Les enfants du CNCPH prennent la parole : changer l’expérience de l’école pour les enfants en situation de handicap

Publié le 24/06/2026 Modifié le 24/06/2026

Le 22 juin 2026, les membres du conseil des enfants du CNCPH ont présenté les conclusions de leurs travaux dans l’amphithéâtre Laroque du ministère des solidarités aux membres du CNCPH, en présence de Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées.

Illustration représentant les 12 enfants du conseil des enfants du CNCPH - Source : CNCPH

Illustration représentant les 12 enfants du conseil des enfants du CNCPH

Illustration représentant les 12 enfants du conseil des enfants du CNCPH - CNCPH

Un dessin de groupe représente les douze enfants du conseil des enfants (mêlant des enfants debout, en fauteuil roulant manuel ou électrique, avec des lunettes, des styles différents). Chaque enfant est nommé par un petit texte rose : Louison, Armand, Rose, Noé, Anne, Rafael, Thélio, Jéricho, Noah, Agathe, Adèle, Adalia.

Le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) a créé son conseil des enfants, composé de 12 enfants en situation de handicap entre 8 ans et 12 ans, à la rentrée scolaire 2025. Suite aux 6 ateliers de travail organisés le mercredi après-midi au ministère des solidarités sur la question de l’école et à des rencontres avec des experts tels que le haut-fonctionnaire handicap et inclusion du ministère de l’Éducation nationale, les enfants ont présenté une illustration de synthèse et une contribution écrite qui ont été adoptées par les membres du CNCPH lors de leur assemblée plénière du 22 juin 2026. Les propositions formulées par les enfants seront transmises aux ministères et administrations et défendues par le CNCPH.

« Comment faire pour que tous les élèves puissent réussir à l’école ? »

Les enfants y rappellent l’importance de rendre les établissements scolaires, toutes les activités (sport, récréation, etc.) et le matériel pédagogique accessibles. Ils déplorent le manque d’adaptation des jeux, des délais trop longs pour obtenir des aménagements, le manque d’adaptation des examens nationaux, ou encore un manque de financement pour obtenir des logiciels accessibles. « Cela conduit à mettre des élèves en situation de handicap à l’écart », affirment-ils. « Cela peut aussi les mettre en danger, ou créer un sentiment d’insécurité ».

« Pour que les enfants soient à l’aise, il faut que les adultes leur laissent de l’autonomie »

Les enfants témoignent d’un manque d’accompagnement des adultes, d’une compréhension insuffisante de leur situation et d’une inégalité de traitement en leur faveur ou en leur défaveur qui contribue parfois à les mettre à l’écart de la classe. Les enfants signalent que les adultes ne leur font pas suffisamment confiance et ne croient pas en leurs capacités. Ils alertent également sur des comportements inappropriés : les adultes sont parfois trop intrusifs, ne respectent pas toujours leur vie privée en montrant trop de curiosité, ou encore ne leur parlent pas de manière respectueuse.

Le conseil des enfants du CNCPH propose que les enseignants et les AESH soient mieux formés aux situations de handicap, s’adaptent davantage aux enfants, et que l’accompagnement se fasse sur une longue durée avec le même adulte. Ils insistent sur la nécessité de créer un dialogue régulier entre les enseignants, les AESH, les parents et les enfants afin d’échanger sur les aménagements nécessaires et s’adapter aux besoins de l’enfant.

« En tant qu’enfant, comment parler de son handicap aux autres ? »

Enfin, les membres du conseil des enfants constatent une difficulté à expliquer leur handicap aux autres enfants et à s’intégrer parmi eux. Cette difficulté peut se traduire par une mise à l’écart, des moqueries voire du harcèlement (par exemple, des questions intrusives et volontairement répétitives). Ils recommandent d’apprendre à bien expliquer son handicap, de poser les limites, d’organiser des sensibilisations pour toute l’école et d’adapter les moyens de communication en fonction des préférences des enfants concernés pour créer du lien entre tous les élèves (langue des signes française, oraliser pour les non ou mal-voyants, etc.).

Illustration du conseil des enfants du CNCPH - Source : CNCPH

Illustration du conseil des enfants du CNCPH

Illustration du conseil des enfants du CNCPH - CNCPH

Infographie illustrée du Conseil des enfants du CNCPH intitulée « Changer l'école. Le conseil des enfants du CNCPH vous présente ses recommandations ».

