu'on te dit : « Si maintenant ça casse » ou qu'il y a un problème, droit devant, ça ne passe plus. Demi-tour, on est trop bas. C'est bon pour toi ? On va y aller.


Sergent-chef Aude : La première fois que j'ai volé, j'étais très, très, très jeune. J'avais quatre ou cinq ans. Il y a quelques années, ce n'était pas forcément monnaie courante, qu'il y ait beaucoup de femmes au sein des armées. L'époque actuelle fait qu'en fait, on se rend bien compte que ça ne fait pas de différence sur les niveaux, les capacités, les compétences, le sérieux, toutes les qualités, le professionnalisme qui peuvent être nécessaires, y compris au sein des armées.

Elle monte dans l'avion avec une copilote : Ceinture de sécurité, harnais.

La copilote : Oui, harnais attaché.

Une voix off : Train sort et verrouillé sur le vert.

Une autre voix off : La vue d'en haut, elle est comment ?

La copilote : Ah, c'est très beau ! On a connu pire comme bureau.

Voix off : Bon vol, chef !

La copilote : Merci.

La colonelle : Bienvenue au SGDSN. C'est le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale. Je suis la première femme à occuper le poste de conseiller défense et sécurité, donc j'assume le fait qu'on féminise le nom de conseiller.

Voix off : Est-ce qu'on peut avoir l'explication du patch « women on stick » ?

La colonelle : Alors, le patch « Don't panic, women on stick », ça me donne le sourire parce que c'est un patch qui a une histoire. C'est un patch qu'on a conçu avec les cinq, six premières femmes pilotes de chasse de l'armée de l'air. Il est inspiré, évidemment, du film « Drôles de dames ». Et puis on a mis un petit trait d'humour en dessous en disant « Don't panic, women on stick ». C'était un petit clin d’œil pour dire : « Les gars, n'ayez pas peur, on maîtrise ».


Avez-vous trouvé les informations que vous cherchiez ?

Votre avis nous intéresse

Nous vous recommandons de ne pas inclure de données à caractère personnel dans les champs suivants. Tous les champs sont obligatoires.

Merci pour votre réponse !

L'équipe de info.gouv.fr vous remercie pour votre réponse qui participera à l'amélioration du site !

À lire aussi