L'image est une illustration colorée (style « sketchnote ») sur fond blanc. Au centre, un dessin de groupe représente les douze enfants du conseil des enfants (mêlant des enfants debout, en fauteuil roulant manuel ou électrique, avec des lunettes, des styles différents). Chaque enfant est nommé par un petit texte rose : Louison, Armand, Rose, Noé, Anne, Rafael, Thélio, Jéricho, Noah, Agathe, Adèle, Adalia.

Tout autour d'eux, des bulles de parole expriment leurs vécus, et des fiches thématiques détaillent leurs propositions :

  • « Faites-nous confiance, on connaît nos besoins ! »
  • « Nous avons le droit de vivre dans le calme et de ne pas être stressés. »
  • « J'aurais voulu que ma maîtresse prenne en compte mon handicap. »
  • « Les adultes sont trop curieux. »
  • « Il y a des choses que mon AESH ne me laisse pas faire, elle fait à ma place. »
  • « Mon AESH ne veut pas que je lui dise comment améliorer les choses. »
  • « Il existe des alternatives aux jeux qui nous excluent. »
  • « On nous empêche de faire, on pense qu'on ne sait pas faire. »
  • « C'est à moi de m'adapter quand il n'y a pas d'AESH. »

Il y a différentes sections qui présentent les propositions des enfants.

La section « apprendre à se connaître » est entourée par un collier d’amitié composé de lettres qui forment les mots « faire connaissance ». Les propositions des enfants sont les suivantes :

  • Donner la parole aux enfants concernés pour parler de leur handicap s'ils le souhaitent.
  • Organiser des actions de sensibilisation à l'école avec des professionnels et des experts (illustration d'un calendrier sur lequel est inscrit « ateliers, semaine du handicap... »).
  • Créer une « blablaroom » ouverte pendant les pauses pour se rencontrer entre élèves (illustration de bulles « bla bla bla »).

Une section « rendre l’école accessible » présente les propositions suivantes :

  • Prévoir les moyens de communication adaptés : langue des signes française (LSF), facile à lire te à comprendre (FALC), communication alternative et améliorée (CAA), etc.
  • Adapter l'environnement scolaire : les lumières, le bruit, les activités ludiques et sportives.
  • Adapter la pédagogie et les supports scolaires.

Les illustrations associées à cette section sont un cartable à solutions rempli d'outils, des crayons, des ciseaux, des lunettes et des pictogrammes représentant le matériel scolaire.

Une marelle représente des pistes d’action et des ressources pour les enfants. Pour ouvrir le dialogue entre les enfants et les adultes, les enfants proposent de prévoir une semaine d'adaptation entre l'enfant et l'AESH avant la rentrée et des échanges réguliers entre familles, enfants, enseignants et AESH. Les enfants proposent aussi des solutions pour agir en tant qu’enfant :

  • Si je ne suis pas à l'aise avec un adulte : je peux me tourner vers un autre adulte de confiance.
  • Je peux parler de mes ressentis, dire quand je suis blessé.
  • Je peux demander de l'aide et expliquer mes besoins aux autres, car ils ne peuvent pas toujours deviner... et montrer que je suis capable de faire seul ! (Illustration d'une fusée qui décolle).

Sur la couverture d’un livre intitulé « Manuel de l’adulte idéal. Edition printemps 2026 », les enfants présentent ce qu’est pour eux l’adulte et l’AESH idéal. La citation des enfants mise en exergue est la suivante : « Il y a des adultes qui ne font pas ce qu'il faut. »

C'est quoi un adulte idéal ? C'est une personne qui...

  • ne nous met ni en avant, ni à l'écart. Nous voulons les mêmes droits que les autres enfants.
  • ne fait pas de remarques désobligeantes.
  • est sympathique avec nous.
  • nous pose des questions pour connaître nos besoins.
  • écoute et respecte la parole des professionnels du handicap.
  • fait en sorte que tous les enfants se sentent en sécurité.
  • a reçu au moins une formation sur le handicap.
  • respecte ma vie privée (illustration d'un cadenas).

Et une AESH idéale ? C'est une personne qui...

  • est là quand on a besoin mais ne reste pas collée à nous. Elle respecte notre autonomie.
  • s'adapte à nous et tient compte de notre handicap. Elle ne nous demande pas de faire des choses impossibles ou très difficiles.
  • nous écoute.
  • s'occupe des enfants dont le handicap est compatible avec son état de santé (par exemple, elle n'a pas mal au dos si elle s'occupe d'un enfant en fauteuil).
  • est formée aux différents types de handicap (illustrations de pictogrammes : œil, fauteuil, cerveau).